Nouvelles Meunières N°39

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Actualités des énergies renouvelables

Éolien

Au niveau national la politique s’empare du sujet de l’éolien à l’occasion des élections régionales et départementales, il doit être d’abord scientifique,.Le Canard Enchaîné du 16 juin, sous le titre « Vent debout contre le vent », brocarde les partis qui livrent une attaque contre l’éolien. Des pêcheurs d’un estuaire de l’Atlantique   dénoncent leur crainte que la pose des massifs de béton qui vont supporter les éoliennes maritimes ne détruise des lieux de reproduction des poissons qu’ils pêchent dans ce secteur. Le gouvernement cultive lui-même l’ambiguïté : tantôt il s’engage à favoriser les énergies renouvelables, tantôt il les entrave,  la décision de ne pas installer d’éolienne à moins de 70 km d’un radar de l’armée (au lieu de 30 kms actuellement), sous prétexte que ça gênerait le mouvement des avions ; si c’est appliqué il ne va pas rester  beaucoup d’espaces pour en implanter dans toute la France.

Dans le même numéro du Canard Enchainé, un petit article cite un sondage publié par La Croix sur « l’acceptabilité  de l’éolien  » : « 81 % des Français sont favorables aux éoliennes, mais seulement 11 % acceptent d’en avoir près de chez eux ». La question n’est pas posée de la même façon à propos du nucléaire : 59 % lui sont « favorables »… mais on ne leur demande pas s’ils sont prêts à accueillir une centrale atomique près de chez eux. La bonne information, c’est tout un art.

Toujours dans  le même journal, cette fois le 23 juin : les éoliennes « ont fait bouger Macron et son gouvernement sur la question de ces drôles de moulins. » Le président s’avise de souhaiter « une meilleure répartition géographique des éoliennes… Mais comment parvenir à une meilleure répartition ? On voit mal  Mme Pompilli déplacer une partie des parcs existants ou faire souffler le vent là où il n’y en a pas 

Journaux

Le Journal du Centre

18 juin : à Guérigny, « Elus locaux et membres du SIEEEN ont visité le site d’implantation de la future centrale hydroélectrique entre deux bâtiments des Forges Royales ». C’est la légende de la photo qui montre les personnalités tout près de l’espace où s’écoule le bief de la Nièvre. La puissance brute devrait être de 67 KW, et la production annuelle 316 MWH (105 foyers hors chauffage), pour un investissement de 558 054 €.

Nos journées du Patrimoine de Pays et des Moulins annoncées plusieurs fois par le Journal du Centre : 

23 juin : petit article avec tout ce qui est ouvert les samedi et dimanche 26 et 27 juin. 

. A l’écomusée du moulin à eau de Donzy ; « Animations au moulin de Maupertuis » : le samedi 26 juin « Le bois dont on fait les flûtes » et le dimanche 27 juin « Quand les moulins naissaient en forêt ».

. « Un marché du terroir au moulin Blot, samedi 26 juin » : assemblée générale de l’association qui s’occupe du célèbre moulin à vent de Bouhy, puis « un arbre fruitier d’une essence locale sera planté » près du moulin. Ensuite se tiendra un marché de produits du terroir. ( photo du moulin Blot).

24 juin :Toute une demie-page, « Ce week-end, les moulins dans le vent »., avec un long paragraphe consacré au moulin du Grand St-Martin de Cosne « qui ouvrira pour la première fois ses portes au public ». Puis une belle photo du moulin des Eventées, avec au premier plan un âne qu’on imagine de meunier, occupe une bonne part de l’espace.

25 juin : au balcon, petit article sur l’ouverture de Moulin-l’Evêque avec ses trois moulins que l’on peut visiter.

Le même numéro du 23 juin consacre les 2 pages de la rubrique « La belle histoire » à la restauration de l’abbaye de Régny, dans l’Yonne, commune de Lucy sur Cure, en aval de Vézelay et d’Arcy sur Cure. Magnifique photo de l’abbaye cistercienne. Presque la moitié de l’article est consacrée à la grande affaire actuelle de Mme et M. Mauvais, qui possèdent et réparent l’abbaye depuis 2006, c’est la remise en état du moulin (deux photos) ; « Il a produit de l’électricité pendant 30 ans, des années 1920 à 1951, mais a été abandonné par la suite. Louis-Marie Mauvais voudrait à nouveau l’actionner ». Affaire à suivre. Pour mémoire, cette abbaye, qui fut très riche, posséda des moulins jusque dans le Morvan dont un à Brassy dans le Nivernais.

Le numéro du 29 juin évoque les résultats des journées du Patrimoine de Pays et des Moulins 2021 :

. A St-Pierre le Moûtier : « la fête des moulins moins prisée » ; nos amis du moulin des Eventées ont vu moins de visiteurs que d’habitude.

. A Varzy, inauguration de la pose de grilles à l’entrée de l’ huilerie ; elles permettront d’observer les belles meules depuis l’extérieur.

Revues

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois du 9 juin :

Article sur la reprise des activités à l’écomusée du moulin de Maupertuis, avec en photo Monsieur Jean-Claude Narcy et les deux nouvelles animatrices.

. Toute une page en l’honneur de l’écrivaine Marguerite Audoux. Ce n’est pas rappelé, mais son excellent roman « De la ville au moulin », paru en 1926, eut un grand succès et continue d’être reconnu comme un chef-d’œuvre, même si l’auteure n’a pas la célébrité qu’elle mériterait.  

Bulletin des Amis du Vieux Varzy n° 32, 2021 :

 A la suite de l’assemblée générale de notre association que nous avions tenue à Varzy, M. Georges Marchand m’a demandé une étude historique des moulins du secteur. Sont depuis parus mes travaux sur les moulins de Varzy dans le n° 30 du bulletin des Amis du Vieux Varzy, ceux de Courcelles et deux petites communes dans le 31, et voici dans ce n° 32 ceux relatifs à Oudan, Menou et surtout La Chapelle-St-André. Cela commence page 97 et finit page 117. Comme à chaque fois, Georges Marchand m’a fourni force documents et m’a  fait visiter les sites, d’où beaucoup de photos. Deux points importants à souligner :

. La tragédie du moulin de Chappe à Menou en 1944 : trahis, les résistants qui l’occupent subissent un bref siège par les Allemands ; la plupart se rendent, mais le nazisme ne s’embarrasse pas de prisonniers ; ils vont être fusillés à Cosne.

. Le nombre important des moulins de La Chapelle St-André et la richesse de leur histoire.

Pour l’an prochain et le n° 33, nous programmons les moulins de Corvol l’Orgueilleux.

Dans le même numéro 32, article sur la restauration achevée de l’ huilerie de Varzy aux deux belles paires de meules (voir plus haut).

Vents du Morvan été 2021 n° 79 : 

Un grand article « Quand les tisserands ont supplanté les drapiers à Château-Chinon », qui fait suite à celui du numéro précédent consacré à la manufacture de drap qu’a connue cette ville. L’auteur, Jean-Claude Perraudin, évoque notamment « le foulage » et donc « le travail des foulonniers ». retenons surtout : « Nous avons identifié à Château-Chinon 78 foulonniers, dont notamment la famille Breugnot qui, de 1600 à 1800 passé, a, par 15 membres, continuellement tenu le foulon des Moulins d’Yonne… Il y avait dans un autre foulon dit des Boutures 6 Petot de 1630 à 1730. Les Buteau tenaient le foulon de Précy. Les 10 Barthault du foulon de Vermenoux succédaient en patronyme début du XVIIe siècle à des laboureurs Berthault. Près de Château-Chinon, le Foulon de la Roche fut un des derniers en activité ». Tout ceci est important, en particulier par rapport au grand article sur les foulons que nous avons publié dans notre bulletin voici quelques mois. Je n’avais jusqu’ici aucune indication sur les foulons de ce secteur en dehors de celui de la Roche, situé à St-Hilaire en Morvan, au pied de Château-Chinon mais au début de la plaine côté ouest. En outre je n’avais jamais trouvé citation de ce « moulin des Boutures », ni que des familles Bertaut, Breugnot et Petot avaient tenu un foulon. Cela m’a fourni l’occasion d’entrer en relation avec Jean-Claude Perraudin qui m’a indiqué ses sources (les cahiers paroissiaux et d’état civil). Il m’a dit qu’il n’avait aucun lien avec les Perraudin meuniers du côté de St-Honoré et Rémilly, ancêtres de Jean-Claude Néant, mais que certains des siens avaient tenu le moulin de Monjardin à Fertrève ; il a bien voulu m’adresser des photos de celui-ci. Je tâcherai de faire des recherches prochainement à son sujet.

Dans le même numéro, un court écho pour signaler que les activités du moulin de Chazeu, à Laizy, tout près d’Autun le long de l’Arroux, reprennent, avec la célébration des 30 ans de l’association Trac qui y mène des animations ; en particulier elle fera revivre la fête de la pomme le 10 octobre.

Livres

« Le Routard : Parc naturel régional du Morvan »`

Utile, mais très court, On n’y trouve peu de renseignements sur les moulins : il livre les horaires d’ouverture de deux hôtels-restaurants, le Moulin des Ruats à Avallon et de son voisin le Moulin des Templiers situé à Pontaubert . Comme gîte rural est cité celui du Moulin des Morvans au Châtelet, à Fâchin, mais nos amis du moulin de Poil sont oubliés. Par contre je note le « moulin des Renaudiots » près d’Autun qui m’a toujours échappé (sa restauration est sûrement très récente). Positif aussi l’évocation de « la ferme piscicole du Moulin » à La Petite-Verrière (Saône et Loire) où on peut pêcher la truite (les auteurs auraient pu signaler celle du moulin Talat à Brassy). Je pense que d’autres établissements auraient pu être indiqués comme le moulin de Soeuvre près de Vézelay.

Brochure : « Rendez-vous Pays de Loire Val d’Aubois été 2021 » : petite brochure indiquant les lieux à visiter du côté de La Guerche dans le Cher ; en couverture elle porte le moulin à vent de Chalivoix les Noix, à Ourouër les Bourdelins… mais elle n’indique pas quels jours il peut être visité.

Télévision

Samedi 19 juin, des moulins sont évoqués sur Arte. L’après-midi avec « Guédelon 2, une aventure médiévale », documentaire franco-britannique de 2019 déjà diffusé ; bonne séquence sur le moulin qu’une délégation de notre association a visité il y a quelques années.

En soirée « Narbonne la seconde Rome », documentaire d’Alain Tixier consacré aux vestiges romains conservés dans la grande ville de l’Aude. Je savais que le musée de Narbonne possédait un beaux bas-relief représentant un moulin romain en forme de sablier géant et que deux esclaves manœuvraient à bras : j’espérais qu’il serait évoqué. On l ‘a vu… mais par un plan qui s’il a duré 2 secondes, c’est une éternité.

Questions diverses

Les grilles de la Préfecture à Nevers portent de grandes photos d’acteurs de l’économie nivernaise. J’en remarque deux :

– Une consacrée aux producteurs locaux qui ont ouvert un petit magasin ne proposant que leurs produits à Coulanges lès Nevers ; on y remarque notre ami Frédéric Coudray-Ozbolt.

– L’autre à Mme et M. Principe, qui tiennent la pisciculture du moulin Tala à Brassy ; on peut y pêcher soi-même sa provision de truites. Le bâtiment de l’ancien moulin demeure.

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Nouvelles meunières N° 38

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Actualités des énergies renouvelables

Le Journal du Centre du 29 avril 2021 consacre toute une page à l’Ademe (désormais « Agence de Transition écologique », elle préfère garder son ancien sigle). On y lit notamment : « L’objectif est toujours d’augmenter le pourcentage d’énergie renouvelable et de récupération ».

A propos de la Nièvre : « L’Ademe a contractualisé avec le SIEEEN en 2020 un contrat territorial de développement des énergies renouvelables pour la réalisation de 18 projets en 3 ans ».

Dans le cadre de la préparation aux élections départementales, le Journal du Centre publie le 10 juin 2021 toute une page : « Développement durable : leurs priorités ». Chacun des 4 grands partis ayant des candidats partout ou presque énonce ses objectifs : un seul met en avant « Développer production locale et énergies renouvelables : il insiste sur l’implantation d’ombrières photovoltaïques sur les parkings, dont celle en projet très avancé à Magny-Cours. Un autre parti déclare s’opposer fortement à l’éolien et évoque un projet autour de l’hélium, dont je ferais humblement remarquer que la technologie n’est encore guère développée. Cela dit, aucun des 4 partis n’a un mot pour l’énergie hydraulique.

Le 11 juin article sur un établissement agricole de Verneuil, à côté de Decize, la ferme Cotet « aux Taumonts » : « Approche concrète de l’agriculture bio et de la biodiversité ». Parmi ses projets, planter 150 noyers et un jour obtenir de l’huile. « Pour garantir à l’exploitation une autonomie totale en électricité, un bâtiment sera construit pour la transformation, couvert en cellules photovoltaïques ».

Éolien

Au niveau national

Suite à l’annonce par Barbara Pompili la ministre chargée de l’environnement que l’État va poursuivre ses encouragements à développer l’énergie éolienne, la politique s’empare de l’éolien, avec des partis qui proposent de le limiter toujours plus, mais pas forcément dans un but autre qu’électoral. Plus neutre sur ce plan-là, Stéphane Bern prend position contre l’éolien, qui dit-il « pollue gravement la nature et détruit le patrimoine naturel et bâti de France » (Le Figaro, 31 mai 2021). L’État évite de laisser poser une éolienne dans la perspective d’un monument historique (par exemple à La Charité sur Loire) et dans les beaux sites naturels.

Incidemment sur Arte a été évoquée une émotion qui agite la Provence : on commence à poser des éoliennes géantes sur et autour de la fameuse Montagne Ste-Victoire que Paul Cézanne a représentée dans quelques 80 tableaux : un endroit sacré, en somme. Emotion bien compréhensible pour les amateurs de beaux paysages. Mais cela pose cette question : est-ce que Cézanne aurait refusé cette modernité ? N’aurait-il pas choisi de l’insérer dans son paysage, comme Monet peignant les fumées de la gare St-Lazare ou du port du Havre ?

Dans notre région

« Près de 400 acteurs régionaux lancent une procédure contre le plan de déploiement » de l’éolien dans la Région Bourgogne-Franche-Comté. La Région compte déjà 402 éoliennes, l’objectif étant d’atteindre 1600. Plusieurs projets semblent à leurs adversaires contraires à des articles du Code de l’Environnement. Par exemple « le milan royal, en voie de disparition, fait partie des espèces qui circulent entre l’Allemagne et l’Espagne en passant par la Bourgogne-Franche-Comté… L’impact des éoliennes sur le milan royal ne figure jamais dans les rapports produits par les promoteurs, pas plus qu’il n’est évoqué dans le Sraddet » (le plan régional. Journal du Centre, 7 juin).

SRADDET : Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires

Un collectif d’associations fait procéder à une enquête d’opinion auprès d’un échantillon de 1250 personnes sur les parcs éoliens : il conclut que 64 % des sondés « estiment qu’ils ont un impact négatif sur les paysages, 32 % très négatif . Une majorité considère également que l’éolien dégrade la vie locale… 56 % sur l’entente entre les habitants. 52 % voient des effets négatifs sur l’attrait touristique. 51 % sur l’attractivité auprès des citadins. ». 66%craignent pour la valeur de l’immobilier. 70 % sont contre l’éolien lorsqu’il risque de perturber la circulation des oiseaux migrateurs. 66 % accordent un crédit à l’éolien dans la lute contre les émissions de gaz à effet de serre. (Journal du Centre 13 et 14 juin 2021).

Dans l’Yonne, où l’éolien se développe beaucoup, les débats continuent entre ses partisans et ses adversaires. 

Côté partisans : L’Yonne Républicaine du 22 février annonce un projet à Montholon, près d’Aillant sur Tholon. L’intercommunalité du Serein s’interroge sur le revenu qu’elle tire des éoliennes : il n’irait pas au-delà de 20 ans ; pour ma part, (9 avril). A La Celle-St-Cyr, le maire et le conseil municipal défendent le projet éolien, dont ils attendent 70 000 € par an ; ils intègrent leur décision dans l’ambition nationale : « L’urgence climatique est là. Aucune étude scientifique validée ne remet en cause formellement le production d’électricité éolienne ». (9 avril)

Côté adversaires : dans le Tonnerrois, « Le bruit des pales est insupportable » assurent des riverains du parc éolien ; de plus, ils affirment que les oiseaux ont du mal à éviter les pales ; des plaintes sont déposées (10 avril). Même opposition virulente autour de Joigny : « Les éoliennes attisent les oppositions », plusieurs associations s’étant constituées contre les différents projets (22 avril).

Solaire

Le Journal du Centre du 23 mai 2021 consacre un assez long article à la réunion de la Confédération Paysanne dont le principal débat a porté sur les terres qu’on recouvre de panneaux solaires ; il craint que ce soit autant de terres dont ne disposent pas les jeunes voulant s’installer comme agriculteurs, voire les plus anciens à la recherche de bons terrains. Cela fait suite à l’intention affichée par la Chambre d’Agriculture de favoriser la disposition de ces panneaux sur des terrains ; il est vrai qu’elle précise préférer pour cela les terrains « peu productifs ».

Le même jour, le quotidien annonce : « les panneaux photovoltaïques des parkings du circuit de Magny-Cours ont été mis en service ». « Nous allons produire 5 000 mégawatt-heures … alors que le circuit n’en consomme que 1 690 par an ». « Le surplus va être réparti autour du circuit ». Autre projet : « A moyen terme, Nièvre Énergies, le circuit et le Département projettent de fabriquer sur le circuit de l’hydrogène pour le réutiliser dans les moteurs des voitures sur le site. »

Le Journal du Centre du 29 avril 2021 annonce à La Guerche sur l’Aubois dans le Cher un « projet de centrale photovoltaïque au sol ». « Ce projet permet de revitaliser une ancienne friche dans la zone industrielle au nord-est de la commune. » ; il « s’inscrit dans la loi pour la transition écologique… qui prévoit que les énergies renouvelables devront représenter 40 % du mix électrique français d’ici 2030 ». 13 000 panneaux, puissance 5 MW, consommation de 2 150 foyers.

Le Journal du Centre du 15 mai 2021 annonce qu’à Garchy un projet est en cour à l’ancien centre de géophysique du CNRS : 17 ha pourraient être couverts de panneaux photovoltaïques, en espérant couvrir la consommation annuelle en électricité de 4 300 foyers. Un des avantages est que les sols du site sont très pollués, donc impropres à toute remise en culture. C’est la société Valorem qui entreprend les études ; depuis le 15 mars 2021 elle sollicite le public pour monter une « cagnotte participative ».

Hydrogène

Voir ci-dessus à propos des panneaux solaires de Magny-Cours.

L’Auxerrois confirme son choix de développer la filière de l’hydrogène. « Par ce choix, la capitale de l’Yonne deviendra une ville vertueuse en matière de gestion environnementale, en limitant drastiquement les rejets de gaz carbonique dans l’atmosphère. » Cinq bus fonctionnant à l’hydrogène sont en cours de fabrication  et destinés à Auxerre. Rappelons que la Région programme de lancer 3 trains à hydrogène (Auxerrois Magazine décembre  2020 et avril 2021).

Méthanisation

Le 23 avril 2021, L’Yonne Républicaine fait état d’une réflexion sur « La méthanisation divise dans le Vézelien ». A Foissy les Vézelay, des habitants se plaignent de la pollution générée par l’unité de méthanisation créée en 2012 à Domecy sur Cure. L’exploitant, un agriculteur local, « Concrètement, l’agriculteur introduit des déchets tels que du fumier, des déchets agricoles, des biodéchets dans un digesteur privé de dioxygène. La fermentation produit un biogaz, puis, grâce à un moteur de cogénération, Christophe Rousseau produit 530 kwh d’électricité réinjectée dans le réseau (1 500 foyers). De ce processus reste le digestat qui sert de fertilisant pour les terres ».

C’est ce digestat qui pose problème. Les gens qui en répandent sur leurs terre y trouvent des résidus polluants, notamment des débris de plastique. M. Rousseau explique que sa machinerie s’est tellement développée qu’il reçoit des déchets de la région parisienne, qu’il espère végétaux ou organiques, et il ne réussit pas toujours à en écarter les mauvais produits. En tout cas un « collectif » s’est constitué contre lui, dont 2 membres se sont cru autorisés à tenter une action de sabotage, suite à quoi M. Rousseau porte plainte.

JOURNAUX

LeJournal du Centre

30 avril 2021 : Article sur les projets de « l’Association de Sauvegarde de l’église et patrimoine culturel de Corancy », intitulé « Sauvegarder le patrimoine corancycois », portant essentiellement sur la belle petite église du village ; au centre est le surprenant tableau représentant St Joseph, du méconnu Eugène Charles François Guérard (1821-1866). L’association… « participera à la Journée des Monts et Moulins en juin ». 

9 juin 2021 : « Un tiers-lieu numérique et social à Luzy », pour les associations aussi bien que les citoyens : il sera aménagé dans l’ancien moulin sis en plein centre de la ville, sur le pont qui en fermait l’étang. Un regret toutefois, il n’est pas envisagé de réparer les pelles de l’ancien étang historique, qui ne retrouvera donc pas son  aspect d’autrefois.

11 juin  2021 : Un camping rénové à La Nocle-Molaix, constitué de plusieurs petits chalets, au bord de l’étang Marnant. L’article n’en parle pas, mais cet étang alimenta un moulin. ,

. St-Pierre le Moûtier : annonce de l’ouverture du moulin des Eventées les 16 juin 2021 et 11 septembre 2021.

REVUES

Bulletin de l’association Les Amis de La Charité sur Loire n° 110 d’avril 2021, article « La famille Grasset » : plusieurs personnages de cette famille ont animé la vie charitoise, mais aussi nivernaise, dont pour ce qui nous concerne Louis-Auguste. Louis-Auguste Grasset était un grand collectionneur d’objets à intérêt historique ; il était si connu comme tel que lorsque fin 1834 Mérimée, tout nouvel inspecteur des monuments historiques, vint à La Charité, il tint à le rencontrer. Plus tard il devait léguer une partie de ses collections pour créer le musée de Varzy. Nous l’évoquons dans l’histoire des moulins de St-Aubin les Forges au sein de « Les moulins des Nièvre », premier cahier, que nous venons de mettre sur notre site internet. En effet, l’auteur de l’article Bernard Cirette écrit : « En 1847, Louis-Auguste Grasset décide de remettre en état ses propriétés de la Douée et vend une partie de ses collections » : le site de la Douée à St-Aubin les Forges comprenait 4 forges hydrauliques ; Pierre-Auguste transforma l’une d’elles en moulin à blé.

Les Annales des Pays Nivernais n° 182, juin 2021 : « Un village et la Loire au XIXe siècle, Port Thareau à St-Hilaire-Fontaine », par Bernadette Petit-Dorot. Ce petit port sur la Loire en amont de Decize disposait d’un petit moulin, dit le Moulin au Loup ou de Tareau, mu par un ruisseau formant un étang. Il en est question à plusieurs reprises, quoique succinctement. Je retiens surtout ce détail de 1866, l’année de l’une des 4 pires crues de la Loire de ce siècle-là ; il s’agit de l’action des secours : «Nous dirigeons notre expédition vers le moulin de Tareau où nous savions se trouver une vieille femme infirme et malade que nous trouvons au grenier avec sa famille. Nous voyons entraîner par l’eau les premières poutres du moulin et nous nous trouvons dans un courant si rapide que nous ne sommes plus maîtres de notre embarcation. » Cela nous rappelle ce phénomène terrible : les crues de la Loire faisant remonter l’eau le long des rivières affluentes, d’où des dégâts énormes. Le numéro comporte plusieurs cartes où on voit bien le moulin représenté ; il y a aussi une photo du dernier vestige des bâtiments du moulin.

Un encart inséré au sein du numéro 182 contient un hommage à Robert Durand : il contribua beaucoup à faire connaître le moulin de la Commanderie à Moulin-L’Evêque (St-Père) ; nous y avons plusieurs fois reçu les visiteurs ensemble lors de journées des moulins ou du patrimoine. Robert vient de s’éteindre à 94 ans.

Le Canard Enchaîné du 12 mai 2021 commente l’apparition d’une nouvelle farine, celle d’insectes, annoncée par « Les Echos » : l’entreprise française Yusect, « annonce La Croix », « est en train de construire une ferme géante d’insectes dans la Somme et va se lancer dans l’alimentation humaine dans le Jura et aux Pays-Bas, avec l’élevage de larves de ténébrion meunier ».

LIVRES

« Gustave Courbet, éloge de la nature »,sous la direction de Carine Joly et Valérie Pugin, Silvana Editoriale. Ornans, la ville natale du grand peintre Gustave Courbet, est au bord de la Loue, un affluent du Doubs ;  quand on longe cette rivière charmante, on pense qu’elle  a dû animer beaucoup de moulins. L’un d’eux demeure célèbre : Vuillaffens, illustre pour ses roues qu’un génial mécanisme fait monter ou descendre suivant la hauteur du courant.

Le livre propose deux moulins :

. « La source de la Loue ». Comme souvent dans le Jura, la source surgit soudain, regroupant plusieurs ruisselets après qu’ils ont parcouru des kilomètres sous la falaise calcaire). Courbet propose un surprenant moulin, d’aspect fort ancien, avec une goulotte fermée longeant toute la façade… Il ne manque que la roue.

. A Ornans même (où aujourd’hui le visiteur pressent que plusieurs maisons, par leur inconfortable position au bord de la rivière, ont pu être des établissements hydrauliques), Courbet propose un établissement d’aspect vieillot, plutôt bas, mais doté de deux roues à augets. Bizarrement, on distingue une roue de moulin à fruits, toute fine, posée en travers entre les deux biefs, comme pour marquer une séparation. Titre du tableau : « Une papeterie à Ornans » (donc les moulins de Franche Comté ont aussi travaillé le papier). 

« La Maîtresse du peintre » par Simone Van der Vlugt, 10-18, 7,80 euro.

Cet ouvrage s’en prend à mon artiste préféré parmi tous ceux qui ont eu un ancêtre meunier : le grand Rembrandt en personne. La dame en question, Geertje, nourrice de son fils Titus, il en fit donc sa maîtresse. Paraît-il que leur union a fait scandale, mais que les moralistes n’ont poursuivi qu’elle en justice, scénario au cours duquel Simone Van der Vlugt dit que Rembrandt commit la « trahison » de l’abandonner à ses ennemis.

TÉLÉVISION

Lundi 10 mai 2021 , numéro de « Secrets d’histoire » sur France 3 consacré à Toussaint l’Ouverture, qui mena une révolte sur l’Ile antillaise de St-Domingue après qu’en 1802 Napoléon Bonaparte eut prétendu rétablir l’esclavage. Toussait l’Ouverture avait été esclave dans une grande entreprise de culture de la canne à sucre, laquelle, comme toutes, possédait un moulin pour pulvériser la canne et commencer à en extraire le sucre. L’émission a proposé un très beau tableau montrant un grand moulin à vent. Un historien a raconté ce dont un Antillais m’avait fait part un jour : c’est le risque couru par les esclaves noirs qu’on faisait travailler trop près de la machine à broyer les cannes ; il y avait un grand nombre d’accidents. Toussaint l’Ouverture, remarqué pour sa grande intelligence, fut affranchi et devint lui-même producteur de sucre.

Samedi 22 mai  2021 sur la Cinq : « Echappées belles » consacrées aux Cévennes, avec un beau moulin à vent, bien filmé ; le meunier a présenté son blutoir.

Disparition

M. Maxime Guillemenot vient de s’éteindre. Il nous avait reçus à son Moulin Caillot de St-Brisson lorsque nous avions organisé une rencontre avec nos amis de Saône-et-Loire dans les environs d’Alligny en Morvan. 

Questions diverses

Eclusophone

L’Yonne Républicaine du 10 mai 2021 révèle urbi et orbi que des jeunes musiciens ont mis au point un « éclusophone », constitué du « mélange improbable d’une harpe et de peaux de tambour »lequel « fait écho au bruit de l’eau, de la nature et de l’écluse ». « Au départ l’instrument ressemblait à un gros  baby-foot. Aujourd’hui il a 12 faces et s’intègre parfaitement à la machinerie de l’écluse. » L’affaire se passe le long du canal du Nivernais, il s’agit d’une des initiatives qui se proposent de la mettre en valeur. Voies Navigables de France la retient dans le programme. 

Parc botanique : à Migennes, l’association Romarin a créé un sentier botanique qui occupe un kilomètre du Parc du Moulin de Préblin.

Lac du Crescent : L’Yonne Républicaine du 22 avril 2021 annonce qu’il est en cours de nettoyage donc vide ; l’article ne le dit pas mais on peut y observer les restes du moulin du Mont (Marigny l’Église). Le moulin de Queuson, même commune, avait été détruit à la veille de la mise en eau.

Nouvelles meunières N° 37

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Les désastres de la continuité écologique

Le Journal du Centre du 5 avril 2021 nous accorde un grand article d’une demi-page :

« L’association des moulins du Morvan et de la Nièvre dénonce la politique de l’eau.

Des propriétaires et riverains inquiets ».

L’article fait écho à l’importante déclaration de Francis  Lefebvre-Vary, notre président, contre le décret signé dans la précipitation par Edouard Philippe, juste avant de quitter son poste de Premier Ministre, permettant à l’administration d’imposer la destruction de barrages de moulin, même sans l’accord des propriétaires.

Francis Lefebvre-Vary insiste sur le coût très élevé de toutes sortes d’études préalables à divers travaux, études qui n’aboutissant généralement à rien.

La grande photo au centre de l’article montre notre ami Jean-Pierre Courault dans son jardin au moulin de la Forge de Sichamps, parmi des arbres qu’on l’a contraint à abattre au nom de la « continuité écologique ».

NB : l’article n’en parle pas, mais le décret semble entaché d’inconstitutionnalité en ce qu’il porte atteinte au droit de propriété résultant de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen inscrite en préambule de la Constitution de la Ve République. Les victimes peuvent donc soulever devant les tribunaux la question préjudicielle de constitutionnalité.

A ce propos, notons cet article dans l’Yonne Républicaine du 10 mars 2021 : 

« Le conseil d’État a tranché sur la continué écologique rapportée aux ouvrages hydroélectriques

Il donne raison aux défenseurs des moulins. »

L’article expose que l’association bourguignonne Hydrauxois, que préside notre ami Charles Champetier, vient d’obtenir l’annulation d’une partie d’un décret du 3 août 2019, pour non conformité à la loi sur l’eau ; cela entraîne la nullité de la circulaire diffusée pour son application. Résultat : « les porteurs de projets ayant reçu un avis négatif de l’administration pourront de nouveau faire valoir leurs droits ». L’article précise également que le procès continue contre le décret Edouard Philippe de juillet 2020.

Etrange réaction du maire d’Urzy

Curieusement notre article suscite une réaction que publie le Journal du Centre du 18 avril, 2021 de Gilles Devienne, qui « réagit à propos de la politique de l’eau ». Se présentant comme « maire d’Urzy, vice-président de la communauté de communes Les Bertranges, chargé de l’environnement et président du bassin versant des Nièvres », il « réagit au propos du président de l’Association des Moulins du Morvan et de la Nièvre tenus dans notre édition du 5 avril ». Il affirme que l’article L214.17 du code de l’Environnement n’impose « aucunement de détruire des seuils » : c’est bien notre avis, c’est pouquoi nous combattons les décrets qui imposent la dite destruction, ainsi que la pratique instaurée par les Agences de l’Eau, que décrit notre article. L’un des titres de la réponse est « Nous sommes dans la concertation » ; en effet, sauf qu’on ne nous invite pas aux réunions. Et il passe sous silence le décret Edouard Philippe. 

Il conteste le coût et la durée des études pour un projet inutile à Lurcy le Bourg ; d’une part nous maintenons nos affirmations, d’autre part nous réitérons qu’à Lurcy il y a eu de l’argent et de l’énergie gaspillés pour n’aboutir à rien !

Le numéro d’avril 2021 de Moulins de France, la revue de la FFAM contient  des articles importants :

  • L’éditorial du nouveau président Pierre Meyneng rappelant les efforts des fédérations auprès des parlementaires, lesquels ont abouti à des amendements aux lois existantes et en cours de vote, dont la ministre de l’écologie est bien ennuyée. 
  • Un grand article du même président associé à celui de la FDMF et de la présidente des Riverains de France : « Valoriser nos moulins. Arrêtons de les détruire. Utilisons leur potentiel. » Il contient en particulier des arguments scientifiques contre la politique actuelle.
  • Un grand article de Patrice Cadet : « La fragmentation paisible des moulins indispensable à la continuité écologique sauvage ». Les barrages sont très profitables à l’écologie, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement.
  • Un autre grand article de Patrice Cadet : « Et si pour sauver les poissons migrateurs il fallait sauver l’eau » : on est bien d’accord là-dessus, le véritable problème de l’état des rivières, ce sont les nitrates et les pesticides qui les polluent. Mais Patrice Cadet développe le thème avec des arguments scientifiques et des tableaux statistiques montrant que le gouvernement se trompe.

Le point sur les énergies renouvelables

Le Journal du Centre expose le 22 avril 2021 que : « Avec la crise sanitaire, la consommation d’électricité a plongé » (de 5,8 % en 2020). A l’intérieur de l’article on remarque : « En un an, le parc éolien s’est étoffé, en même temps que le parc solaire. Ils augmentent, respectivement, de  8,8 % et 12,5 %. Les énergies renouvelables couvrent désormais 16,3 % de la consommation régionale en 2020, contre 15,1  % en 2019 ». Elles représentent 1 200 mégawatts aujourd’hui.

Éolien

A Vermenton, dans l’Yonne, quatre éoliennes toutes neuves s’apprêtent à entrer en service : mâts de 137,50 m, pales de 62 m. Commande de la filiale EDF Renouvelables. (Yonne républicaine 11 mars 2021)

Solaire

Dans le compte rendu de la visite du nouveau Préfet à Magny-Cours, par le Journal du Centre le 23 mars, annonce de ceci par « le directeur de l’enceinte de sports mécaniques » : « Nous souhaitons réaliser une station hydrogène sur le site, alimentée par des panneaux photovoltaïques. A terme, nous souhaitons une flotte de véhicules roulant avec ce carburant ».

Le 20 mars 2021, le Journal du Centre annonce qu’un permis de construire est demandé pour une centrale solaire à La Machine, sur une « ex-décharge ».

1er avril  2021: à Chevenon, le conseil municipal étudie le projet d’une « centrale photovoltaïque flottante » « au niveau des plans d’eau en cours d’exploitation » par la société Eqiom Granulats », lesquels occupent une carrière abandonnée.

Le 2 avril 2021, il annonce que le projet de photovoltaïque à l’aérodrome de Cosne est accepté par la préfecture.

Hydrogène

Voir ci-dessus l’annonce du 23 mars 2021.

Méthanisation

Double page dans le Journal du Centre le 23 mars 2021 : « L’agriculture cherche à se diversifier ». Le plus grand article évoque les projets de méthanisation :

. Sept agriculteurs s’associent dans un projet à Prémery, sur le site de l’ancienne usine Lambiotte, dans le but de proposer de l’électricité à 1500 foyers.

. « La société Dual Metha caresse l’espoir de créer 4 autres sites de méthanisation dans le Val de Loire, le sud Nivernais et le Morvan à l’horizon 2023 .  A Moulins-Engilbert, l’Association pour la Valorisation écosocioculturelle du Nivernais moulinois responsable (Avenir) songe aussi à l’installation d’un méthaniseur ».

. Un agriculteur envisage de créer un méthaniseur à Pouilly.

. A Cosne, 4 agriculteurs « portent un projet de méthaniseur », celui annoncé par le quotidien le 18 janvier ; l’article en bas de la page 2 rappelle qu’il suscite une levée de boucliers contre lui.

L’article en bas de la page 3 est intitulé : « Pionnier de la méthanisation, l’éleveur ne regrette pas ce choix ». Utilisant le digestat de 350 vaches, M. Frédéric Maillault déclare : « Nous produisons entre 300 et 400 kilowatts d’électricité par heure que nous rachète EDF. Nous alimentons aussi un réseau de chauffage. » L’article précise que la maison de l’éleveur et une quinzaine de ses voisins en profitent aussi. La production lui permet de rembourser les emprunts effectués.

Dans l’Yonne, à Pont sur Vanne, près de Sens, un projet de méthanisation suscite une vive opposition : consultée par le conseil municipal, la population a voté contre par 54 voix contre 44 mais 108 abstentions. (Yonne Républicaine, 1er mars 2021).

JOURNAUX

Le Journal du Centre

5 mars 2021 : petit article annonçant l’ouverture du « réservoir du Châtelet », à Arleuf, pour la pêche: certains pêcheurs aiment les plans d’eau, alors que leur fédération défend le contraire au sein de l’Office de la Biodiversité.

22 mars  2021: Une demi-page sous le titre « Agriculture : depuis le début des années 1990, la Vendée a développé un ambitieux programme de stockage Plutôt que de voir toute cette eau partir à la mer ». C’est tout à fait ce que nous soutenons quand nous défendons nos chaussées de moulin. Peut-être que le ministère chargé de l’Environnement ne le sait pas : c’est tellement difficile de se tenir au courant…

24 mars 2021 : « Jules Miot, l’insoumis moulinois » : toute une page consacrée à ce grand révolutionnaire, né à Autun en 1809, mort près de Paris en 1882. Il a été quelques années maire de Moulins-Engilbert, où… il posséda un moulin (l’article n’en parle pas). Il participa à la Commune de Paris en 1871 ; d’ailleurs dans le documentaire sur ce grand évènement historique diffusé par Arte le 23 mars 2021, on voyait fugitivement une caricature de Jules Miot. L’article du Journal du Centre est rendu possible par les travaux de Serge Bernard, historien de Moulins-Engilbert qu’il nous est arrivé d’évoquer dans notre bulletin ; nous avions parlé aussi de Jacqueline, sa femme, qui ayant fait une grande étude sur la communauté familiale des Garriaux, à Préporché, nous a offert toutes les pages qu’elle a consacrées au moulin des Garriaux, lequel appartint longtemps à cette communauté.

. Article sur la maison de Pasteur à Dôle, en cours de restauration : l’ancienne tannerie de ses parents, sise au bord de l’eau, ce qui suggère qu’elle a dû contenir un battoir à écorce. Pasteur vint plusieurs fois dans le nord du Morvan, à Magny, chez son ami Valéry Radot, lequel possédait un moulin au pied de son château du Marraud, au grand étang célèbre. Rien n’indique que Pasteur ait visité ce moulin.

. Double page sur Marcel Reynaud, qui a repris la manufacture Leroux, laquelle fabrique une huile de lin idéale pour les artistes-peintres ; il l’a reprise jadis, bien après qu’elle ait fabriqué de l’huile de lin au moulin de Villiers-sur-Tholon (Yonne). Comme la plupart des huiles, celle de lin était jadis fabriquée dans un moulin.

16 avril  2021: « St-Brisson : Les trésors du Morvan à découvrir en ligne ». Le Parc Naturel Régional du Morvan annonce avoir ouvert une « importante collection consacrée à l’histoire, aux mémoires et aux savoir-faire du Morvan », collection qu’il est possible de consulter sur le site http://bourgogne.patrimoine.oral.org, ou mieux encore www.patrimoinedumorvan.org.

18 avril 2021 : le quotidien nivernais fait une excursion dans l’Yonne, en évoquant un personnage domicilié à Lucy-sur-Yonne : 

« Kelland Hutchence, artiste-peintre gallois »

Ce vieux monsieur, qui s’adonne à la peinture après une longue carrière militaire, profite d’une retraite heureuse dans notre région ; en particulier, il précise : « Je suis bénévole dans l’association qui rénove le moulin à vent de Migé »

21 avril  2021 : petit reportage sur nos amis du moulin des Eventées de St-Pierre le Moûtier : « Les bénévoles aux petits soins du moulin ». Ils repeignent ici et là, et ils plantent de nouveaux arbustes, qu’ils protègent de la gourmandise des chevreuils à l’aide d’un grillage.

26 avril 2021 : bonne nouvelle à Varzy. L’ huilerie est en cours de restauration, dont tout le système électrique et certaines pièces entourant les meules. La grille qui permettra d’observer les installations de l’extérieur sera prochainement posée.

L’Yonne Républicaine

3 mars 2021 : « La sève monte en puissance au moulin », assez grand article sur les innovations apportées au moulin de Vanneau, à Saints en Puisaye, qui continue ses projets pédagogiques, en l’occurrence évoquer la montée de sève dans un bouleau et un tilleul.

9 mars 2021  : M. Arnaud Bachelin entreprend de restaurer les vestiges de l’abbaye St-Martin à Avallon. Elle posséda un moulin important dans la vallée du Cousin, ce dont nous avons fait état à propos des moulins de cette ville.

25 mars 2021 : les projets de la petite commune de Cérilly « en étroite intimité avec l’eau ». « Le ru de la Fontaine, grossi par une ravine importante en limite de finage avec Coulours, alimentait un moulin situé au nord du village ».

REVUES

Vents du Morvan n° 78 printemps 2021

 Plusieurs allusions aux moulins :

. Le grand article « L’énigmatique manufacture de draps de Château-Chinon » évoque les « marchands drapiers » de la ville, lesquels recoururent aux foulonniers : un « fichier » en indique 48 entre 1600 et 1900. Malheureusement aucun foulon n’est indiqué.

NB : j’ai pu entrer en contact avec l’auteur de l’article, M. Jean-Claude Perraudin ; je ferai état des résultats ultérieurement. D’ores et déjà, il m’a dit avoir pour ancêtres des meuniers du moulin de Monjardin à Fertrêve ; il l’a d’ailleurs bien connu quand il avait encore tout son matériel.

. L’article sur Marigny l’Église dans les années 1950 dit que la commune comptait alors deux moulins : La Verdière et Courotte, ainsi qu’une scierie à Crottefou (sans doute l’ancien moulin). En plus il existait un petit atelier de pièces métallurgiques diverses à Mongaudier : l’article ne le dit pas mais il était aménagé dans l’ancien moulin de ce nom.

. « La guerre des farines en France en 1755 et en 1947 à Villapourçon ». Il s’agit de deux périodes où suite à de mauvaises récoltes le blé a manqué. Pour ce qui concerne 1755, l’article rappelle que les gens soupçonnés d’accaparer le blé pour faire monter les prix furent la cible de la colère de la foule, parmi eux des « meuniers ». Que j’apporte une précision : les meuniers travaillant « à façon », c’est-à-dire ceux qui traitaient le blé des paysans et le leur rendaient en farine, ne stockaient pas ; par contre les meuniers « de commerce », qui achetaient le blé pour en faire une farine destinée aux boulangers et pâtissiers, trouvaient avantage à stocker le blé pour mieux répartir la vente de farine au fil de l’année ; ce sont donc ces meuniers « de commerce » que la foule visait.

. « Voyage dans le temps au musée Papotte », de Bligny sur Ouche, en Côte-d’Or : un musée consacré à l’artisanat rural (saboterie, cordonnerie, sciage, articles divers) ainsi qu’aux écoles de village d’autrefois. Le musée porte ce nom parce qu’il se trouve « rue du Moulin Papotte », du nom de son meunier le plus connu, pour autant le musée n’occupe pas l’ancien moulin.

. L’article sur St François de Salle raconte notamment qu’il vint dans le Morvan rencontrer Ste Jeanne de Chantal, la grand-mère de Mme de Sévigné. Une remarque de ma part : Jeanne de Chantal, épouse et belle-fille de seigneur, habita deux châteaux avec moulin :

. Bourbilly, en Côte-d’Or au nord de Saulieu ; Petit, dans « Histoire des ducs de Bourgogne », dit qu’en 1233 le seigneur fit don à l’abbaye du Val des Choues d’une rente sur le moulin de Bourbilly. Le moulin ayant existé jusqu’au XXe siècle (le bâtiment subsiste), Jeanne de Chantal l’a connu, même si probablement elle n’y a jamais mis les pieds (le château est sur le plateau et le moulin au fond du ravin).

. Monthelon, à quelques kilomètres d’Autun : le château disposait d’un petit moulin pratiquement dans la cour ; la dernière fois que j’y suis passé il subsistait l’axe de la roue. Donc Jeanne de Chantal l’a vu, et St-François de Salles aussi. Par ailleurs, saisi comme bien national à la Révolution de 1789, le château fut transformé pendant un peu plus d’un demi-siècle en moulin à papier, sous la direction de descendants d’une grande dynastie de papetiers du Morvan, les Rodary.

. Dans le courrier des lecteurs, une dame évoque son amitié avec « Jean-Louis et Jocelyne au moulin de Jarles », à Alligny en Morvan. Il m’arrive d’en parler car, ayant doté l’ancien moulin d’une nouvelle roue, ils ouvrent volontiers pour les journées du patrimoine.

Nièvremag n° 23 de mars 2021, le magazine du Conseil Départemental de la Nièvre, annonce ceci concernant le canton de Luzy :

« Après quatre ans de démarches, le moulin du vieux pont, à Luzy, est devenu propriété de la commune et s’appelle désormais « Notre Moulin ». Les autorités locales comptent en faire un centre « numérique et social » pour les associations et les citoyens, par exemple un espace de télétravail et de visioconférence.

Terre des Bourbons, « magazine bourbonnais d’exploration locale », une revue du département de l’Allier, contient dans son numéro 20 de mars-avril-mai 2021 un grand article sur le moulin Gribory, à Chatelus, au pied de la montagne bourbonnaise, le long du Sichon. Il propose à la visite ses installations impeccables, l’atelier à blé marchant à l’électricité d’une part, l’atelier d’huile d’autre part. Les photos, fort belles, montrent le beau bâtiment bien restauré, la grande roue en fer, les belles meules à huile avec une curieuse petite benne d’où les cerneaux de noix tombent progressivement,  le pressoir à huile, les bouteilles les plansichters du moulin à blé.

LIVRES

« Petite chronique d’Anna Magdalena Bach », d’Esther Meynel, éditions Libretto. Cette écrivaine anglaise a, à partir des témoignages sur Jean-Sébastien Bach, composé ces fausses mémoires de sa deuxième épouse, Anne-Madeleine. Quelques extraits : 

« De tous temps les Bach furent musiciens. Sébastien racontait que le premier en date avait été son arrière-grand-père Veit Bach, meunier et boulanger de son métier.  Sa plus grande joie consistait à emporter dans son moulin une petite cithare dont il jouait pendant que la meule broyait du grain».

En mai 1723, la famille s’installe à Leipzig où le compositeur vient occuper un poste important, qui lui donne droit à une maison. Mais celle-ci est à agrandir, car il arrive avec Anne-Madeleine et les 4 enfants encore vivants que lui a donnés feue sa première épouse Maria-Barbara, d’où des travaux pendant lesquels « nous nous installâmes provisoirement au moulin ».

A Leipzig, Bach joue souvent au célèbre café Zimmermann, qui est « rue du Moulin-à-Vent ».

« Chefs-d’œuvre de la peinture : musée du Louvre et musée du Jeu de Paume ». Énorme livre Y est reproduit le fameux tableau de Jan Van Eyck « La Vierge du Chancelier Rolin », peint sans doute dans les années 1430. Ce chancelier était comme le premier ministre du duc Philippe de Bourgogne ;  il est né à Autun, le musée de la ville s’appelle Musée Rolin. J’en ai parlé récemment dans les Nouvelles Meunières parce que sa femme ayant créé les Hospices de Beaune, il leur offrit quelques années plus tard un moulin sur la Boulaize juste en amont des Hospices de Beaune. Sur ce tableau : on voit la chancelier à gauche, la Vierge à l’Enfant à droite, et plein centre un paysage, avec une grande rivière au milieu d’une grande ville. Or l’agrandissement de ce détail me permet pour la première fois de reconnaître un moulin-bateau, grâce à sa roue, plus peut-être un autre, plus une tour à laquelle une roue semble également être accolée. Mais de quelle ville s’agit-il ? Grand mystère. On aimerait qu’il s’agisse d’Autun, mais c’est tout à fait improbable. Selon le livre, les historiens penchent plutôt pour une création issue de l’imagination du grand peintre flamand.

RADIO

France-Musique

24 mars 2021 , dans Musique-Matin, 8 heures 20 : danse extraite de l’opéra « Le Coeur du Moulin », de Déodat de Séverac, à l’occasion du centenaire de ce compositeur mort le 24 mars 1921. L’opéra en question évoque un moulin à vent du Lauragais, ce grand plateau entre Toulouse et Carcassonne. Nous avions parlé de cet opéra il y a fort longtemps dans un bulletin Moulins du Morvan.

A propos, France-Musique célèbre  le centenaire de la mort de Camille St-Saens ; dans son opéra le plus connu, « Samson et Dalila », il évoque la scène biblique où Samson, prisonnier des Philistins, est attelé à une meule ; il illustre remarquablement la scène par une musique assez lente à l’aspect lourd, pour souligner la difficulté qu’endurait un prisonnier attelé à une meule tournante. (NB : l’abbé Charraut, dans A l’Ombre du Morvan, dit que le secrétaire de Camille St-Saëns était originaire du canton de Montsauche).

« George Sand dessins et aquarelles », par Christian Bernadac, éditions Belfond. On y remarque un dessin « à la plume » du  moulin d’Angibault, où la grande écrivaine a situé l’intrigue de son roman « Le meunier d’Angibault ».

Télévision

Dimanche 11 avril 2021 sur Arte : documentaire dans la série « Les Grands duels de l’art » ; il s’agissait de la rivalité entre les deux grands peintres anglais de la première moitié du XIXe siècle, William Turner et John Constable. Le second était fils de meunier, ce pourquoi il a notamment peint un beau moulin à vent très effilé (sans doute celui de son père), et un non moins beau moulin à eau à la grande roue posée sur le pignon, et que le tableau montre de face.

Dans Invitation au Voyage du 26 avril 2021, documentaire sur l’île grecque de Kolymnos (célèbre pour ses pêcheurs d’éponges) : une dame chante en faisant tourner son moulin à bras à la manivelle ; il a à peu près 60 cm de diamètre. Il ressemble à ceux du musée de Bibracte, et à celui confié par les archéologues d’Entrains au musée de Clamecy.

Musée méconnu dans le département de l’Yonne :

A Escolives-Ste-Camille, l’ancien « Moulin du Saulce », chemin du Saulce, abrite le musée Pierre Merlier, regroupant des œuvres de ce sculpteur.

Nouvelles Meunières N° 35

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Les désastres de la continuité écologique

Le Canard Enchaîné du 13 janvier 2021 interpelle le gouvernement et l’administration. Le projet de loi « Climat » est muet sur l’hydroélectricité alors qu’elle a un fort potentiel de production ; il est regrettable que l’État ne facilite pas et n’encourage pas les projets. Dans l’Eure, l’Agence de l’Eau n’a pas hésité à dépenser 1,25 puis 4,7 millions d’euro pour détruire le barrage et les installations qui produisaient de l’électricité à Pont-Audemer. Les poissons migrateurs dont l’administration prétend faciliter la circulation n’en ont généralement pas besoin (l’exemple des anguilles est cité : quand elles arrivent devant un barrage, elles se faufilent dans l’herbe). Le Canard énonce de nombreux cas où des chaussées ont été supprimées, avec un coût élevé pour le contribuable. Quand elles ne le sont pas, l’administration a tout un arsenal pour intimider les propriétaires de moulin (le Canard cite des exemples). 

Menaces sur un joli petit étang qui ne demande rien à personne

1er février : le Journal du Centre livre un grand article : « Quel avenir pour l’étang du Corvol? », assorti d’une très belle photo. Cet étang est situé dans le secteur Brinon-sur-Beuvron, Tacconay, Grenois, Chazeuil. Il fait le plaisir des habitants et des pêcheurs locaux.  L’article dit qu’il est en danger parce que la digue présente quelques défauts, la petite passerelle où un pêcheur peut s’installer est en mauvais état, et paraît-il les trous des ragondins rendent dangereuses les berges pour les promeneurs. Donc des travaux sont nécessaires, d’un montant avoisinant les 500 000 €. Parmi les solutions envisagées : la suppression pure et simple de l’étang, ce qui serait dommageable pour tout le monde… et d’abord pour les pompiers, susceptibles de s’approvisionner en eau facilement en cas d’incendie.

Actualité des énergies renouvelables

Dimanche 14 février, toute une page sous le grand titre « Energie », avec pour article principal « La seconde vie des centrales nucléaires ». Il évoque le «carénage » des dites centrales, lequel consiste à les rénover de telle sorte qu’elles produisent 10 ans, voire 20 ans de plus qu’il n’était prévu. Cela mobilise quelques milliards d’euro. Parmi les centrales visées figure celle de Belleville sur Loire, située dans le Cher, mais en fait en face de Neuvy sur Loire dans la Nièvre ; d’ailleurs les travaux pourraient en théorie être effectués par des entreprises des environs de Cosne-sur-Loire (cela intéresserait plusieurs centaines d’ouvriers). Tout en bas de la page, parole est donnée aux « anti-nucléaires » ; ils expriment leur inquiétude quant à la sécurité des travaux à effectuer et celle des centrales une fois qu’ils seront achevés. Il font valoir que les milliards investis auraient pu l’être dans les énergies renouvelables.

Eolien

Yonne : Le département de l’Yonne continue d’être prisé par les installateurs d’éoliennes géantes, mais une certaine lassitude à ce sujet commence à se faire jour. En témoigne l’article de l’Yonne Républicaine du 22 décembre 2020, dans lequel un maire fait part de son sentiment de « saturation ». Cela posé, l’article fait le point sur les projets en cours de réalisation, mais aussi les résistances de plus en plus vives que certains autres suscitent ; c’est ainsi qu’un projet de 5 éoliennes le long du Serein a été refusé par la Préfecture suite à l’action d’une association, et que le tribunal administratif vient d’annuler l’autorisation préfectorale donnée pour le projet de Vireaux. Cependant, le long de l’Armançon, le projet d’une vingtaine d’éoliennes de 240 mètres vient d’être lauréat du « Trophée de la participation et de la concertation » pour la manière dont il est préparé, ce qui d’ailleurs ne fait rien préjuger de son acceptation ou non par la Préfecture.

Le lendemain 23, un nouveau grand article fait état du projet autour de La-Celle-St-Cyr, à propos duquel la « concertation » avec les élus locaux et la population semble moins satisfaisante.

Nièvre : les oppositions sont beaucoup plus fortes dans la Nièvre, département il est vrai moins venté que l’Yonne. Le 13 janvier, le Journal du Centre annonce que les sociétés Bayware et Soléol envisagent de « développer des projets éoliens » dans les Amognes, mais que des associations hostiles à ce projet, se créent et préparent déjà des pétitions.

Solaire

On vient d’évoquer la commune de Vireaux. Elle présente aussi la particularité qu’une ancienne carrière de chaux pourrait accueillir un parc photovoltaïque « d’une puissance de 30 mégawatts », tout en hébergeant à côté un parc de loisir ; la photo montre que la-dite carrière jouxte une belle forêt. (L’Yonne Républicaine, 23 décembre 2020).

Le Journal du Centre du 12 janvier 2021 annonce que commence l’aménagement à Decize de la centrale photovoltaïque de la « zone du Four à Chaux », laquelle contiendra 63 300 panneaux. On espère qu’elle produira dès le mois de juin.

Le dimanche 14 février, il annonce un projet de « centrale voltaïque à la Sangsue » « sur 10 ha de terrains louables de l’aéroport de Nevers-Fourchambault » ; cette centrale « pourrait être opérationnelle d’ici la fin de cette année ».

Méthanisation

Le 25 janvier, le Journal du Centre relate qu’un projet de méthaniseur à Cosne-sur- Loire, côté Villechaud, suscite une levée de boucliers des voisins ; en effet, des agriculteurs souhaitent le créer, mais les voisins mettent en avant les nuisances, semble-t-il; importantes qu’il engendrerait. Le maire de Cosne est en attente de connaître le projet dans sa globalité  sachant qu’il n’aura  qu’un avis à formuler puisque que la  décision relève d’une administration de l’Etat.Le 12 février, le quotidien donne la parole aux auteurs du projet, lesquels organisent une réunion le 13 pour « expliquer de A à Z le projet de méthaniseur ».

Journaux

Le Journal du Centre

7 février 2021 : nos amis du moulin des Eventées de St-Pierre-le-Moûtier s’emploient à embellir le site du moulin, notamment en plantant un noisetier (comme le montre la photo jointe à l’article). L’association conserve 65 adhérents et maintient ses projets, dont la traditionnelle fête annuelle au moulin du jeudi de l’Ascension, et une reprise des visites le 25 avril.

Le même jour, le supplément Fémina contient un reportage sur les Iles Vierges britanniques, un archipel des Antilles qui tira profit de la canne à sucre ; brièvement est évoqué que demeure un « broyeur » de canne, lequel fonctionnait grâce à des ânes.

14 février, supplément Fémina de Centre-France. Vive émotion chez toutes les dames adhérentes à des associations d’amis des moulins en parcourant les pages « mode » de Fémina. Non pas pour l’accoutrement de la gente dame qui pose au premier plan (en « gabardine de coton » et « blouse en guipure de coton », mais on ne voit pas la blouse), mais parce que Madame pose devant un étang, et au fond… Hé bien un bel immeuble, bien sûr, bien blanc, dont on devine que la base est en contre-bas de la digue. ce ne peut être qu’un moulin ! De source autorisée, on apprend que cela est en effet possible. Dans les milieux généralement bien informés, on s’accorde à penser que la partie bétonnée à gauche a dû autrefois porter les vannes du déversoir de trop-plein. Les observateurs soulignent qu’on ne voit plus aucune vanne, donc que le moulin ne fonctionne plus.

16 février : Le moulin de Luzy « transformé en tiers lieu » : c’est la bonne nouvelle annoncée par le Journal du Centre. La municipalité de Luzy a acquis l’ancien « moulin du Pont » pour en faire quelque chose à la disposition de la population. Un encadré résume l’histoire de ce moulin que notre bulletin a plusieurs fois évoquée. Son exploitation a cessé en 1975.

20 février : article sur la Power Road qui « suit son chemin » : il s’agit du projet selon lequel on peut exploiter l’énergie que reçoit une route sur laquelle passe un véhicule. L’article évoque une expérimentation en Corrèze.

L’Yonne Républicaine

24 décembre : sous le titre « Malay-le-Grand l’ancien moulin à blé a été entièrement restauré », l’article raconte que le dit moulin a terminé sa carrière en 1885 quand la ville de Paris l’a racheté avec son barrage pour en faire un site d’alimentation en eau pour elle. La photo montre un joli bâtiment.

29 décembre : 

  • Sous le titre « Patrimoine : son implantation est attestée depuis le XIIe siècle, l’ancien moulin reprend vie », un article annonçant que l’ancien moulin Darnus, sur le ru de Vallan, a changé de propriétaire…  L’ancien moulin de Darnus ? Mais ça dit quelque chose à tous nos amis qui aiment les moulins à huile. En effet, ce fut celui de notre ami Pierre Charrier, à Auxerre, dont nous avons publié force images et documents dans notre numéro spécial sur les moulins à huile. L’article rappelle que son père Henri acheta le moulin en 1936 pour en faire une des plus performantes huileries de l’Yonne, voire de la Bourgogne. La roue dont nous avons publié une grande photo avait été posée en 1957. Rappelons qu’Henri fut président des huiliers de l’Yonne et de la Nièvre sous l’Occupation ; il eut alors fort à faire contre les projets de l’administration de supprimer le plus grand nombre d’huileries possible, cela à la demande des Allemands. Pierre avait une documentation formidable sur les moulins à huile de nos deux départements ; il connaissait bien M. Léveillé, de St-Pierre le Moûtier. L’article expose aussi que le Vallan a animé 5 moulins sur Auxerre : Billy, le Moulin Rouge, le moulin de Bouffaut et le moulin Saint-Martin. A propos du Moulin Rouge, j’ai toujours la photo d’un pot de moutarde qui en venait, marqué « Moulin Rouge » :
  • – L’association «Les Amis du Patrimoine de la vallée de la Vanne » consacre son numéro 20 à « l’histoire de la rivière et à la vallée de la Vanne ». L’article n’en parle pas, mais cette rivière rejoint l’Yonne à Sens, où elle a animé divers moulins dont certains importants, dont un foulon. Toute la vallée de la Vanne est bonne productrice de blé, d’où tout le long un certain nombre de moulins. Le numéro 20  près  de 260 pages, illustrées.

Revues

Archéologia, janvier 2021

A Autun, on pense avoir découvert le tombeau de Nicolas Rollin, le chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Ayant avec sa femme Guigone fondé les hospices de Beaune ; il acheta un peu plus tard pour le leur offrir le moulin situé juste en amont sur la rivière que les hospices de Beaune chevauchent, la Boulaize. Ce moulin, que les Hospices ne fermèrent que vers 1870, allait être un grand établissement meunier. Il fut démoli vers 1890.

En Haute-Corse, « un moulin hydraulique dans une ferme antique », commune de Lucciani, découvert au cours de fouilles menées par l’Inrap, « à double roue horizontale ». Ferme antique, cela veut dire avant la fin de l’empire romain, donc 476. Par « double roue horizontale », je suppose que l’auteur veut dire qu’il y a avait deux roues côte à côte.

Archeologia, février 2021

Article sur l’utilisation de l’eau dans un passé lointain, dont celui de la force hydraulique. L’auteur prend l’exemple du moulin de Guédelon, avec une photo de celui-ci.

« Vélo Touk-Touk Mag », un « magazine » gratuit qu’on trouve facilement dans l’agglomération de Nevers mais qui va sûrement augmenter ses points de distribution. Dans une sorte de chapitre « Tourisme », il propose un article intitulé « Le Saut du Gouloux » dont j’extrais : « Tout près de là nous trouvons les ruines de deux moulins, l’un pour faire de l’huile, l’autre pour produire de la farine. L’eau de la cascade étant une force motrice d’un autre temps pour ces derniers ». C’est sympathique d’évoquer les moulins, mais il y a pour moi trois erreurs :

– L’endroit ne s’appelle pas le Saut « du » Gouloux mais de Gouloux, nom de la commune : en effet le ruisseau s’appelle le Bridier.

– « Deux moulins » : ce n’est pas faux, mais juridiquement et économiquement, c’était un seul moulin à deux bâtiment avec chacun sa roue.

– Pourquoi ajouter « d’un autre temps » ? Lorsque le projet de construction de ce moulin en 1807, puis sa réalisation en 1838, la force motrice la plus courante utilisée dans les moulins était la force hydraulique ; très rares étaient ceux donnant la primauté à la machine à vapeur, et la force animale ne concernait que des industries requérant peu de puissance.

Livre

« Moulins du Berry », par Guillaume Cotinat, éditions La Geste.

Très beau livre de presque 300 pages, format un peu moins que le 21 X 29. Enormément d’illustrations. La couverture attire l’attention. En bas le fameux moulin d’Angibaut, illustre grâce au roman qu’y situa George Sand, « Le meunier d’Angibaut », le dit moulin se trouvant à quelques kilomètres de sa maison de Nohant. On remarque une grande et belle roue ; on peut supposer que l’homme en blanc est le meunier (souvent le meunier d’autrefois était vêtu de coutil blanc), à sa droite une dame bien mise, sans doute l’épouse du meunier, à gauche un chariot à bâche blanche, le cheval étant tenu par un homme à casquette blanche, sans doute le commis du moulin qui se prépare à partir en tournée. En admettant que les personnages mesurent 1,60 ou 1,70 m, et constatant qu’ils sont un peu plus petit que le rayon de la roue, on peut penser que le diamètre de celle-ci est de 4 mètres.

Au-dessus, photo d’un moulin du Berry … qui nous surprend, nous Nivernais : quelle ressemblance avec le moulin du Commandeur à Donzy !

Très beau livre, donc, avec moult illustrations de toutes sortes, mais uniquement sur les moulins à eau.

« Victor Hugo : Dessins », par Gérard Audinet, édité par Paris-Musées.

La Médiathèque de Nevers propose cet ouvrage magnifique. Victor Hugo était capable de dessins extraordinaires, non sans parfois annoncer l’art abstrait. Un seul moulin dans ce volume, page 305, ,il s’agit du moulin à vent de la route de Courtray à Ypres, en Belgique, dessiné en 1864. Un moulin qui fait beaucoup penser à ceux de Hollande. Un grand moulin sur pivot, le dit pivot n’étant pas comme souvent un ensemble de madriers, mais une tour conique fixe. La partie destinée à tourner est un assez long parallélépipède  en bois, dont le haut porte les 4 ailes. Pour « mettre les ailes au vent » (les placer face au vent), le meunier dispose d’une galerie qui fait tout le tour du haut de la tour fixe, sur laquelle elle repose grâce à de solides madriers en bois posés en diagonale. On remarque au sol deux anciennes meules, dont l’une très fine.

« Le moulin de la Tendresse », par l’incontestable non moins qu’immortelle Germaine Pelletan. L’action se situe dans un moulin désaffecté comme elle aurait pu le faire dans une tuilerie ou une ancienne maison close. Le soi-disant « moulin » n’a plus ni roue, ni meule, ni quoi que ce soit qui suggère son passé.

Télévision

Sur la 5, samedi 16 janvier, numéro de « L’échappée belle » consacré à la rivière Dordogne.Court reportage sur le moulin à huile de Martel, dont la carte postale est bien connue. Mais pas un mot sur les moulins à eau, pourtant nombreux que la Dordogne a alimentés, bien qu’on en aperçoive un de temps en temps.

Exposition

A la mairie de Guérigny, très belle exposition sur Maurice Genevoix, né à Decize en 1890, plusieurs fois revenu au cours de son enfance. Il avait « le souvenir d’un moulin à huile, près de la maison natale, pas dans l’île, sur le continent », donc plutôt dans le faubourg St-Privé, rive droite de la « Vieille Loire ».

Moulin de Cervon

Nouvelles Meunières N° 34

Nouvelles meunières

par Phiippe Landry

Nous sommes interviewés par le Journal du Centre 

C’est dans le numéro du 29 décembre. Une journaliste nous a invités, Francis et moi, à parler des rivières et des sources de la Nièvre.  C’est sous le titre « La vie n’est pas un long cours d’eau tranquille », puis le sous-titre « Que d’eau, que d’eau ». La journaliste retient notamment ce que nous lui expliquons à propos du Nohain : à l’origine, sur le site de Cosne, il butait sur une sorte de langue de terre et tournait progressivement à droite pour aller rejoindre la Loire à l’actuel « quai de la Pêcherie ». La formidable crue de 1658 a emporté cette langue de terre, et depuis le Nohain aboutit à la Loire perpendiculairement à celle-ci.

Actualité des énergies renouvelables

Bonne nouvelle de Guérigny : malgré  les difficultés de l’administration, une micro-centrale hydraulique est en cours d’installation grâce à la présence de deux anciennes turbines. C’est annoncé par Le Journal du Centre dans un article « Les projets des Amis du Vieux Guérigny », du 17 décembre ; la photo montre le dessus des deux turbines.

Eolien

Le Journal du Centre du 22 décembre annonce l’abandon du projet d’éolienne dans « les Vaux d’Amognes », le secteur comprenant des communes comme Poiseux, Nolay, etc…

Les désastres de la continuité écologique

Voir plus loin à propos du cinquantième anniversaire du Parc Naturel Régional du Morvan.

Revues

Annales des Pays Nivernais n°181, décembre 2020 :

« Le Morvan et son Parc Naturel Régional ». Le Parc Naturel Régional du Morvan a fêté cette année 2020 ses 50 ans. Nous en sommes tous heureux, car sans lui bien des dégâts auraient été commis. En tant que randonneur, j’ai beaucoup bénéficié de son œuvre, notamment la création du fameux circuit du Tour des Lacs du Morvan : non seulement le Parc a fait baliser les chemins, mais en plus il a encouragé l’ouverture de gîtes d’étape à l’intention des randonneurs.

Le Parc annonce qu’il a constitué un inventaire des richesses du Morvan, passées ou existant encore, qu’on peut consulter sur http://patrimoinedumorvan.org/inventaire-historique. Il recense en particulier 570 sites de moulin ; le numéro 181 l’illustre en proposant une fort belle photo des meules à huile du moulin de Vauclaix, dont nous avions parlé dans un bulletin il y a quelques années. Les grands lacs produisant de l’électricité ou autre sont également évoqués. Indirectement, quand l’administration (à laquelle la loi le soumet) entreprend des destructions dans le cadre de la continuité écologique le rôle du Parc apparaît : dans le chapitre « La Nouvelle charte du Parc », on lit que l’un de ses objectifs est de «conforter le Morvan, territoire à haute valeur patrimoniale, entre nature et culture. Au cœur des missions d’un parc naturel régional, la préservation des patrimoines est déterminante », c’est réjouissant de voir comme nous sommes d’accord. Toutefois le paragraphe suivant comporte la phrase suivante : « Biodiversité, ressource en eau, sols, bocage, paysages, architecture, patrimoine vernaculaire… sont autant de pépites à préserver, restaurer, transmettre ».On réduit  ainsi le « patrimoine » à son intérêt « vernaculaire ». Sous ce vocable employé de plus en plus volontiers par les technocrates  se cache tout ce qu’on prétend d’origine naturelle dans un « pays » ; étaient Implicitement, c’est la volonté des technocrates de détruire les « seuils » des anciens moulins.  Alors quand en conclusion le président se pose la question : « Avons-nous réussi à préserver nos paysages ? », je réponds oui tant que vous n’avez pas tenté de détruire les plans d’eau qui les ont embellis. Plus loin il se plaint du risque « d’effondrement de la biodiversité » : le fait est, elle s’effondrera si vous supprimez les seuils, donc les écosystèmes qu’ils abritent.

Le président se dit partisan des énergies renouvelables,  l’énergie hydraulique n’est pas évoquée ce qui est regrettable.

Vents du Morvan, « hiver 2020 », n° 77

En fait c’est le numéro qui vient de paraître en décembre 2020. Beaucoup d’articles intéressants, dont un de plusieurs pages sur le chanvre. Concernant les moulins il est rappelé que le chanvre était broyé dans un petit moulin ; un « moulin à foulon » . D’autre part les meuniers, disposant d’un plan d’eau, avaient tendance à y laisser rouir le chanvre, ce qui n’avait pas l’avantage de réjouir et provoquait des odeurs désagréables pour les  voisins : c’est pourquoi en 1773 un meunier de Moulins-Engilbert reçut l’ordre d’aller faire rouir son chanvre ailleurs. Parmi les illustrations, notons un sac du moulin Léger, d’Avallon, de 1962.

Gros article sur la commune de Cervon, qui « a compté 7 moulins » dont plusieurs moulins sont évoqués :

Celui de Marcilly, qui fut « très actif » ; un grand bâtiment qu’on peut observer aujourd’hui près du château de Marcilly.

Celui de Certaines (l’article n’en parle pas, mais le moulin  a subi des dommages suite à une action vandale perpétrée par quelqu’un qui a tenté de voler la meule en passant par le toit (nous l’avions raconté il y a plusieurs années dans un bulletin).

Celui de Lantilly, mais avec une erreur : ce n’est pas en 1930 qu’il fut transformé en atelier de production d’électricité mais en 1921.

A Vellerot : « En limite de commune de Cervon avec l’Auxois, il y avait deux moulins importants ». dont  un petit moulin qu’alimenta le modeste ruisseau du Pontot.

Nous avions évoqué l’ensemble des moulins de Cervon naguère, notamment dans notre bulletin centré sur les moulins de l’Anguison, et dans notre bulletin n° 22, que cite en note l’article.

Parmi les critiques de livres, je remarque « Les saisons de Solange », de Jean-Louis Faivre, qui rappelons-le habite le moulin de Jarle, En fait ce volume rassemble les « 3 tomes » de sa « trilogie ».

Livre

On vient de me donner un petit « choix de lettres » de Mme de Sévigné, aux Editions Flammarion, de 2007.  Elle écrit : « Je jette mon bonnet par-dessus le moulin » ; l’éditeur précise en note : « Expression que l’on trouvait à la fin de nombreux contes… et qui signifie « Je ne sais pas comment terminer mon histoire ». C’est la première fois que je vois proposer cette interprétation.

Télévision

Arte, 19 décembre : documentaire sur l’écrivaine suédoise Selma Lagerlöf (1858-1940) ; à la fin de sa vie, elle se mit à produire de la farine d’avoine dans sa propriété, à l’occasion de quoi elle se déclara « meunière ».

Document original : Le Chemin Bleu : « Découverte sensible d’un environnement à préserver, itinéraire de promenade sur les bords du Cousin » (à Avallon). Un document touristique,  figurant sur internet, est intéressant aussi pour les habitants d’Avallon  Les moulins y sont très bien présentés.. A noter  une curiosité : les « éditeurs » de la brochure sont la ville d’Avallon, le Parc Naturel Régional du Morvan, le Parc naturel des Vosges (!) et « Observatoire de la Continuité Ecologique ».

Moulin de la Presle

Nouvelles meunières N° 33

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Actualité des énergies renouvelables

Le Journal du Centre du 23 novembre annonce que « Nevers Agglomération vote le plan climat ». « La collectivité a pour objectif de produire 26 % d’énergie renouvelable en 2030 ». Comment ? 

Eolien

Au niveau national, la perception qu’ont les gens des éoliennes est très variable, comme le montre un article de Télérama du 28 novembre : « Dans le vent, les éoliennes ? ». D’un côté, dans le Var, on trouve qu’elles défigurent le paysage, de l’autre, en Vendée, plat pays sûrement plus monotone d’aspect, on s’est organisé pour faire construire collectivement des éoliennes, la gestion étant menée sous forme de coopérative. Dans ce second cas les gens ont l’air satisfait.

 Dans la Nièvre, à Rouy, le projet a l’air de prendre forme, bien que demeurant imprécis. Le maire a présidé une réunion publique, où se sont exprimées plusieurs oppositions. Suite à cette réunion, une conférence est organisée le vendredi 16 octobre sur l’éolien. (Articles du Journal du Centre, les 10 et 16 octobre ; notons que ce dernier est illustré d’une petite éolienne à l’ancienne, avec son rotor bien rouge, de certainement moins de 8 mètres de haut ; elle a dû servir à  monter de l’eau dans un pâturage).

Dans l’Yonne, près de Joigny, un grand projet éolien aux Beaux Monts a suscité un recours des associations hostiles devant le Conseil d’État, mais la haute juridiction valide le projet (L’Yonne Républicaine, 20 novembre).

Solaire

L’Yonne Républicaine du 24 septembre annonce que l’Agglomération d’Auxerre procède à une étude sur le potentiel solaire de ses toits :

« Le rêve ? Installer des toitures solaires dans toute l’agglomération ». Ce serait déjà bien de profiter des constructions nouvelles et des réparations de toitures et charpentes.

Le Journal du Centre du 5 novembre 2020 annonce que le conseil municipal de Bitry, en Puisaye côté Nièvre, examine un projet de centrale voltaïque. 

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Nouvelles meunières N° 32

Nouvelles meunières

pat Philippe Landry

Actualités des énergies renouvelables

  • Peu avant de quitter le gouvernement, Edouard Philippe a signé le fameux « décret-scélérat » en vertu duquel avant de détruire la chaussée d’un moulin (ou seuil), l’administration n’a plus besoin de passer par l’enquête « de commodo et incommodo », ni de demander son avis à personne. Le bulletin d’octobre de Moulins de France, la revue de la FFAM, consacre deux grands articles au scandale, en précisant qu’associée à la FDMF et d’autres organismes, elle a saisi le Conseil d’État pour faire annuler le décret.
  • Surprenant article de deux pages, les 2 et 3 octobre, outre l’annonce en haut de la une : « Les offres vertes s’allument ». En fait c’est une étude sur « l’offre » d’électricité, laquelle peut être d’origine « verte ». C’est très intéressant, et assez fouillé. Ce qui me surprend c’est l’un des chapitres : « Le SIEEEN a choisi un acteur vert pour l’éclairage public » suite à une mise en concours c’est un fournisseur d’énergie verte, Plum Energie, qui a remporté ce marché, son électricité venant essentiellement, dit Monsieur Hourcabie, « des barrages hydrauliques »

Eolien

La « Semaine Européenne du Développement Durable »  est passée quelque peu inaperçue… Sauf du côté de Bouhy : des élèves du collège de Bouhy ont été invités dans ce cadre à visiter le parc éolien de Bouhy et Dampierre sous Bouhy. Les souhaits que se développent les énergies renouvelables ont émergé. Certains élèves se proposent de construire une éolienne miniature (journal du Centre: 8 octobre).

Solaire

Le Journal du Centre du 15 septembre évoque la tempête qui secoue les habitants des communes riveraines du lac de Pannecière : en cause un projet d’y installer un parc photovoltaïque flottant d’un kilomètre et demi de long sur 250 mètres de large. Sont vent debout ceux qui craignent pour la qualité de l’eau (le lac fournit l’eau potable ), ceux qui redoutent une perte de la qualité esthétique du site, les pêcheurs qui perdraient de l’espace, etc… Un fait est : le parc projeté paraît bien grand. L’entreprise qui mène ce projet promet d’apporter beaucoup d’électricité. Les conseils municipaux qui ont pu déjà se prononcer ont émis un avis défavorable. La tempête est telle que dès le 21 septembre le Journal du Centre annonce l’abandon du projet.

En revanche le projet de la zone du Four à Chaux, à Decize, prend forme : « Les travaux vont bientôt débuter » annonce le Journal du Centre du 22 septembre. La centrale sera composée de 36 300 panneaux, avec « une mise en production espérée avant l’été prochain ».

En outre, le ounal du Centre du 25 septembre, sous le titre « Les parcs photovoltaïques se dessinent », annonce quatre projets : à Cosne sur le site de l’aérodrome, à Tracy sur Loire juste au sud du précédent, à Alligny-Cosne, et à sur l’emplacement del’ancien site le centre de recherche géodésique

Le 30 septembre, le Journal du Centre consacre deux pages au souhait de la Chambre d’Agriculture de la Nièvre de développer les parcs photovoltaïques, donc implicitement à la place de terres cultivables ; cette implication irrite certains agriculteurs, pour qui les terres affectées au photovoltaïques seront autant de moins dont disposera la véritable agriculture..

Les désastres de la continuité écologique

J’évoquais dans les Nouvelles meunières précédentes l’article du Canard Enchaîné adoptant pour l’essentiel notre point de vue dans la lutte que nous menons contre l’administration.

Le Figaro, dans un numéro de début septembre, nous rejoint également, en évoquant la catastrophe qui résulte de la politique menée par l’État dans le département de la Mayenne, cela dans une pleine page. Notons un article de Christian Lévêque, auteur d’un livre sur le sujet ; il écrit notamment « La vision actuelle de certains écologistes qui pensent que tout ce qui est modifié par la main de l’homme doit être détruit aboutit à des erreurs et des aberrations. »

Contre nous cependant demeure Le Monde, qui publie dans son numéro des 30 et 31 août un article écrit par M. Christian Ambiard  : Il pense  que « stocker l’eau de pluie dans des retenues est un non-sens » : on a vu cet été les effets de la sécheresse. En effet, l’eau qui coule directement est totalement perdue, contrairement à celle que prudemment on conserve dans des réservoirs.

Nous continuons d’affronter les cas concrets. L’Yonne Républicaine du 2 septembre en met un en valeur : le Préfet autorise la construction d’une  rivière de contournement de 100 mètres à Mézilles, sur la modeste rivière du Branlin, en Puisaye, « en supprimant des seuils », mais en préservant le moulin Corneil et son bief. C’est toujours au nom de la circulation des poissons. La population commence à se mobiliser, notamment grâce à M. Bertrand Méheust ; il présente deux arguments :

1) La rivière va couler plus vite et priver le village d’un réservoir d’eau, ce qui sera très préjudiciable en cas de sécheresse comme celle de cet été.

2) L’administration  présente  le coût des travaux limité à 180 000 euro (ce qui serait déjà énorme), alors que le commissaire-enquêteur les a estimés entre un et deux millions. M. Méheust avance d’ailleurs un coût de plusieurs millions!

Joural du Centre du 11 septembre : « Urzy : la gestion de la rivière Nièvre en question ». Le sénateur Nadia Sollogoub a rencontré le maire d’Urzy entre autres à propos du devenir du site de Demeurs ; autrefois usine à fer hydraulique, il conserve des vannes qui créent un petit plan d’eau, mais dont dépend quelque peu le moulin du Greux en aval. Ces vannes sont fatiguées, il faudrait faire quelque chose… Et naturellement l’administration a envie d’en profiter pour tout éliminer. Pour l’instant rien n’est décidé, eu égard que… on peine à déterminer qui est le propriétaire.

Journaux

Le Journal du Centre

16 septembre : 3 articles nous intéressent.

. Nos amis de St-Pierre le Moûtier ouvriront le moulin des Eventées au public à l’occasion des journées du patrimoine.

. « Forgeneuve, régal pour les yeux » : nous avons souvent participé à la fête des jardins à Forgeneuve, l’ex établissement hydraulique de Coulanges. Le Journal du Centre consacre un article au jeune couple suisse qui vient de le reprendre. A l’occasion des Journées du Patrimoine, le très beau site sera ouvert au public, notamment aux artistes-peintres.

. Une association apparaît à Champlemy, s’occupant de l’histoire de la commune. Elle a organisé une visite de certains sites au profit de ses habitants. L’article n’évoque pas les moulins. J’informe le président de l’association que nous avons mis tout ce que nous avons trouvé à leur sujet sur notre site internet.

Le Journal du Centre du 30 septembre relate que nos amis de St-Pierre le Moûtier sont satisfaits par le nombre de visiteurs du moulin des Eventées à l’occasion des Journées du Patrimoine. L’article précise que le fameux four continue d’avoir un grand succès 3 fois par an ; il est vrai que son pain et ses viennoiseries sont excellents.

1er octobre : annoncé en page une, grand article en page 13 sur le « moulin de Paragon », à Cosne sur Loire, « De l’électricité au complexe hôtelier ». Un moulin qui ne s’est jamais appelé « Paragon » ; on devrait dire simplement que ce très ancien établissement, qui fut le plus productif de la Nièvre, a été repris des Imprimeries Paragon. En fait il s’agit de l’ancien moulin du Grand St-Martin. bien restauré, il pourrait faire un bel hôtel, ce que suggère la remarquable reconstitution par ordinateur proposée au centre de l’article. En outre, le moulin conserve les turbines qui produisirent de l’électricité, et qui ne demandent qu’à être rénovées pour fonctionner. Reste que le bâtiment est au bord d’une route trop fréquentée, et que l’hôtel ne serait intéressant que si un pont ou une déviation réglait cette question.

9 octobre : 

. Très sympathique article « Nouvelle vie au moulin de Mirloup ». Dans notre dernier bulletin (n° 89), nous évoquons sur plusieurs pages la renaissance de ce moulin à eau de Chiddes. Nos amis Amy et David Knafou viennent de s’y installer, en conservant la roue, les meules et le rouet de fosse, pour faire de l’agriculture la plus naturelle possible, Amy étant « naturopathe ». Ils travaillent à « une bonne rotation et une respiration des sols qui ne sont jamais labourés mais amandés, dotés de fumiers, paillés, recouverts d’une toile, etc… » En plus, le moulin est un jour par semaine ouvert à l’ancienne pour une vente directe… Sans préjudice d’animations musicales quelquefois. 

. « Visite de l’huilerie Réveillée » de St-Pierre le Moûtier annoncée pour l’après-midi du 21 octobre, sur rendez-vous.

12 octobre : Nos amis de l’écomusée du moulin de Maupertuis font savoir qu’ils organiseront des animations pendant les vacances scolaires de la Toussaint.

L’Yonne Républicaine

1er août : A propos du célèbre moulin à vent de Migé, sur la route de Clamecy à Auxerre, toute une page avec une belle photo. « Le moulin a enfin redéployé ses ailes ». « A Tire d’Aile », l’association qui s’en occupe, a dû faire opérer une réparation compliquée pour que les ailes tournent à nouveau. L’article rappelle que les ailes sont revêtues de volets Berton et non d’une toile : l’intérêt est que le meunier peut les déployer depuis l’intérieur du moulin, sans avoir besoin d’aller escalader les ailes. Le moulin de Migé peut être à nouveau ouvert à la visite.

31 août : Toute une page consacrée à la commune de Domecy sur Cure, limitrophe de la Nièvre, autrefois siège d’une abbaye (l’article n’en parle pas mais elle posséda des moulins). L’article s’achève en évoquant la « centrale électrique », fonctionnant grâce au lac du Crescent dont l’essentiel est côté Nièvre, surtout sur Marigny l’Église. « Construite entre 1930 et 1935, elle a une superbe architecture et on espère qu’elle sera classée au XXIe siècle. La centrale est parfois ouverte à la visite.

2 septembre : à Arcy sur Cure, la commune bien connue pour ses grottes préhistoriques en aval de Vézelay possède un grand moulin de deux étages plus le toit mansardé (on le voit sur la photo qui illustre l’article) : ses propriétaires l’ont restauré dans le but d’y présenter des expositions. La première est dévolue aux toiles de Marc Tanguy, un artiste « figuratif » « enseignant à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs » de Paris, qui expose du 4 au 27 septembre.  

Revues

Le Marteau Pilon, bulletin des Amis du Vieux Guérigny de juillet 2020, contient comme annoncé un grand article sur la cimenterie qu’a connue cette ville de  1872 à 1934 ; elle a eu des meules, ensuite remplacées par des broyeurs, et des blutoirs. En outre, la famille Tort, qui posséda la dite cimenterie, détint aussi le moulin  de Luanges, à Urzy, où elle fabriqua du ciment.

Notons aussi un article où il est question de la fameuse usine de la Chaussade à Cosne avec le rôle de ses roues hydrauliques., peu avant le confluent du Nohain et de la Loire.

Enfin bel hommage à notre ami Alain Bouthier, remercié pour le grand nombre d’articles qu’il a confiés au Marteau Pilon, et pour ses interventions à la tribune lors de conférences organisées par les Amis du Vieux Guérigny. En passant, le Marteau Pilon rappelle qu’Alain fut un de ceux qui ressuscitèrent le musée de Cosne.

Le bulletin n° 124 d’octobre 2020 de Moulins de France, la revue de la FFAM, est assez centré sur les moulins-bateaux, un sujet passionnant. Le groupe d’articles n’en parle pas, mais en Nivernais nous avons connu des moulins-bateaux sur la Loire à Decize, La Charité et Pouilly, et sur l’Allier à Chantenay-St-Imbert et Livry, tout près de St-Pierre le Moûtier. Un grand article évoque un moulin-bateau qui vient d’être reconstruit sur le Rhin, côté allemand. L’autre grand article fait un tour d’horizon des grands fleuves de France ayant porté des moulins-bateaux : la Seine bien sûr, la Garonne, le Rhône et son affluent la Saône (sont cités Chalon-sur-Saône et le Doubs, affluent de laSaône). Cela dit, à propos des « ponts à meuniers », s’il est sûr qu’un moulin-bateau pouvait souvent être amarré au pilier d’un pont, il faut être prudent : cela ne veut pas dire que tout moulin sous pont était sur bateau ; en particulier un pont pouvait porter des « moulins-pendants » ; comme l’auteur insiste à propos du « Pont aux Meuniers » de Paris, à mon avis ses moulins étaient « pendants », pas sur bateau.

. Le bulletin continue de publier la série d’articles que je lui ai proposée sur les moulins de Bourgogne. Cette fois c’est celui intitulé «Les moulins à céramique », à propos des meules qui ont pu être utilisées dans les tuileries et dans les ateliers annexes des faïenceries, notamment à Nevers.

Télévision

30 septembre, sur RMC Découverte, un excellent documentaire sur les canaux de Paris. A un endroit on capte les eaux de la Marne pour les faire monter dans un canal : c’est une fort belle roue Sagebien qui réussit cette performance ; en très bon état, elle est remarquablement présentée. Beaucoup de moulins de plaine optèrent pour cette roue à pales longues et larges, légèrement courbées, nombreuses et assez serrées, que mit au point l’ingénieur Sagebien.

Nouvelles meunière n° 31

Non classé Nouvelles meunières

Par Philippe Landry

Actualités des énergies renouvelables

Nevers ça me botte n° 235, juillet-août 2020 : interrogé sur ses intentions, le maire de Nevers M. Thuriot, dont le mandat est renouvelé,  annonce qu’il « verra le déploiement du photovoltaïque sur les bâtiments municipaux, ainsi que la captation du « potentiel » hydroélectrique de la rivière Nièvre dans sa traversée de Nevers ». Pour le second point, ça ne peut se faire qu’à l’ISAT et sur le canal de décharge, ce qui promet de belles bagarres en coulisse, puisque l’administration de l’État voudrait condamner les 5 barrages qui s’y succèdent.

(On pourrait utiliser le potentiel des anciens moulins Pilavoine, Martelet et du Chapitre, mais à condition de diminuer fortement la quantité d’eau évacuée vers la Loire à partir de Coulanges par le canal de décharge.)

Eolien

. Autour de Rouy, un nouveau front…

Le Journal du Centre des 2 et 5 septembre annonce un projet de 8 éoliennes géantes autour de Cizely, à répartir entre les communes de Billy-Chevannes, Cizely, Rouy et Saxy-Bourdon. Immédiatement s’est créée une association hostile, dont le premier argument avancé est que le secteur est situé « à la lisière de la zone Natura 2000 ». Le bureau d’études chargé de préparer le projet fait savoir qu’il tiendra des réunions publiques.

. Tandis que celui du sud-Morvan s’amplifie. 

Le 7 septembre, le Journal du Centre titre : 

« Luzy

Bataille ardue entre les opérateurs et les associations…

Le combat contre l’éolien va souffler fort ».

Au moins trois associations se sont constituées dans le secteur pour empêcher la réalisation du grand projet éolien, chacune ayant son siège dans la localité principale de chaque secteur : Luzy (Nièvre), Marly-sous-Issy et Montmort (Saône-et-Loire). Elles se sont réunies au château de Pont-de-Vaux pour coordonner leurs actions. Elles repèrent des « contradictions du gouvernement » qui tantôt admet qu’il ne « pourra pas imposer l’éolien d’en haut », et tantôt programme que la France passe de 8 000 à 20 000 éoliennes. Détail important dans l’article : la DRAC reconnaît que des éoliennes seraient gênantes autour de la fameuse église d’Issy-l’Evêque, qui est classée monument historique.

En revanche, le site de Pougny prospère : le Journal du Centre du 8 septembre annonce que le 12ème mât attend ses pales.

Solaire

Bourgogne Magazine n° 65 de juillet-septembre 2000 décrit « Montbard rayonnant » grâce à des projets de grandes fermes photovoltaïques, menés par EDF. L’article précise que déjà fonctionne une grande centrale de ce type à Dissangis dans l’Yonne, tandis que deux autres sont en construction près de Dijon (Valmy) et de Chalon-sur-Saône (Lux). 

Les désastres de la continuité écologique

Rien de nouveau pour l’instant : il suffit d’observer l’état des rivières après les semaines de sécheresse que nous venons de vivre : nos ennemis ont du mal à nier que des seuils, peuvent être utile pour créer des réservoirs d’eau.

Journaux

Le Journal du Centre

22 août 2020 : Toute une page consacrée aux fabricants locaux de savon, en général soucieux de bio. Rappelons qu’un bon savon contient de l’huile. L’un des fabricants,         M. Juan Castro, installé au manoir de Thard, commune d’Onlay non loin de Moulins-Engilbert, utilise volontiers de l’huile de noix du moulin de l’Ile à Donzy, mais aussi de l’huile de colza venant de chez M. Boussard, de Raveau, dont nous avons naguère visité l’atelier. Il utilise aussi de l’huile de cameline fabriquée dans la Nièvre mais n’en précise pas l’origine.

26 août 2020 : En dernière page, en bas, petit article « Des guitares pour des stars mondiales » ; l’entreprise Furch, de la république tchèque, qui s’avère un grand producteur de guitares, est née dans un moulin. Elle a maintenant 60 salariés : l’article ne précise pas si les ateliers demeurent au dit moulin.

29 août 2020 : dans la page relative aux « sorties », annonce de l’ouverture exceptionnelle du moulin des Eventées, avec une grande photo.

31 août 2020 : le président de l’association « Le GRADE », qui s’occupe des recherches archéologiques d’Entrains et de son petit musée, rend hommage à notre ami Alain Bouthier récemment disparu : « maître de conférence et spécialiste de la prospection aérienne et qui a participé à la première fouille au chantier Chambault, aux côtés de Jean-Bernard Devauges ».

2 septembre 2020 :

. Dans une série intitulée « Patrimoine méconnu » du Val de Loire, grand article « Au cœur de l’industrie métallurgique » évoquant Chailloy, « dans les environs de Suilly-la-Tour ». « L’ensemble formé par le moulin, la forge et une maison de maître, a été construit durant le second quart du XVIe siècle par la famille du théologien protestant Théodore de Bèze ». L’article précise que cette famille possédait des forges et des mines notamment de plomb ailleurs en Nivernais : il ne l’indique pas, mais il s’agit du secteur de Chitry les Mines. Le site conserve de magnifiques arbres qui auraient été « plantés à la fin du XVIIe siècle, parallèlement à l’installation des différentes retenues d’eau nécessaires au moulin et aux forges ».

5 septembre 2020: Parution du bulletin 2020 des Amis du Vieux Guérigny. Il est consacré au travail de la chaux et du ciment dans le secteur, notamment à Urzy et St-Martin d’Heuille. L’article évoque une famille Tart, en précisant qu’elle a possédé le moulin de Luanges à Urzy. Rappelons que les cimenteries utilisaient des meules pour broyer la pierre de chaux.

8 septembre 2020 : un article sur Neuvy sur Loire, « Opération nettoyage pour un village propre ». La photo montre la Vrille à l’endroit où elle s’élargit : au fond on reconnaît l’ancien moulin Carré

Revues

La Loire et ses Terroirs, n° 105, juillet 2020 : Très grand article sur les « moulins pendus » du Cher (la rivière), de la page 106 à la page 142. On les nomme aussi « moulins pendants ». Je rappelle le principe : suspendue sous un pont, la roue monte ou descend pour recevoir au mieux la force de la rivière ; pour cela, de lourds vérins sont manipulés sur le pont. On peut émettre l’hypothèse que le moulin sous le pont de La Charité était ainsi fait ; il y a eu un projet de construire ce genre de moulin à Nevers sur la Loire. L’article propose des illustrations absolument fabuleuses ; un des ponts décrits compta deux roues parallèles. Il demeure quelques vestiges avec des roues en ruine.

Echos du Passé (revue des Amis du Dardon » : le n°129 de 2020 propose une suite à l’article sur les moulins de Toulon sur Arroux paru dans le 128 de 2019 : « Battoirs et tanneries à Toulon-sur-Arroux », par Michel Derry. J’y remarque que moulin de Pontin devint une usine hydroélectrique chargée de l’éclairage du bourg en 1903. La reproduction d’une page de l’annuaire de Saône-et-Loire de 1922-23 indique trois meuniers en activité à Toulon : Brivot, Belleville, Bonnot, et dans le « secteur électrique » « Belleville, ingénieur électricien » : j’en déduis que c’est lui qui menait le moulin du Pontin.

Bourgogne Magazine n° 65 de juillet-septembre 2020 : page 54, à propos des gallo-romains, et de leur manière de se nourrir, l’article cite l’historienne Fabienne Creuzenet : « Le pain s’est tellement bien développé en Gaulle romaine que l’on retrouve des boulangeries et des meules de moulin sur de nombreux sites fouillés, notamment et récemment autour de Lyon ». Si on peut avoir des précisions…

La rubrique « Nouveaux livres » signale la parution du nouvel ouvrage d’André Beuchot : « Autrefois en Côte-d’Or », sur les industries disparues de ce département, dont les papeteries. Je conserve pieusement un des précédents ouvrages de cet auteur : « Curieux de Côte-d’Or », où j’ai trouvé de nombreuses références sur les moulins, et que j’ai évoqué jadis dans notre bulletin. Problème : il auto-édite ses livres, et dans « Curieux… » il a oublié d’écrire son adresse. Je tâcherai d’arriver à me procurer le nouvel opus afin d’y repérer tout ce qui concerne les moulins, en particulier ceux à papier.

Livres

« Meules & Gastronomie »de Jean-Pierre H. Azéma, éditions Ibis Press. Ouvrage fondamental dont la parution en 2007 est hélas passée inaperçu (ce qui est d’autant plus surprenant pour nous qu’il a été imprimé par Laballery à Clamecy). Le grand historien Jean-Pierre Azéma passe en revue l’emploi des meules pour fabriquer la farine, bien sûr, mais aussi le chocolat, la moutarde, etc… C’es très instructif. Que de trouvailles et de documentation historique ! A chaque fois il soutient que la qualité gustative et nutritive est meilleure avec des meules par rapport aux cylindres.

Brochure

Les Archives Départementales diffusent une jolie brochure, gratuite : « Les moulins-bateaux du Doubs, une longue histoire ». Il convient de préciser que si le Doubs irrigue essentiellement la Franche-Comté, il termine sa course en rejoignant la Saône à Verdun sur le Doubs, ce village étant en Saône-et-Loire. On note de très beaux documents sur les moulins-bateaux, dont la reproduction d’une belle peinture montrant ceux qui existèrent à Chalon-sur-Saône.

Ils nous intéressent d’autant plus que nous n’avons aucune image des moulins-bateaux qu’a connus la Nièvre. Ceux sur lesquels nous avons un peu de documentation stationnèrent à La Charité sur Loire, l’un d’eux étant ensuite transféré à Pouilly, cela au XVIIIe siècle. Auparavant ont existé des moulins-bateaux à Decize, et sur l’Allier tout près de St-Pierre le Moûtier à Livry.

La fameuse Encyclopédie de Diderot et d’Alembert propose des plans de moulins-bateaux, de même qu’Henriette Dussourd dans son grand livre « Les Hommes de la Loire ». 

Télévision

Sur Arte, dans le cadre d’Invitation aux Voyages, le 31 août 2020, documentaire sur le mezcal, cet alcool du Mexique (à l’origine c’était le pulké, un alcool des Zapotèques, une civilisation précolombienne ; les Espagnols ont eu l’idée de le distiller nommé le mezcal). Ce breuvage est issu de l’agave, une plante mexicaine, qui devient grosse et lourde ; on la brûle, puis on la passe au moulin. En général, le mezcal est fabriqué par de modestes exploitants, lesquels utilisent un moulin à manège mû par un cheval. Le documentaire propose une très belle roue roulant de champ (verticalement, donc), d’environ 1,20 m de diamètre. Une fois la matière pulvérisée au moulin, on la distille.

Nouvelles meunières n°30

Nouvelles meunières

Par Philippe Landry

Un moment heureux : le dépôt d’un de nos dossiers aux Archives Départementales :

Le mardi matin 4 août 2020, nous avions rendez-vous aux Archives Départementales en présence de la journaliste du Journal du Centre Dolorès Touzin. Nous venions déposer le grand recueil relié de nos 5 cahiers consacrés aux moulins des Nièvre. Nous avons été reçus par la directrice adjointe. Notre délégation était composée de Francis Lefebvre-Vary, Catherine Audin et moi-même.

Quelques jours plus tard, le dimanche 16 août, l’article est paru, avec une photo de nous quatre.

L’article précise que les 5 cahiers sont consultables sur notre site : en cette occasion, justement, notre site ammn.info est pour une fois indiqué dans le Journal. Je ne me rappelle pas que cela se soit produit.

Actualité des énergies renouvelables

Eolien :

Le Journal du Centre du 7 août 2020 annonce qu’une entreprise propose d’édifier une éolienne dans les Amognes. Peu de détails pour l’instant.

Journaux

Le Journal du  Centre :

8 juillet 2020 : Le projet d’éoliennes dans le secteur St-Seine-Ternant pour la Nièvre, et la Somme côté Saône-et-Loire, continue de susciter des remous. La réunion publique du 7 juillet n’a rien apaisé.

16 juillet  2020: Petit article pour annoncer la parution du nouveau recueil de nouvelles de notre ami Philippe Berte-Langereau : « La mort du Galvacher ». 

21 juillet 2020 (avec rappel le 22) ; bon article avec photo sur l’huilerie « Réveillée » de St-Pierre le Moûtier, désormais ouverte à la visite les samedis à 10 h et mercredis à  14 h 30. 

Petit article sur une « chasse au trésor » organisée chaque jeudi jusqu’au 31 août à l’écomusée du moulin de Maupertuis, à Donzy.

24 juillet 2020 : toute une page dans la série « Estivité » : 

« Affaires criminelles : 1875

Les amants du moulin du Rêve ».

C’est une reprise des « affaires criminelles » dans la Nièvre racontées dans les deux volumes de Thierry Desseux. Le moulin du Rêve, un tout petit établissement à une seule paire de meules, se trouvait à Dun les Places. Il portait ce nom parce que créé à la suite d’un rêve de la propriétaire de ces terres autour de la partie supérieure du St-Marc, tout de suite en aval du moulin de Montour (situé lui à Brassy). C’est feu notre ami M. Laborde, du moulin Saloué à Dun qui m’avait mis sur la piste de l’affaire, suite à quoi je l’avais évoquée dans « Les moulins racontent le Morvan » et racontée à Thierry Desseux. Ce dernier l’avait alors approfondie en retrouvant le dossier judiciaire. Nous avions consulté M. Laborde pour bien préciser certains contours de la tragédie. Pour résumer, l’épouse du meunier du moulin du Rêve était tombée amoureuse du commis ; elle aurait entrepris d’empoisonner le meunier pour s’en débarrasser. Le fait est qu’il est mort jeune, d’une manière « douteuse », et qu’une fois qu’il a été enterré, Madame n’a pas tardé à s’enfuir du pays en compagnie du petit jeune. Pour autant on ne parvint pas à démontrer la culpabilité de la meunière. Ils s’établirent à Clamecy, où le jeune homme se fit embaucher dans un moulin… Où parait-il il périt emporté par les courroies, mais je n’en ai pas trouvé d’écho dans la presse de l’époque.

25 juillet 2020 : toujours dans les Estivités. Une page intitulée « Dans le Loiret, vers Malesherbes et sa région », une évocation du « sentier des moulins de la vallée de l’Essonne », un parcours de 11 km « jalonné par 5 moulins à eau », plus le circuit de 19 km « autour d’Aulnay », lequel « longe le beau moulin » à eau de Châtillon, à Ondreville-sur-Essonne.

26 juillet  2020 : incendie à l’ancien moulin du Vivier à Urzy ; les habitants contraints de quitter le logement et relogés provisoirement non loin..

Dans le même numéro du 29, notons : 

. Dans le Cher, à Ourouër-les-Bourdelins, « une subvention pour la réfection du moulin de Chalivoy-la-Noix, à commencer par son plancher, son escalier et son mécanisme » : coût total 82 333 euro, subvention 49 400 versée par la Région. Pour visiter le moulin, possible sur RDV : 06 98 60 76 20 ou 06 58 16 07 87.

7 août 2020: dans un grand article « Gastronomie : nous vous avons préparé des suggestions avec uniquement des produits issus de notre bassin » (le Val de Loire Région de Cosne), on remarque :

. Pour l’entrée : une salade produite par un agriculteur bio, laquelle est à assaisonner avec de l’huile de noix ou de noisette fabriquée « à la meule de pierre de l’huilerie du moulin, à Donzy ». On peut aussi faire une « tarte à la tomate » avec une pâte utilisant « de la farine de blé bio du moulin de Perrotin, à Perroy, ou encore de la farine de blé, de seigle, de pois chiche du moulin de Mirebeau à Menestreau ». Quant au dessert, sont recommandés « les fameux croquets des biscuits secs, fabriqués de façon artisanale au moulin de Maupertuis à Donzy ».

9 août 2020 : Chaumard « Le village n’oublie pas ses héros du maquis ». Une cérémonie a honoré la mémoire des Résistants tombés le 31 juillet 1944, lorsque leur maquis dit de Chaumard a été anéanti par une colonne allemande. L’article rappelle que ce maquis fut créé par Marcel Lemaître et Alexandre Octave. L’article ne le précise pas, mais Alexandre était le fils du meunier du moulin du Couloir à Dommartin ; il a été sauvé ce 31 juillet parce qu’il était parti en mission à l’extérieur du camp ; plus tard il succèdera à son père et présidera longtemps aux destinées du moulin du Couloir. 

Vers le 10 août : au musée de Marzy un beau meuble conserve un blutoir posé de biais. Souvent, les paysans des années 1900 préféraient acheter ou récupérer au moulin une farine peu blutée pour la bluter eux-mêmes, afin d’en récupérer tout le son. J’observe ce meuble avec intérêt chaque fois que je vais au musée de Marzy (fermé cet été).

13 août 2020 : Annonce de visite du moulin des Eventées les dimanches 16 et 30 août ainsi que le 6 septembre, sur RDV.

16 août 2020 : article sur le petit moulin de Mirebeau, à Menestreau : Mme Gaëlle Malézieux, qui produit un peu de farine en sa ferme à l’aide d’une paire de meules, expose qu’elle a changé une partie de son matériel pour faire toujours mieux. Le moulin est parfois ouvert à la visite.

17 août  2020 : . Dernières nouvelles de nos amis de l’abbaye de La Pierre Qui Vire : en particulier sa ferme n’a plus de chèvre, elle ne produit plus que du fromage de vache (article déjà paru dans l’Yonne Républicaine, voir ci-dessous).

. Dans la partie « Estivités », interview du maire de Raveau, avec parmi les photos celle de l’ancien haut fourneau de la Vache de notre amie Mme Claudine Muller. A propos, de nouveaux concerts sont programmés à partir d’octobre, le détail sera annoncé dans les semaines à venir.

19 août 2020 : article sur la boulangerie Gauthier, de Garchy, qui ne fabrique que du pain bio et autres produits de la même famille comme les viennoiseries, qu’elle diffuse sur les marchés et dans différentes boutiques de diverses régions, région parisienne y compris. Elle emploie  10 salariés. L’article affirme qu’elle n’utilise que la farine de deux moulins bio n’utilisant que des meules, et cela à partir de blé bio.

L’Yonne Républicaine en 2020 :

17 février  2020 : Grand article « Les tout premiers pas de l’électricité », une conférence à Escolives-Ste-Camille : M. Jean-Charles Guillaume raconte comment dans les années on fabriqua pour la première fois de l’électricité dans le département de l’Yonne, à partir du moulin de Saulce, et comment on monta un réseau électrique autour de St-Fargeau en 1887. L’article précise que le moulin de Saulce a produit de l’électricité grâce à des turbines jusqu’en 1984 ; les dites turbines demeurent en place et le site est parfois ouvert à la visite. Les lecteurs de notre bulletin se rappellent Jean-Charles Guilllaume : il nous avait accordé un article sur les moulins à ocre.

9 avril 2020 : « Connaissez-vous l’histoire d’Asquins ? ». Asquins est le village au pied de Vézelay tout de suite au nord au bord de la Cure. Un bon paragraphe est consacré au moulin d’Asquins, dont je me rappelle qu’on voit bien le haut de système de la turbine. « D’origine peut-être antérieure au XIIIe siècle », le moulin était banal : remanié au XIXe, il a fourni l’eau à Vézelay grâce à un système de pompes fort savant. La « base de données » du site internet du Parc naturel régional du Morvan donne plus de détails. A propos de la banalité, l’article cite Philippe Hoeltzel, du Parc naturel régional du Morvan, qui répète cette erreur commune : c’est que la banalité consistait en une « redevance ». Comme je l’ai exposé dans Vents du Morvan, ce n’est pas la définition de la banalité. Encore une fois, la banalité, c’est que le seigneur obligeait ses sujets à moudre à son moulin, quitte à ce que parfois la retenue du meunier sur la farine produite soit supérieure à ce qu’elle était dans d’autres moulins.

24 avril  2020 : on part en promenade en Haute-Loire pour l’affaire du moulin de Perbet, qui parait-il fut hanté, et où il se passa des choses bizarres en 1902. En fait il semble que ce soit dû à une supercherie du meunier : il aurait perdu beaucoup d’argent aux cartes et mettait tout en œuvre pour qu’on ne saisisse pas son moulin.

15 juin  2020 : à propos des premiers trains et tramways électriques, notamment ceux du Forterre et de la Puisaye, en 1902 on proposa d’en alimenter à partir d’une usine hydroélectrique qu’on aurait créée à Chastellux, donc forcément sur le site de l’ancien moulin de Chastellux (nous avons raconté dans un bulletin il y a quelques années comment il fut détruit par un incendie peu avant 1850).

1er août  2020 : « Pontaubert, une histoire de templiers ». Pontaubert est au bord du Cousin tout de suite après Avallon. Une bonne partie de la page est consacrée aux moulins de Pontaubert, notamment celui qui appartint aux templiers, suite à quoi il demeure sous le nom de Moulin des Templiers. C’est aujourd’hui un beau restaurant, en lequel se conserve une très belle roue. L’article rappelle que Pontaubert a connu également un foulon et une papeterie. Il ne parle pas de l’ancien moulin des Ruats, également restaurant, mieux connu pour des cartes postales 1900.

7 août  2020 : A Brienon, l’« huilerie artisanale » est parfois ouverte à la visite. Il s’agit bien sûr de la fameuse huilerie Suguenot, qui subsista très longtemps avec un grand prestige. La photo montre la paire de meules (construite en 1886 par une entreprise de Tonnerre), un personnage la faisant marcher et quelques visiteurs. L’article affirme qu’elle fournit de l’huile à des restaurants gastronomiques, et même à l’Elysée.

Revues

Le Canard Enchaîné du 19 août 2020 : grand article d’une demi-page : « Les moulins à eau condamnés au naufrage ». Il vise surtout la politique de continuité écologique dont la conséquence est que de nombreuses rivières sont quasiment asséchées depuis la suppression de chaussées, au grand dam des pêcheurs et des riverains. Il vise aussi le diktat des agences de l’eau qui arrivent à contraindre des propriétaires privés à détruire les chaussées. Le Canard évoque rarement cette question. C’est la première fois qu’il fait siennes une partie des critiques des amis des moulins.

Moulins de France, juillet 2020, n° 123 :

– La revue de la FFAM continue de publier ma copieuse série d’articles sur les moulins de Bourgogne, avec deux d’entre eux : d’une part « Les moulins à foulon de Bourgogne », d’autre part « Les moulins à écorce en Bourgogne ».

– Contre la politique de continuité écologique telle que menée par l’État, notons deux grands articles : « Comment réussir une continuité écologique qui permette de sauvegarder nos poissons et notre diversité aquatique », et « Le fait que le climat se réchauffe crée de nouvelles pressions de sélection naturelle ».

– Je suis très intéressé par un grand article : « En Moselle, découverte du moulin d’Eschviller ». C’est un moulin désormais écomusée, mais avec des ateliers pédagogiques, des ateliers farine, un verger de démonstration et un « rucher pédagogique ». En prime, l’article évoque Poncelet, qui inventa une forme de roue hydraulique : elle a eu un certain succès en plaine. C’est une roue à aubes nombreuses, légèrement courbes ; en général elle est grande, celle d’Eschviller mesurant 5 mètres de diamètre. Le texte précise que Poncelet travailla à la conception de sa roue de 1812 à 1814, tandis qu’il était prisonnier en Russie. Il la mit au point à son retour en France, puis parvint à la faire connaître en 1824.

Le Monde des Moulins, juillet 2020, n° 73 : Bon article sur une ancienne forge de Côte-d’Or qui devint moulin à grain et autres, à Rochefort-sur-Brevon. En outre, important déploiement d’arguments contre la politique actuelle de la continuité écologique sous le titre : « Révélations sur les dessous de la « continuité écologique » ou « La petite histoire du rétablissement de la continuité écologique au sein des bassins hydrographiques. »

Echos du Passé (revue des Amis du Dardon, en Saône et Loire, dans les environs du Mont-St-Vincent).

. 127, 2019 : Selon un rapport au Conseil Général, la Saône et Loire compte 1035 moulins en 1890.

. 128 de 2019 : grand article sur l’histoire des moulins de Toulon sur Arroux, par Michel Derry : j’avais déjà les travaux d’Henriette Dussourd et de Pierre Ponsot sur ces moulins (tous très intéressants) ; l’auteur précise dans quel état se trouvent les vestiges de ceux dont il reste quelque chose.« 

Au fil de l’Yonne », magazine du conseil départemental de l’Yonne, mars 2020 : un petit article « Nous avons diversifié notre activité avec de la meunerie à la ferme ». Samuel Legrand et ses associéss Patrice Tuloup et Sébastien Châtelet en leur Gaec des Etangs, ajoutent une activité à leur ferme agricole de Charbuy : ils transforment des céréales en farine, qu’ils vendent à des boulangers de plusieurs communes, dont Auxerre, Vermenton, Vincelles.

Livres

Livres

« La Mort du Galvacher et autres histoires du Morvan », par Philippe Berte-Langereau, Editions « Nourrices du Morvan ».

Notre ami Philippe Berte-Langereau fut un des animateurs de notre association les premières années, notamment pour la préparation de notre livre de cartes postales de moulins du Morvan aux éditions Laï Pouèlée et la plaquette de belles photos sur le même sujet aux éditions de la Taillanderie. Plus récemment, Philippe a publié un recueil de cartes postales de moulins du Morvan aux éditions Alan Sutton. Philippe a l’avantage d’écrire très bien, avec une grande clarté d’exposition et une précision absolue. Comme historien, il a publié plusieurs livres sur les pratiques morvandelles diverses relatives au transport de bois, aux attelages, aux chaumières, la lutte contre les loups etc. Il a publié un roman à propos des séjours du grand peintre Corot dans le Morvan (en particulier pour essayer de déterminer si le moulin qui a inspiré au maître un tableau est bien à St-André dans le Morvan ou à Lormes plutôt qu’en Auvergne).

A diverses reprises Philippe a publié des nouvelles se passant en Morvan, dont quelques recueils. Il récidive donc avec ce nouvel opus, copieux puisque comptant 268 pages. Ce sont toutes d’excellentes histoires se passant en Morvan. Plusieurs renvoient à l’histoire de la population morvandelle, comme celle qui donne le titre au recueil ou celle sur le désarroi d’une nourrice obligée de revenir dans son village du Morvan en 1914 ; mais bon nombre évoquent diverses questions aujourd’hui (par exemple ce qu’il advient des anciennes fermes désormais à l’abandon).

Concernant les moulins, je voudrais insister sur les nouvelles suivantes : 

. « Les Eaux sombres » : Philippe imagine le désespoir qui a dû saisir le propriétaire et meunier du moulin de Mont, à Marigny l’Église, quand on lui a annoncé la construction du barrage du Crescent, lequel allait noyer le moulin. La nouvelle est inspirée à Philippe par la visite que nous avions faite ensemble sur le site, dans les années 1980, un jour que le lac avait été vidé pour entretien : le dessin de Jean Perrin sur la ruine qui reste du moulin résulte d’une des photos que j’avais prises (en noir et blanc).

. « Les tartines » : une histoire peu joyeuses renvoyant à un drame passé s’étant déroulé dans les annexes d’un moulin.

. « L’idée du Simon Jusot » : un curieux personnage imagine d’adapter en Morvan un moulin à vent de la forme de ceux d’Iran et d’Afghanistan, cela de nos jours. 

« Autun la ville aux trésors », par Claude Chermain.

Une promenade à travers l’histoire de maintes rues d’Autun. Un beau livre très intéressant, malgré le manque de rigueur de l’auteur (il se contredit parfois, il commet des erreurs historiques…). Il évoque parfois les moulins : page 127 toute la page est sous le titre « Le moulin des Places et le moulin Gamet s’appuient sur le ruisseau de Couhard » (photos très intéressantes). Page 179, plan reconstitué de ce qui fut le prieuré de St-Racho et de ses dépendances, dont le moulin. Page 240, l’abbaye St-Symphorien, qui fut une des deux plus importantes d’Autun, eut une richesse considérable : l’auteur écrit qu’elle posséda 15 moulins, dont plusieurs dans le secteur de Beaune, au milieu des prestigieux vignobles ; toutefois il ne précise pas à quelle époque, car les documents que j’ai pu étudier pour 1789 montrent qu’alors elle ne possédait plus grand-chose. 

Carte archéologique de la Gaule, Saône-et-Loire tome 71/4 : Je tâche de passer chaque année au musée de Bibracte, dont un petit tour à l’abondante librairie. Je viens d’y trouver le tome 4 de la « Carte archéologique de la Gaule . Saône-et-Loire» (j’avais déjà le volume consacré à la Nièvre et le tome 3 de la Saône-et-Loire), rédigé par Alain Rebourg. Pour chaque département, les tomes sont divisés par canton, puis en haut de chaque page par numéro de commune, toutes choses n’étant pas bien pratiques.  Pour ce qui concerne les cantons que nous retenons particulièrement, je remarque dans ce tome 4 :

. Canton de Lucenay-l’Evêque :

. Chissey : au lieu-dit « La Prée », « on a trouvé une petite meule en grès » (l’auteur insiste surtout sur les voies gauloises puis romaines qui ont traversé la commune).

. A La Petite-Verrière, on a trouvé une meule de moulin à bras en pierre de Volvic.

. A Sommant : « Au Moulin de Sommant, dans la maçonnerie d’une clôture, se trouve une stèle gallo-romaine brute » (je pense qu’il s’agit du hameau « Moulin de Sommant » et non du moulin lui-même.

. Canton de Mesvres : 

. A Brion (commune limitrophe d’Autun, au sud) : « Face au Mont Dru… une meule, un broyeur ». Aux Rubes de Vaux, « des fragments de meules (assez nombreux) ».

. Canton de Montceau les Mines, à St-Vallier (dont nous avions naguère visité le moulin Galuzot), au lieu-dit « Les Furons », « dans le grès à arkose, deux ébauches de meules non encore détachées de la roche ». Non loin, le long de la Limace, « une meule intacte, une moitié de meule et plusieurs ébauches ». 

. Canton de St-Léger sous Beuvray : 

. Thil sur Arroux : « en 1991 un amas de tessons a été signalé par Henri Lemoine » : cela a mené à diverses découvertes. Je le cite ici parce qu’il s’agit bel et bien de feu notre ami Henri, qui tint si longtemps le moulin Condamné dans cette commune.

. A St-Didier sur Arroux : près de Gissy, où il y aura un grand moulin, on a trouvé « cinq meules à grain ». 

. A Etang sur Arroux : dans une ancienne carrière, des « ébauches de meules ».

. A La Comelle : « Au Moulin de Beau » on « recueillit une meule en lave » (à la fin du XIXe siècle). (Cité page 412 : je le précise parce que La Comelle est oubliée dans l’index des communes).

On note que souvent des trouvailles, y compris non meunières, sont faites sur des sites de moulin : la plupart de ceux que nous connaissons, on en trouve la trace dans les documents après l’an 900, mais rien n’interdit de penser que des moulins hydrauliques ont pu y exister dès l’époque gallo-romaine.

« Le moulin de Lipovanski », par Stoïan Daskalov. Un vieux livre de 1964 trouvé dans une brocante. Révolution en Bulgarie peu après 1945, lorsque le Parti Communiste s’empare du pouvoir. Un comité local s’occupe de nationaliser le moulin que possédait et menait l’odieux Lipovanski. Rapidement le chef du comité local se heurte à diverses incompréhensions : les ouvriers du grand moulin voudraient être plus payés et les voisins consommateurs payer la farine moins cher. Surtout, le moulin, perdant son meilleur meunier, se met à fabriquer une farine médiocre que la population locale rejette. 

Nouvelles meunières n°29

Nouvelles meunières

Philippe Landry

Recherche : 

Les Archives Départementales de la Nièvre sont à nouveau accessibles.

Il faut réserver la veille au 03 86 60 68 30.

Actualités des énergies renouvelables

Hydroélectricité

Dans un récent bulletin, nous avons évoqué un moulin du département de l’Yonne qui produit désormais de l’électricité grâce à sa magnifique toute nouvelle roue, à Ligny le Châtel, dans la vallée du Serein.

L’Yonne Républicaine lui consacre un nouvel article le 12 mai 2020, avec une jolie photo, mais surtout en rappelant que, grâce à une turbine dont au premier plan on distingue un vestige important, le moulin éclaira le village à partir de 1894 et pendant quelques années. Accessoirement, on apprend que ce moulin appartint aux hospices de Tonnerre.

Eolien

Le Journal du Centre du 15 juin consacre 2/3 de page à une grave question : « L’armée souhaiterait étendre ses couloirs en Bourgogne-Franche-Comté et notamment dans la Nièvre », couloirs dans lesquels les éoliennes géantes seraient interdites, lesquels couloirs couvrent 54 % du département. La présidente de la région fait ce qu’elle peut contre ce projet militaire, car la région a pour programme de développer l’éolien partout où c’est possible. J’ai déjà évoqué cette question dans les Nouvelles Meunières : j’y faisais notamment remarquer que, « Tremblez, ennemis de la France » : il leur suffira de poser des éoliennes géantes, et nos magnifiques chasseurs et bombardiers n’y pourront combattre. Quant aux avions ennemis qui pourraient nous attaquer, je ne suis pas sûr que les éoliennes les gêneraient beaucoup.

Le département de l’Yonne demeure le plus pourvu en éolienne dans notre région. Une soixantaine d’engins devraient être posés autour de Tonnerre, non sans susciter d’ores et déjà force remous  (Yonne républicaine, 4 novembre 2019).

Les projets d’éoliennes géantes continuent de susciter des débats. Par exemple dans le sud-est de la Nièvre à St-Seine et Tazilly, conjointement aux communes de Marly-sous-Issy et Cressy-sur-Somme en Saône-et-Loire. Le premier projet a été abandonné, mais un autre est proposé, par Total Quadran. Une réunion publique est annoncée pour le 1er juillet par le JC du 29 juin. Une association hostile regrouperait 1000 adhérents, son principal argument étant que les éoliennes géantes, qui devraient être hautes de 200 m, gêneraient les oiseaux migrateurs.

Journaux

Le Journal du Centre

21 juin 2020 : Le couple Jill et Gareth Liewellyn Williams entreprend de fabriquer du savon à Suilly la Tour, en utilisant notamment de l’huile de nos amis du Moulin de l’Ile à Donzy.

25 juin 2020 : « Poil * Les Gîtes du Moulin à l’heure du déconfinement – Une nouvelle clientèle accueillie ». Très bon article sur la relance de leur gîte par nos amis Fabienne et Vincent Goueffon. Ils commencent à recevoir une « nouvelle clientèle », venant de moins loin, et qui n’avait pas pensé que près de chez elle existent d’excellents lieux d’accueil. Nos amis « ont mis en place un protocole sanitaire strict ». « L’impact financier du Covid-19 a pu être limité par les aides de l’État… ainsi que par l’aide économique de la région Bourgogne-Franche-Comté ».

6 juillet 2020 : Article annonçant la reprise à St-Pierre le Moûtier des activités de nos amis dans et autour du moulin des Eventées.

7 juillet 2020 : Nos amis de l’écomusée de Maupertuis à Donzy fêtent les 90 ans de Claude Chauvelot. Il fut la cheville ouvrière de la restauration du moulin dès ses débuts, travaillant notamment à la construction de la première nouvelle roue. On lui doit notamment les maquettes de moulin observables dans la partie musée.

Livre

Alerte ! Tous sur le pont !

De Borée publie un roman où il est question de moulin !

Il s’agit de « L’Enfant de la colère », par l’incontestable Vanessa Chevalier.

Le résumé dans les journaux du groupe Centre-France du 3 juin 2020 indique notamment que cet ouvrage promis à l’immortalité conte « le retour de deux sœurs sur les terres de leur enfance et dans le moulin familial dont elles viennent d’hériter. » Mais quelqu’un leur en veut : « Est-ce à cause du moulin ? ». L’auteur dédie l’oeuvre à son père : serait-il meunier ? 

Le suspence est insoutenable. Si quelqu’un lit ce roman, il serait fort inspiré de nous en livrer un résumé.