Nouvelles meunières N°20

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Journées des moulins et du patrimoine rural

Le Journal du Centre du 18 juin a très bien annoncé notre programme, sur toute une page, avec photo du moulin de l’Ile de Donzy plein centre. Le vendredi 21, un article de la page Morvan souligne que pour la première fois notre ami Christian Roquelle ouvre le moulin des Michots, à St-Léger de Fougeret, que possédèrent et tinrent longtemps son grand-père et son père. 

Le samedi 22, le Journal du Centre annonce l’ouverture du moulin de Charrières à Empury, par notre ami Bruno Hecquet (ce moulin appartint à l’abbaye de Pouques-Lormes). Il évoque le concert-lecture qui va avoir lieu au moulin de Suillyzeau (Suilly la Tour) par la comédienne Catherine Blanchard et les musiciens Isabelle Lenoir et Cathy Schaff, sous le titre « Les salons de M. Croche » (M. Croche : c’est ainsi que signait le grand compositeur Claude Debussy lorsqu’il publiait une critique musicale).

Le dimanche 23, Le Journal du Centre consacre 3 pages aux journées des Moulins et du Patrimoine Rural, en indiquant bien que nous en sommes les organisateurs. En page une figure une grande photo du moulin Blot à Bouhy. ; la page 2 lui est également consacrée, avec une photo des biscuits et du sachet de farine issus de ses meules. Page 3 sont notamment honorés l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy, l’huilerie de Narcy, le moulin de Suillyzeau, et le triple site de Moulin-l’Evêque à St-Père.

Le Régional de Cosne et du Pays charitois du 19 juin a également très bien annoncé les Journées des Moulins et du patrimoine rural, avec en une la photo du moulin Janlard de Nannay, et l’intégrale de la page 3. Dans cette dernière, on remarque :

. L’annonce de l’inauguration de la roue du moulin du Poinçon, à Colméry, avec un petit interview de notre ami Pierre Poitreneau.

. L’annonce des particularités des activités à Moulin-l’Evêque, dont la présence de 4 artistes contemporains.

. La photo du moulin Blot de Bouhy.

. Petit interview de Francis.

. Sont mentionnés les ouvertures de deux moulins du Cher, le moulin de Pertrin à Vellegenon et l’huilerie de Pesselières à Jalognes.

Le mercredi 26, le Régional a avantageusement rendu compte des Journées des Moulins et du Patrimoine rural par un carré contenant 4 petits articles avec photo, dont 3 en l’honneur de nos adhérents :

– Les moulins de Moulin-l’Evêque à St-Père ;

– Le moulin Poinçon de Colméry avec, posant devant leur grande et belle roue en bois toute neuve nos amis Annick et Pierre Poitreneau ;

– Le moulin de la Cannerie à St-Vérain.

Le quatrième article évoque le moulin à huile de Narcy, dont la commune a organisé l’ouverture aux visiteurs.

Le Journal du Centre du 28 juin rend brièvement compte de la présence des 4 artistes contemporains pour animer le site de Moulin-l’Evêque.

Notre stand au moulin des Éventées

Au moulin des Eventées, le dimanche 23 juin, un dresseur de faucons a attiré beaucoup de public… Nettement plus que notre humble stand, où peu de curieux se sont arrêtés. J’ai cependant pu discuter avec le député de la Nièvre M. Perrot ; j’ai insisté sur l’absurdité de la loi sur l’eau et son désastreux effet quant aux réservoirs d’eau et aux zones humides dans le cadre de la « continuité écologique ». Il a semblé reconnaître le bien-fondé de mes critiques, mais sans plus. J’ai alors souligné que l’État était très orgueilleux : quand il fait une mauvaise loi, il peine à consentir à la modifier. Le député ne m’a pas contredit. Il m’a confié qu’un projet de loi sur les énergies renouvelables allait être débattu, mais que ses amis et lui n’avaient pas obtenu la moindre place pour l’hydroélectricité. 

Succès pour notre association

A Garchy, malgré les absurdes complications de l’administration dans le cadre de la continuité écologique, « Le plan d’eau devrait pouvoir être nettoyé », titre le Journal du Centre du 28 juin. Nous avons en effet beaucoup aidé l’association locale à convaincre les autorités de ne pas supprimer le joli plan d’eau au pied de l’église du village.


Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon nous reçoivent pour l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. De nombreux habitants de Poil sont également présents, dont le maire, ainsi que M. Perrot, Député, Mme Guérin Maire de Luzy et Présidente de la Communauté de Communes, et M. Sylvain Mathieu, Président du Parc naturel régional du Morvan. Nos amis ont très bien tout organisé. Vincent expose le projet si brillamment mené à bien ; il remercie toutes les entreprises, locales, et leur personnel, qui ont très bien travaillé. Il remercie également les collectivités locales qui lui ont apporté un soutien financier. Les personnalités disent quelques mots pour féliciter Fabienne et Vincent. Sylvain Mathieu a peu abordé le rôle du Parc ; depuis que le Parc est soumis à l’autorité de l’Agence Française de la Biodiversité, que domine l’Onema, il est contraint de participer à la mise en place de la Biodiversité dans le cadre de la continuité écologique. Nous avons visité les locaux : leur aménagement, du meilleur goût, est tout à fait réussi, en particulier pour l’accueil des handicapés. Les clients disposeront d’un salon où ils pourront admirer le curieux rouet de fosse ; en effet, la roue étant très haute (son diamètre devait dépasser les 8 mètres), son axe était très haut, plus haut que l’entrée de l’axe de l’ancienne roue, donc du rouet de fosse ; c’est pourquoi une roue dentée intermédiaire est nécessaire pour animer le rouet de fosse (voir photo).

Au demeurant, on note la qualité des piliers entourant le rouet de fosse, en fort bois, qui jadis soutinrent sans doute deux paires de meules. On remarque dans le jardin deux meules, en grès d’un beau gris foncé : Jean-Claude a mesuré, leur diamètre est d’1,50 m.

Nous avons eu l’occasion de discuter avec diverses personnes. Des habitants de Poil, qui ont connu le moulin en fonctionnement au temps de l’inénarrable père Laprée, son ultime meunier, ils nous ont dit que les derniers temps il n’utilisait plus la force hydraulique ; le moulin marchait à l’électricité, mais une dame nous a montré l’emplacement d’un moteur diesel depuis longtemps supprimé. La grande roue était en bois avec des montants en fer.

Dans le public, nous avons rencontré entre autres de lointaines cousines de notre ami Christian Roquelle, du moulin des Michots à St-Léger de Fougeret. En effet, ces dames descendent de Jules Roquelle, qui tint longtemps le « Moulin des Moulins » à Corancy. Jules était cousin de Paul Roquelle, père de Christian, et tous deux étaient cousins du Roquelle qui tenait le moulin et huilerie de Savault à Ouroux.

Les cousines m’ont confirmé ce dont j’avais ouï dire, à savoir que, lorsque l’eau est montée dans le tout neuf lac de Pannecière en 1949, Jules a refusé de quitter son moulin jusqu’au dernier moment. Autre précision : les travaux avaient commencé avant la guerre de 1940-45, mais à l’époque Jules a refusé l’indemnisation proposée, affirmant qu’il ne quitterait jamais son moulin ; cela lui a joué un tour parce que quand il a été contraint de partir face à la montée des eaux, il a reçu l’indemnisation prévue avant la guerre, laquelle s’avérait réduite à pas grand-chose du fait de l’inflation survenue depuis. 

Francis Lefebvre-Vary, Françoise Demarche, Annick et Yves Cocard et moi avons profité de notre passage dans ce sud Morvan pour jeter un œil sur quelques moulins du secteur. 

Nous avons été reçus au moulin de la Planche à Millay. Il a encore sa roue en fer, des meules, l’archure, la potence, la trémie, le rouet de fosse,  un régulateur à boules… et la digue de retenue du plan d’eau, malheureusement l’administration s’oppose à la réparation de la digue et à la remise en eau de celui-ci, pour des raisons qui nous paraissent relever d’une interprétation très subjective des lois et règlements.


Roue du moulin de la Planche à Millay
Meule et potence au moulin de la Planche à Millay
Rouet de fosse au moulin de la Planche à Millay
Machines à cylindres au moulin de la Planche à Millay
Régulateur à boules du moulin de la Planche à Millay

Le moulin du Bousset, à Chiddes, célèbre parce qu’il possède encore deux roues, héberge désormais un grand café ; malheureusement à l’heure où nous nous sommes présentés les exploitants étaient absents. Nous avons pu observer de l’extérieur le plan d’eau sur le Tillot, l’ensemble des bâtiments, à gauche l’ancienne huilerie avec sa paire de meules à huile dans le jardin, et à droite l’ancien moulin à blé. Les deux roues, métalliques, sont encore en bon état.

Moulin à 2 roues du Bousset
Meules ) huile

Le moulin de Mirloup, à Chiddes, en amont sur le Tillot, connu pour posséder encore sa roue. Ce fut pour nous une divine surprise ; nous avons fait la connaissance d’un jeune couple en train de le restaurer, Mme et M. Knafou. Ils font un très beau travail : en particulier le remise en état de toute la façade est remarquable, d’une belle couleur orangée ; M. Knafou nous a expliqué que l’enduit est à base de chaux et d’arène du secteur, d’où cette jolie couleur. La roue est plutôt en bon état, ainsi que quelques restes à l’intérieur. Le jeune couple, ravi de faire notre connaissance, a adhéré immédiatement à notre association. Il organise une fête le 25 août, pour inaugurer les installations remises en état. En cette occasion je compte faire de meilleures photos de l’intérieur, car il sera mieux éclairé. Nous préparons pour un futur bulletin l’histoire de ce moulin, où il s’est passé de drôles de choses à la veille de la révolution de 1789.


Lutte contre la continuité écologique

La revue de la FFAM « Moulins de France » publie un important article : « La politique de restauration de la continuité écologique par destruction des ouvrages est un échec ».

Par exemple on a investi des millions du côté de Vichy pour faciliter la remontée des saumons, dont on a lâché des milliers et des milliers d’alevins, pour des coût mirobolants, tout ça pour un résultat dérisoire : il ne repasse pas à Vichy 500 saumons par an !

En me promenant à Autun le 27 juillet 2019, j’ai vu une information surprenante.. Dans le cadre de la « restauration de la continuité écologique, un investissement de 1 million 362 000 euro pour casser un barrage certes inutile, et un peu arranger les berges  = le prix de 20 turbines en métal à l’ancienne, ou d’une cinquantaine en plastique fort comme on en trouve maintenant, lesquelles auraient fourni de l’électricité à des dizaines de foyers !

Panneau annonçant les travaux

Le Canard Enchaîné du 24 juillet nous régale avec un bel exemple d’absurdité administrative, qui a mérité une réponse cinglante de quelques citoyens. Dans l’Ardèche, les villages de Joyeuse et de la Beaume profitent comme aire de baignade d’un vieil étang du XVIe siècle ; il subit un inconvénient , c’est qu’en amont est un réservoir retenant les boues de la station d’épuration locale, et il arrive que de gros orages le fasse déborder, moyennant quoi des boues arrivent à la baignade. Bon : les gens attendent que la nature renvoie tout ça, et on refait trempette. Seulement voilà : la Préfecture s’est avisée, au nom de la sacro-sainte continuité écologique, qu’il valait mieux faire pratiquer une brèche dans ce réservoir pour que les boues s’écoulent en permanence. L’article ne dit pas comment la Préfecture a pu ignorer à ce point ce qu’il allait advenir des boues désastreuses. Les villageois ne l’ont guère pris à la Beaume ni d’humeur Joyeuse : de nuit ils rebouchent la brèche. On réouvre et ils rebouchent, etc. Les gendarmes sont de plus en plus souvent sur place, et la tension monte. La suite au prochain numéro.


Actualités des énergies renouvelables

Généralités sur les énergies renouvelables

Loi vide

A partir du 25 juin, le parlement débat d’un projet où il est question des énergies renouvelables. Mais c’est « entre autres », et de toute façon dans un projet global. En tout état de cause, rien sur l’énergie hydraulique.

Taxes au profit des énergies renouvelables

Les opposants des énergies éolienne et hydraulique soutiennent volontiers que celles-ci sont « subventionnées » sous forme de retenues sur nos factures d’électricité. Pourtant favorable au nucléaire, l’Union confédérale des Retraités CGT publie dans son trimestriel d’information de l’été 2019 la liste des taxes à ce sujet :

. contribution au service public de l’électricité (CSPE) 0,0225 euro par Kwh.

. taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE) : 0,00075 e pour les particuliers

. contribution tarifaire d’acheminement (CTA) : 27,04 %.

. TVA : 5,5 % (en rappelant que cette TVA présente l’étrangeté de s’appliquer également sur les taxes susvisées).

Hydroélectricité – Fiches ADEME

Au cours de la fête de Sully, j’ai pu mettre la main sur de nouvelles fiches de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), comme celle que j’avais évoquée dans les Nouvelles Meunières, consacrée à la réinstallation de turbines au moulin de la Motte-Josserand, à Perroy, chez notre ami Daniel Amyot. Les nouvelles fiches décrivent deux restaurations dans l’Yonne :

– La centrale hydroélectrique de Brienon sur Armançon : « Optimisation de la production hydroélectrique avec amélioration de la continuité écologique » : investissement 1 052 500 euro, 3 turbines et une « vis hydrodynamique », capable de fournir du courant à 440 foyers.

– La centrale hydroélectrique de Hauterive : « Construction d’une centrale hydroélectrique sur site existant et amélioration de la continuité écologique » : pour 1 799 900 euro, 2 vis hydrodynamiques à la place d’anciennes turbines, capacité d’alimenter 335 foyers.

Une autre fiche concerne une unité de production d’électricité à Fraisans dans le Jura.

Éolien

Le projet de Bazolles prend corps. Le Journal du Centre du 19 juin annonce que la préfète de la Nièvre autorise la construction de 6 éoliennes par la firme Global Wind. Elles seront édifiées sur des espaces de culture, ce qui évitera de détruire des arbres. Des mesures sont prises pour protéger certaines espèces d’oiseaux. Il faut compter 2 ans pour que réellement les 6 éoliennes soient en état de tourner. Toutefois le Journal du Centre du 27 juillet annonce : « Les opposants aux éoliennes ne désarment pas », au contraire puisqu’ils déposent plainte en justice, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui ». On a l’impression que c’est parti pour aller loin…

Le projet de Donzy abandonné. M. Jacob, maire de Donzy indique que Nièvre Energie « étudie la faisabilité d’un projet d’implantation de parc photovoltaïque sur les surfaces utilisables des bâtiments publics». A propos, le Journal du Centre du 25 juillet annonce qu’à Donzy le chauffage solaire de la piscine est en service.

Le projet des Bertranges suscite de vives oppositions, comme le montre l’article du Journal du Centre du 28 juin relatif à « la réunion publique sur le plan climat air énergie territorial » qui s’est tenue à Raveau : « La température monte, le ton aussi », tel est le titre. « La réunion publique a été houleuse ». L’article décrit les interpellations plutôt véhémentes que les élus ont dû subir, et auxquelles ils n’ont pas moins vivement répondu.

Le projet d’Oisy 

Un premier coup, où ce projet est présenté comme réussi: le Journal du Centre du même 26 juin rend compte des actions de l’association Valorisation des Actions de Recherche nivernaises pour l’Environnement (Varne), en particulier le succès de son parc éolien à Oisy tout près de Clamecy. Très beau titre : « Trente ans d’engagement citoyen ». En fait les actions de la Varne touchent plusieurs secteurs de la protection de l’environnement (par exemple la lutte contre les décharges sauvages).

Mais le 16 juillet : grand titre en page une avec photo « Des Eoliennes en panne de rentabilité ». Page 3 : « Ombres sur le parc éolien d’Oisy-Clamecy ». La parole y est donnée à un expert-comptable à la retraite qui critique la comptabilité de l’entreprise, mais cela d’une manière confuse, et ma foi tellement chargée de haine qu’elle inspire de la méfiance. Deux articles en bas de la page indiquent quelque chose de plus important : le projet d’Oisy se voulait « citoyen », avec participation des collectivités locales et des habitants : visiblement la société propriétaire des éoliennes, qui est sise à Toulouse, ne semble pas encline à le mettre en action ; la maire d’Oisy se borne à reconnaître que les rentrées fiscales sont celles qui étaient attendues.

Énergie solaire

(Voir plus haut à propos de Donzy)

Un grand projet est à l’étude à Cosne : déployer une « ferme solaire » sur le petit aéroport de la ville. Le Régional lui consacre un assez grand article le 26 juin. Le Journal du Centre l’avait brièvement évoqué il y a quelques jours.

Le Journal du Centre du  20 juillet fait une excursion dans le Cher pour annoncer qu’à Torteron se prépare un projet de « centrale photovoltaïque », qui couvrirait 7 ha.

Journaux

Le journal du Centre

21 juin : un petit article rappelle le succès de la journée des jardins à Forgeneuve, commune de Coulanges ; la photo montre entre autres notre ami Jean-Luc Martinat.

22 et 26 juin : A La Chapelle St-André a eu lieu une commémoration de l’appel du 18 juin 1940 par le général de Gaulle, avec hommage à la Résistance, notamment sur le site de l’ancien moulin de la Chappe. Les 4 et 5 juillet 1944, 25 maquisards du groupe Péguy furent encerclés par les Allemands, qui mirent le feu au moulin. Les survivants capturés furent quelques jours après massacrés à Cosne.

26 juin :  il est annoncé qu’un « accord » est conclu entre l’Assemblée Nationale et le Sénat pour la création proposée par le ministère chargé de l’Environnement d’un « Office français de la biodiversité » : cette création obéit soit disant à une nécessité absolue autant qu’urgente, cet organisme va chapeauter l’Agence française de la biodiversité, sa mission est de mutualiser ses moyens avec ceux de l’Office National de la Chasse dans la lutte contre les atteintes à l’environnement, nous verrons son efficacité. 

28 juin : « Clap de fin pour le tournage de Belvaux » ; l’article évoque un film, avec Gérard Depardieu lui-même, qui vient d’être tourné dans le Morvan, le point central étant le moulin de Saloué à Dun les Places, que maintiennent en bon état nos amis Jouanin.

13 juillet : article « publirédactionnel » en l’honneur de nos amis Christine Artier et Alain Blanchet qui proposent un gîte rural tout rénové en leur moulin des Morvands, à Fâchin. Rappelons qu’il se situe au pied d’Arleuf, tout au début de l’Yonne… et près du fameux étang du Châtelet (dont il n’utilise pas l’eau). 

16 juillet 2019 : dans la page « Estivités », liste des manifestations diverses de l’été de la semaine, annonce d’une « visite guidée » à l’huilerie du Moulin de l’Ile, avec une grande photo où on voit l’adjoint de notre ami Coudray placer la pâte sous une presse.

Le Monde, 7 et 8 juillet : deux articles nous intéressent :

. En principe, le ministère chargé de l’environnement est soucieux des zones humides, lesquelles sont protégées par une loi. Un article du Monde révèle que dans 48 départements les nouvelles cartes IGN montrent qu’un grand nombre ont disparu : D’ailleurs : « Les zones où il est interdit d’épandre des pesticides ont régressé ».

. On continue dans le sud de la France de produire des olives, donc de l’huile d’olive, mais ce n’est pas énorme par rapport à la production mondiale : 5 900 tonnes sur 3,13 millions. Les producteurs industriels d’huile d’olive de France importent d’ailleurs de la matière première de Grèce, Espagne ou Italie pour réaliser des mélanges. Toutefois, la maison Puget fait un effort particulier : elle propose un bidon d’huile marqué « Les moulins français » ; le cahier de charges l’oblige à y insérer de l’huile provenant d’au moins 5 moulins de France.

17 juillet : « Donzy. Depuis quelques jours, les employées du moulin de Maupertuis renseignent aussi les vacanciers ». Les locaux de nos amis de l’écomusée servent désormais d’office de tourisme à la ville et aux communes qui lui sont alliées. Pratiquement toute une page du Journal du Centre est consacrée à l’évènement. Georges Narcy rappelle qu’environ 2 200 personnes venaient chaque année au moulin. Un réaménagement de l’espace a été réalisé. Les deux guides de l’écomusée ont reçu une formation pour être capables de renseigner sur toutes les communes concernées.

2 août, trois articles :

. Commémoration de la bataille du maquis Chaumard le 31 juillet 1944, où ont péri 22 résistants : l’un de leurs dirigeants, Alexandre Octave, s’en réchappa par miracle. Fils du meunier du moulin du Couloir à Dommartin, il allait par la suite le tenir quelques décennies.

. A Urzy, l’association des « 3 Hop » procède au nettoyage du bief et des empellements du moulin du Greux. On remarque une photo du moulin.

. A St-Parize en Viry, « concours de pêche à la truite au bief du moulin de Montempuis ». 

Revues

Le Monde des Moulins, revue de la FDMF N° 69 juillet 2019

. Commentaires sur la « Note technique » du ministère chargé de l’environnement à propos de la continuité écologique. Il y a du mieux, mais ce me semble l’équivoque demeure, c’est le moins qu’on puisse dire.

. Analyse de l’affaire du moulin du Bœuf en Côte-d’Or : les forcenés de la continuité écologique voulaient l’empêcher de réutiliser l’eau pour produire de l’électricité, le Conseil d’État leur donne tort.

. Article très sympathique sur un jeune homme qui est devenu ébéniste pour le plaisir de construire des maquettes de moulin à vent. Pour ce faire il a suivi tout le cursus des compagnons du Devoir, et son « chef-d’œuvre » de fin d’études est un très beau petit moulin à vent sur pivot. Actuellement il travaille à reconstruire un moulin sur roue analogue à celui du Mont-Avril en Saône-et-Loire, dont nous avons livré une carte postale dans notre numéro spécial sur les moulins à vent de Bourgogne.

. A propos des moulins à vent : examen scientifique de leur « puissance ».

. Ce numéro contient mon article 

« Neuf fois centenaire

L’abbaye de Fontenay

fut un moulin à papier ».

J’y reprends ce que j’ai exposé dans notre bulletin à propos de cette abbaye de Côte-d’Or, avec plusieurs illustrations que j’ai fournies.

Vents du Morvan – été 2019

Dans les Nouvelles meunières précédentes, alors que je venais de recevoir le numéro de Vents du Morvan, j’ai immédiatement étudié l’article sur les moulins du Ternin. Je voudrais ajouter que la revue contient un grand article sur le château de Chissey, adjacent au moulin, et dont notre ami Jacques Desmarquest travaille à la restauration depuis 16 ans. Ce qu’il y fait est tout à fait remarquable.

Le Monde des Moulins – Juillet 2019

Plusieurs articles intéressants dont :

« Chris Gibbings, un molinologue à qui nous devons  beaucoup » : y compris notre association Moulins du Morvan et de la Nièvre. A nos débuts, ce Britannique visitant les moulins dans le monde entier, avec une préférence pour la France, nous a donné beaucoup d’informations. Par exemple nous lui devons les dessins du « moulin pendant » d’Andé, sur la Seine en Normandie. Nous avons eu longtemps avec lui des échanges de courrier. Retraité, il continuait de visiter des moulins partout, toujours en expert particulièrement avisé. Il vient de s’éteindre en février 2019. (Le moulin pendant : sa roue pendait sous un pont entre deux arches, elle montait ou descendait pour être à la bonne hauteur par rapport au courant de la rivière, cela grâce à des vérins.)

Penn du moulin d’Andé

. « Une curiosité qui a traversé les siècles : le moulin-bateau », article par Gérard Mignot, l’historien de l’association des Moulins de Saône-et-Loire, avec qui nous ne manquons pas de discuter à chaque rencontre avec elle.

. Un article de trois auteurs dont le fameux historien des moulins du Nord de la France Jean Bruggeman sur le fait qu’on équipe les moulins à vent d’un moteur annexe ; il l’admet s’il s’agit de faire tourner la meule, mais il trouve hérétique et même dangereux si le moteur fait tourner les ailes.

. Deux moulins retenus par Stéphan Bern pour recevoir des aides financées par son « loto du patrimoine » : à Bar sur Seine dans l’Aube et le moulin du Boël en Ile et Vilaine. 5 autres moulins sont secourus par la Fondation du Patrimoine

Blanc Cassis – 1er trimestre 2019

La revue des généalogistes nivernais contient deux articles intéressants pour nous :

– Dans le cadre d’une étude sur plusieurs Nivernais tombés lors de la guerre 1914-18, une notice sur Pierre Auguste Bernard nous apprend qu’il était meunier de Giry ; sa mère était déjà veuve ; issu de 4 générations de meuniers du moulin de Giry, Pierre Auguste avait notamment eu un grand-père qui l’avait tenu très longtemps à partir du « début du XIXe siècle ».

– Un long extrait du journal d’Henri Bachelin, le fameux écrivain né à Lormes et ami de Jules Renard (c’est lui qui  convainquit la veuve de ce dernier de publier son Journal) indique ceci : la maraine de sa mère était fille d’un meunier de La Tour de Pré, près de Provency dans l’Yonne.

Arnilien (bulletin trimestriel de l’Association des Randonneurs nivernais, ARNI), juillet 2019 : le bulletin raconte les randonnées collectives organisées par cette association le trimestre précédent. Le récit de celle de Cessy les Bois évoque les moulins et les forges auquel j’ ai participé, et j’ai donné les informations à la personne qui avait dessiné le circuit. En particulier, nous sommes passés à Cessy au-dessus de 3 de ses anciens moulins, et nous avons pu observer l’emplacement où fut le moulin à vent de St-Malo en Donzyois.

Pays de Bourgogne n°257 – juillet-août 2019

Ce numéro signale la parution de notre bulletin 86, en détaillant son sommaire.

En outre, il annonce que le numéro 160 de la revue « Nos ancêtres et nous » contient un article sur « les moulins de la petite Grosne et de ses affluents »  (c’est la rivière rejoignant la Saône à Mâcon). Un petit article indique une curiosité à propos des « Oratoires dans l’Yonne » : la Tour de Saussy a été construite pour faire monter de l’eau grâce à une étrange éolienne : une Association pour la  Sauvegarde et l’Aménagement de la Tour de Saussy entreprend de la restaurer (site internet : asats.e-monsite.com.

Livres

Nous aurons eu la main heureuse dans les brocantes en juin 2019 :

– Vera nous a trouvé « Le maître du moulin blanc », de Mathilde Alanic, un roman publié par Flammarion en 1950. Certains passages sont intéressants, avec description par exemple du travail dans une minoterie. Bonnes illustrations également : c’est ainsi qu’en couverture est un dessin de moulin avec sa grande roue ; on reconnaît une imitation du fameux moulin d’Angibault, dans l’Indre, qui a inspiré à Georges Sand son fameux roman « Le meunier d’Angibault ».

– Autre roman repêché : « Le Moulin des Sources », de Françoise Bourdon, à ne pas confondre avec Françoise Bourdin. Donc cet ouvrage est paru chez Calmann-Lévy en septembre 2010. Il évoque plaisamment les moulins à papier de la Sorgue dans le Vaucluse. Très belle couverture avec un beau moulin à tuiles provençales et pierres apparentes endormi près de son seuil à la vive cascade.

– « La Belle meunière », de Pagnol (Presse Pocket, 1981) : il s’agit du texte qui a servi de canevas à son film, où il met en scène Franz Schubert à propos du recueil de poèmes que celui-ci a mis en musique sous le titre « La Belle Meunière ». J’en parlais dans les Nouvelles meunières précédentes, rappelant que c’est Tino Rossi qui avait tenu le rôle du compositeur, et entonné le fameux air « Voyager est la joie du meunier ». On dit que le film n’a pas marché : je comprends pourquoi à la lecture du livre ; passons sur le fait que le canevas n’a guère à voir avec « l’histoire » que par leur succession le recueil des poèmes choisis par Schubert raconte ; c’est plutôt la médiocre qualité de l’intrigue et des dialogues qui est en cause.

– « Le meunier et son moulin à vent », d’Achille Latour, dans la collection « Métiers, techniques et artisans », éditions Créer, 1982. Un cahier très bien illustré sur le travail dans les moulins à vent du nord de la France ; je recommande le plan en coupe du moulin à vent, qui est sur pivot. A cet égard, on voit bien comment se dispose l’ensemble de madriers qui, en se rejoignant, arrivent à supporter tout le poids du corps du moulin qu’on fait tourner pour le mettre face au vent.  En outre, on remarque, disposées très haut, et au même niveau, les deux paires de meules ; chacune est mue grâce à un grand rouet qui fait tourner une lanterne ; autrement dit le grand axe portant les ailes porte aussi 2 grands rouets !

– « Pompéi, de nos jours et voici 2000 ans ». Un très beau livre de l’éditeur italien Bonechi sis à Florence, sorti en 1991. Il propose des reconstitutions dessinées, dont une remarquable concerne la boulangerie. En effet, dans l’empire romain, le boulanger, en tout cas de ville, était son propre meunier : page 64 l’ouvrage montre un bœuf et ses esclaves s’affairant autour des fameuses meules en forme de sablier, dont j’ai proposé il y a peu une carte postale. La meule supérieure, dite catillus, que faisait tourner un bœuf ou un duo d’esclaves, était très lourde, et le travail particulièrement pénible. Un des intérêts du dessin est de montrer deux esclaves déplaçant un catillus, ce qui permet de montrer la meule inférieure, la meta, en forme de cône pointu.

Télévision

Arte dimanche 30 juin, émission « Le rond-point, un art passager » : à propos de la décoration des ronds-points, aux Canaries, plus précisément à l’île de Lazarote, le sculpteur Cesar Manrique a réalisé plusieurs sculptures pour peupler les ronds-points en s’inspirant des moulins à vent ; l’île en conserve soigneusement un magnifique. Manrique a beaucoup travaillé sur les mobiles dont le mouvement est dû au vent ; le plus étonnant est un mobile dont le vent fait bouger les éléments en sens contraire entre eux.

La 5, dimanche 30 juin, émission « Les Cent lieux qu’il faut voir », la Savoie : près d’Aix les Bains, un moulin à huile (noix et noisettes) mû par une grande roue dont le diamètre atteint 6 m ; restauré et relancé par un ancien boulanger, ce moulin arrive à travailler toute l’année.

Sur la même chaîne, dimanche 7 juillet, même émission, s’arrêtant cette fois en Berry : reportage sur l’huilerie de Dun sur Auron, dont l’intérieur ressemble fort à celui de nos amis de Donzy. L’origine de la force motrice n’est pas précisé.

Idem le dimanche 14 juillet :

Une heure consacrée au Puy de Dôme, avec très bon reportage sur le moulin à papier Richard de Bas, près d’Ambert, dans le Livradois. Ce moulin à papier remonte au XIVe siècle. Il a été relancé peu après 1945 pour devenir ce moulin-musée qui reçoit beaucoup de visiteurs une bonne partie de l’année. On a pu admirer sa roue en bois, son long arbre portant des cames, les lourds marteaux que ces cames font tomber et retomber sur la pâte à papier, les « formes » où on constitue la feuille de papier, et le grand espace de séchage. Mon seul regret est que l’exploitant du musée n’a pas précisé à quel moment il fait ajouter un peu de colle à la pâte à papier, si c’est avant avant le passage à la forme, ou si c’est après. J’ai de très bons souvenirs de ma visite en ce haut lieu des moulins, entre autres parce que toute la vallée dite du Grandrif a connu un grand nombre de moulins, essentiellement à papier, dont plusieurs demeuraient avec une ou deux roues à l’époque de ma visite.

Heure suivante consacrée aux Côtes d’Armor, dont un moulin à marée, dit « moulin du Prat ». Le propriétaire, qui maintient le système en bon état, expose que la marée montante apporte l’eau au-delà d’une digue, puis à la descendante il suffit de lever une pelle, et l’eau fait tourner la roue. Celle-ci est en bois. Cet excellent témoin dit que la France a disposé de 140 moulins à marée, dont 100 en Bretagne, dont 15 mus par la seule Rance tellement la marée remonte loin à l’intérieur des terres. Rappelons que naguère Jean-Claude Néant nous ramena pour notre bulletin un reportage sur les moulins à marée en Bretagne.


Questions diverses

Dans la série « Il suffit de publier quelque chose et on trouve du nouveau sur le même sujet », à propos du moulin de Cougny à St-Pierre le Moûtier, évoqué dans notre numéro spécial sur cette commune, le dossier S4169 des Archives Départementales, que je viens de consulter (rien ne m’indiquait qu’il y aurait quelque chose sur ce moulin) nous livre le nom de son meunier à l’époque révolutionnaire : René Goulet. Il est critiqué par les propriétaires de 2 moulins en aval sur la Colâtre, dont le ruisseau de Cougny est un affluent, parce que paraît-il il gaspille l’eau pour irriguer ses prés. 

Au moulin de Sully

Plusieurs membres de « Moulins du Morvan et de la Nièvre » ont participé à la fête organisée par nos amis de Saône-et-Loire au château de Sully, à 20 km d’Autun en direction de Beaune, ces 27 et 28 juillet 2019, pour fêter les 20 ans de leur association. Outre des « ateliers », des conférences ont permis d’avancer sur plusieurs sujets, en particulier pour tout ce qui concerne la « continuité écologique », successivement par Charles Champetier, M. Marié de la Fédération des Etangs de France, et l’historien Jean-Pierre Azéma. Pour sa part, Gérard Mignot, historien des moulins de Saône-et-Loire, a proposé deux causeries, l’une sur les « moulins à sang » (mus par la force d’un animal ou de plusieurs, ou hélas d’un ou de plusieurs hommes), l’autre sur les moulins à vent. J’ai pu tenir également une causerie sur les moulins à huile de Bourgogne. A chaque fois il y a eu une assistance attentive, parfois dépassant la vingtaine de personnes.

Accessoirement, il y avait diverses animations, et par exemple ont été organisées des visites du château de Sully, un grand édifice très symétrique, avec ses douves, et au milieu d’un grand parc.

Le château de Sully, qui appartient à Mme de Magenta, dont le mari descendait du maréchal Mac Mahon, duc de Magenta, possède encore beaucoup de biens dans les alentours, dont le moulin. Il est à 700 mètres du château. Il a travaillé jusque dans les années 1980. Il est en cours de restauration par nos amis de l’association des amis des moulins de Saône-et-Loire, comme l’a salué un article du Journal de la Saône-et-Loire du samedi 27 juillet 2019.

Le moulin bénéficie d’un bief de la rivière la Drée, un assez important affluent de l’Arroux qu’il rejoint en amont d’Autun. Il nous apparaît comme un bâtiment tout en long, mais la partie moulin proprement dite est vraiment réduite, tout au fond sur ma photo. Une turbine demeure, en état de marche ; le bief forme ici un petit réservoir, bien moins grand qu’autrefois. En effet, une carte postale que je n’ai pu valablement reproduire, montre que l’ancien bief arrivait plus largement face au bâtiment ; une petite ouverture à quelques mètres des vannes de la turbine suggère qu’ici il y a eu d’autres vannes pour alimenter une roue sous le grand bâtiment, s’ajoutant à celle dont la turbine occupe l’emplacement (sans compter qu’il y a pu y avoir une roue sur le pignon à l’extrémité du bâtiment).


Les chevaux et la calèche étaient les héros de la fête des 27 et 28 juillet: mais ils suggèrent comment devait être la vie au moulin avant l’arrivée du camion et de la voiture.

Jouxtant les vannes de la turbine, à crémaillère en fonte, on note une jolie meule à huile dont le diamètre du rebord est de 0,70 m.

Meule à huile

Au sol sont deux anciennes meules composées, de 1,30 m de diamètre.

La salle d’entrée contient ce qui reste de l’ancien grand rouet, avec le support des meules (malheureusement ma photo n’est pas excellente).

Paire de meules avec la potence

Dans la salle au-dessus sont les deux paires de meules, avec la potence, ainsi que plusieurs machines à cylindres et un autre appareil. Dans la pièce à côté de cette salle on remarque un trieur à grain.

Tout en haut sont notamment plusieurs blutoirs.

Dans une pièce sont affichés quelques documents, dont la carte postale difficile à photographier, et un portrait du dernier meunier, M. Barnet. Par contre j’ai réussi à photographier le sac à son nom.

Sac au nom d’Antoine Barnet

NB : lors de ma causerie sur les moulins à huile de Bourgogne, j’ai évoqué ce qui fut une grande huilerie de la Saône-et-Loire, la maison Mamessier de Montceau-les-Mines, qui avait une annexe en gare de Chalon-sur-Saône ; à l’été 1944, l’explosion d’un wagon de munition provoqua la destruction de cette annexe. Quelques personnes m’ont parlé de cette dynastie Mamessier, dont un descendant demeure en vie ; comme j’ai proposé une photo des meules à huile près du château de La Clayette, une dame m’a dit qu’elle avait connu leur dernier huilier, lequel se nommait également Mamessier.

Meules du moulin de La Clayette

Accessoirement, nous avons vendu 5 exemplaires de notre bulletin numéro spécial de 2003 consacré aux moulins à huile de Bourgogne.

Nouvelles Meunières n° 19

Nouvelles meunières

Tenue du stand « Moulins du Morvan et de la Nièvre »

1) La fête du moulin des Eventées, le jeudi de l’Ascension 30 mai, à St-Pierre le Moûtier, avec brocante et quelques produits locaux, a attiré pas mal de monde. Nous y avons tenu un stand. Nous avons pu discuter avec plusieurs personnes ayant connu les derniers moulins à vent en ruine ou l’huilerie Léveillé en activité. Une commerçante nous a dit avoir connu un autre moulin à vent mais à Givry, près de Chalon sur Saône. Nous avons pu défendre notre bulletin numéro spécial sur les moulins à vent de Bourgogne et les moulins de St-Pierre le Moûtier (toujours disponible au prix de 10 euro port compris).

Une petite éolienne vient d’être édifiée par nos amis à une trentaine de mètres du moulin à vent. Haute de 7 m, son rotor, dont le diamètre est de 2 mètres, peut tourner à 80 tours minutes. Elle est dotée d’un système de débrayage qui permet de la libérer en « girouette folle » en cas de forte tempête, pour qu’elle ne soit pas renversée. Nos amis l’ont construite avec les restes de deux vieilles éoliennes abîmées, données par des agriculteurs de St-Pierre. Elle n’a pas la puissance nécessaire pour produire de l’électricité. Par contre, un effet de couleur verte sera créé au moyen de rayons bleus et d’autres jaunes.

Éolienne des ÉVENTÉES

En outre, à chaque fête du pain a été cuit au four du moulin; la porte du four vient du four du moulin à vent Thévenet, dont les ruines demeurent non loin de celui des Eventées.

2) Fête des jardins à Forgeneuve, Coulanges, le 9 juin

Nous avons été plusieurs à tenir le stand de notre association dans les superbes jardins de Forgeneuve. Nos amis Mme et M. Martinat avaient comme d’habitude très bien organisé la fête. Plus de 600 personnes ont pu voir notre stand, même si trop peu s’y sont arrêtées. Nous présentions les produits de deux de nos adhérents, Sylvain Marceau du moulin d’Aron à Crux la Ville, et Frédéric Coudray du moulin à huile de l’Ile à Donzy. A diverses reprises nous avons pu dialoguer avec des visiteurs sur la désastreuse politique de la continuité écologique.

Ce fut aussi l’occasion de réexaminer les lieux, dont le début du bief avec ses belles vannes, et ce qui demeure des locaux. Sur certaines façades, on note les empreintes qu’ont laissées d’anciennes roues, ce qui permet de mieux apprécier les dimensions de leur diamètre : 10 mètres pour l’une, 6 pour l’autre.

Empreinte laissée par la roue de 6 m

De nombreux artistes membres du Groupe d’Emulation artistique de la Nièvre présentaient une collection de leurs œuvres (certains peignaient dans les jardins), ce qui était très agréable à observer. A la fin des deux jours le peintre René Barle a reçu un premier prix , cela pour l’ensemble des œuvres présentées, dont son fameux tableau des moulins à vent « de la Mancha » au moment où s’en approchent Don Quichotte et Sancho Pança.

NB : Koikispass n°159 de juin 2019 consacre plusieurs pages aux « jardins remarquables de la Nièvre ; le premier qu’il décrit est « Forgeneuve, un Giverny en Nièvre » ; le deuxième est celui des Forges de la Vache, à Raveau. Dans les deux cas le passé métallurgique des sites est rappelé, et souligné le mérite des propriétaires nos amis Jean-Luc Martinat à Forgeneuve et Claudine Muller aux Forges de la Vache.

Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon m’invitent à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr », et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualités des énergies renouvelables

Eolien

Le Journal du Centre du 16 mai évoque un projet éolien à Poiseux. Il est question d’y implanter 4 éoliennes géantes sur les hauteurs de Mauvron. Le maire et le conseil municipal sont favorables au projet, qui en attendent 30 000 euro de retombées fiscales. Une opposition commence à se manifester. Le maire conteste l’argument du bruit ; quant aux ondes qu’on accuse les éoliennes d’émettre, il fait remarquer que ses adversaires ne parlent jamais de celles qu’ils reçoivent de leurs portables.

Le Journal du Centre du 31 mai annonce que la préfète de la Nièvre a pris un arrêté refusant le projet éolien du secteur de St-Pierre le Moûtier, suite semble-t-il à des avis hostiles de certains conseils municipaux et aux prises de positions également hostiles de défenseurs de châteaux estimant que les éoliennes nuiraient dans leur paysage.

Quant au projet des Bertranges proche de Poiseux, un article du Journal du Centre du 12 juin montre comme les habitants sont partagés ; quatre personnes sont interrogés, trois favorables aux éoliennes, une hostile (mais l’article ne prétend pas rendre ainsi un compte statistique).

Il est question d’un autre projet autour de Rouy, mais géographiquement dans un sens large, puisque le Journal du Centre du 17 juin, qui l’évoque, livre l’opinion des maires de Bona et de Ste-Marie, non sans rappeler que la commune de Bazolles demande une augmentation de sa part dans les bénéfices fiscaux. Le projet consisterait en la construction de 6 éoliennes. Une association hostile s’est constituée, son président étant d’ores et déjà accusé de « faire circuler de fausses informations ».

Le département de l’Yonne continue d’être celui de Bourgogne hébergeant le plus d’éoliennes géantes : le projet dit de St-Agnan (Nièvre) dont les machines seraient surtout visibles depuis les communes de l’Yonne telles St-Léger-Vauban continue de susciter de vives oppositions (Yonne Républicaine, 17 mai 2019), tandis que de nouveaux projets apparaissent : à Massangis, Dissangis, et, plus proche du Morvan, à Cussy les Forges (Yonne Républicaine 3 janvier 2019). Du côté de Noyers, le célèbre village médiéval, c’est la route qui reçoit des convois exceptionnels : des pales de 48 mètres portées par camion pour le site en construction « qui sera situé entre Sarry et Châtel-Gérard » (Yonne R&publicaune 28 mars 2019).

En Côte-d’Or est inauguré un nouveau parc de 9 éoliennes géantes, « à Chazeuil et Chantenay », susceptible de fournir de l’électricité à 17 000 personnes (Journal du Centre 3 juin).

Energie solaire

Dans le département de l’Yonne, l’énergie solaire reçoit un accueil favorable. 

« Plusieurs projets de solaire citoyen devraient voir le jour en 2019 sur des toits d’Auxerre » (Yonne Républicaine, 3 janvier) : il est question d’installer des panneaux solaires sur des toits d’école, sur celui du théâtre municipal, etc. Un « mouvement citoyen » est lancé pour financer le projet. Un autre projet de développement du solaire fait cogiter du côté de Joigny : on tient cependant à n’y pas sacrifier de bonnes terres agricoles. Les mauvaises n’étant pas trop courantes dans ce secteur, on envisage de poser des panneaux solaires… sur des plans d’eau semble-t-il sans intérêt autre. Affaire à suivre. (Yonne Républicaine 27 février).

La méthanisation

La méthanisation pose plus de problèmes : à Provency, une autorisation provisoire a été donnée à un exploitant. C’est l’occasion pour l’Yonne Républicaine d’exposer le principe du procédé employé : on stock des matières organiques, puis on les pasteurise en les portant à 70°, puis on les injecte dans des « digesteurs » où s’effectue « la réaction de méthanisation ». Du biogaz est produit et stocké avant d’être injecté dans un groupe électrogène pour produire de l’électricité ou de l’énergie thermique. Quant au « digestaté », résidu issu de la méthanisation et à la consistance plutôt pâteuse, il est ensuite épandu comme fertilisant pour les terres ». Cela donne une production électrique intéressante (600 kw écrit le journal sans plus de précision) Malheureusement les voisins se plaignent de nuisances importantes : olfactives d’abord, relatives au bruit des machines ensuite, et quant à la qualité du produit épandu enfin (il y aurait des résidus plastiques, mauvais pour le sol et donc les cultures). Il semble peu probable que le Préfet fasse de cette autorisation provisoire quelque chose de plus définitif.

Généralités sur les énergies renouvelables

Les 8 et 9 juin sont organisées des « journées portes ouvertes des énergies renouvelables. Dans la Nièvre, le SIEEEN annonce par le journal du Centre du 6 juin qu’il propose les visites de deux sites :  

. A La Charité sur Loire, 

. d’une part « une chaufferie bois de 2100 kw », et « deux chaudières gaz de 2500 kw »

. d’autre part une « centrale photovoltaïque de 9 Kwc. »

. A Challuy le « chantier du futur réseau de chaleur »

Journaux

L’Yonne républicaine (retour en arrière)

31 décembre 2018, Auxerre : les anciens silos du moulin du Batardeau, fermé en 2015, vont être « rhabillés » par des artistes.

Le Journal du  Centre

28 avril : dans la grande série « Enseignes d’antan », une page intitulée « Une tuilerie industrielle en 1886 ». Elle est créée à Plagny, commune de Sermoise, limitrophe de Nevers, par M. Delagrange, à la place d’une sucrerie détruite par un incendie. Le texte n’en parle pas, mais j’ai deux informations complémentaires : 

– D’une part ce M. Delagrange avait été auparavant fait construire le grand moulin de Vauprange à Mhère dans le Morvan, un haut et large bâtiment à plusieurs niveaux qui subsiste, mais vide ; il l’a laissé à son fils pour venir mener la toute nouvelle tuilerie.

– D’autre part cette tuilerie ultra-moderne contenait des meules pour chasser les bulles d’air de l’argile qu’on allait mettre au four.

     Dans le supplément Fémina du dimanche 25 mai, un article sur la Toscane recommande la villa Campesti, sise à Vicchio di Mugello, où on peut « s’initier aux secrets de la fabrication de l’huile d’olive… profiter des massages à l’huile d’olive ».

31 mai : supplément interne « Donnons ensemble une nouvelle vie aux papiers ». Un supplément de 8 pages consacré au papier, notamment à sa fabrication et à sa récupération. Le document ne rappelle pas que longtemps le papier fut fabriqué dans des moulins. Par contre il est parfois question de meules :

. à propos d’un des procédés de fabrication : « La pâte est obtenue en râpant le bois à l’aide de grandes meules appelées « défibreurs » car elles séparent les fibres.

. A propos d’une des plus grandes fabriques de papier en France, celle de Saillat-sur-Vienne, dans le Limousin : « Cela fait 125 ans que l’usine de Saillat sur Vienne, près de St-Junien, a vu le jour. Un atelier d’extraction de tanin au départ, qui s’est spécialisé dans la pâte à papier ensuite. ». L’ « atelier d’extraction de tanin » était forcément un « battoir » ou un « moulin » à écorce.

Dimanche 9 juin : surprenante manière de traiter l’histoire dans Le Journal du Centre dans la rubrique hebdomadaire « Enseignes d’antan », le titre du jour étant « Un siècle de plâtreries renommées ». C’est chaque semaine une page que je lis attentivement, en général je la conserve. C’est le cas pour celle-ci, puisqu’elle évoque les usines à plâtre de St-Léger des Vignes à côté de Decize, dans lesquelles le gypse, matière première du plâtre, était pulvérisé par des meules. L’auteur reprend ainsi la description de la naissance d’une des premières usines de plâtre, à Decize par Pierre Volut : « M. Bouchard établit aux Halles, en juillet 1856, une fabrique de plâtre en poudre, dont les meules tournent sous l’action d’une machine à vapeur de trois chevaux ». 

Or… un de ses encarts a quelque chose de profondément choquant. En effet, en bas, à gauche, il est exposé qu’en 1905 à l’occasion d’une grève, deux ouvriers sont entrés dans la maison du patron Journot, fabricant de plâtre, à St-Léger des Vignes, y ont mis le feu, et ont ainsi causé la mort de ses deux enfants. Ahurissant ! Dans mon manuscrit encore inédit sur les faits divers du XXe siècle, je restitue ainsi ce que j’ai trouvé sur cette affaire (on remarquera que je m’y fonde essentiellement sur le dossier officiel de gendarmerie conservé aux Archives Départementales).

« 1905, St-Léger des VignesLes grévistes accusés à tort. M. Pierre Journot possède à St-Léger des Vignes des mines de gypse, lesquelles fournissent la matière première à son usine à plâtre à côté de sa magnifique grande maison. Or, à la mi-décembre 1905, à un moment où les mineurs des mines de gypse du secteur sont en grève, l’ensemble de ses bâtiments de St-Léger est victime de plusieurs tentatives d’incendie, dont l’ultime détruit de fond en comble l’orgueilleuse maison ; la répétition du fait implique origine criminelle.

Très vite les soupçons se portent sur Berthe Testu, âgée de 17 ans, une pupille de l’Assistance publique placée comme domestique au domicile de Pierre Journot. Elle finit par avouer être l’incendiaire, mais quant à sa motivation elle déclare aux gendarmes que les nommés Jean Cuisinat, 28 ans, et Pierre Bardot, 37, « ouvriers mineurs actuellement en grève lui avaient proposé de mettre le feu à l’usine et de tuer M. et Mme Journot. D’après ses dires, elle accepta seulement de faciliter l’entrée de Bardot et de Cuissinat dans la maison de M. Journot. Et à l’en croire, vendredi soir, les deux ouvriers auraient pénétré dans l’immeuble et mis le feu au plancher du grenier, préalablement imprégné de pétrole. » (Journal de la Nièvre)

L’occasion est trop belle de jeter en prison des grévistes : Bardot et Cuisinat sont arrêtés en dépit de leurs énergiques protestations, tandis que la bonne « fut conduite à l‘hôpital de Decize car au moment de son arrestation elle fut prise d‘une violente crise de nerfs ». A l’époque le droit de grève est officiellement reconnu, mais qu’on l’exerce est vécu comme scandaleux par la presse de droite. Pour Le Journal de la Nièvre, quotidien antirépublicain proche des bonapartistes et surtout des milieux patronaux, la culpabilité des grévistes ne fait aucun doute : « Les auteurs de l’incendie ont rendu un bien mauvais service à leurs camarades. On dit que M. Journot va fermer son usine au moins pour quelques temps. Des faits de ce genre sont des plus tristes, parce qu’ils dénotent chez certains ouvriers un état d’esprit effroyable ; mais il faut en faire remonter la responsabilité aux politiciens organisateurs de grèves qui les excitent. Voilà où nous en arriverions avec les révolutionnaires» (l’amalgame de choses n’ayant rien à voir entre elles se pratique déjà dans certains courants de pensée).

Heureusement le juge d’instruction, s’il prend avec des pincettes les témoignages de leurs camarades assurant qu’au moment des faits Bardot et Cuisinat étaient à Sougy, organise une confrontation entre les accusés et la bonne : devant eux elle assure qu’elle ne se rappelle pas les avoir accusés. Et puis soudain, un fait nouveau apparaît, dont on aurait tout de même pu s’apercevoir plus tôt : à l’époque lors des mouvements sociaux la gendarmerie est constamment sur le dos des grévistes, et justement le rapport des pandores, au jour et à l’heure du déclenchement de l’incendie de la maison Journot, note la présence au piquet de grève à la mine de Sougy de Bardot et Cuisinat.

Le juge conclut par un non-lieu en faveur des deux hommes ; La Tribune précise : « Berthe Testu est une névrosée qui doit obéir facilement à la suggestion. Elle sera soumise à un examen médical. » (AD de la Nièvre, M 6216). »

On voit donc :

1) Que jamais les ouvriers accusés ne sont entrés dans la maison, a fortiori jamais ils n’y ont mis le feu.

2) A aucun moment il n’est question que les enfants Journot auraient péri dans l’incendie.

J’ai fait une longue lettre à ce sujet au Journal du Centre. Le dimanche 16, il en a fait état, sous le titre « Précision » et non rectification, se bornant à reconnaître que les deux grévistes n’ont pas été poursuivis plus longtemps par la justice… mais ne disant pas un mot sur le fait qu’aucun enfant n’est mort dans l’incendie. Pierre Volut, l’historien de Decize, m’a dit qu’en fait s’il est exact que M. Journot s’était éteint peu après les évènements en déplorant de nombreux chagrins qu’il avait connus dans la vie, la perte de ses deux garçons était le pire, mais elle n’avait rien à voir avec l’incendie.

14 juin : Dans la page Magazine, est annoncé la parution du livre « Le temps des vieux moulins », d’Isabelle Artiges, chez De Borée. L’action se passe dans le Périgord, où l’héroïne, Madeleine, a quelques aventures pendant les deux guerres mondiales. Je soupçonne qu’il n’y est pas question de moulin, mais que l’éditeur a pensé que ça ferait joli dans le titre.

14 juin : grand article « Glux en Glenne : Le centre archéologique européen de Bibracte ouvre ses portes », avec une photo de Luc Jaccottey.

Un rappel d’abord : le site du Mont-Beuvray où se trouve l’ancienne ville gauloise puis gallo-romaine de Bibracte, se partage entre St-Léger-sous-Beuvray (71) et Glux en Glenne (58). Sur St-Léger a été construit le musée de Bibracte, ouvert à la visite une bonne partie de l’année, et sur Glux en Glenne le bâtiment de la base d’étude réservée aux scientifiques. L’article annonce donc l’ouverture exceptionnelle de la base de Glux au public. La grande photo centrale montre Luc Jaccottey devant plusieurs objets archéologiques, dont ceux du thème « de la pierre à la meule ». Ce n’est pas la première fois que j’évoque Luc Jaccottey, éminente personnalité de l’INRAP : je l’ai eu au téléphone un jour à propos de l’ancienneté des moulins à eau en Gaule ; il m’a alors dit que si on était sûr que la technique était présente en Gaule au deuxième siècle après J.-C., il était probable qu’elle y soit arrivée dès le premier siècle (elle avait été découverte par des soldats romains ayant pris d’assaut une ville perse vers l’an 100 avant JC). Luc Jaccottey a notamment mené les fouilles de l’ancien moulin médiéval de Thervay, dans le Jura, dont les trouvailles ont beaucoup aidé les concepteurs du moulin à eau médiéval de Guédelon. Luc Jaccottey est aussi avec Gilles Rollier l’éditeur de l’énorme travail en deux gros volumes : « Archéologie des moulins hydrauliques, à traction animale et à vent, des origines à l’époque médiévale et moderne en Europe et dans le monde méditerranéen » . Actes du colloque international de Lons-le-Saunier du 2 au 5 novembre 2011 » (les scientifiques n’ont pas peur des titres interminables), parue en juin 2016 ; elle coûte 52 euro, mais elle est tout à fait remarquable.

Revues

Le Régional de Cosne et du pays charitois du 12 juin : les élèves du collège Henri Clément ont obtenu le prix « Clap d’Or » pour le court-métrage, « La potion magix de Donzyx », consacré à l’huilerie du moulin de l’Ile de notre ami Frédéric Coudray. Le prix a été décerné à Paris par un jury que présidait l’acteur Jean Dujardin ; les jeunes auteurs sont montés sur scène pour recevoir leur prix.

La Nièvre en été 2019 : publié par le conseil départemental, Le Journal du Centre et Nièvre Tourisme, c’est le catalogue des manifestations pendant l’été. Les moulins y sont assez bien représentés, avec les périodes d’ouverture à la visite du moulin des Eventées et de l’Huilerie Réveillée à St-Pierre-le-Moûtier, du moulin d’Aron à Crux la Ville, de l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy, des moulins de Moulin-l’Evêque à Cosne et St-Père, le moulin de Mirebeau à Menestreau, etc. Sont évoquées également les journées portes ouvertes à de grands barrages du Morvan. Notons encore plusieurs fabricants de bière locale, dont Jacques Ansault à Vingeux, St-Aubin les Forges (mais pour l’instant j’ignore s’ils utilisent des meules comme autrefois pour pulvériser l’orge ou le houblon). Le musée de Clamecy est cité sans préciser qu’il propose des meules trouvées à Entrains. Par contre, sauf erreur de ma part, l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy me semble oublié.


Vents du Morvan été 2019 : 

– Dans la rubrique relative aux parutions est annoncée celle du numéro spécial de notre bulletin sur les moulins à vent de Bourgogne, cela en termes très favorables.

– Un grand article est consacré aux moulins du Ternin, en particulier celui de notre ami Jacques Desmarquest, dont le moulin du bourg de Chissey est désormais le siège d’une association. Plusieurs photos montrent son moulin, dont deux de l’intérieur, l’une figurant en couverture (il est question aussi du petit château médiéval qu’il a sauvé de la ruine) ; on voit aussi de beaux plans en couleurs des Archives Départementales.. Il y a des photos de plusieurs moulins, dont l’intérieur du moulin de Marnay de notre ami Serge Calandre. Cela posé l’article me paraît parfois assez désinvolte. Par exemple 

. Le moulin de Chancommeau à Alligny en Morvan n’est pas le premier du Ternin, il y en a plusieurs en amont.

. Il n’est pas rigoureux d’écrire que la banalité est une taxation de la farine;  c’est vrai par l’effet, pas par la définition. La banalité, c’était l’obligation édictée par le seigneur à ses sujets de faire moudre leur production dans son moulin, à défaut de quoi ils s’exposaient à la confiscation de leur blé, de leur farine, voire de l’animal de trait et de la charrette éventuels, voire encore des amendes. Ce pouvait même être assez violent, comme je l’ai montré dans mon livre « Les moulins racontent le Morvan » et dans mes articles de la revue « La France des Moulins » sur la banalité. C’est donc très réducteur que de retenir le seul aspect « taxation ».

. Ecrire « Les meuniers ont été considérés de tout temps comme faisant partie d’une classe sociale privilégiée au même titre que certains notables et formaient une corporation à part dans la société rurale » relève du préjugé. Le meunier ne pouvait s’élever à peu près au rang de notable que quand il était propriétaire d’un moulin, et encore s’il s’agissait d’un moulin considérable. Prenons d’abord la situation avant 1789 : en général, le meunier était locataire du moulin possédé par le seigneur ; il pouvait être serf, comme ce meunier d’un moulin que le duc de Bourgogne donna à une abbaye ; celle-ci fut amenée à « acheter » le meunier en tant que serf. Le meunier était lié par un contrat de bail qui pouvait être féroce : le montant du fermage annuel était très élevé, et quand le meunier n’arrivait pas à le régler, il était mis dehors sans ménagement. Longtemps, le meunier n’a tiré l’essentiel de son revenu non de la fabrication de la farine, mais du fait qu’il était en même temps agriculteur et éleveur sur la terre du propriétaire. Après 1789, on a vu apparaître un nombre de plus en plus grand de propriétaires privés, mais d’abord ils se sont livrés une vive concurrence, ce dont jouaient les clients, en ayant bien soin de fréquenter indifféremment tous les moulins d’un secteur. Ensuite les exploitants des petits moulins ont eu à affronter la concurrence des grands moulins, lesquels étaient toujours en avance quant à la qualité des machines ; par exemple lorsque sont apparus la turbine, puis la machine à cylindres plus performante que les meules, ce sont d’abord les grands moulins qui en ont été équipés, ce qui leur a permis de pousser à la fermeture les petits moulins. Les propriétaires ou exploitants de ces derniers ont peu à peu été contraints de fermer, en général pour devenir de simples agriculteurs. Les faillites de petits meuniers ont été nombreuses.

. La roue actuelle du moulin de Jarle, Alligny en Morvan, petite, est récente. Elle n’a rien à voir avec l’ancienne, immense, si haute qu’elle atteignait presque le toit, comme le montre ce dessin de Jean Perrin en couverture du livre jadis publié par Laï Pouèlée avec notre collaboration, et d’après une carte postale des années 1900.

Moulin de Jarle

Archéologia n° 577 de juin 2019 : dans le dossier « Dijon, les révélations de l’archéologie », il est plusieurs fois question des moulins dont disposa la ville, mais sans entrer dans des détails notables.

Lire juin 2019 : Grand article à partir du livre d’Evelyne Bloch-Dano « Mes maisons d’écrivain », que vient de publier Stock. Il sélectionne 10 maisons, le moulin de Villeneuve à St-Arnoult-en-Yvelines, où vécurent Elsa Triolet et Louis Aragon, et qui est aujourd’hui ouvert à la visite..

Livres

« L’Évangile selon Young Sheng », « roman » de Dai Sijie, chez Gallimard. Chef-d’œuvre, mais âmes sensibles s’abstenir. C’est la vie d’un chinois pasteur protestant que va brimer (l’expression est faible) la prise de pouvoir par Mao Ze Dong en Chine en 1949. Son martyre est à son comble lors de la « Révolution Culturelle », le théâtre du-dit martyre étant sa maison, devenue un atelier de fabrication d’huile. Le chapitre 2 de la Troisième partie s’intitule « Le pressoir à huile » mais l’atelier est décrit ou évoqué à plusieurs reprises. Pour nous amis des moulins et en particulier de ceux à huile, il est intéressant d’apprendre qu’en Chine on tire de l’huile de l’« aleurite », que d’ailleurs les Chinois nomment volontiers « l’arbre à huile ». Apparemment le but n’est pas alimentaire : c’est une huile pour les laques et les vernis, même si le tourteau est peut-être quelque peu mangeable. Ce sont deux paires de bœufs qui font tourner la grande meule particulièrement lourde, que l’auteur préfère désigner comme un « gigantesque disque en pierre ». Ensuite la matière obtenue est chauffée puis à nouveau martelée, cela dans un bruit inconfortable. Un des bœufs meurt à la tâche.

Auparavant, l’ouvrage évoque d’autres moulins, toujours à manège, mais mus par des ânes. Par exemple dans la grande maison que possède un pasteur occidental venu participer à l’évangélisation de la Chine  : « Dans la dernière cour il y avait un moulin en pierre, qu’un petit âne, les yeux bandés, faisait tourner à longueur de journée pour broyer des graines de soja, qui se transformaient en une épaisse pâte blanche avec laquelle on fabriquait le tofu. A l’occasion des célébrations chrétiennes, on ôtait à l’âne le bandeau qui couvrait ses yeux et on le laissait se reposer ». A mon avis l’auteur, évoquant son grand-père, se laisse aller dans l’élan du récit : un âne ne se reposant quasiment jamais ne mènerait pas longtemps un moulin.

Télévision

Marcel Pagnol

Grand documentaire de presque deux heures sur Marcel Pagnol, sur FR3, mercredi 5 juin, de Fabien Béziat, tourné en 2018. Du cinéaste, homme de théâtre et écrivain,  on apprend que c’est dans son moulin de la Sarthe qu’il a tourné « Le gendre de M. Poirier » (film de 1933 peu diffusé à l’époque, et depuis rarement vu car il n’en existe plus qu’une copie, en Angleterre). Le documentaire propose aussi quelques images du film « La Belle Meunière », d’après le cycle de poèmes de Muller mis en musique par Franz Schubert ; c’est Tino Rossi qui tenait le rôle du compositeur, et il chantait une version en français du chant qui ouvre le cycle, celui dont on traduit le titre allemand par « Voyager est la joie du meunier » ; à un autre moment on voit l’affiche du film ; le document précise que cette oeuvre n’a pas eu un grand succès auprès du public.. Il ajoute que le dernier ouvrage tourné par Marcel Pagnol est « Les lettres de mon moulin », d’après Alphonse Daudet.

Le documentaire est excellent, mais les amis des moulins peuvent regretter que ses auteurs n’aient pas cherché à approfondir ce mystère : pourquoi cette passion de Marcel Pagnol pour les moulins ? Ses parents n’étaient nullement du métier.

J’ai d’autres informations sur les moulins qu’a possédés Marcel Pagnol et où il a travaillé.  Il acquiert en 1930 le moulin d’Ignères, dans la Sarthe, qu’il restaure et dont, très bricoleur, il reconstruit la roue (c’est le moulin qu’a évoqué le documentaire). Elle lui fournira l’électricité nécessaire entre autres pour écouter clandestinement Radio-Londres en 1944 ; il travaille dans ce moulin à plusieurs films. Puis il acquiert un moulin à La Colle-sur-Loup dans le Var, où il débute le tournage de La Belle Meunière (1948), qu‘il opère selon une technique tout nouvellement inventée, le Rouxcolor. Ensuite il achète à Autheuil, dans l’Eure, son troisième moulin  (ref : Lettre d‘Information de la FFAM n° 26, 4ème trimestre 1995). A propos du film « Les lettres de mon moulin », j’ai trouvé une curieuse critique de l’écrivain Yves Martin : « Œuvre de charme, elle convenait parfaitement à ce charmeur. Il pouvait laisser filer sa caméra à la paresseuse, fumer sa pipe ou penser à autre chose. Ce film de détente ne causera aucune surprise… puisqu’il n’était pas d’autre solution que de le tourner comme ça avec l’accent et la gentillesse. »

Moulin de Guédelon
  • Guédelon
    •       Excellent documentaire présenté par Arte le 15 juin faisant le point du projet de Guédelon en 2017. En particulier quelques minutes sont consacrées au moulin, que nous avions visité en 2016. Donc en 2017, les archéologues ont découvert les premiers problèmes que pouvaient connaître les meuniers du Moyen Age : 
    •       – Fuite dans le sol du bief fait d’argile, donc perte d’eau, donc manque de puissance. Dans la foulée sécheresse entraînant d’une part l’ impossibilité de faire tourner le moulin, et surtout problèmes pour toutes les constructions en bois ; c’est ainsi que les pales de la roue se sont fendillées ou tordues, et il a fallu en réparer.
    •         – Au contraire crue du ruisseau qui a provoqué des dégâts différents à la roue.
  • Conséquence : le moulin a été dans l’impossibilité de fonctionner pendant quatre mois. Remis en marche, il a pu donner une production de 10 kg de farine par heure. 
    •           En passant, on a pu voir quelques minutes l’archéologue Gilles Rollier, qui, ayant bien étudié Thauvey, a beaucoup oeuvré pour construire le moulin de Guédelon. Gilles Rollier, je le cite plus haut comme coauteur de l’énorme ouvrage sur les moulins du Moyen Age avec Luc Jaccottey.

Théâtre

Ubu : pièce d’après Ubu roi, d’Alfred Jarry, donnée à la Maison de la Culture  le jeudi 23 mai (après St-Léger des Vignes). C’est un raccourci d’Ubu roi, mais la scène où Ubu décide de camper autour d’un moulin à vent pour y attendre l’ennemi est reproduite. J’ai vérifié dans le texte d’origine : elle y est bien. Ubu, encerclé, y est évidemment battu. Mais dans le texte original, il est précisé qu’un boulet détruit une aile du moulin.


Questions diverses

A la fête de la Loire, qui s’est tenue à Nevers à la mi-mai, un « bonimenteur » s’est avéré drôlement féru en histoire. Il m’a cité un édit de 508 par lequel Clovis a autorisé l’abbaye de Mici à créer des moulins le long de la Loire, dans une région à définir aujourd’hui comme le département du Loiret. Je n’avais jamais entendu parler de cet édit de 508.

Le moulin du Chapitre de Nevers est à vendre.

Des calicots l’indiquent sur les deux façades. Le nom de ce moulin vient du fait qu’il appartenait au chapitre de la cathédrale de Nevers. Il existait au Moyen Age, époque où il eut à un moment 4 roues. A la veille de la révolution de 1789, il avait au moins 2 ateliers, un pour la farine très raffinée avec blutage après plusieurs passages entre les meules, destinée aux boulangers et pâtissiers qui fournissaient le pain de la bourgeoisie et des nobles, et l’autre pour la farine moins dépouillée de son pour le peuple plus modeste, qui l’estimait plus nourrissante.

Nouvelles Meunières N°18

Nouvelles meunières


Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon sont heureux de vous inviter à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr » et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualité des énergies renouvelables

Plaidoirie pour les énergies renouvelables

Le Journal du Centre du 11 mai 2019 raconte l’excellent exposé que vient de faire à Corbigny M. Thomas Guéret, « ingénieur et prospectiviste »  sur le sujet : « Quelles solutions pour la transition énergétique ? ». Si j’en crois l’article, cet ingénieur, à propos des énergies renouvelables, a surtout « plaidé pour l’énergie solaire », mais n’a rien dit de l’hydraulique. Les auditeurs ont dit leur inquiétude à propos des éoliennes géantes.

Au niveau national, la duplicité de l’État s’observe encore avec l’échec des projets de parcs éoliens maritimes. Le Canard Enchaîné du 8 mai 2019 titre : « Eoliennes en mer : quinze ans à brasser de l’air pour un projet de 15 milliards ». Des projets qui n’avancent guère, l’État multipliant les obstacles. La France a des possibilités dans ce domaine, mais demeure très en retard de l’Allemagne, pour ne citer qu’elle.
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Eolien

Une association particulièrement hostile aux éoliennes géantes.

Le Journal du Centre du 4 mai annonce :

« La nouvelle association a tenu une réunion à Guérigny »

« Les éoliennes, un scandale ».

L’association se nomme « Défense du plateau nivernais boisé, Bertranges et vallées de la Nièvre ». Salle comble, marquée par l’absence des élus, Jean-Pierre Château, maire de Guérigny, s’étant borné à ouvrir la séance et à indiquer qu’il n’avait aucune information officielle concernant l’éventuel projet de construire des éoliennes géantes dans la forêt des Bertranges.

Parmi les griefs énoncés contre les éoliennes, notons le coût pour la collectivité puisqu’il faut tracer de nouvelles routes où les camions apportant le matériel puissent passer, et la diatribe d’un adversaire des éoliennes de Clamecy qui qualifie cet ensemble de « fiasco financier, un modèle à ne pas reproduire ». 

Journaux

Le Journal du Centre

28 avril : Dans le cadre de la grande série d’articles « Enseignes d’antan », étude sur « Une tuilerie industrielle en 1886 » . Elle se trouvait à Plagny, commune de Sermoise, tout près du port sur le canal, dont elle bénéficiait pour exporter sa production. J’évoque ici cette tuilerie parce que sa machine à vapeur faisait marcher ses machines, dont des meules ; elles servaient à assouplir la terre et à la purger de ses bulles d’air avant de l’envoyer en cuisson (l’article n’en parle pas).

Dans le supplément Fémina, notons toute une page : « Je suis perdu au rayon farine de blé ». L’article passe en revue les farine désormais immatriculée T150, T110, T80, T65 et T55-T45 : on part de la farine la plus « complète », donc la moins épurée de son et la moins blutée, pour aller progressivement jusqu’à celle la plus débarrassée du son. Cet article s’inscrit donc complètement dans l’histoire de la farine à partir du moment où on a inventé le blutoir, qui a permis d’aller vers une farine toujours plus « pure », même si une partie des consommateurs a toujours plus ou moins contesté la qualité nutritive du produit ainsi obtenu. 

29 avril : Réouverture du moulin Blot de Bouhy

Nos amis de Bouhy font savoir que le moulin sera ouvert du 4 mai au 30 septembre uniquement les samedis après-midis de 14 h 30 à 18 h , plus lors des journées du patrimoine les 22 et 23 juin .
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29 avril : à la limite entre La Machine et Champvert, on peut observer les ruines d’une ferme. Elle a été détruite par les occupants allemands en 1944, après qu’ils y ont arrêté et fusillé deux résistants. Une stèle rappelle cette fin tragique. Une cérémonie a lieu tous les ans le 30 avril en leur mémoire. J’en parle ici parce que, si la ferme n’avait plus rien de meunier, elle occupait le site d’un moulin du XIXe siècle sur lequel je commence des recherches.

 5 mai : dans le Magazine 2 articles :

. A propos du centième anniversaire de l’obtention du Goncourt par Proust pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », en 1919, double page sur la maison d’Illiers, dans l’Eure et Loir, où il passa une partie de son enfance (évoquée dans A la Recherche du Temps Perdu ) : le livre de chevet montré est « François le Champi », de Georges Sand. J’en parle ici parce que c’est l’histoire d’un garçon abandonné, recueilli par un meunier, lequel le forme à son métier. En passant, ça me rappelle qu’à la fin de sa vie Proust eut comme servante Céleste Albaret, une jeune fille qu’il nomma sa « gouvernante ». Elle prit sa retraite longtemps après la mort de l’écrivain et se retira à La Canourgue, en Lozère, cela… dans un moulin.

. Une libraire recommande un livre de l’auteur chinois Dal Sijie, connu pour « Balzac et la petite tailleuse chinoise ». Dans son nouvel ouvrage : « L’Evangile selon Yong Sheng » (Gallimard), il évoque son grand-père, considéré comme un « ennemi du peuple » lors de la « révolution culturelle» que déclencha Mao Ze Dong ; comme châtiment il fut condamné à des années de travail forcé… dans une huilerie ! Je tâcherai de me procurer ce livre et de le commenter.

6 mai : grand article inattendu mais extraordinaire sur un meunier. C’est dans le cadre d’une série de trois articles où des anciens racontent leur enfance au temps de l’occupation allemande. Cette fois, c’est Régine, la fille d’Henri Perraudin qui s’exprime, lequel Henri Perraudin était le meunier du moulin du Seu, à St-Honoré les Bains. Elle raconte que comme il fut fait prisonnier, son épouse et mère de Régine, avec ses moyens physiques tout de même limités, se mit à travailler au moulin comme l’aurait fait un homme. Y compris il lui arriva de travailler clandestinement la nuit pour moudre du grain au-delà du contingent dont disposait le moulin. Quand Henri Perraudin,  en 1945, fut libéré (par les Américains qui le ramenèrent en France), il eut bien du mal à se remettre au travail: il montra d’ailleurs un caractère difficile, que sa femme ne lui avait pas connu avant la guerre. Elle continua donc quelques temps de mener le moulin. Et puis heureusement Henri parvint à se ressaisir et à se remettre à l’ouvrage auprès de ses meules.

NB : On m’a dit qu’il faisait ses livraisons avec une carriole à cheval, que ma foi il était bien reçu partout… et qu’il en résultait souvent que, le soir venu, il était bien utile que son cheval connût par cœur le chemin pour rentrer à la maison…

Revues

Moulins de France – Avril 2019

Surprenant petit article : « Côte-d’Or, Moulin de Vanneau à Saints-en-Puisaye ». L’auteur n’est pas parfait en géographie. En tout cas on y apprend que le moulin de la ferme éducative de Saints-en-Puisaye, dans l’Yonne, non loin de la limite avec la Nièvre, a besoin de travaux assez importants : plus de 80 000 euro. Les subventions promises laissent à trouver 60 000 euro, pour lesquels l’association créée lance un appel aux dons.

Spectacles et art de vivre – Mai 2019

La revue annonçant les spectacles de notre région Bourgogne avec quelques escapades en Franche-Comté et… Alsace (très intéressantes d’ailleurs ) cite la commémoration des 900 ans de la basilique St-Andoche de Saulieu, le 4 mai, avec un concert sur le très bel orgue tout neuf. La basilique fut au centre d’une collégiale, dont le chapitre posséda le moulin de Chamboux au moins de 1518 à 1791 (le moulin existait en 1392). Nous avons publié la légende attachée à ce moulin dans notre recueil de contes et légendes dont un moulin est le centre. En l’occurrence, l’histoire évoque une statuette posée au moulin, jetée par des vandales dans la rivière alimentant le moulin, mais qui l’aurait remontée pôur regagner le moulin, conférant ainsi à celui-ci un caractère sacré, au grand avantage du meunier. Le hasard de l’histoire des découpages administratifs a fait que lorsque les départements ont été créés, le lieu-dit Chamboux a été affecté à Alligny en Morvan dans la Nièvre, alors qu’il aurait pu l’être à St-Léger de Fourches en Côte-d’Or (aujourd’hui Champeau) : Serge Calandre a en effet constaté que l’état civil du village était tenu « alternativement » une année par le curé d’Alligny, la suivante par celui de St-Léger, etc. Ce moulin de Chamboux, fort modeste, sera démoli en 1901. Ses restes éventuels sont noyés sous le lac de Chamboux créé il y a quelques années.

Livres

A propos de la catastrophe de Notre-Dame de Paris, on cite abondamment Victor Hugo pour le grand roman qu’il lui a consacré. A un moment, le « héros » franchit le pont sur la Seine proche de la cathédrale, qui était dit « Pont des moulins », parce qu’il portait des moulins dont les roues étaient suspendues entre ses piliers ; Hugo précise qu’il est éclaboussé par de l’eau que projettent les roues.

Pont aux Meuniers – Paris

Conan Doyle : Les exploits du professeur Challenger et autres aventures étranges : Collection Bouquins chez Robert Laffont

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Conan Doyle n’est pas que le père de Sherlock  Holmes. A la fin de sa carrière littéraire, il a préféré le fantastique, et ce abondamment comme le montre cette copieuse intégrale. Je la lis peu à peu (presque 1200 pages). Dans « Quand la terre hurla », Conan Doyle imagine qu’on creuse un puits de 13 200 km pour gagner le centre de la terre, cela grâce à ceci entre autres : « Dans la station génératrice, plusieurs turbines d’une grande puissance tournant à 140 révolutions par minute gouvernaient les accumulateurs hydrauliques qui développaient une pression de 700 kg par pouce carré… »

Télévision

Le  14 avril 2019, la 5 a diffusé un documentaire sur la moutarde. Il a surtout insisté sur le peu de graines de moutarde (le sénevé) cultivé désormais en Bourgogne, l’essentiel venant du Canada.

Quant à la fabrication, Amora n’a plus d’usine en Bourgogne. Restent Maille à Chevigny-St-Sauveur et Fallot à Beaune. On a vu quelques images des meules de la maison Fallot, dont le représentant a spécifié que la maison préférait travailler sur des meules comme autrefois plutôt qu’avec des engins modernes, même si le rendement en quantité est inférieur. Curieusement, il a dit que les meules échauffaient moins la moutarde que les engins modernes.. 

Dans notre bulletin nous avions proposé il y a quelques années un reportage sur le moulin à moutarde de la maison Fallot.

16 avril, Arte : à propos de l’exploit d’avoir construit la cathédrale Notre-Dame de Paris en peu d’années (60 seulement), un documentaire précise que les constructeurs ont utilisé la force hydraulique pour fabriquer le fer, car elle venait d’être mise au point par les cisterciens au milieu du XIIe siècle. Il est précisé que l’invention du haut fourneau est plutôt des environs de 1300.


Cinéma

« Menochio », d’Alberto Fasulo. Nos Nouvelles meunières évoquaient voici peu le livre « Le fromage et les vers », de Ginzburger, racontant la vie d’un meunier italien du XVIe siècle, fort libre de ses opinions, et pour cela condamné au bûcher par l’Inquisition. Ce film est tiré de ce livre. Si Télérama (semaine du 20 au 26 avril) lui accorde quelque qualité, Le Monde et Libération du 17 avril l’assassinent tout net. A voir si possible.


Livre

Véra nous a trouvé en brocante un exemplaire du livre de Georges Coulonges « La terre et le moulin ». Georges Coulonges a eu sa petite célébrité dans les années 1970 et 80. Ce roman est paru chez Grasset en 1984, et immédiatement repris par France-Loisirs, ce qui implique que la première édition avait dû bien marcher. Le style d’écriture de Georges Coulonges est plus celui d’un journaliste que d’un vrai romancier, mais La terre et le moulin, qui se passe en Quercy, est un assez bon roman « de terroir ». Malheureusement pour nous il y est… peu question du moulin.


Radio

Le 29 avril  de bon matin sur France-Musique : « Les moulins de mon coeur » (issu du film « L’affaire Thomas Crown »), par son auteur Michel Legrand au piano et au chant Nathalie Dessay.

Nouvelles Meunières n° 17

Nouvelles meunières

AS

En prévision de notre bulletin n° 87, à paraître début juin 2019

Nous y évoquerons St-Malo en Donzyois, commune où se trouvait l’abbaye de Bourras, dont les premiers moines arrivèrent sur le site en 1119, soit il y a 900 ans. En passant on trouvera juste quelques mots sur le moulin à vent qui était situé assez loin à l’est de l’abbaye, et qui ne semble pas avoir été créé par elle (je n’en trouve mention que dans les années 1840). Au cours d’une randonnée organisée par l’Arni (Association des Randonneurs Nivernais) le 31 mars 2019, j’ai pu observer le site. C’est une colline, dont le sommet est à 348 mètres. Apparemment cela n’a pas été suffisant puisqu’on remarque qu’une motte y a été ajoutée, sur laquelle fut juché le moulin à vent. Elle n’est pas intacte car on y a au XXe siècle aménagé le local d’un château d’eau.

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Site du moulin à vent à St Malo

Lutte contre la continuité écologique

Selon le numéro d’avril 2019 du Monde des Moulins, les discussions très tendues continuent au sein du « Comité national de l’Eau », dont sont membres les fédérations d’amis des moulins, chargé d’apaiser les relations entre les différents riverains et utilisateurs des rivières. Peu de progrès sont constatés. Plusieurs propositions vont être soumises à l’arbitrage du ministre lui-même.

Actualité des énergies renouvelables

Eolien

Journal du Centre 

  • 29 mars 2019 : « Donzy : Le projet éolien interroge ». Une association, la Canopée libre, se crée à ce sujet, dans un style résolument offensif : citant deux agriculteurs qui estiment leur activité « impactée », le président s’exclame : « L’éolien est pour nous une galère, le combat est engagé, on a été manipulé, mais on ne lâchera pas, on se bat pour notre santé ».
  • 2 avril 2019 à propos de Bouhy, dans l’article « Une étude sur le centre-bourg », on apprend que les éoliennes rapportent à la commune 7933 euro, plus 4 400 pour l’autorisation de passage sur les chemins.
  • 8 avril 2019 : Le peintre Antoine Paneda, dont plusieurs fois nous avons publié des dessins et aquarelles dans notre bulletin, présente jusqu’au 17 avril une exposition à la mairie d’Imphy dont il est natif, et qu’il lui offre un de ses plus beaux tableaux : l’arrivée de Marie de la Grange d’Arquian à Imphy le 11 septembre 1714. Ce tableau, dont une belle reproduction a pu être admirée dans le numéro des Annales du Nivernais (Camosine) consacré à Imphy, propose une image superbe de la grande roue hydraulique qui faisait alors fonctionner la forge industrielle d’Imphy, que voici en détail.
  • Dans le même numéro, article sur le sarrasin, céréale reine de la crêpe bretonne. Il évoque un restaurateur qui propose en son établissement de Paris maintes recettes de sarrasin « moulu sur place ». L’article rappelle que dans bien des contrées de France la population se contenta de seigle et de sarrasin à défaut de pouvoir manger du pain issu du froment.
  • 9 avril : article « La renaissance de la pierre sèche », donc de la construction de murs sans liant. Cela me rappelle ma visite au moulin de la Romanée, à St-Germain de Modéon en Morvan de Côte-d’Or. Le propriétaire m’avait montré, quelques mètres en amont, les ruines du moulin primitif, un ensemble d’anciens murs « en pierre sèche », donc non cimenté. Architecte de profession, il m’avait expliqué que cette façon de construire avait cessé au plus tard au XVe siècle. Il n’était pas illogique de penser que dans des contrées reculées comme devait être alors le Morvan, les moulins devaient être « en pierre sèche ». En tout cas cela faisait remonter l’histoire du moulin de la Romanée au XVe siècle.

Revues 

Bulletin des Amis du Vieux Varzy n° 30, avril 2019

Suite à notre assemblée générale 2018 que nous avons tenue à Varzy, l’association des Amis du Vieux Varzy nous a demandé un article sur les moulins de la Ville. Ce bulletin le contient. Il tient la place des pages 46 à 57. Il comprend l’inventaire de deux moulins de Varzy en 1863 (un moulin à eau, un à vent) que nous a trouvé un de nos adhérents. La plupart des illustrations sont fournies par les Amis du Vieux Varzy.

Un court article montre les dirigeants de l’association disposant une nouvelle enseigne devant la fameuse huilerie Mariaux que nous avons visitée lors de l’assemblée générale.

Bulletin de l’Académie du Morvan n°85, 2018, que nous venons de recevoir début 2019

Ce bulletin comprend deux parties :

1) « A la découverte de la langue gauloise dans le Morvan », rédigée par Jean-Paul Savignac. On y apprend que le nom gaulois de la meule était « brauon », et que dans la légende de Ste-Brigitte, lorsqu’elle est chassée par son père, le moulin du village cesse de marcher ; il ne ressuscite que lorsqu’elle est admise à revenir.

2) « Le hêtre européen habitant du Morvan », par Marie-Aimée Latournerie. Le fruit du hêtre, le « faîne », gagnerait à être mieux connu : « on en fait de l’huile qui sert à brûler et qui s’emploie aussi en friture et en pâtisserie ». L’auteur cite un écrivain du XVIIIe siècle : L’huile de faînes bien faite est, après l’huile d’olive, la meilleure que l’on connaisse en Europe ». Mme Latournerie a raison d’appeler notre attention là-dessus : on ignore pourquoi le faîne a finalement si peu été utilisé. Pour ma part, je n’ai trouvé les moulins écrasant le faîne qu’en période de crise historique, lorsque la navette et la noix manquaient pour faire de l’huile. Plus loin Mme Latournerie rappelle qu’après 1830 on a utilisé la pâte de bois pour fabriquer le papier, même si explicitement elle ne rappelle pas qu’il était affiné et découpé dans des moulins.

Le Monde des Moulins n° 68, avril 2019

Plusieurs articles à signaler en particulier

. A propos d’un moulin à vent en cours de restauration, sur le Causse Méjean en Lozère, à plus de 1000 mètres d’altitude, l’auteur expose qu’à cette altitude on ne pouvait entoiler les ailes des moulins à vent, car le souffle du vent pouvait y devenir trop violent. Les ailes portaient donc des planches de bois sur la moitié de leur surface. L’article est illustré entre autres par les reproductions de deux enluminures de 1344. Les moulins sont sur pivot. Il y a aussi les plans du moulin en cours de restauration, des photos, etc.

. Dans l’Ariège, le meunier Pons Aï s’est converti à la foi cathare et prit en charge un moulin à Monségur. On pense qu’il périt dans les flammes lors de la prise de Monségur par les « croisés » envoyés par le roi et le pape ravager le pays en 1243. 

. Un grand article sur la particularité des régulateurs à boules dans les moulins à vent.

. « Le moulin à eau de Marie Ravenel » dans le Cotentin (département de la Manche, Normandie). Un moulin en cours de restauration, avec ses paires de meules. La fille du meunier Ravanel, Marie, se mit à écrire des poèmes, et ils furent de qualité puisqu’elle parvint à en publier trois recueils de 1852 à 1890.

. « Police des moulins sous l’ancien régime. Les astuces des « meuniers fripons ». L’article est de moi. J’y suis présenté comme issu du « Collège des membres individuels ».

Lu à la Médiathèque de Nevers

On ne fouille jamais assez les bibliothèques. Par exemple je viens de trouver une nouvelle réponse à cette question : est-ce que vraiment une crue peut être assez formidable pour détruire un moulin et emporter les meules ?

Voici la réponse dans le livre « Histoire de Semur en Auxois », publié par Alfred de Vaulabelle en 1905. Semur est une très jolie petite ville de Côte-d’Or juchée au-dessus d’un profond ravin où coule l’Armançon. Outre qu’il fait remonter la date la plus ancienne d’existence connue de moulins à Semur à l’année 879 (date du don par le duc de Bourgogne Bozon de ces moulins à l’évêque d’Autun), il décrit qu’en 1615 : « Le déluge d’eau fut si grand  qu’il emporta la moitié du faubourg de Vaux… et plusieurs moulins sur la rivière, dont les meules furent emportées ». Il ajoute : « Une nouvelle inondation eut lieu le 6 novembre 1710, qui détruisit les ponts et les moulins ».

Livre : 

« Le Meunier, les moines et le bandit » de Fanny Colonna, éditions Actes Sud, collection Sindbad, 2018.

L’auteur part à la recherche de tout ce qui concerne la vie d’un assez curieux personnage, français d’origine italienne, qui s’installa comme meunier dans un village perdu du massif montagneux des Aurès, au sud de Constantine dans l’est algérien. Ce meunier eut l’occasion de connaître un « bandit » local ainsi que des missionnaires catholiques qui tinrent une petite ferme tout près de son moulin, d’où le titre de l’ouvrage. Revenu en bonne santé de la guerre de 1914-18, il traversa sans trop de mal la guerre d’Algérie, réussissant à toujours tenir la distance égale entre les fellaghas locaux et l’armée française. Il resta dans son village des Aurès après l’indépendance, et mourut centenaire. Il écrivit quelques poèmes. Son premier petit moulin était dérisoire et peu productif, aussi en a-t-il créé deux autres… au rendement semble-t-il aussi relatif. A un moment l’auteur propose un plan de son moulin, tout à fait sommaire. Beaucoup plus loin Fanny Colonna rapporte qu’il aurait fait venir de France des meules, « en granit » selon ce que lui affirme un témoin qui a connu le dit meunier, mais ce qui me paraît improbable. L’auteur ne connaît pas grand-chose aux moulins : c’est ainsi qu’elle écrit que le premier moulin de son personnage était « à turbine » : non, c’était à roue horizontale à dents en forme de cuiller. D’un style parfois ingrat, voire confus, pour quelqu’un qui fait une enquête historique elle manque parfois de rigueur ; ainsi écrit-elle deux fois que la guerre d’Algérie a duré 7 ans ; or elle a eu lieu du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962 si on l’arrête à la date des accords de paix d’Evian, ou au 3 juillet 1962 jour de l’indépendance officielle de l’Algérie ; il me semble donc plus judicieux d’écrire qu’elle a duré presque 8 ans.

Télévision

Le 1er avril 2019, suite au récent décès de la cinéaste et reporter photographe Agnès Varda (à 90 ans), Arte a diffusé ses mémoires qu’elle a « écrites » sous forme d’un film pour ses 80 ans. Elle possédait sur l’île de Noirmoûtier un moulin vent que l’on voit avec le squelette de ses ailes.

Erratum

Dans les Nouvelles meunières 16, à propos de la visite de Jean-Pierre Azéma, j’ai mal écrit le nom de l’ingénieur hydraulicien allemand qui a perfectionné la roue Sagebien : il s’agit très exactement de Zuppinger.





Nouvelles meunières décembre 2018

Nouvelles meunières

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

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Nouvelles meunières Juin 2018

Nouvelles meunières

Cinéma

Le film « L’homme qui a tué Don Quichotte », de Terry Gilliam, présenté au Festival de Cannes, commence à être diffusé dans les cinémas français. Il comporte la grande scène où le héros charge les moulins à vent. Critique très positive dans Le Canard Enchaîné du 16 mai.

« Patrimoines écrits »

Ensemble d’expositions de documents et autres conférences dans les bibliothèques et services d’archives de la région Bourgogne Franche-Comté. Dans l’opuscule de présentation, on remarque :
–  A Auxerre, Conférence de Jean-Charles Guillaume sur des entreprises auxerroises dont l’Ocrerie. On se souvient que Jean-Charles nous avait confié pour notre bulletin son article sur les moulins à ocre de la Puisaye. La conférence a lieu le 14 septembre à 18 heures à la Bibliothèque Jacques Lacarrière.
– A Avallon, exposition « Métiers et industries du passé en Avallonnais », dont les minotiers, Biblitohèque Gaston Chaissac, du 15 septembre au 11 novembre, d’autres documents étant présentés à la Maison des sires de Domecy. (Renseignements : 03 86 31 65 14).

Actualité des énergies renouvelables

Le  Journal du Centre

 4 mai : Le sénateur Joly rencontre les élus de Myennes à propos d’un projet photovoltaïque.
16 mai : Le parc éolien de Pougny, destiné à compter 12 mâts, divise encore la population. 2 grandes éoliennes tournent déjà.
22 mai : Article « Edf veut plus de fermes solaires » dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Ce développement nécessite de trouver des terrains qui s’y prêtent. Pourquoi pas, vu le grand nombre de parcelles laissées en friche.
24 mai : Article dans la partie « Haut Nivernais », « La fête de toutes les énergies revient. Des animations bien ciblées ». Le 26 mai visite des éoliennes d’Oisy, du 26 mai au 8 juin exposition à la mairie d’Entrains sur les énergies renouvelables dont l’éolien. 30 mai visite de la chaufferie bois de Varzy, 2 juin à Clamecy table ronde sur le devenir de nos villes et localités entre autres grâce au développement des énergies renouvelables, avec la participation de Mme Guérin, maire de Luzy, que nous avons rencontrée récemment.
31 mai « Les citoyens acteurs du Plan climat air énergie territorial » ; Cela se passe autour de St-Amand en Puisaye, où la communauté de communes de Puisaye-Forterre « engage son projet territorial de transition énergétique ». Une réunion est organisée le 8 juin au moulin de Hausse (Côte à Saints en Puisaye).

L’Yonne Républicaine

13 janvier : Projet de 5 éoliennes à Jussy (Yonnne), dans les environs de Coulanges la Vineuse, en Chablisien. Elles mesureraient 150 m, et seraient visibles depuis Irancy. Le projet ne reçoit pas l’assentiment de l’unanimité des élus : une consultation de la population est organisée.
17 janvier : Article sur un projet éolien à Metz le Comte (Nièvre), porté par Intervent. On en est au début des consultations et études.
10 mai : Montage de sept éoliennes sur le site de Ste-Colombe (Yonne), du projet mené par Engle Green sous la direction de Timothée Pichon. D’une puissance de 2,2 mégawatts chacune, elles devraient alimenter 17 000 personnes, chauffage inclus.

Articles de presse

Le  Journal du Centre

12 mai : « Les pâtisseries du moulin savourées » : Cela s’est passé au moulin de Maupertuis. Article sur une journée gourmande qu’ont hébergée nos amis.
18 mai : les propriétaires du moulin de Jarle à Alligny en Morvan sont  présents à la librairie Didier de Château-Chinon, Madame pour ses porcelaines peintes, Monsieur ses livres parus aux éditions  Atelier Plein Champ, dont Le fou de Vedin et Le meneur de Loups.
9 juin : Annonce que M. Bruno Hecquet ouvrira aux visiteurs son moulin de Charrière, à Empury, les 16 et 17 juin. L’article contient l’histoire de ce moulin, qui notamment appartint à l’abbaye du Val St-Georges, à Pouques-Lormes. En fait le très ancien étang de Charrières a alimenté deux moulins, mais pour simplifier les recherches l’un était donc sur Empury, et l’autre sur Lormes.
10 juin : Le Journal du Centre commence la publication d’une série d’articles de toute une page sur Fougerat, l’entreprise qui travailla le caoutchouc à Neuvy sur Loire. Ce premier numéro rappelle notamment que l’usine principale fut installée sur  le site d’un ancien moulin, lequel avait entre autres travaillé l’ocre. Le bâtiment, dont on voit une belle carte postale ancienne, contient toujours deux turbines hydrauliques.
12 juin : Toute une page avec photos annonce nos Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins des 16 et 17 juin. Beau grand titre : « Remarquable patrimoine du quotidien ». Les 41 sites ouverts sont annoncés.
13 juin : « Béard, un bel écrin pour un beau programme. Un petit article annonçant la participation de l’église de Béard à nos journées des 16 et 17 juin, dont notre causerie sur les moulins.

L’Yonne républicaine

24 janvier : La fameuse « taxe Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » (Gemapi) en débat au sein de l’intercommunalité d’Avallon. Elle est modique… pour l’instant, on a l’habitude, ça commence toujours comme ça.
1er février : L’ancien immense moulin du Batardeau à Auxerre, récemment fermé, laisse une énorme friche industrielle, notamment ses colossaux silos. Qu’est-ce qu’on peut faire de ce truc monstrueux maintenant qu’il n’a plus de vie industrielle ? « Le projet de rénovation en suspens » dit un sous-titre : oui, la ville n’est pas sortie de l’auberge !
10 mars : De nouvelles communes intègrent le Parc Naturel régional du Morvan. Le maire de Bussières explique qu’il est très content que la commune y soit depuis longtemps, mais pour mieux expliquer qu’il consent à la demande de l’administration de supprimer l’étang dit de Bussières. Un grand étang, sur un affluent du Cousin, et qui alimenta un moulin notamment à la Révolution (nous l’avons évoqué dans un bulletin). Ce grand étang faisait un joli paysage : je ne vois pas ce que la commune va gagner à sa disparition, à part des terres où poussera peu à peu une vilaine végétation. Je ne vois pas ce que gagne le Parc à enlaidir ainsi le paysage.
21 mars :  Article sur le lac de barrage de Chaumeçon et Brassy dans la Nièvre
14 avril : La tour au-dessus de St-Georges-sur-Baulche, près d’Auxerre, est un ancien moulin à vent ; la colline en a eu peut-être plusieurs, et ce vestige resterait d’un édifice d’avant 1794, abandonné avant 1856.
17 avril : A Saints en Puisaye, le moulin Vanneau, qui se visite au sein d’une ferme touristique, va être rénové. Le bâtiment est du XIXe siècle. La roue avait été refaite il y a une vingtaine d’années.
23 mai : A Clamecy, Mme Martine Lemaître crée une association de défense des lavoirs.

Revues

– Le bulletin des Amis du Vieux Varzy n°29, de mai 2018, évoque très brièvement le moulin d’Ouagne.
– Koikispass juin : une brasserie de bière à St-Pierre du Mont, entre Clamecy et Varzy, nommée « Hexagone & Ales » : autrefois les brasseries broyaient l’orge et le houblon à l’aide de meules. L’article ne précise pas si ce tout neuf établissement le fait.

Télévision

    Moulin à châtaigne en Corse : le dimanche 20 mai, Arte a diffusé un documentaire sur le renouveau de l’exploitation de la châtaigne en Corse. En particulier on y voyait une entreprise transformant les châtaignes en farine, cela à l’aide d’un moulin à bonnes vieilles meules surmontées d’une trémie trapézoïdale. On en fait du pain, des gâteaux, etc., mais une dame se lance dans la confection de produits de beauté ou de santé à base de farine de châtaigne, laquelle s’avère très bonne pour traiter la peau du visage et des mains.
« En quête d’énergies durables » : émission annoncée sur LCP (la chaîne parlementaire), le vendredi 22 juin à 20 heures 30 . il y sera notamment question de l’énergie hydraulique.

Chanson

Il y a quelque temps, Anne Sylvestre avait écrit  une chanson sur les moulins : Les moulins Baptiste que l’on retrouver sur le volume 11 de  Tournez fabulettes 

Paroles et musique : Anne Sylvestre

Orchestrations et direction musicale : François Rauber

ou sur le site http://annesylvestre.com

Livre

« Le fromage et les vers », de Carlo Ginzburg,traduction Monique Aymard, éditions Aubier. Titre peu attirant pour une curieuse histoire, celle d’un meunier du XVIème siècle dans le Frioul (montagnes alpestres d’Italie du nord-est, non loin de Venise). Les meuniers appartenaient alors au monde paysan, pourtant celui-ci, Domenico Scandella, dit Menocchio, lisait beaucoup, veillant à pourvoir sa petite bibliothèque personnelle (ce qui étonne pour l’époque), au  point que, imitant Luther, Calvin et autres, il se mit à contester l’interprétation de la Bible par les autorités catholiques. Comparant le chaos originel de l’histoire du monde à un fromage, il soutint que Dieu n’était qu’un ver issu de la pourriture de ce fromage, d’où le titre du livre de Ginzburg, Cette théorie, certes cocasse, avait peu de chance de recueillir l’adhésion des théologiens de l’Inquisition, assez peu enclins à la gaudriole Condamné pour hérésie, le pauvre meunier Menocchio périt sur le bûcher en 1599. Parfois le livre contient des précisions sur son activité de meunier (locataire, il mena deux moulins à la fois, dont un avec un atelier foulon), et son costume de meunier : « veste, manteau et bonnet de laine blanche ». La couverture propose un philosophe passant devant un joli moulin à vent, sur pivot, tout en bois, mais de style plutôt du nord de la France : on distingue sur l’escalier un personnage tout en blanc, sans doute le meunier.

Salon du livre

Nous ne sommes pas des gens assez distingués pour qu’on nous admette au Salon du Livre de Cosne sur Loire, fin mai de chaque année. Cependant, notons que le catalogue de celui de 2018 aura comporté une jolie publicité pour le fameux moulin à papier Richard de Bas, près d’Ambert dans le Puy de Dôme, qui fabrique toujours du papier et se visite.