Les Moulins de Lormes

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A l’occasion du 30ème anniversaire de l’Association qui se déroulera à Lormes le 5 octobre 2019 voici un numéro spécial sur les moulins de Lormes :

Géographie

Carte de Lormes est

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La situation des moulins de Lormes est assez curieuse. La commune étant en haute altitude pour le Morvan, c’est au départ un simple ruisseau qui a assuré leur alimentation en eau. Sur la carte ci-dessous, on le voit partir de droite, complètement à l’est, au-dessus de Sonne. Ce ruisseau emplit l’étang du moulin du Bois (d’où son nom), puis alimente le « foulon » souvent appelé « de l’Etang du Bois ». Ensuite ce ruisseau aboutit à l’étang du Goulot.

Ce très bel étang, célèbre aujourd’hui pour son camping et son ancienne gare du tacot, alimenta ce qui fut à une époque lointaine « le moulin de la Ville », lequel était, selon Billaut, historien de Lormes, sis tout de suite après sa digue. On ne sait pourquoi disparut ce moulin. La deuxième carte met en valeur que deux cours d’eau sortent de l’étang du Goulot :

* L’un continuant sa course plein nord en direction de la ville, allant à un groupe de moulins, le quartier dit de la « rue des moulins », situé à un bon kilomètre de l’étang (souvent ciblé par les éditeurs de cartes postales, voir page 4). Cette rue des moulins est en fait le début des « gorges de Narveau ». Tout au fond à l’issue de ces gorges, débouchant comme dans une sorte depetite plaine, le ruisseau va alimenter le « moulin de la Vallée ».

* L’autre, dit du Bois des Tours, filant sud-ouest, vers un groupe de maisons dit Le Moulinot ; le nom indique qu’il y a dû y avoir ici un petit moulin, sans doute avant 1754 puisqu’il n’est pas sur la carte Cassini. Le nom Le Moulinot figure sur le plan cadastral de 1837 sans indication qu’il y ait alors ni qu’il y ait eu récemment un moulin. Sur place on voit bien l’emplacement de ce qui peut avoir été « le moulinot ». Les deux ruisseaux se réunissent peu après, pour former l’Auxois, qui rejoindra l’Yonne au nord de Corbigny.

Carte de Lormes ouest

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Lormes compta un autre moulin, nettement au nord de la ville, en direction de St- André en Morvand : un des deux qu’alimenta l’étang de Charrière, lequel nait de la rencontre entre deux ruisseaux, puis donne naissance à la Brinjame, affluent de la Cure ; le moulin de Lormes est celui situé rive gauche sous l’étang, le moulin rive droite étant sur la commune d’Empury.

Quelques particularités historiques des moulins de Lormes :

* Billaud écrit qu’en 1177 la maladrerie

fondée par Hugues II de Lormes au nord de la ville fut dotée d’une rente perpétuelle sur « les moulins banaux de la ville ». Cette maladrerie secourait les victimes de diverses maladies comme la lèpre. Lorsqu’elle ferma, l’hôpital de Lormes hérita ces droits. A la Révolution de 1789, ces droits, d’un montant de 144 F, subsistèrent, et en 1834 l’hôpital percevait encore la même somme sur les « anciens moulins banaux de la ville ». Nous n’avons pu établir à quelle date ils cessèrent de lui devoir une redevance.

A partir de 1355, écrit Martine Régnier, historienne de la seigneurie de Château-Chinon, la baronnie de Lormes fut partagée entre elle et le sire de Chalon (semble-t-il sur Saône) ; or Chalon possédait l’étang du Goulot, et les moulins de la rue des Moulins étaient sous l’autorité de Château-Chinon. En cas de litige entre les deux seigneurs, ces moulins pouvaient donc être paralysés par le premier (il lui suffisait de détourner toute l’eau vers le ruisseau du Bois des Tours) ; le problème se posa notamment en 1601, « année de sécheresse » : Chalon fut tenté de réserver le peu d’eau aux terres relevant de son autorité. Par la suite les deux seigneurs vendirent leurs droits respectifs, puisqu’en 1789 seuls furent saisis comme biens nationaux les moulins de Charrière, qui appartenaient à l’abbaye du Val-St- Georges, sise à Pouques-Lormes.

* En 1563, les protestants, qui assiègent Lormes, vident les étangs pour empêcher le fonctionnement des moulins (de Flammare).

Le « moulin de l’Etang du Bois » existait déjà en 1571 : Jean Connétable le tenait par « bail à bourdelage », une forme du servage (document du fonds Morlon de la Médiathèque municipale de Nevers).

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* L’abbé Baudiau, écrit qu’en décembre 1788, il fit un tel froid que l’étang du Goulot gela, contraignant les moulins au chômage ; on chargea rien moins que 30 hommes vigoureux de casser la glace à grands coups de pioche pendant des heures et des heures, avec malheureusement une efficacité relative car elle se ressoudait très vite.

Dans les années 1850, le relevé des patentes industrielles indique à Lormes 7 moulins à eau, chacun à une seule roue :

de meules

. Le Moulin du Bois : une paire

. Le Foulon du Bois : idem . 3 moulins rue des Moulins

3 paires de meules une paire de meules 2 paires de meules

. Celui tenu par Lautier : . Celui tenu par Mattret : . Celui de M. Bonnoron,

. La Vallée : une paire de meules

. Charrières : idem

où le ruisseau coule de gauche à droite, montre que la rue des Moulins en a connu 6, sans compter évidemment l’usine électrique créée en 1898.

* Dans son mémoire de maîtrise sur « Le canton de Lormes au XIXe siècle » (en fait 1840- 1880), Catherine Gavila écrit que Lormes compte à un moment 9 moulins, lesquels emploient au total 18 ouvriers. « Quelquefois les moulins à blé sont employés pour broyer la noix, la noisette et la faîne des hêtres pour en faire de l’huile ».

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Parmi les meuniers de Lormes, on a remarqué un M. Bonnoron : il y eut ici une dynastie de meuniers importante de ce nom, sans doute des lointains cousins de notre ami du moulin du Mont à Ruages. En 1908, deux des exploitants de moulins (donc différents) subsistant sont Jean et Pierre Bonoron, respectivement 49 et 28 ans. En 1938, les deux derniers moulins à blé sont tenus par des Bonoron, Gaston et Edme, mais en fait le second ne travaille plus que pour le bétail.

* Petit article de La Tribune Républicaine, 6 juin 1888 : « Incendie : le temps chaud amène les sinistres. Ainsi, hier, samedi 12 courant, grande alerte à Lormes. Le feu est sur les moulins, au-dessous de Lormes. Le tambour bat. L’un des quatre moulins brûle. On y court. C’était midi. Le moulin Bonoront brûlait ? Non Heureusement, ce n’était qu’une grange et une écurie séparées du corps de bâtiment près de la seconde route de Corbigny. Chevaux et vaches ont pu être sauvés ; un veau seul a été victime du sinistre. Il y a eu une seule victime plus intéressante : un pompier a eu la figure horriblement brûlée… » On remarque que l’article indique 4 moulins en cette rue des Moulins.

* Nous avons récemment évoqué dans notre bulletin le moulin qui resta le dernier en activité à Lormes, à savoir l’huilerie de la famille Joachim, au demeurant la dernière huilerie ayant exercé dans le Morvan.

* Nous venons de trouver deux noms de meunier : le moulin du Bois fut tenu par Jean Painchaud de 1908 à 1926 ; le moulin la Vallée par Claude Jacquet de 1908 à 1917. L’essentiel du matériel intérieur de ce dernier moulin a été donné à l’écomusée du moulin de Maupertuis, à Donzy.

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Cartes postales de «la rue des Moulins»

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Document Moulins du Morvan et de la Nièvre, à l’occasion du trentième anniversaire de l’association, fêté à Lormes le 5 octobre 2019.

Rédaction et photos : Philippe Landry

Numéro spécial de notre revue sur les Moulins à vent de Bourgogne

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Notre assemblée générale 2019 s’est tenue le 23 mars 2019 à St Pierre le Moûtier, célèbre pour son moulin à vent des Éventées. En cette occasion, nous avons publié un numéro spécial de notre revue :  

« Moulins à vent de Bourgogne

St Pierre le Moûtier et ses moulins »

Ce numéro spécial se compose ainsi :

  • les moulins à vent en Bourgogne, avec des documents très peu connus, dont un plan en couleur à notre connaissance inédit des Archives Municipales de Dijon. On remarquera le plan d’un moulin sur pivot.
  • St Pierre le Moûtier et ses moulins; dans ce chapitre sont étudiés les moulins qu’a connus la ville sous toutes les formes possibles, à savoir les moulins à eau, les moulins à vent, les moulins à vapeur et les huileries. Nous avions déjà publié une étude à ce sujet dans notre numéro 75, mais cette nouvelle édition contient des trouvailles ultérieures concernant en particulier les moulins avant 1789, l’incendie d’un moulin à vapeur, et l’huilerie Léveillé.
  • Les moulins à vent marquants de chacun des départements de la Bourgogne :

En Côte d’Or : les deux moulins ouverts à la visite à Montceau-l’Écharnant (dont son plan) et Sorine sur la commune de Santenay, plus quelques mots sur le moulin de Châtellenot (que notre bulletin avait évoqué il y a très longtemps), ainsi que sur les moulins à vent du côté de Saulieu.

Dans la Nièvre : outre les généralités, les moulins de Bouhy, Varzy et Bazoches.

Dans l’Yonne : l’oeuvre de l’association « A Tire d’Aile » dont la restauration du moulin de Migé. Un paragraphe rappelle qu’il y a eu des moulins à vent ) Vézelay et dans les environs.

Ce numéro coûte 10 €. Il est diffusé hors abonnement. Il peut être commandé à Philippe Landry : 6, rue du rivage – 58000 Nevers (03 86 59 49 98). Le chèque doit être établi à l’ordre de l’AMMN – Associaton des Moulins du Morvan et de la Nièvre.

Nouvelles meunières novembre 2018 1ère partie

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Visite du 20 octobre 2018

Notre ami Régis Boutry, adhérent de l’AMN, a installé il y a quelques années deux turbines à son ancien moulin Simonot dans le hameau Simonneau de St-Léger-Vauban. Il vient d’acquérir l’ex-moulin du Greux à Urzy. C’est un grand bâtiment à 4 niveaux, dont il envisage de faire un ensemble de logements. Régis a organisé une pendaison de crémaillère le 20 octobre 2018. Nous étions plusieurs adhérents de Moulins du Morvan et de la Nièvre à y participer. Nous avons pu visiter le site et les anciens locaux. Le précédent propriétaire nous a exposé où étaient les ateliers au temps où le moulin du Greux était une forge hydraulique. Le grand moulin à blé que l’on peut observer ne fut construit qu’à la fin du XIXe siècle : on le reconnaît quelque peu avec ses fenêtres à fronton arrondi et à parement de briques, assez typiques de l’époque. Il reste d’autrefois à l’extérieur quelques vannes sur le bief (la Nièvre est assez loin) ; à ce propos, le bief est très long, au moins 800 mètres. En fait il commence à l’ancienne usine de Demeurs, également un ancien moulin. A l’intérieur sont essentiellement les trois turbines, en enfilade. En haut un reconnaît un ancien blutoir, très long, aménagé dans la charpente elle-même, ce qui fait que lorsque tout le matériel a été dispersé, il n’a pas été démonté. 


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Nouvelles meunières novembre 2018 2ème partie

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Promenade aux moulins de l’Yonne

A propos du neuvième centenaire de l’abbaye de Fontenay, qui m’aura décidément bien occupé l’esprit, Vera m’a proposé de jeter un coup d’œil sur les moulins proches de l’abbaye de Pontigny, dans l’Yonne. Rappel géographique : Pontigny se trouve sur le Serein, rivière née en Morvan tout près de Saulieu ; elle ou ses affluents ont animé nombre de moulins comme ceux de La Roche en Brenil toujours dans le Morvan, celui de Bourbilly au pied du château de ce nom qui appartint à Ste Jeanne de Chantal, plus loin des moulins à Noyers et Montréal ainsi que Chablis, etc… Fondée en 1114, l’abbaye de Pontigny fut considérable et très riche. Les plans montrent que son moulin fut accolé à son enceinte, tout près de son entrée. Il bénéficiait d’un bief lui apportant beaucoup d’eau du Serein. Trois anciens moulins sont aujourd’hui observables à Pontigny, sachant qu’ils ont dû être construits après 1800.

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Nouvelles meunières septembre 2018

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Actualités des énergies renouvelables

EOLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article bien argumenté sur l’éolien

« Cette énergie verte reste toujours peu développée en France 

L’éolien a besoin d’un appel d’air »

L’article constate que l’éolien se développe bien en France, mais à un rythme très insuffisant pour combler le retard par rapport à nos voisins européens. « Le parc éolien terrestre français compte actuellement 6 500 éoliennes et génère une puissance de 13,6 MW (mégawatts) en 2017. » Quant à l’éolien maritime, rien n’est encore construit : six projets importants sont en cours de développement au large de la Bretagne et de la Normandie.

Au total, l’éolien ne produit que 4,5 % de l’électricité. Loin derrière l’Allemagne .

Le Journal du Centre du 24 août 2018 :  Le projet du sud-Morvan arrêté. Nous avions évoqué le projet d’implanter des éoliennes dans le sud-est du Morvan, dans le secteur Luzy-Issy-l’Evêque et Montmort. « Le vent a tourné à Montmort » expose le quotidien, le préfet de Saône et Loire ayant émis un arrêté de refus d’autorisation.

HYDROLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article peu rassurant :

« Naval Energies renonce à investir dans l’hydrolien 

dénonçant un manque de perspectives

Une filière française pleine d’avenir qui prend l’eau »

L’hydrolien, rappelons-le, consiste à lâcher une machine qui capte l’énergie d’un courant sous-marin ou sous-fluvial. L’intérêt est que la turbine n’a pas besoin d’un bief conducteur d’eau artificiel ni d’une « chambre ». Cette technologie paraît plutôt propre et inoffensive pour l’environnement. Le long des côtes normandes on comptait beaucoup dessus, en raison de la force des courants marins :  7 hydroliennes de grand gabarit devaient être déployées dans les environs de Cherbourg, avec l’appui de l’État (qui s’engageait à ce que le prix d’achat du kwatt par EDF demeure attractif). Le ministère de l’environnement met des obstacles. La société Naval Energies semble mettre la clé sous la porte, et entreprend de licencier ses 100 salariés.

HYDRAULIQUE

Le Journal du Centre, 9 septembre 2018 : Toute une page « La Stratégie de Création des Aires Protégées ». Les majuscules sont justifiées parce que désormais il s’agit d’une pratique administrative officielle : la SCAP. Sont visées les « créations » d’espaces protégés, dont les zones marécageuses hébergent des espèces animales ou végétales en danger. Nous sommes tout à fait pour les zones marécageuses… plus particulièrement en amont des seuils que menace la politique de continuité écologique.

Le Journal du Centre, 10 septembre 2018 : «Les barrages hydroélectriques assurent plusieurs missions.  A quoi servent les barrages du Morvan ? »

Toute une page consacrée aux grands barrages du Morvan. Lorsque les articles sont très précis, ils apportent beaucoup. Ainsi énumère-t-on la production d’électricité des plus importants barrages :

Chaumeçon (rivière le Chalaux), barrage à St-Martin du Puy 1,5 mK

Crescent (Chalaux et Cure) et Bois de Cure : 1,5 chacun. Trois grosses turbines eu Bois de Cure.

Malassis (Cure) commune de Domecy sur Cure : production non indiquée

Pannecière (Yonne), commune de Chaumard : idem

La Canche (rivière de ce nom, Roussillon en Morvan) : « produit annuellement de quoi alimenter 1300 habitants ». 

Les généralités sont parfois pertinentes : à l’origine les grands barrages ont été bâtis pour épargner Paris des crues catastrophiques comme celle de 1910 : le Crescent, Chaumeçon, voire Pannecière. Puis ils l’ont été moins pour l’électricité que pour l’alimentation des population en eau, comme le lac de St-Agnan (l’article omet d’évoquer le barrage de Chamboux sur Alligny en Morvan et St-Martin de la Mer). Les barrages permettent d’avoir de bons cours d’eau pour la pêche et les activités sportives telles que le kayak sur la Cure, ou la voile aux Settons. 

Par contre dans les généralités il y a une erreur : les Settons ne produit pas d’électricité (il a été construit pour favoriser le flottage dans les années 1850).

JOURNAUX

LE JOURNAL DU CENTRE

– 29 et 30 juillet 2018, les deux fois hommage à l’activité de Gaëlle Malézieux, qui grâce à de petites meules produit de la farine à son moulin de Mirebeau, commune de Ménestreau dans la vallée du Nohain. Adepte du « circuit court », par lequel le producteur vent au consommateur le plus directement possible, en économisant sur le transport et l’activité d’intermédiaires (ce qui a un intérêt écologique et diminue le prix de vente), Mme Malézieux vend le plus souvent possible directement chez elle, ouvrant son petit moulin à la visite.

31 juillet 2018 : grand article le village de Cessy les Bois, dans la vallée du Nohain et les projets de la municipalité, dont : « la réhabilitation de l’huilerie ». 

Même page en-dessous, à propos du manoir de Chailloy de Suilly la Tour, parfois ouvert à la visite et ce avec un certain succès, quelques données historiques très intéressantes : « les restes des différentes retenues d’eau nécessaires au moulin et aux forges », « le manoir comprenait également un moulin à farine. Il a été créé par la famille du théologien Théodore de Bèze, originaire de Vèzelay, qui s’était investie dans l’industrie métallurgique en Nivernais ». A cet égard, cette famille a possédé le moulin de Chitry les Mines, dans les parages duquel elle a exploité des mines de plomb argentifère, ce qui mène à se demander si le moulin de Chitry n’a pas travaillé l’argent. Les De Bèze étant protestants, leurs biens furent parfois confisqués, dont la forge de Chailloy, dit l’article, celle-ci au profit du duc de Nevers.

3 août 2018 : Dans la page « Estivités », rubrique « Agenda », la visite guidée de ce jour à l’huilerie du moulin de l’Ile de Donzy est joliment annoncée, avec photo couleur de notre ami Frédéric Coudray devant sa grande paire de meules.

15 août 2018 : même page annonce de l’ouverture exceptionnelle du moulin des Eventées, avec magnifique photo en page 2.

16 et 17 août 2018 même page annonce de l’ouverture à la visite des moulins de Moulin-L’Evêque, avec belles photos les 2 fois.

25 août 2018 : A propos de visites guidées organisées à Courcelles, près de Varzy, belle photo du moulin de Chivres, qu’a si joliment restauré notre ami Philippe Gilles. 

8 septembre 2018 : Toute une page en l’honneur de notre amie Françoise Radoux, comme présidente de l’Association des Femmes en Difficulté (AFED), en deuxième lieu animatrice d’une association sénégalaise « Keurn’diambal ». Et puis évocation du fait qu’elle vient d’ouvrir un café « associatif » à La Charité sur Loire, rue de Paris, à côté de l’ancienne église St-Pierre. Françoise trône au centre d’une grande photo au milieu de ses copines de l’Afed.

10 septembre 2018 : Deux pages sur l’inauguration de la nouvelle halle d’Anost (Morvan côté Saône-et-Loire), en bois du Morvan et construite par des entreprises locales.  Le Salon du livre d’Anost vient de s’y tenir : une photo montre notre ami Jean-Claude Néant au milieu des nombreux livres qu’il propose en tant que bouquiniste.

12 septembre 2018 : Grande liste des lieux ouverts à l’occasion des Journées du Patrimoine des15 et 16 septembre ; on y remarque :

– Les moulins de Moulin-l’Evêque classés à Cosne sur Loire ;

– Le jardin de Forgeneuve à Coulanges ;

– Le moulin de Maupertuis et  l’huilerie du Moulin de l’Ile à Donzy

– A Guérigny le Musée Forges et Marines, dont certaines salles proposent en permanence des documents qui peuvent être regardés comme relatifs aux moulins (maquette d’un martinet de forge, lequel ressemblait au marteau des foulons ; carte des anciennes forges hydrauliques du Nivernais, etc.). Dans la cour l’ancienne roue est toujours admirable.

– A Nannay le moulin Janlard ;

– A Raveau la forge de la Vache

– A Sémelay le château de la Bussière (le texte ne le dit pas, mais à l’arrière du château, dans le jardin, demeure une paire de meules à huile récupérée un jour dans un moulin disparu de la commune, et qui faisait partie des domaines liés au château.

–  A Varzy l’ancienne huilerie.

Curieusement a échappé à la liste un moulin toutefois évoqué dans le même numéro, mais page suivante : le moulin de la Presle à Planchez ; placé » dans le balcon de la page, tout en haut à droite, un texte intéressant précise qu’on y fera le dimanche après-midi de la farine de sarrasin sous la direction de Chantal Martin (la fille de notre amie Monique ; Chantal a donné son prénom à la roue lorsqu’elle a été refaite il y a une trentaine d’années).

JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE

 3 août 2018 :une écrivaine tient une rubrique de légendes locales, qui couvre toute une bonne page avec illustration. Elle évoque l’assassinat du meunier du moulin du Rêve à Dun les Places, empoisonné par sa femme. J’ai été le premier à évoquer cette affaire dans « Les moulins racontent le Morvan », puis nous l’avons précisée dans un bulletin. Je n’ai rien contre le fait que d’autres auteurs le reprennent, mais ils seraient bien sympathiques de citer leurs sources.

REVUES

LE REGIONAL DE COSNE ET DES PAYS CHARITOIS

12 septembre 2018 :programme des Journées du Patrimoine. Même que dans le Journal du Centre, avec en plus le moulin Blot à Bouhy et l’huilerie Brossard à Raveau.

LA LOIRE ET SES TERROIRS , N° 101 – JUILLET 2018

 Le fameux numéro avec plus de 30 pages sur les carrières de meules de la vallée de la Loire, dont celles le long de l’Arroux,comme indiqué dans nos Nouvelles meunières précédentes. J’ai commandé le numéro en envoyant un chèque de 15 euro, mais Philippe Auclerc, directeur et principal rédacteur, a choisi de me le livrer gratuitement en remerciement des renseignements et photos que je lui avais fournis. Je tiens donc ledit numéro à la disposition de nos adhérents. 

Cela dit, le numéro comporte d’autres articles, dont l’un relatif à la continuité écologique, l’autre aux zones humides. A propos de la continuité écologique, l’auteur semble hostile aux barrages et aux seuils qui subsistent, même lorsqu’ils sont susceptibles de produire de l’électricité. Il énumère différents barrages dont l’administration et des groupes écologistes proposent la disparition, non sans évoquer la résistance que leurs projets provoquent. L’article sur les zones humides est intéressant, mais il oublie de rappeler qu’en effaçant les seuils et barrages, on efface les zones humides qui les précèdent.

BOURGOGNE MAGAZINE – JUILLET 2018

Grande série d’articles intitulée « Moulins éternels », de la page 30 à la 65.

– une introduction pages 30 et 31 avec une magnifique photo du moulin à vent de Montceau-et-Echarnant, en Côte-d’Or.

– Page 32 : « 10 siècles d’entraînement » : généralités sur les moulins de Bourgogne, avec quelques détails sur certains, carte postale du moulin du Saut de Gouloux et du fameux  moulin à vent de Romanèche-Thorins, en Saône et Loire, célèbre pour son vin dit « moulin à vent », photo du moulin de Guédelon.

– Page 36 : les ailes du désir. Liste des moulins à vent ouvert à la visite : donc Romanèche-Thorins, Blot et les Eventées dans la Nièvre, Sorine et Montceau en Côte-d’Or, Migé dans l’Yonne.

– Page 38 : reportage sur le moulin à vent de Montceau-et-Echarnant (assez facile d’accès depuis la Nièvre car situé à 20 km à l’ouest de Beaune). Nous avions consacré plusieurs pages à ce moulin dans notre bulletin lorsque sa restauration a été achevée.

– Page 44 : reportage sur les Boisnard, « artisans meuniers-boulangers » au moulin de Seignelay, dans le département de l’Yonne, qui utilise les eaux du Serein.

– Page 48 : « Huiles pressées à la force du Nohain », reportage sur notre bien connu moulin de l’Ile à Donzy, avec photos de notre ami Frédéric Coudray (le photographe réussit une photo géniale avec Frédéric face à un cygne). Un encadré évoque l’écomusée du moulin de Maupertuis.

– Page 52 : « Montjeu et le ru de la Toison » : grand article sur le moulin du Petit-Montjeu, à Autun, et l’action qu’y mène notre amie Marie Marin (elle aussi bénéficie de beaux portraits). Son action comme présidente des moulins de Saône et Loire est également évoquée, dont sa lutte pour sauver le moulin de Conche, à Dyo, contre l’application de la loi de continuité écologique.

– Page 56 : « Au fil des pales bressanes », grand article sur les moulins de Bresse, dont ceux rendus à la visite sous l’égide de l’Ecomusée Pierre de Bresse, à Montjay (moulin à eau), le Moulin de la Croix également à eau connu pour ses « gaudes » (gâteaux à base de farine de maïs moulue en moulin) et Sacy (meules à huile).

– Page 62 et  64 : liste de moulins pouvant héberger du public ou lui servir des repas, dont dans la Nièvre Janlard et le moulin de Bousset à Chiddes, et près d’Avallon les moulins des Templiers et des Ruats.

– Page 64 : liste (trop brève) d’ouvrages sur les moulins.

Le très bon texte, d’Eric Perruchot, ne m’inspire que peu de réserves : par exemple il ne me paraît pas tout à fait exact d’écrire « Les moulins n’ont guère évolué de l’époque médiévale à l’orée du XXe siècle » : l’invention du blutoir au XVIe siècle, les perfectionnements apportés aux meules et l’invention des moulins-beffrois à plusieurs étages avec élévateurs au XVIIIe, de la turbine en 1825 et même période de la potence à soulever les meules ainsi que l’emploi de plus en plus fréquent de la machine à vapeur  me paraissent des jalons non négligeables. Enfin vers 1900 ce n’est pas la turbine qui a révolutionné les moulins mais l’arrivée des cylindres. D’autre part à propos de la meule trouvée par l’excellent chercheur Louis Bonnamour dans la Saône du côté de Chalon, datée semble-t-il du IIIe siècle. D’aucuns émettent que les ruines d’embarcation au sein desquelles elle a été trouvée seraient celles d’un moulin-bateau, théorie qu’adopte Perruchot. Louis Bonnamour est très prudent là-dessus. En effet, en principe, le moulin-bateau a été inventé lors du siège de Rome par des barbares en 635, donc 4 siècles après. La meule pourrait se trouver sur ce bateau parce qu’elle y était transportée, ce qui me paraît plus probable.

Très belles photos de Michel Joly et Jean-Luc Petit.

LE CANARD ENCHAÎNE – 5 SEPTEMBRE 2018

L’article « Pain bénit pour la santé » sur le pain de mie brioché, qui peut désormais être remboursé tout ou partie par la Sécurité Sociale, se montre plus que critique : « Question santé, l’industrie de la meunerie nous roule dans la farine. » A cause du taux de sel qu’on ajoute dans le pain. Il s’en prend sans la nommer à une « grosse coopérative meunière de Bourgogne et son partenaire industriel spécialisé dans les « solutions de panification ». Mais la suite de l’article met en valeur la responsabilité de la boulangerie plus que de la meunerie. Sauf à la fin : « Les toubibs s’inquiètent aussi de l’usage immodéré des farines ultra-raffinées, plus faciles à travailler. Plus le degré de raffinement est élevé, moins la pâte contient de minéraux, de vitamines et de fibres, avec, à l’inverse, une charge en sucre qui grimpe. » 

Le fond de la critique est sans doute fondé. Mais ce qui est épatant c’est comme on voit ressurgir un vieux débat, remontant au XVIIe siècle, après que l’invention du blutage a permis d’ôter de plus en plus de son à la farine, pour arriver qu’elle n’en ait pratiquement plus. Les meilleurs moulins se sont mis à fabriquer une farine très pure destinée aux boulangers et pâtissiers vendant du pain et des gâteaux à la noblesse et à la bourgeoisie  des villes; mais le peuple des travailleurs (paysans, ouvriers, artisans) a préféré une farine moins pure car plus nourrissante, ce pourquoi des moulins ont continué à ne pas bluter, ou à peu bluter. Seulement le moulin blutant beaucoup livrait une farine plus chère, donc plus profitable au fabricant (d‘où l’éclosion des moulins « de commerce »). Cela a généré de vives polémiques entre économistes, un homme comme Parmentier proposant de rechercher un moyen terme entre les deux méthodes. 

Télévision  – France 5

Dimanche 29 JUILLET 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : l’ANJOU

Une séquence sur le moulin de Sarré. Jolie roue à augets en bois, paire de meules sous une archure en bois bien ronde, trémie trapézoïdale. Le meunier, très sympathique, utilise sa farine pour faire de petits gâteaux qui ont l’air bien légers. Un court plan laisse apercevoir un moulin à plusieurs niveaux, dont nous ne sauront rien d’autre. C’est le défaut de cette émission : chacune de ses séquences est brève, rapide, superficielle, on reste toujours sur sa faim (même quand il est question de gâteaux).

Dimanche 5 août 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : la VENDEE

Joli reportage sur le fameux moulin à vent des Alouettes. En 1793 il y avait là 8 moulins à vent, dont 2 ne moulaient plus, paraît-il : ils ne servaient qu’à donner des indications aux Vendéens en guerre contre la République par le positionnement de leurs ailes. Aujourd’hui plusieurs moulins ont encore des ailes, dont le principal, ouvert à la visite, continue de moudre un peu.  Son meunier Loïc Langlet l’a fait visiter ; il rapporte qu’il aurait existé dès le XIIe siècle. Le reportage a montré les meules en action (meules en silex provenant de La Ferté sous Jouarre), et le blutoir : le meunier a montré les différentes qualités de farine que livre ce blutoir, premier casier une farine encore chargée de son, plutôt de couleur beige, à la fin une farine très fine, très blanche, dépourvue de son.

Mardi 28 août 2018

 « Sale temps pour la planète », de Morad Aït-Hebbouche . En fait c’est un documentaire sur la Bretagne, notamment l’archipel d’Ouessant. Pour l’instant, toute l’électricité est fournie par des moteurs au fuel (!). Les habitants commencent à s’équiper en appareils d’énergie renouvelable : éolienne, panneaux solaires, et surtout une première hydrolienne plongée à 55 m de fond. Elle devrait avoir bientôt quelques petites sœurs : on parle de… 200 ! Un peu de calme peut être utile avant de déboucher sur quelque tempête.

EXPOSITIONS

René Barle a, comme annoncé, pendant trois semaines d’août, présenté au Centre Condorcet de Château-Chinon une quarantaine de tableaux, dont le moulin de Donzy et sa vision de la scène de Don Quichotte abordant les moulins à vent. Il a reçu beaucoup de visiteurs et vendu plusieurs tableaux.

Dijon : exposition tout l’été aux Archives Départementales sur les anciennes industries de Côte-d’Or. Peu de choses sur les moulins. Dans une affiche appelant à l’effort de toute la population pendant la guerre de 1914-18, on remarque en petit au second plan à gauche un modeste moulin à roue. En 1936, sous prétexte de « Défense Nationale  pendant le temps de paix», la Préfecture pousse les entreprises à embaucher des « indicateurs », autrement dit des gars chargés d’espionner les collègues. Or en 1936, on devine qu’ils sont surtout engagés pour surveiller les syndicalistes. « M. le Directeur des Grandes Minoteries Dijonnaises a accepté d’embaucher un indicateur dès qu’il aura été recruté ». En 1940, au début du pouvoir Pétain, sont particulièrement surveillés comme « appartenant à des juifs » :  « Les Tanneries de Saulieu » et les Etablissements Lhuillier de Dijon, qui fabriquent du matériel pour les moulins.

Au Musée des Beaux-Arts de Dijon, j’ai scruté les tableaux où on peut apercevoir un moulin. C’est plutôt rare.

Archives départementales de la Nièvre : exposition sur la Route Nationale 7 (qui fut royale puis impériale). Une carte tracée sous les ordres de l’ingénieur Trudaine entre 1745 et 1780 montre la route dans la traversée du Nivernais, dont incidemment le moulin des Granges à Magny (la fusion de la paroisse avec Cours donnera plus tard Magny-Cours). A ce propos, dans la salle d’étude, une grande carte cadastrale montre les deux moulins de Magny-Cours vers 1840, Les Granges et le Maraut.

« Le mois de l’architecture », en Bourgogne et Franche-Comté, du 15 septembre au 21 octobre 2018 . Brochure intéressante. Rien directement sur les moulins, hélas, mais par exemple une exposition présentée successivement dans plusieurs villes, « Eco-Logis », susceptible d’intéresser nos adhérent qui veulent améliorer leur habitation. Le programme est disponible sur www.mois-architecture.fr. 

CONCERT

Au festival de musique classique de Chagny (ville de Saône et Loire à mi-chemin entre Beaune et Chalon sur Saône), le jeune pianiste Olivier Moulin (absolument) a donné, le 23 août 2018, un excellent concert d’œuvres de Claude Debussy, dont on célèbre le centenaire de la mort. J’espérais trouver parmi les sponsors du festival la minoterie Joseph Nicot, sise à Chagny, une des plus grandes de France (c’est elle qui a créé le réseau de boulangerie « Banette » pour mieux diffuser sa farine). Mais non : la maison n’a pas l’air mélomane.

En tout cas on ne peut évoquer Chagny sans penser aux moulins. La petite ville est connue pour sa belle roue qui demeure d’un ancien « moulin du Pont », qu’on voit d’ailleurs sur les cartes postales modernes. 

Quant à la minoterie Joseph Nicot : que je conte ici un souvenir qui ravira notre amie Monique Martin, du moulin de La Presle à Planchez.

Donc un jour, feu notre ami Albert Martin faisait visiter son petit moulin de La Presle à plusieurs touristes, notamment la modeste paire de meules sous son archure. Un visiteur se montra très intéressé, et finit par se présenter : « Joseph Nicot, je suis le patron du grand moulin de Chagny ». Et il invita Monique et Albert à venir visiter ce dernier. Ravis, nos amis y allèrent.

Ils ne crurent pas leurs yeux de tout ce qu’ils virent là-bas. Des machines extraordinaires, des grands tuyaux, de l’électronique en veux-tu en voilà ! Formidable.

Et quelques jours plus tard, Albert me fit cette confidence : « Je ne savais plus ce que le mot « moulin » voulait dire ».

Le « petit » moulin de Chagny

Informations diverses

– Les fêtes du neuvième centenaire de l’abbaye de Fontenay (qui notamment à la Révolution de 1789 devint un moulin à papier) : le 30 septembre, le Comité Départemental de la Randonnée de Côte-d’Or y organise sa fête annuelle. Plusieurs circuits seront possibles, de 6 ou 12 km, ou plus. C’est l’occasion de mettre en valeur une variante méconnue du chemin de St-Jacques de Compostelle, dont le segment Fontenay-Vèzelay passant par Buffon et Avallon. Ce segment de 83 km peut se faire en 4 ou 5 jours. Le 30 septembre, les participants pourront visiter l’abbaye, donc photographier la toute nouvelle roue hydraulique, avec une réduction de 40 %.

– A propos des moulins du département du Cher :

. Dans le catalogue « Rendez-vous Pays Loire Val d’Aubois » (relatif aux festivités estivales autour de La Guerche sur l’Aubois, le canton du Cher limitrophe de la Nièvre), notons le 1erseptembre  la « Fête du moulin à Ourouër-les-Bourdelins, le Moulin Avant ».

. Je ne sais plus comment m’est échu un document publicitaire du fameux hôtel-restaurant du Cher : « Le Moulin de Chameron », 18210 Bannegon. Le bâtiment du moulin est remarquablement conservé. Particularité : on peut y accéder… en hélicoptère ! Pour ceux de nos adhérents ainsi noblement équipés, voici le site : www.moulindechameron.com

– On m’informe d’une curiosité en Lozère. Au-delà de 1200 mètres y poussent deux sortes de gentiane, l’une célèbre pour ses qualités alimentaires (elle entre dans la fabrication des liqueurs de montagne, dont la verveine du Velay), et l’autre toxique. Pour chasser les rats de leurs greniers à blé et à farine, les meuniers des Cévennes disposaient de cette gentiane toxique autour de leurs sacs.

– Passant à la Bibliothèque municipale de Dijon, j’ai récupéré un dépliant à l’origine conçu par la Bibliothèque Nationale de France  : « Consultez les Archives de l’internet de la BNF ». Ce document est complété par la Bibliothèque Patrimoniale et d’Etudes de Dijon, (nouveau nom de la Bibliothèque Municipale), 3 rue de l’Ecole de Droit, qui précise que son site est aisément consultable : bmdijon@ville-dijon.fr.

A propos, certains documents des Archives Départementales de la Nièvre sont tout ou partie disponibles par internet en faisant cg58archivesdépartementales :

. les plans cadastraux ;

. l’état civil ;

. les recensements.

Je suis allé chercher le recensement de Varzy, pour y chercher les meuniers. Il n’y avait que 1896, et encore trop petit, voire flou, en tout état de cause me paraissant inexploitable (mais d’autres ayant une meilleure vue que moi y trouveront leur bonheur).

– Carte postale trouvée à une brocante (et payée 0,50 euro) : « Pompei – Mulini e forno ». Il s’agit de meules romaines demeurées sous les cendres volcaniques qui ont fait périr Pompéi. Chez les Romains le boulanger était aussi meunier : c’est lui qui pulvérisait le grain de blé avant de faire le pain. Voici donc ce qui reste de l’atelier d’un gros boulanger de Pompéi. Chaque installation est sur un piédestal. Au-dessus est la meule qui paraît ronde, la mela (qui a donné le mot « meule » et donc « moulin »). Au-dessus est la meule en forme de sablier, dite « catillus ». Deux esclaves (ou des prisonniers, ou des ânes) la faisaient tourner à l’aide d’un bâton qui la traversait (ce pourquoi on aperçoit des trous). Ce qu’on ne voit pas est que la mela n’était pas seulement la base ronde qu’on aperçoit : elle montait en forme de cône  pour entrer dans le catillus. On lançait le grain en haut du catillus, il était broyé au fur et à mesure qu’il descendait. Mais pour les êtres appelés à faire tourner le catillus, qui était très lourd, c’était un calvaire horrible.

NOTES DE LECTURE

On trouve cela dans « La cousine Bette », roman d’Honoré de Balzac paru en 1846, à propos d’un personnage peu flatté bien installé dans la vie comme commerçant au détail : 

« Crevel avait fait un mariage d’argent en épousant la fille d’un meunier de la Brie, fille unique d’ailleurs et dont les héritages entraient pour les trois quarts dans sa fortune, car les détaillants s’enrichissent, la plupart du temps, moins par les affaires que par l’alliance de la Boutique et de l’Economie rurale. Un grand nombre des fermiers, des meuniers, des nourrisseurs, des cultivateurs aux environs de Paris rêvent pour leur filles les gloires du comptoir, et voient dans un détaillant… un gendre beaucoup plus selon leur cœur qu’un notaire ou qu’un avoué dont l’élévation sociale les inquiète ; ils ont peur d’être méprisés plus tard par ces sommités de la Bourgeoisie. »

Quant à Madame la fille du meunier de la Brie, Balzac lui taille un costard qui l’habille pour l’hiver :

« Mme Crevel, femme assez laide, très vulgaire et sotte, morte à temps, n’avait pas donné d’autres plaisirs à son mari que ceux de la paternité. »

Rédaction Philippe Landry

Nouvelles meunières – Juillet 2018

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Actualité des énergies renouvelables

Renaissance de l’énergie hydraulique au moulin de Suillyzeau, à Suilly la Tour

Notre ami François Barboux a réinstallé une turbine qui va lui permettre de chauffer les bâtiments qu’occupe sa maison d’édition, Findakly. Nous en reparlerons dans le bulletin. L’inauguration a eu lieu à l’occasion de la fête des moulins et du patrimoine le 16 juin, et elle a été célébrée par de très bons articles dans Le Journal du Centre du 24 juin, et surtout dans Le Régional de Cosne et du Pays charitois (toute une page) le 27 juin. Les principaux éléments de l’histoire du moulin y sont racontés tels que retrouvés par notre ami. Le moulin de Suillyzeau est mû par un bief de l’Acotin, un affluent du Nohain.

Le 6 juillet Le Journal du Centre: annonce l’assemblée générale des Amis du moulin de Suilyzeau, qui se tiendra le samedi 7 juillet. De brefs comptes rendus paraitront les jours suivants dans le quotidien et dans le Régional.

Le Journal du Centre

23 juin : Double page sur l’histoire et surtout le potentiel hydroélectrique de la Nièvre.Francis y est interviewé dans un article soulignant que « 50 à 100 moulins pourraient se lancer dans cette production à leur tour ». Notre ami David Charoud est photographié dans l’article le plus grand, celui intitulé « Bientôt une petite centrale à Mhère », puisqu’il compte produire de l’électricité à l’ancien moulin de Chassy, limitrophe avec Montreuillon, dans le Morvan, mû par l’Yonne. Le dernier article expose combien les dossiers sont « longs à aboutir ».

27 juin : article relatif à la « transition énergétique », et aux débats qu’elle suscite en Bourgogne-Franche Comté, les autorités régionales ayant au moins un programme à ce sujet. Mais que de freins ! L’article énonce en début ce constat : « Malgré les initiatives locales pour, notamment, développer la production d’énergies renouvelables, la France n’atteindra pas les objectifs qu’elle s’était fixés dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique ».

 30 juin : 

– Importante réunion à Cercy la Tour à propos du projet éolien dans le sud de la Nièvre, et qui devait déborder quelque peu en Saône-et-Loire ; il semble pour le moins suspendu.

 « Le réseau de chaleur de Nevers Agglomération s’étend » : il produit de la chaleur à partir de la biomasse au profit de nombreux bâtiments, surtout publics.

– Edf a beaucoup investi dans l’éolien en Grande-Bretagne, mais il est en train de vendre la moitié de son capital là-bas, soit 24 parcs d’une capacité de 550 mégawatts.

5 juillet : La société Extrawind Gmbh sollicite l’avis du conseil municipal de Beaumont la Ferrière (canton de La Charité) pour implanter une ou des éoliennes. La procédure de consultation commence.

23 juillet : Projet éolien d’Entrains sur Nohain. L’association Aquilon, regroupant des habitants de La Chapelle St-André s’y oppose. Elle fait valoir que le site choisi est « classé en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 ». En particulier « des dizaines de milliers de grues cendrées passent par ces hameaux deux fois par an. Les éoliennes, d’une hauteur de 180 m, pourraient perturber le vol de ces oiseaux. »

Le Monde

13 juillet : « L’usine GE d’éoliennes offshore s’impatiente ».

L’exploitant a ouvert cette usine exprès pour la construction d’éoliennes en mer le long des côtes françaises, en particulier en Bretagne au sens large. C’est pourquoi elle se trouve à Montoir de Bretagne, en Loire-Atlantique. Le problème vient de l’attitude ambiguë de l’État : tantôt il s’affiche pour le développement des énergies renouvelables (pour faire des économies d’énergie et pour lutter contre le réchauffement climatique), tantôt il multiplie les entraves pour toutes sortes de raisons toutes plus équivoques les unes que les autres. « Une filière ralentie par un imbroglio juridique » précise un titre de paragraphe. En attendant, toute prête à fabriquer qu’elle soit, la dite usine ronronne.

Télévision

 « En quête d’énergies durables » : sur LCP (la chaîne parlementaire), le vendredi 22 juin à 20 heures 30. il y a été notamment question de l’énergie hydraulique.

Journaux

Le Journal du Centre

17 et 24 juin, 1er juillet : suite des grandes pages consacrées à l’usine de caoutchouc Fougerat, de Neuvy sur Loire. Il est mis en exergue qu’elle fit travailler jusqu’à 180 personnes.

18 juin : Court article sur les Journées du Patrimoine qui viennent de se tenir, en grande partie grâce à notre aiguillon ; sont évoquées les ouvertures du château de Villars, et à St-Pierre le Moûtier de l’huilerie et du moulin des Eventées, le tout avec 4 photos.

20 juin : L’Espace Bernadette m’ayant invité à faire une vente dédicace de mes livres sur les moulins en son magasin, j’y ai tenu un petit stand le vendredi 15 juin, veille des journées des moulins et du Patrimoine. En effet, ste Bernadette Soubirous était fille de meunier et née dans un moulin. Son père était pauvre et pas très heureux dans son travail, se faisant embaucher comme meunier ici ou là, dans ce coin des Pyrénées particulièrement peu fortuné. Il perdit un œil en « rhabillant » une meule, un éclat de silex le lui ayant touché.

3 juillet : Une animation au moulin de Janlard à Nannay, ce sera le jeudi 5 juillet, la comédienne Catherine Sauval lira des textes de Colette.

9 juillet : Notre amie Françoise Radoux ouvre son « café associatif » 4 rue de Paris, à La Charité sur Loire. Françoise en place l’animation sous l’égide de l’association Fadidi, ce qui veut dire « Bienvenue » au Sénégal. L’adhésion, obligatoire pour consommer, coûte 3 euro par personne ou 5 euro par couple. Il sera ouvert tous les jours de l’été.

16 juillet : dans la grande page « Les coups de cœur de l’été », on remarque une belle photo de la meule à huile du moulin de l’Ile, à Donzy. Curieusement, la moitié droite de la même photo est reproduite plus loin dans « Agenda ». Nouvel article, d’une demi-page cette fois, avec magnifique photo de notre ami Frédéric Coudray devant  sa meule, le 20 juillet.

17 juillet : on reste à Donzy, avec un assez grand article « Les animations ne manquent pas au moulin de Maupertuis ». La photo représente le bâtiment, lui donnant un aspect de grande bâtisse, la roue étant dans l’ombre. 

Revues

La Nièvre en été

 Catalogue des divertissements qu’on nous propose pendant l’été dans la Nièvre. Sont signalées les ouvertures de : 

⁃ Moulin Mirebeau à Menestreau, le 30 juillet et le 27 août

⁃ Montigny en Morvan : visite du barrage de Pannecière les 13, 20 et 27 juillet, et les 3, 10, 17, 24 et     31 août.

⁃ Crux la Ville moulin d’Aron le 19 juillet et le 23 août

⁃ Moulin-l’Evêque à St-Père le 17 août

⁃ Moulin des Eventées 5 septembre (visite guidée)

⁃ Forges de la Vache à Raveau, stage de peinture le 28 août

⁃ Château-Chinon : exposition de JL Faivre et de Jocelyne Martin (propriétaires du moulin de Jarle à Alligny en Morvan, qu’ils ont doté d’une jolie roue) : à la bibliothèque, du 18 au 29 septembre.

⁃ Clamecy, au musée : «Splendeurs et misères du flottage au XXe siècle », où sera sûrement commentée la grande carte de l’Yonne montrant les moulins.

Comme Francis l’a très souvent déploré, y compris auprès du Journal du Centre, éditeur de la revue, les ouvertures fréquentes ou permanentes, telles celle de l’Ecomusée du Moulin de Maupertuis, ne sont pas rappelées.

La Loire et ses terroirs, juillet 2018

Deux articles d’un total de 27 pages, très intéressants, sur les anciennes carrières de meules dans la vallée de la Loire affluents compris . Nous avons été consultés, grâce à quoi sont citées la carrière de meules de La Fermeté près d’Imphy, celle de Blanzy que nous avions visitée à l’invitation de nos amis de Saône-et-Loire, et celle de la Pierre Guénachère près d’Autun (l’Arroux étant un affluent de la Loire). Une des photos de la carrière de Blanzy est d’ailleurs de nous (l’indication en est oubliée, mais vu la qualité des recherches menées par l’auteur des articles, on ne peut lui en vouloir). Comme ce numéro est d’une épaisseur exceptionnelle, il coûte 15 euro. Le commander à La Loire et ses Terroirs, La Batellerie, 37 rue du Cas Rouge, 45 800 Combleux, tel 02 38 55 02 23, magazine@loire-et-terroirs,fr http://www. loire-et-terroirs,fr.

Vents du Morvan, été 2018, n° 67

– Deux fort belles pages consacrées à l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy, dont une magnifique photo de la meule avec l’huilier s’occupant de la pâte.

– Notice critique sur le livre « Les Sycophantes », de Pauline Baroiller, aux Editions de La Casine. Il y est question de la « sérénité d’une vallée morvandelle avec son moulin ». Nous y reviendrons dès que l’un de nos adhérents aura lu ce roman.

Mamie Pétille, juillet-août 2018

Grand article de deux pages avec photos sur l’Ecomusée du moulin de Maupertuis à Donzy, avec un encadré relatif à l’histoire des moulins du Nohain, notamment ceux de Donzy.

Au fil de l’Yonne (revue du département de l’Yonne), juin 2018

Court article sur une immense minoterie, Les Moulins Dumée, situés à Gron. La société concentre là toutes ses capacités de production (elle a fermé voici quelques mois le fameux grand moulin du Batardeau à Auxerre). Cela lui permet de porter sa production à 100 000 tonnes de blé transformé, pour un chiffre d’affaires de 32 millions d’euro, avec une progression de 10 % en 2017. Elle se classe parmi les 10 plus importantes minoteries de France.

Le Monde des Moulins de juillet 2018, n° 65, contient entre autres les articles suivants :

– Deux relatifs à la transplantation d’une éolienne ancienne au parc du Moulin à Tan, de Sens. Elle figure d’ailleurs en couverture du numéro. Il s’agit d’une machine de la fameuse marque Bollée. Elle se trouvait à Villevallier dans l’Yonne. L’article en propose une carte postale de 1905. Elle mesure 20 mètres de haut et pèse 10 tonnes, dont 3 pour le seul moteur. Les photos montrant le montage à Sens sont édifiantes, en particulier celles où des personnages posent devant le rotor. L’éolienne arriva en 1894 à Villevallier pour faciliter alimentation en eau. L’inauguration à Sens a eu lieu le 23 mai 2018. L’article relate l’histoire des éoliennes Bollée, dont le créateur, Ernest-Sylvain Bollée, installa son usine, qui allait être très importante, dans la Sarthe en 1837-38.

– Mon assez long article sur la banalité, cette fois au niveau de tout le royaume, que j’ai rédigé à partir de quelques volumes de l’encyclopédie « La Maison rustique », dont celui de 1768. Cette encyclopédie paraissant sous forme de revue avait été créée par un certain Liger, natif de l’Auxerrois. Comme illustrations, notons des cartes postales anciennes, ainsi que trois photos du moulin de Surgy dans son état au moment où la commune l’a acheté (son aspect ancien rappelle que, appartenant à l’abbaye de Basseville, ce fut un moulin banal).

– Dans la rubrique « Dormons et séjournons dans un moulin » figure toujours, maintenant depuis plusieurs années, la publicité pour le Moulin de Coudre, à Venoy dans l’Yonne.

Ce numéro coûte 4 euro. Je m’apprête à en commander quelques exemplaires ; les personnes intéressées peuvent me l’indiquer au 03 86 59 49 98.

Dossiers d’Archéologie juillet-août 2018

Numéro consacré presque entièrement au Mont-St-Michel. Un très beau document en couleurs des années 1870-80 montre le petit moulin à vent qui avait été édifié sur une tour vers 1835. Les ailes étaient portées par un petit rajout à toit pointu qui n’existe plus aujourd’hui.

Télévision

 23 juin, sur Arte : Le moulin de Marie-Antoinette à Versailles vu dans un documentaire qui est consacré à son œuvre, notamment la création du hameau paysan à côté de son pavillon du Trianon. Le moulin a une jolie roue à aubes… mais il n’a jamais fonctionné.

Opéra

Dans l’opéra du compositeur tchèque Léos Janacek « Genufa » , le premier acte se passe dans la cour d’un moulin. La musique suggère d’ailleurs à plusieurs reprises le mouvement de la roue. Cette œuvre sera donnée les 26, 28 et 30 octobre 2018 à l’opéra de Dijon. 

Expositions

– René Barle nous remercie : René Barle est le peintre dont nous avons évoqué dans « Nouvelles meunières » le magnifique tableau montrant Don Quichotte lorsqu’il arrive devant les moulins à vent qu’il va prendre pour des géants ennemis. A l’occasion d’une exposition à Nevers, où il présentait entre autres le même tableau, le samedi 21 juillet, il nous a remerciés : c’est qu’il était tombé sur nos Nouvelles meunières , qui lui ont fait grand plaisir. Ce samedi 21, il présentait aussi un autre beau tableau de moulin : celui de l’ancien foulon de la Bertine à Donzy. René Barle exposera au mois d’août au Centre Condorcet de Château-Chinon (l’immeuble contenant la bibliothèque municipale) ; vernissage le samedi 4 août tout l’après-midi.

– Oscar Gauthier a bénéficié en ce printemps 2018 de deux expositions simultanées à Nevers, l’une au Musée de la Faïence (dont le titre gagnerait à préciser qu’il a des salles de beaux-arts), et l’autre au palais ducal. Né à Fours en 1921, Oscar était fils de Marthe Gauthier, l’historienne de ce secteur de la Nièvre et de la Saône-et-Loire (« Au carrefour des Trois Provinces »), elle-même fille du dernier meunier de la grande dynastie des Chaussin, que nous avons évoquée dans un bulletin. Oscar n’est connu que pour des tableaux de style abstrait (à part un, de jeunesse, montrant un cirque stationnant à Fours). Mort discrètement à Fours en 2007, il demeure « très coté » m’a dit un ami qui suit la vie de la peinture. Des tableaux en tout cas plutôt beaux. Accessoirement, Oscar a fait partie du maquis Louis, qui lutta dans le sud du Morvan et de la Nièvre, dont on visite les vestiges du camp principal aux Fréchots, sur Larochemillay.

– Au cours d’une exposition de peintres amateurs au Pac des Ouches (les caves du palais ducal), j’ai remarqué une belle vue de l’île de Santorin, en Grèce, avec un magnifique moulin à vent à 8 ailes.

Livre

Encore « Le fromage et les vers », de Carlo Ginzburg, traduction Monique Aymard, éditions Aubier. 

Poursuivant la lecture de ce livre assez copieux, donc essentiellement consacré au meunier Menocchio, j’ai découvert un autre meunier italien qui au même siècle s’attira des foudres de l’Eglise, Pellegrino Baroni, dit Pighino le Gras, de la région de Bologne. Contrairement à Menocchio, il échappa au bûcher. Mais le plus important est cette observation de Ginzburg :

« Dans l’Europe préindustrielle, le faible développement des communications faisait que les plus petits des centres habités avaient au moins un moulin à eau ou à vent. Le métier de meunier était donc des plus répandus. La présence massive des meuniers dans les sectes hérétiques du Moyen Age, et plus encore parmi les anabaptistes, n’a donc rien de surprenant. Pourtant quand, au milieu du XVIe siècle, un poète satirique comme Andrea de Bergame, déjà cité, affirmait qu’« un vrai meunier est à moitié luthérien », il semblait faire allusion à un lien plus spécifique… L’hostilité séculaire entre les paysans et les meuniers avaient consolidé une image du meunier malin, voleur, filou, destiné par définition aux peines infernales…  « Je suis allé en enfer et j’ai vu l’Antéchrist, dit un chant populaire toscan,

« Et par la barbe il tenait un meunier

Regarde bien qui a les mains grippeuses,

C’est le meunier à la blanche farine ;

Et de la quarte il s’en va au boisseau ;

Le plus voleur de tous, c’est le meunier. »

Notes de lecture : Don Quichotte, de Miguel de Cervantes (ici étudié dans l’édition de la collection Points, au Seuil, en 2001, traduction  Aline Schulman)

Un film récent, évoqué dans nos Nouvelles meunières, a remis en lumière l’histoire de Don Quichotte. Il est peut-être utile de relever les citations relatives aux moulins dans le fameux chef-d’œuvre que Miguel de Cervantes publia en 1605 pour la première partie et 1615 la seconde. 

Trois scènes se passent devant un ou des moulins :

– Première partie chapitre VIII : Don Quichotte, apercevant des moulins à vent, décide que ce sont des géants, qui pis est ennemis. Monté sur le fringant cheval Rossinante, lance en avant il charge le premier « ennemi ». Seulement ses ailes sont en train de tourner, lesquelles saisissent la lance, et envoie valdinguer notre héros. Le nom du lieu n’est jamais cité, mais en Espagne on situe l’affaire sur le plateau de Consuegra, où demeurent plusieurs moulins à vent, dont certains en état de tourner. Il s’y fait une fête tous les ans en octobre. 

– Première partie chapitre XX : le chevalier Don Quichotte et son écuyer Sancho Pança, arrivés devant une belle cascade, sont surpris par un bruit tonitruant : il s’agit d’un foulon équipé de 6 lourds marteaux qui tombent sur la matière travaillée dans un vacarme assourdissant. Don Quichotte a cette fois la prudence de ne pas mener l’assaut.

– Seconde partie chapitre XXIX : Don Quichotte et Sancho Pança, ainsi que Rossinante et le baudet de l’écuyer, montent sur une barque que le « chevalier » a l’imprudence de lancer à la dérive sur l’Ebre. Le problème est qu’évidemment, sans gouvernail, l’embarcation va droit vers le premier obstacle important, qui mieux est en accélérant peu à peu. Or le dit obstacle, c’est un groupe de moulins, vraisemblablement des bateaux-moulins. Grâce à de longues perches, les meuniers épargnent à l’équipage de venir se faire broyer sous les roues, le châtiment consistant seulement que la barque se retourne, et voilà nos amis contraints à un bain forcé. Les meuniers ont bien du mal à les sauver (d’autant plus que l’armure du chevalier n’est pas légère). 

Dans la Première partie chapitre XXXII : il est question d’un preux chevalier qui, au cours d’une bataille, « d’un seul doigt », arrêta la roue d’un moulin, exploit contesté par un aubergiste.

A plusieurs reprises des personnages utilisent des métaphores et des proverbes évoquant les moulins : par exemple dans la Première Partie chapitre  XLVII, Sancho dit au curé : « la roue de la Fortune tourne plus vite qu’une roue de moulin ».

Le tome premier de l’édition Points commence par une biographie très brève de Miguel de Cervantes, où on apprend que, s’étant lancé dans les affaires, il fut en 1587 l’un des fournisseurs de farine de la fameuse « Invincible Armada » que le roi d’Espagne armait pour  envahir l’Angleterre (une tempête allait avoir raison de ses vaisseaux). A ce titre Cervantes négocia avec des meuniers… Puis connut quelques soucis avec la justice !

Rédaction  : Philippe Landry

Nouvelles meunières – Mars 2018

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Trouvailles de nos adhérents

Véra Blanzat nous a trouvé :

– Un très beau dessin d’un santon de Provence : le meunier juché sur son âne et s’approchant du moulin à vent ; l’âne porte également le long sac-saucisse. Le moulin à vent est typiquement  provençal, avec l’arbre des ailes saillant du toit, le dit toit ne couvrant pas la totalité de la surface du haut de la tour.

– Une histoire de Chartres et de son industrie, en l’occurrence celle de sa fonderie Brault, née dans la première moitié du XIXème siècle, et qui se mit à fabriquer du matériel de moulin, dont des turbines. Par la suite elle connut un grand développement sous le nom de Brault-Tessier, et on voit fréquemment dans les moulins des cylindres de cette marque encore en état de marche, datés de la fin du XIX ou du début de XXème siècle.-

– Dans Le Pays de France, livre paru chez Hachette en 1925, des documents sur les moulins du Lauragais, ce grand plateau entre Toulouse et la Montagne Noire, couvrant notamment le département de l’Aude. Il y eut là beaucoup de moulins à vent, reconnaissables à leur toit fait de planches en bois, rarement à tuiles. Nous avions naguère dans notre bulletin évoqué un livre de témoignages sur ces moulins, intitulé « Les grandes heures des moulins occitans »,  livre paru chez Plon.

– D’autres documents concernent des moulins corses ou encore de l’Ain, et aussi d’autres moulins à vent du département du Nord (dont un célèbre situé à Cassel). On remarque dans ce dernier cas la queue qui ressemble assez à celle des moulins à vent hollandais puisque faite de plusieurs madriers (4 en l’occurrence).

Télévision

A propos des moulins à scier

Dans « Nouvelles meunières 2 », nous évoquions le documentaire qui, à propos d’Amsterdam, racontait comment un charpentier hollandais avait mis au point le moulin à scier le bois peu avant 1600. Mais le destin n’est jamais assez cocasse.

Le dimanche 24 décembre 2017 un autre documentaire, toujours sur Arte, « Les cathédrales dévoilées », exposait que la construction des immenses cathédrales aux XII ème et XIII ème siècles avait nécessité une telle quantité de pierres taillées qu’on avait mis au point des scieries hydrauliques, donc des moulins adaptés au travail de la scierie. 

En fait la technique était connue depuis l’antiquité (des auteurs du IVème siècle en parlent, cités dans « Archéologie des moulins hydrauliques … », le fameux ouvrage issu du colloque organisé par Jaccotey), mais était tombée dans l’oubli.

Claude Rivals a repéré des moulins à scier aux XIIIème et XIVème siècles, notamment vers Toulouse. Il y en avait en Alsace au XIVème siècle.

Mont-St-Michel (moulin du)

L’excellent documentaire « Mont-St-Michel, diffusé sur Arte le 23 décembre 2017, de Marc Jampolski, exposait entre autres que l’édification de l’extraordinaire monastère avait coûté des fortunes, et que seul l’avaient rendue possible le fait qu’il possédait beaucoup de terres en divers endroits, dont des moulins. 

Toutefois, au grand dam des nombreux amis des moulins qui avaient attendu le dit documentaire avec impatience, pas un mot sur le moulin à vent. Car certaines anciennes gravures du Mont-St-Michel montrent un petit moulin juché sur une tour saillant à peine des remparts, la tour Gabriel. Il y fut créé en 1627, nous dit Philippe Borgella dans « Le Monde des Moulins «  d’octobre 2008. Son diamètre était inférieur à celui de cette tour, de façon que le meunier puisse actionner la queue faisant tourner le toit du moulin ou son corps. Actuellement la tour n’a plus le moulin : le sol a été refait sans rien qui indique l’ancien passé meunier du lieu.

Débat sur les énergies renouvelables

Arte a rediffusé le 6 janvier une émission de débat sur les énergies renouvelables du 4 novembre : les orateurs étaient d’accord pour souligner qu’au plan intérieur les gouvernements français successifs affichent une prétendue volonté de développer les énergies renouvelables, mais au sein des instances européennes ils ont des positions systématiquement contraires.

« Des Racines et des Ailes », diffusé le 14 février par FR3, sur les départements du Lot et de la Dordogne, donc le Quercy et le Périgord, a évoqué M. Pradeau, un « paysan meunier », qui, à l’aide de meules monolithes et de plansichters transforme lui-même en farine le blé qu’il produit. Interviewé, le boulanger qu’il fournit s’est déclaré très satisfait.

NB : En étourdi patenté (Philippe Landry), j’ai retrouvé à côté de ma télé une feuille volante où j’ai noté à la va-vite des choses étonnantes, sans doute après avoir vu des documentaires ; d’une part un « moulin des Cabrerets fabrique une farine » idéale pour faire un pastis » qui de ce fait se nomme « pastis des Cabrerets », d’autre part aux Açores une sorte de roue permet de pulvériser des feuilles de thé.

Revues

Le Régional de Cosne et du Charitois évoque le 27 décembre 2017 l’assemblée générale de l’association de protection de l’environnement de Moulin-l’Evêque, qui s’occupe notamment du moulin de la Commanderie appartenant à la Camosine. Dans ce fameux quartier de St-Père sera placée une roue provenant de l’ancien moulin de Pierre à Cosne, dont c’est le dernier vestige connu.

Que Choisir n° 565 bis de janvier 2018, résume l’avis que l’Agence nationale ANSES a émis à propos des nuisances sonores prêtées aux éoliennes, concernant les « ultrasons ». Elle indique qu’aucune preuve n’existe comme quoi ces ultrasons seraient dangereux. 

Le Monde des Moulins n° 63 de janvier 18 indique quelques sites internet intéressants sur les moulins dont :

– En Saône-et-Loire, recherche sur un moulin-bateau ayant flotté sur le Doubs peu avant le confluent avec la Saône à Sermasse et Saunières : www.youtube.com

– En Région Centre un dossier pédagogique portant inventaire du patrimoine des moulinshttp:///inventairepatrimoine.regioncentre

– Les moulins fortifiés du Moyen Âge éléments du système féodal http:///carnetdalineas

Journaux

Le Canard Enchaîné du 20 décembre 2017, dans une critique favorable au spectacle théâtral « Modules Dada », sur l’histoire du dadaïsme, dit que la troupe « Les Endimanchés » qui l’a monté et est dirigée par Alexis Forestier, est basée à l’ancien moulin dit « de la Quincaillerie », à Vénarey les Laumes dans l’Yonne.

L’Yonne Républicaine du 6 décembre 2017 propose la photo d’un grand « moulin à prières » tibétain mis en vente au cours d’une brocante et fait d’un grand tissu (ou d’une chemise en bois) qui tourne autour d’un axe, et qui est tout peint (il doit comporter une prière boudhiste) ; il semble mesurer environ 1,20 de haut. Il n’a pas trouvé preneur.

Le Journal du Centre

– 30 décembre 2017 : à Gimouille, dans un lotissement pas très ancien, des maisons ont été bâties avec un toit solaire, mais la plupart du temps il est désormais hors d’état. L’article n’indique pas qu’une restauration soit envisagée.

– 1er janvier 2018 : grand article sur l’assemblée générale de l’Association pour la protection de l’environnement et la mise en valeur des moulins de Moulin-l’Evêque, à St-Père. On y a enregistré officiellement 165 visiteurs en 2017. Le grand projet de l’année 2018 sera la mise en place de la roue provenant de l’ancien moulin de Pierre, à Cosne.

– vendredi 5 janvier 2018, grand article de presque une page sur Mme Gaëlle Malézieux, une agricultrice de Menestreau, dans le Donziais, lieu-dit Mirebeau, qui moud elle-même le blé produit par son mari. Pour ce faire elle a acheté une paire de meules avec sa trémie, tout à fait à l’ancienne : un bel ensemble qui, à voir la photo qu’en livre le journal, semble d’assez petite taille. Mme Malézieux ne semble pas avoir de blutoir, donc elle n’élimine pratiquement pas le son, et de ce fait produit plutôt de la farine destinée à donner du « pain complet ». Elle la vend aux voisins, et à quelques boulangers.

 10 janvier : Toute une page consacrée à la culture de la graine de moutarde dans la Nièvre. On y retrouve Emmanuel Brossard, le fabricant d’huile de Raveau auquel nous avions rendu visite il y a quelques années. Il cultive 10 ha de sénevé (le nom véritable de la graine de moutarde), qu’il transforme lui-même en moutarde dans le petit atelier que nous avions visité.

– 23 janvier : article sur Béatrice Farny, partiellement domiciliée à Luzy. Elle  a créé une page Facebook célébrant le Morvan. Elle évoque une association « Le Morvan de Bouches à Oreilles ». Si des adhérents veulent lui envoyer des anecdotes sur les moulins…

– 26 janvier : photo du grand immeuble de St-Pierre le Moûtier, tout rénové, contenant l’ancienne huilerie Léveillé. Il est le siège de la Communauté de Communes qui l’a  restauré et l’ouvre quelquefois à la visite. L’article évoque les 18 ans depuis son rachat, son avenir. 

– 7 février : A Guérigny, dans le cadre du contrat local d’éducation artistique, les écoles se proposent de « Construire un moulin ensemble », « symbole d’énergie propre et naturelle », en coopération avec la maison de retraite. L’œuvre sera présentée 

au public du 22 au 27 mai 2018.

– 16 février : grand article sur Léo Tesnier, étudiant nivernais à l’université de Grenoble, qui prépare un « tour du monde » « pour étudier les modèles économiques de l’énergie de six pays », dont la France et la Chine. Il retournera aussi dans l’Himalaya, où il a fourbi ses premières armes de pionnier énergétique, au cours « d’une mission d’électrification de villages. Nous avons installé avec une ONG une centrale solaire. Mais c’était une grosse bêtise… On a déréglé tout un écosystème qui s’est construit sur plusieurs siècles ». Malheureusement l’article ne rentre pas dans les détails de cette erreur.

Articles du Journal du Centre sur les projets éoliens

 9 janvier : Le Conseil d’Etat annule le « schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie », qui traitait notamment du développement de l’éolien. Le Conseil reproche au Conseil Régional d’avoir peu étudié l’impact des nouveaux engins sur l’environnement.

– 13 janvier : toute une page sur un projet de champ d’éoliennes à Metz le Comte, commune riveraine de l’Yonne entre Corbigny et Clamecy. Une grande photo montre l’alignement de 6 éoliennes. Ces éoliennes ne déparent pas parce que… c’est dans un paysage de plaine bien dénudée. L’expérience montre que les habitants de zones foretsères sont plus réticents face aux éoliennes.

– 16 janvier : branle-bas de combat dans le nord du Haut Morvan avec un nouveau projet d’éoliennes, cette fois sur la commune de St-Léger-Vauban, côté département

de l’Yonne, mais les éoliennes se verraient depuis le lac de St-Agnan (Nièvre), dont les riverains sont déjà remontés contre un premier projet, que nous avons évoqué dans un des « Nouvelles meunières » précédentes. 

– 9 février : Deux projets d’éoliennes dans le Morvan sont abandonnés. L’un prévoyait 18 éoliennes dans le nord, l’autre 38 dans le sud, et toutes d’une hauteur de 180 mètres.

– Dimanche 11 février : les éoliennes peuvent être dangereuses pour les chauves-souris, dans quelques cas, par exemple si ces éoliennes sont construites sur le parcours d’un vol migratoire. La Société française pour l’Etude et la Protection des Mammifères a mis au point, à destination des constructeurs d’éoliennes, un cahier à observer lors de l’étude d’impact qu’exige la loi. La Société redoute que la loi ne soit pas correctement appliquée.

Programme du moulin de Villeneuve (Aragon-Triolet)

Nous avons reçu le programme des expositions et autres spectacles qu’hébergera en 2018 le moulin de Villeneuve à St-Arnoult en Yvelines, où vécurent Louis Aragon  et Elsa Triolet. Erik Orsenna y fera une conférence relative à son livre sur La Fontaine.  Il est peu probable qu’il évoque celui qu’il avait publié sur l’histoire du papier et dans lequel il avait très bien décrit l’histoire des moulins qui le fabriquèrent. Notons que la Maison de Villeneuve organise une journée-excursion au Moulin de Cernay, son voisin, « musée des paysages, des moulins, et des peintres paysagistes ». Ce moulin de Cernay a conservé l’aspect moulin, malgré la disparition de la roue, et est l’un des fleurons du Parc Naturel Régional de la vallée de Chevreuse. Les Editions Faton ont, en octobre 2016, publié un n° hors-série de leur revue L’Objet d’art au « Petit moulin des Vaux de Cernay », avec entre autres une carte des nombreux moulins qu’a connus ce secteur . Il est en libre consultation à la Médiathèque municipale de Nevers.

Visite

La semaine de Noël, Philippe Landry a pu visiter la boutique de l’huilerie d’Iguerande, en Saône-et-Loire, près de Paray le Monial. Malheureusement l’atelier lui-même était, exceptionnellement fermé à la visite. Il a pu acquérir un flacon d’huile d’argan. Il porte ce qui est sans doute le dessin de moulin le plus petit du monde : 0,6 cm de haut et 1,3 de large.  L’argan est cultivé notamment au Maroc et dans quelques autres pays ; il donne une très bonne huile pour les soins notamment du cuir chevelu ; la cueillette nécessite force main-d’œuvre, surtout des femmes aux mains fines et précises, c’est pourquoi il est assez cher.

Dernière minute :

Plusieurs articles du Journal du Centre fin février 2018 évoquent la crise de Clamecy : l’Agence régionale de Santé prétend supprimer le service des urgences de l’hôpital. Les maires du secteur et les autres élus envoient leur démission au Préfet. Ils ont raison de défendre ce qui reste du service public. Parmi eux notre ami Philippe Gilles, maire de Courcelles, qui s’exprime dans le Journal du Centre du 23 février.

Journal du Centre : 

25 février 2018

Une exposition temporaire au musée Auguste Grasset de Varzy aura pour sujet la grande statue du Christ au Sacré-Coeur qui, depuis 1908, domine la commune du haut du Mont Châtelet. Le piédestal de la statue comprend de nombreuses pierres du moulin à vent qui exista sur le Mont du Châtelet. Le 9 décembre 1880, alors que le moulin à vent ne fonctionnait plus, des enfants y étaient allés jouer et y ont mis le feu/ Le moulin a été détruit. Le moulin avait deux étages et une seule paire de meules. Il appartenait à la veuve Chappé, domiciliée à Trucy l’Orgueilleux.

26 février 2018

Le Moulin des Eventées à St Pierre le Moûtier n’a ouvert que 24 jours au public en 2017 mais a reçu près de 450 visiteurs. Le moulin prépare une exposition sur le thème du vent.

Revue en préparation

Le bulletin de mai évoquera le moulin de Couloir à Dommartin, qui a fermé le 30 juin 2017. Nous n’aurons pas la place d’y placer ce vieux petit calendrier publicitaire, qui tenait dans une poche car plié en 8. C’est pourquoi en voici une reproduction.