Nouvelles Meunières n° 22

Nouvelles meunières

Actualité des énergies renouvelables

Le Canard Enchaîné du 4 septembre 2019 :

– Sur l’éolien maritime :

L’article « Des éoliennes dorées sur tranche » informe : « Brasser du vent peut s’avérer fort onéreux ! Les 6 premiers parcs éoliens off-shore, implantés dans la Manche et l’Atlantique, vont mobiliser une manne d’argent public supérieure aux estimations initiales : 22,5 milliards d’euros sur vingt ans ! » Passons sur l’inattendue faute d’orthographe : « euro » est un mot international invariable. Ce qui m’embête c’est le mot « subvention » : il me paraîtrait justifié si l’État versait de l’argent à des entreprises pour qu’elles posent des éoliennes en mer. Ce n’est pas ça du tout : lorsqu’elles produiront des kw d’électricité, EDF devra le leur acheter plus cher que le prix du marché. L’État remboursera la différence à EDF dans le cadre de l’aide aux énergies renouvelables : le mot « subvention » ne me paraît pas approprié. Rappelons que ce système d’aide à la production d’énergies renouvelables (qui n’intéresse pas que l’éolien) a été mis en place parce que la France cherche à réduire ses importations de pétrole, dont une partie produit de l’électricité dans des centrales thermiques, lesquelles par ailleurs sont polluantes. Le coût pour la France est donc plus difficile à estimer que ne l’écrit Le Canard.

Sur la production d’énergie par la méthanisation 2 articles :

* « Pour promouvoir le biogaz, le gouvernement ne manque pas d’air. 8 milliards d’aides pour une énergie verte… qui largue du gaz à effet de serre ». L’article commence par énoncer une grande fierté nationale : un énorme méthanisateur à Lamballe dans les Côtes-d’Armor, auquel 2700 éleveurs apporteront 156 000 tonnes de déjections porcines « qui seront mélangées aux eaux résiduaires d’abattoirs ». Puis l’article énonce que 21 chercheurs alertent sur « deux méchants défauts de la méthanisation : la production de gaz à effet de serre et le fait que le processus menacerait, à terme, la fertilité des terres agricoles ». Le deuxième défaut vient qu’en théorie les déchets de la méthanisation devraient être comme autrefois le fumier répandu dans les terres agricoles, mais étant vidé de ses qualités nutritives, il risque fort d’être totalement contre-productif. Le premier défaut est extrêmement préoccupant parce que la méthanisation telle que conçue à Lamballe consiste en une opération qui rejette beaucoup de gaz nocif dans l’atmosphère.

L’un des problèmes est qu’on multiplie les méthaniseurs aux inconvénients décrits ci-dessus : 450 déjà en service à travers la France, 902 en projet. Tous « aidés » par des « subventions » voire des dégrèvements fiscaux.

* Le second article expose qu’en Indre-et-Loire une « ferme de 1 000 vaches » peut prospérer, tantôt l’État fermant les yeux sur les autorisations que son exploitant n’a pas demandées, tantôt lui accordant des aides. Or les déjections des dites mille vaches, traitées par méthanisation, sont en train de rendre invivable l’atmosphère des communes proches.

Eolien

Journal du Centre du 11 septembre 2019 : L’association Acali, qui tient un « Ecocentre de Bourgogne », a organisé à St-Vérain un stage insolite d’éolienne. Il s’agit d’apprendre à construire une petite éolienne dont le diamètre du rotor sera modestement de 3,5 m ; en somme c’est pour permettre à des bricoleurs de se construire une petite éolienne à l’ancienne, à poser par exemple dans son jardin. Il y avait une quinzaine de stagiaires.

Energie solaire

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois du 11 septembre annonce qu’à La Charité se peaufine un « projet rayonnant à l’horizon 2021 » : un grand parc photovoltaïque de 11 ha, lieu-dit La Mouchetterie. D’une puissance de 10,2 Mkw, il pourrait fournir de l’électricité à 10 000 personnes. Le Journal du Centre  reprend l’information le 24 septembre, en précisant que le commissaire-enquêteur tiendra trois permanences à la mairie.

21 septembre : compte rendu de la séance du conseil départemental dans Le Journal du Centre. « Le Département va installer trois ha de panneaux photovoltaïques à Magny-Cours, avec l’espoir d’étendre cette alternative étant donné l’évolution du climat. »

Journaux

Le Journal du  Centre

5 septembre

Un pique-nique au moulin des Eventées  a été organisé par le comité de jumelage.

14 septembre : « Une saison dans les fermes ». Un article recense les « fermes » agricoles qui vont être ouvertes au public dans les semaines qui commencent. J’y remarque :

.

Un concert se tiendra le 14 septembre à L’huilerie Brossard, à Raveau, que nous avions visitée voici quelques d’années.

. Le moulin de Mirebeau à Ménestreau, ouvert le samedi 28 septembre.

. « Le Moulin de la Forêt » à Surgy : la ferme sera ouverte le 2 novembre, mais à ma connaissance le hameau a seulement conservé le nom « Moulin de la Forêt », le moulin proprement dit a disparu depuis longtemps.

Le Monde du 12 septembre propose l’article « La crise sans fin des papetiers en France » : plusieurs usines de papier, en général d’anciens moulins à papier, ont été fermées ces dernières années (nous avions évoqué le fâcheux destin de celle de Docelles dans les Vosges). « Entre 2013 et  2018, pas moins de 15 papeteries ont mis la clé sous la porte dans l’hexagone ». Un gros groupe finlandais s’était emparé de plusieurs d’entre elles, mais dans le but de les faire disparaître pour favoriser d’autres de ses usines soi-disant plus rentables ; il ne lui en reste qu’une en France, pour laquelle on n’a plus à se faire d’illusions.

Revues

Blanc.cassis, revue du Cercle généalogique et historique Nivernais-Morvan, n° 155, 2ème et 3ème trimestre 2019 :

Extraordinaire article de M. Jean Louis Charton : « D’un moulin à l’autre », centré sur les moulins de Lurcy le Bourg. Il recense des meuniers de ce village dans les années 1362 à 1401, puis de 1580 à 1891 ; les moulins évoqués sont ceux du Marais (qui a été une forge), et le moulin Bourdier, avec une brève citation de celui de Vilaine en 1818. Certains meuniers cités ont exercé dans des moulins de communes voisines comme celui de Mongazon sur St-Franchy (1691), les Chailloux à Prémery (1832), et un moulin non précisé à Arthel en 1748 et 1765. Une dynastie de meuniers apparaît : celle des Ducros. L’auteur précise que le moulin Bourdier existait en 1329. Il constate un nombre important de mariages entre enfants de meuniers.

Dans le même numéro, l’article sur les relations du peintre Alfred Garcement avec  Achille Millien évoque sa venue à Beaumont la Ferrière en 1910, et recense les différents métiers de la commune cette année-là : il note deux meuniers.

Vents du Morvan, n° 72, automne 2019

. Le numéro est centré sur l’éducation dans le Morvan ; à ce titre il rend hommage à plusieurs personnalités qui ont œuvré beaucoup en-dehors de l’enseignement proprement dit, par exemple en matière de musique ; c’est pourquoi la revue propose une belle photo de feu notre ami Gérard Chaventon avec son accordéon, un jour qu’il donnait une prestation au restau du coeur de Saulieu.

Une chanson semble avoir été connue des enfants du Morvan : « L’âne à Marianne », ici livrée dans une version morvandelle. Elle est plus connue dans une version recueillie par Achille Millien en patois nivernais.

Elle raconte qu’une jeune fille vient au moulin avec son âne chargé de bon grain; seulement voilà, elle s’attarde auprès du beau meunier, ce dont le loup profite pour manger son âne. Le meunier lui donne un autre âne pour le remplacer, mais de moins bel aspect. La justification que Marianne livre à son papa est assez cocasse.

. L’article « Du groupe « Vengeance » au Maquis Bernard », de Jacquie et Serge Bernard, consacré à l’important maquis qui s’illustra dans le Morvan, s’appuie sur le journal du Résistant Hubert Cloix. Dans le considérable passage sur la question du ravitaillement, il est question des moulins, notamment le fait que de nombreux meuniers ont ravitaillé les Résistants « en dehors des contingents officiels » ; il cite notamment :

– Plusieurs meuniers d’Ouroux : Henri Roquelle à Savault, celui de Savelot non nommé (il s’agit d’un M. Renaud) ; celui du moulin Chicot également non nommé. A propos de ce dernier, j’avais cru comprendre qu’il ne fonctionnait plus lorsque les Résistants y ont établi un camp. Hubert Cloix écrit au contraire que s’il ne travaillait plus le blé, il moulait encore les céréales secondaires pour les animaux.

– Celui du moulin Caillot non nommé (il s’appelait Guilleminot). L’article situe ce moulin sur la commune de Gouloux mais il est sur St-Brisson.

– M. Perraudin, du moulin d’Eugny (écrit dans l’article à l’ancienne : « Heugny sur Yonne »), que l’article situe à Corbigny. En fait il est sur Chaumot.

. Un meunier qui abusa du marché noir, suite à quoi il fut châtié par un groupe de Résistants ; l’article ne le précise pas, mais il s’agit de celui du moulin de Fétigny, à Alligny en Morvan, dont une charge de dynamite, excessive, détruisit les installations.

– Un bref « Erratum » dans le « Courrier des lecteurs » résume la lettre que j’ai faite à Vents du Morvan après un grand article sur les moulins du Ternin, paru dans le numéro précédent,  que j’ai trouvé trop superficiel. Le résumé est vraiment court ; à propos de la banalité des moulins, il contient cet étrange morceau de phrase : « les banalités étaient des installations techniques (dont faisaient partie les moulins) » ; je n’ai jamais écrit que « les banalités étaient des installations techniques », parce que c’est faux ; en plus il n’y a pas lieu de mettre « banalité » au pluriel.

Pour l’instant, voici la mise au point que j’avais proposée à la revue. Je lui réécris, sans illusion sur ce qu’il en résultera.

« Chers amis de Vents du Morvan, 

Je vous remercie d’avoir annoncé en termes très favorables dans votre numéro d’été 2019, rubrique Morvans Médias, la parution du  numéro spécial du bulletin de Moulins du Morvan et de la Nièvre sur les moulins à vent de Bourgogne. Nous sommes très heureux que vous consacriez un grand article aux moulins du Ternin. Les adhérents de Moulins du Morvan et de la Nièvre en seront informés par l’inscription sur notre site internet, rubrique « Nouvelles meunières ». 

Cela posé l’article me paraît parfois assez désinvolte. Par exemple :

. Le moulin de Chancommeau à Alligny en Morvan n’est pas le premier du Ternin, il y en a plusieurs en amont.

. Il n’est pas rigoureux d’écrire que la banalité est une taxation de la farine ; c’est vrai par l’effet, pas par la définition. La banalité, c’était que le seigneur obligeait  ses sujets à faire moudre leur production dans son moulin, à défaut de quoi ils s’exposaient à la confiscation de leur blé, de leur farine, voire de l’animal de trait et de la charrette éventuels ; la sanction pouvait consister encore à des amendes. Ce pouvait même être assez violent, comme je l’ai montré dans mon livre « Les moulins racontent le Morvan » et dans mes articles de la revue « La France des Moulins » sur la banalité. C’est donc très réducteur que de retenir le seul aspect « taxation ».

. Ecrire « Les meuniers ont été considérés de tout temps comme faisant partie d’une classe sociale privilégiée au même titre que certains notables et formaient une corporation à part dans la société rurale » relève d’un préjugé, certes courant. Le meunier ne pouvait s’élever à peu près au rang de « notable » que quand il était propriétaire d’un moulin, et encore s’il s’agissait d’un moulin considérable. 

– Prenons d’abord la situation avant 1789 : en général, le meunier était locataire du moulin possédé par le seigneur ; il pouvait être serf, comme ce meunier d’un moulin que le duc de Bourgogne donna à une abbaye ; celle-ci fut amenée à « acheter » le meunier en tant que serf. Plus généralement le meunier était lié par un contrat de bail qui pouvait être féroce : le montant du fermage annuel était très élevé, et quand le meunier n’arrivait pas à le régler, il était mis dehors sans ménagement. Longtemps, le meunier n’a tiré l’essentiel de son revenu non de la fabrication de la farine, mais du fait qu’il était en même temps agriculteur et éleveur sur la terre du propriétaire.

– Après 1789, le statut du meunier locataire ou fermier du moulin où il travaillait (d’ailleurs durement) n’a guère évolué. Cependant le nombre de propriétaires de moulin privés exploitant eux-mêmes a été grandissant, dont certains, maîtres de grands moulins, ont pu passer pour d’assez riches « bourgeois » donc de « notables » ; seulement ces riches furent une minorité ; et puis l’évolution économique et sociale s’est faite dans un contexte où la concurrence a été de plus en plus vive ; les clients en ont joué, en ayant bien soin de fréquenter indifféremment tous les moulins d’un secteur, de façon à empêcher chaque meunier d’augmenter le prix de son service. Ensuite les exploitants des petits moulins ont eu à affronter la concurrence des grands moulins, lesquels étaient toujours en avance quant à la qualité des machines ; par exemple lorsque sont apparus la turbine, puis la machine à cylindres plus performante que les meules, ce sont d’abord les grands moulins qui en ont été équipés, ce qui leur a permis de baisser leurs prix en-dessous de ce que pouvaient accepter les petits meuniers. Ces derniers ont peu à peu été contraints de fermer, en général pour devenir de simples agriculteurs. Les faillites de petits meuniers ont été nombreuses.

La roue actuelle du moulin de Jarle, Alligny en Morvan, petite, est récente. Elle n’a rien à voir avec l’ancienne, immense, si haute qu’elle atteignait presque le toit, comme le montre une carte postale des années 1900 (elle figure dans le dessin inspiré à Jean Perrin en couverture du livre que Laï Pouèlée consacra aux cartes postales de moulins du Morvan il y a un peu plus de 20 ans). »

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Livres

« La Meunière de Javel », par Bernard Nabonne, Editions de la Nouvelle France, 1946 : Vera nous en a trouvé un exemplaire… fort rare, d’autant plus qu’il n’y a aucun risque que ce roman soit réédité. Question moulin, il s’agit d’un ancien moulin à vent du quai de Javel à Paris. Selon l’auteur, il est un jour transformé en un lieu de plaisir et de fête anticipant sur ce que seront le moulin de la Galette et le Moulin Rouge. La « meunière » est la dame président à ces festivités, et l’ancien moulin n’est jamais décrit. Autrement dit encore un roman dont le titre porte le mot « moulin » ou « meunier » dans un but purement commercial. 

Télévision

Emission « Invitation au Voyage », sur Arte : il y est souvent question de moulin. 

. Le 6 septembre, sur la Guadeloupe, à propos des religions qui se sont mélangées sur l’île suite à l’apport de main-d’oeuvre de différents pays, dont l’Inde, le boudhisme fut pratiqué d’abord clandestinement, notamment dans un ancien moulin à vent ayant travaillé la canne à sucre.

. A propos du château des Nouettes, en Normandie, où vécut la comtesse de Ségur (il lui inspira ses contes, dans lesquels elle le nomme Fleurville) ; près de ce château demeurent les vestiges d’un moulin à travailler le fer, dont de fort belles roues.

. 15 septembre : Reportage dans l’appartement de Boris Vian qui surplombait les ailes du Moulin Rouge, ce qui lui plaisait beaucoup. Le même immeuble hébergea également Jacques Prévert, qui y trouva un plaisir identique.

Questions diverses

A propos de la fête au moulin de Mirloup, à Chiddes, le 25 août, je ne peux tout mettre dans l’article qui paraitra dans le prochain bulletin. Voici ce que j’en ai extrait.

A propos de la géographie de Chiddes et de ses deux ruisseaux qui ont alimenté des moulins, le Tillot et le Richaufour :

En amont des moulins de Mirloup et du Bousset, le Tillot a reçu le ruisseau de Montjouan, qui alimenta le moulin de ce nom situé sur Larochemillay.

En amont des moulins de Montcharlon, Richaufour et Villette les Forges, le Richaufour a reçu un ruisseau venu des Fossats, qui avait alimenté le moulin de Malvaux, situé sur Villapourçon.

– Suite de l’histoire du moulin de Mirloup au XIX et XXe siècles.

En 1860, le relevé des patentes industrielles indique que, doté d’une roue à seaux, il anime seulement une paires de meules à blé ; il a une pièce d’habitation et une pour la cage du moulin. Ses engrenages sont en bois « assez bien montés ». Il chôme deux mois par an en raison de la sécheresse de cette partie sud du Morvan. Il est tenu par le meunier Jean Bonnerot. Le moulin est estimé 8 600 f, ce qui est relativement bien dans le Morvan. Selon les matrices cadastrales, en 1882, appartenant à M. Thiroux de St-Félix, château de Champlévrier, le moulin de Mirloup lui apporte le revenu fiscal net suivant : 2 638,75 pour la partie moulin à blé (plan cadastral 1034), et 2 661,25 pour l’huilerie, (n° de plan cadastral 1036), deux sommes remarquables dans le haut Morvan, il passe ensuite à la famille Derangère (qui sera longuement évoquée dans le bulletin). 

Nous avons pu discuter de divers moulins avec des visiteurs : 

Villette les Forges, à Chiddes, dont Jean Arnoux a pu un jour photographier les meules à huile.

Celui du Malvaux (Villapourçon), dont un homme de ce secteur du Morvan nous a dit avoir vu les dernières meules dans les années 1960 (il ne reste aujourd’hui que quelques ruines de murs).

Mâchefer à Larochemillay, qui doit sans doute son nom au travail du fer.

Un moulin de… La Chapelle St-André, pourtant bien loin du sud Morvan : une dame nous a rapporté que ce moulin aurait broyé le laitier des anciennes forges locales pour fournir le nouveau crépi du château de Corbelin.

Journées du Patrimoine des 21 et 22 septembre : elles ont été bien annoncées par le Journal du Centre pour ce qui concerne la Nièvre, dont les ouvertures à la visite de quelques moulins (La Presle à Planchez, l’ïle et Maupertuis à Donzy, etc.). On a pu glaner ici et là des informations sur ce qui se passait au niveau régional. 

L’Association de la Vallée du Ternin m’a invité au moulin de Chissey, près d’Autun, ouvert au public les deux jours. J’ai été très chaleureusement accueilli, et les visites du moulin ont été très fructueuses. J’en ferai état dans le bulletin de printemps 2020, celui de cet automne étant déjà bien pourvu.

Mission du Patrimoine

L’un des rares sites de la Nièvre concernés par la mission Stéphane Bern d’appel au mécénat en faveur du patrimoine historique, à savoir la poterie du château de la Montagne, à St-Honoré les Bains. Le 26 août, le Journal du Centre annonçait qu’elle était un des trois édifices appelés à recevoir une aide de l’association Vieilles Maisons françaises.

Il convient de rappeler que la dite poterie faisait préparer la terre dans un malaxeur, pour la rendre plus facile à travailler et en chasser les bulles d’air. Ce malaxeur existe toujours, il fera partie du matériel restauré. Grosso modo, son fonctionnement fait penser à celui des foulons : en tournant, l’arbre fait agit ces piquets, qui en somme remplacent les cames d’un foulon. Comme il fallait beaucoup moins de force, des manivelles mues à chaque extrémité par deux ouvriers suffisaient. Voici une photo de ce malaxeur.

NB : J’ai discuté avec M. d’Espeuilles des moulins qu’avaient possédé ses ancêtres les châtelains de La Montagne, à St-Honoré, à savoir la Queudre et le Seu. 

. Pour La Queudre, que ceux de notre ami Jean-Claude tinrent durant deux siècles, mon interlocuteur m’a dit que Théodore d’Espeuilles, le créateur de la poterie, semble l’avoir possédé dans les années 1840. 

. Le moulin du Seu était sorti du patrimoine des d’Espeuilles mais il y est revenu vers 1870 ; il n’en est ressorti qu’il y a une vingtaine d’années.

Je n’ai pas pensé à poser une question à propos du moulin d’Espeuilles, qui se trouvait tout près du château d’origine de la famille, sur la commune de Montapas près de Châtillon en Bazois, et dont à ma connaissance il reste au moins le bâtiment.





Les Moulins de Lormes

Non classé

A l’occasion du 30ème anniversaire de l’Association qui se déroulera à Lormes le 5 octobre 2019 voici un numéro spécial sur les moulins de Lormes :

Géographie

Carte de Lormes est

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La situation des moulins de Lormes est assez curieuse. La commune étant en haute altitude pour le Morvan, c’est au départ un simple ruisseau qui a assuré leur alimentation en eau. Sur la carte ci-dessous, on le voit partir de droite, complètement à l’est, au-dessus de Sonne. Ce ruisseau emplit l’étang du moulin du Bois (d’où son nom), puis alimente le « foulon » souvent appelé « de l’Etang du Bois ». Ensuite ce ruisseau aboutit à l’étang du Goulot.

Ce très bel étang, célèbre aujourd’hui pour son camping et son ancienne gare du tacot, alimenta ce qui fut à une époque lointaine « le moulin de la Ville », lequel était, selon Billaut, historien de Lormes, sis tout de suite après sa digue. On ne sait pourquoi disparut ce moulin. La deuxième carte met en valeur que deux cours d’eau sortent de l’étang du Goulot :

* L’un continuant sa course plein nord en direction de la ville, allant à un groupe de moulins, le quartier dit de la « rue des moulins », situé à un bon kilomètre de l’étang (souvent ciblé par les éditeurs de cartes postales, voir page 4). Cette rue des moulins est en fait le début des « gorges de Narveau ». Tout au fond à l’issue de ces gorges, débouchant comme dans une sorte depetite plaine, le ruisseau va alimenter le « moulin de la Vallée ».

* L’autre, dit du Bois des Tours, filant sud-ouest, vers un groupe de maisons dit Le Moulinot ; le nom indique qu’il y a dû y avoir ici un petit moulin, sans doute avant 1754 puisqu’il n’est pas sur la carte Cassini. Le nom Le Moulinot figure sur le plan cadastral de 1837 sans indication qu’il y ait alors ni qu’il y ait eu récemment un moulin. Sur place on voit bien l’emplacement de ce qui peut avoir été « le moulinot ». Les deux ruisseaux se réunissent peu après, pour former l’Auxois, qui rejoindra l’Yonne au nord de Corbigny.

Carte de Lormes ouest

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Lormes compta un autre moulin, nettement au nord de la ville, en direction de St- André en Morvand : un des deux qu’alimenta l’étang de Charrière, lequel nait de la rencontre entre deux ruisseaux, puis donne naissance à la Brinjame, affluent de la Cure ; le moulin de Lormes est celui situé rive gauche sous l’étang, le moulin rive droite étant sur la commune d’Empury.

Quelques particularités historiques des moulins de Lormes :

* Billaud écrit qu’en 1177 la maladrerie

fondée par Hugues II de Lormes au nord de la ville fut dotée d’une rente perpétuelle sur « les moulins banaux de la ville ». Cette maladrerie secourait les victimes de diverses maladies comme la lèpre. Lorsqu’elle ferma, l’hôpital de Lormes hérita ces droits. A la Révolution de 1789, ces droits, d’un montant de 144 F, subsistèrent, et en 1834 l’hôpital percevait encore la même somme sur les « anciens moulins banaux de la ville ». Nous n’avons pu établir à quelle date ils cessèrent de lui devoir une redevance.

A partir de 1355, écrit Martine Régnier, historienne de la seigneurie de Château-Chinon, la baronnie de Lormes fut partagée entre elle et le sire de Chalon (semble-t-il sur Saône) ; or Chalon possédait l’étang du Goulot, et les moulins de la rue des Moulins étaient sous l’autorité de Château-Chinon. En cas de litige entre les deux seigneurs, ces moulins pouvaient donc être paralysés par le premier (il lui suffisait de détourner toute l’eau vers le ruisseau du Bois des Tours) ; le problème se posa notamment en 1601, « année de sécheresse » : Chalon fut tenté de réserver le peu d’eau aux terres relevant de son autorité. Par la suite les deux seigneurs vendirent leurs droits respectifs, puisqu’en 1789 seuls furent saisis comme biens nationaux les moulins de Charrière, qui appartenaient à l’abbaye du Val-St- Georges, sise à Pouques-Lormes.

* En 1563, les protestants, qui assiègent Lormes, vident les étangs pour empêcher le fonctionnement des moulins (de Flammare).

Le « moulin de l’Etang du Bois » existait déjà en 1571 : Jean Connétable le tenait par « bail à bourdelage », une forme du servage (document du fonds Morlon de la Médiathèque municipale de Nevers).

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* L’abbé Baudiau, écrit qu’en décembre 1788, il fit un tel froid que l’étang du Goulot gela, contraignant les moulins au chômage ; on chargea rien moins que 30 hommes vigoureux de casser la glace à grands coups de pioche pendant des heures et des heures, avec malheureusement une efficacité relative car elle se ressoudait très vite.

Dans les années 1850, le relevé des patentes industrielles indique à Lormes 7 moulins à eau, chacun à une seule roue :

de meules

. Le Moulin du Bois : une paire

. Le Foulon du Bois : idem . 3 moulins rue des Moulins

3 paires de meules une paire de meules 2 paires de meules

. Celui tenu par Lautier : . Celui tenu par Mattret : . Celui de M. Bonnoron,

. La Vallée : une paire de meules

. Charrières : idem

où le ruisseau coule de gauche à droite, montre que la rue des Moulins en a connu 6, sans compter évidemment l’usine électrique créée en 1898.

* Dans son mémoire de maîtrise sur « Le canton de Lormes au XIXe siècle » (en fait 1840- 1880), Catherine Gavila écrit que Lormes compte à un moment 9 moulins, lesquels emploient au total 18 ouvriers. « Quelquefois les moulins à blé sont employés pour broyer la noix, la noisette et la faîne des hêtres pour en faire de l’huile ».

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Parmi les meuniers de Lormes, on a remarqué un M. Bonnoron : il y eut ici une dynastie de meuniers importante de ce nom, sans doute des lointains cousins de notre ami du moulin du Mont à Ruages. En 1908, deux des exploitants de moulins (donc différents) subsistant sont Jean et Pierre Bonoron, respectivement 49 et 28 ans. En 1938, les deux derniers moulins à blé sont tenus par des Bonoron, Gaston et Edme, mais en fait le second ne travaille plus que pour le bétail.

* Petit article de La Tribune Républicaine, 6 juin 1888 : « Incendie : le temps chaud amène les sinistres. Ainsi, hier, samedi 12 courant, grande alerte à Lormes. Le feu est sur les moulins, au-dessous de Lormes. Le tambour bat. L’un des quatre moulins brûle. On y court. C’était midi. Le moulin Bonoront brûlait ? Non Heureusement, ce n’était qu’une grange et une écurie séparées du corps de bâtiment près de la seconde route de Corbigny. Chevaux et vaches ont pu être sauvés ; un veau seul a été victime du sinistre. Il y a eu une seule victime plus intéressante : un pompier a eu la figure horriblement brûlée… » On remarque que l’article indique 4 moulins en cette rue des Moulins.

* Nous avons récemment évoqué dans notre bulletin le moulin qui resta le dernier en activité à Lormes, à savoir l’huilerie de la famille Joachim, au demeurant la dernière huilerie ayant exercé dans le Morvan.

* Nous venons de trouver deux noms de meunier : le moulin du Bois fut tenu par Jean Painchaud de 1908 à 1926 ; le moulin la Vallée par Claude Jacquet de 1908 à 1917. L’essentiel du matériel intérieur de ce dernier moulin a été donné à l’écomusée du moulin de Maupertuis, à Donzy.

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Cartes postales de «la rue des Moulins»

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Document Moulins du Morvan et de la Nièvre, à l’occasion du trentième anniversaire de l’association, fêté à Lormes le 5 octobre 2019.

Rédaction et photos : Philippe Landry

Nouvelles meunières n° 21

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Tournus : une expo de l’Inrap sur le Moyen-Âge fait la part belle aux moulins

Tournus est une très belle ville de Saône-et-Loire au bord de la Saône, entre Chalon et Mâcon.

A l’occasion de la célébration du millénaire de l’abbaye St-Philibert de Tournus (consacrée en 1019), plusieurs manifestations sont organisées, dont une magnifique exposition de l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). Intitulée « Quoi de neuf au Moyen-Âge », elle se tient du 15 juin au 22 septembre 2019.

Les moulins y sont très bien représentés.

Évidemment des panneaux rappellent d’une part la principale découverte faite par l’Inrap ces dernières années, à savoir le moulin de Thervay dans le Jura dont nous avons bien parlé, d’autre part la construction du moulin de Guédelon.

. 537 : « Apparition du moulin-bateau en Europe » (on note la prudence des archéologues, car la technique pourrait avoir déjà été connue ailleurs dans le monde).

. Des panneaux chronologiques citent en particulier :

. 630 : « Moulin à marée en Irlande »

. 700 : « Moulins à vent en Iran »

. 700-800 : « Fabrication du papier dans l’empire musulman ».

. 900-1000 : 

.« Moulins à bière : moulins à eau associés à une brasserie ».

. « Premiers moulins à vent dans la région de Tarragone en Espagne ».

. 1000-1100 : « Développement de l’utilisation de l’arbre à cames au XIe siècle et aux siècles suivants dans le mécanisme des moulins à eau, permettant d’actionner des maillets, des marteaux, des scies, des soufflets ».

. 1100-1200 

. Forges à eau (marteaux et soufflets hydrauliques », moulins à tan.

. «  Aménagement des milieux humides, notamment par les moines cisterciens, drainage, création d’étangs, adduction ». C’est une période où l’étang est de plus en plus utilisé, son invention remontant semble-t-il aux années 800.

. Moulins à vent (Normandie, Angleterre, peut-être Arles).

. Documents représentant des moulins à vent et des moulins hydrauliques, dont certains exposent le fonctionnement intérieur. 

Maquette d’un moulin à eau médiéval
panneau, dessins et maquettes montrant le fonctionnement d’un foulon

. « Jeu du moulin » ou « Mérelle ». Un jeu très pratiqué au Moyen-Âge, semble-t-il connu dès l’Antiquité. Pourquoi nomme-t-on ce jeu de pions « du moulin » ? Sans doute  le grand carré, avec son point central et ses cordons suggère-t-il l’image de la roue d’un moulin.

Dessin et règle du jeu
Le carré et le pions

Tournus et les moulins : autres observations

Une exposition de photos dans « l’église supérieure de l’abbatiale »  (la grande église St-Philibert est en effet d’une architecture très curieuse, avec un narthex surmonté d’une grande salle qu’on appelle « l’église supérieure »). J’ai tâché de photographier la reproduction d’une gravure ancienne : elle montre un « moulin pendant » que l’abbaye avait, au Moyen- Âge, fait édifier dans le lit de la Saône, attenant à un quai.


Une boulangerie de la ville affiche en vitrine ce travail d’élèves du collège de Tournus.



Au port fluvial, un bateau à éolienne

Fête au moulin de Mirloup à Chiddes

La fête célébrant la restauration du moulin de Mirloup en la petite commune de Chiddes, dans le sud du Morvan, a été très sympathique. Nous en parlerons dans notre prochain bulletin. Notre association y était représentée par Jean Arnoux et Philippe Landry.

Actualités des énergies renouvelables

Le Monde du 28 août : « Le Danemark fait la part belle à l’énergie éolienne ». Ce pays, aussi démuni que nous en ressources énergétiques pétrolières et charbonnières, arrive à bien mieux se débrouiller :.« le pétrole compte encore pour 38 % dans le mix énergétique danois, contre 32 % pour les renouvelables. »

* 29 août : Toute une page sous le titre « Electricité : l’imposture des offres vertes ». « Les fournisseurs ont fait des énergies renouvelables un atout commercial, sans pour autant y avoir recours ». « Total ou Engie peuvent acheter de l’électricité nucléaire à EDF, et puis compenser par des rachats de certificats d’origine ailleurs ».

En bas de page un article : « Enercoop fournit un courant plus écologique, mais aussi plus cher ». « La coopérative soutient activement le développement des énergies renouvelables à travers un système original et militant ». Les adhérents de cette coopérative sont des producteurs de renouvelable (souvent hydraulique), à volonté le plus écologique possible, mais une fois sur le marché, leur production est mélangée à celle des groupes industriels.   

Éolien

A St-Germain des Bois, l’Association de défense et de développement du Haut Nivernais continue de lutter contre le projet d’éoliennes. La Préfecture a donné une autorisation inattendue, mais l’association a obtenu son annulation devant le tribunal administratif ; depuis la société auteur du projet a saisi la Cour Administrative d’appel de Lyon, dont on attend la décision.

A Luzy, les associations hostiles au projet de plusieurs éoliennes dans les environs en y comprenant des communes de Saône-et-Loire, ont organisé un pique-nique, cela au château de Pont-de-Vaux, qui est en cours de restauration. « Conscientes des risques sanitaires pour la population et des enjeux énergétiques en cours, les associations ont évoqué d’autres alternatives à l’éolien terrestre, comme la méthanisation ou le bois, des filières plus naturelles à la région ». (Journal du Centre 21 août)

« Les sept mâts éoliens programmés pour 2020 à Entrains-sur-Nohain se sont pris un vent  contraire» (projet refusé par le Préfet au motif que Mesdames les éoliennes gêneraient le vol de Messieurs nos invincibles chasseurs-bombardiers Rafale) : l’article, de presque une page, expose que l’association Aquilon, qui a milité contre le projet, « reste vigilante », d’autant plus que la municipalité fait appel de la décision préfectorale.

Énergie solaire

Le Journal du Centre du 8 août annonce qu’en Provence on installe des panneaux solaires flottants sur un étang ; l’intérêt est que l’eau facilite le refroidissement des panneaux. Le site devrait fournir assez d’électricité à 4 700 foyers.

Le Journal du Centre du 17 août consacre une page à des audacieux qui choisissent de vivre plusieurs mois de l’année sur un bateau de plaisance dans le port de la Jonction à Nevers. L’un d’eux expose que d’ores et déjà il se produit de l’électricité grâce à des panneaux solaires, et un de ses voisins dit qu’il a l’intention de faire de même. L’occupant du bateau équipé d’une petite éolienne n’a pas été interviewé.

Journaux

Le Journal du  Centre

A plusieurs reprises, les activités de l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy sont mises en valeur :

. 9 août : article avec photo « Depuis le début de l’été, le moulin de Maupertuis est aussi accueil d’information touristique. La signalétique est désormais visible à Maupertuis. »

. 15 août : Récit d’une visite guidée à Donzy, avec passage à l’écomusée du moulin de Maupertuis et à l’huilerie du moulin de l’Ile, que nos amis de Donzy maintiennent en très bon état. Un encadré annonce 4 jours de marché à l’ancienne à la ferme de la Bretonnière, où notre ami Frédéric Coudray pourra proposer notamment ses huiles. Quelques jours plus tard un autre article plus long célèbre cette fête à la Bretonnière.

. 17 août : Une « nocturne en petit comité au moulin de Maupertuis ». Un petit article exposant que quelques touristes ont profité d’une visite de nuit. Notre ami Georges Narcy leur a dit entre autres que les maquettes étaient de Claude Chauvelot, et qu’à sa grande époque, quand la capacité en 24 heures du moulin était monté à 50 quintaux, 4 personnes y étaient employées.

6 août 2019 : Très bon petit article « Une idée de visite : à Moulin-l’Evêque, à St-Père », annonçant qu’une visite est organisée le lendemain 7 août. L’article contient quelques éléments de l’histoire des moulins du site, dont  celui de la Commanderie.

8 août : une grande page intitulée Estivités contient deux articles nous intéressant :

. «Perroy –  La Motte Josserand, un joyau féodal » : histoire du château dont dépendit le moulin du même lieu ; il y est dit que les « Montmineau » l’ont acquis en 1829 : il s’agit effectivement de la grande dynastie de meuniers, cette acquisition montrant qu’elle était devenue riche.

. Crux la Ville : « Du blé à la farine, découvrez le savoir-faire du moulin d’Aron ». Très bon article sur le moulin encore en activité de notre ami Sylvain Marceau. « Le moulin d’Aron a été construit en 1846, il est dans la famille Marceau depuis 1911 » ; la carte Cassini montre un moulin d’Aron, mais Sylvain nous a exposé qu’il était plus haut, plus près de la digue du grand étang d’Aron.

Le même jour une autre page intitulée « Val de Loire » comporte un assez grand article : « Une idée de visite. A l’huilerie de l’Ile à Donzy, demain, tout savoir sur l’huile de noix ». Le moulin de notre ami Frédéric Coudray est décrit comme une « Superbe maison de caractère plantée dans le décor entre les deux bras du Nohain »… « 20 kg de noix donnent 12 litres d’huile ». Sauf erreur de ma part, c’est plutôt 20 kg de cerneaux de noix et non de noix. 

Vendredi 9 août : A St-Père-sous-Vézelay, « des Journées antiques gallo-romaines ». On note quelques phrases du maire de St-Père, notre ami Christian Guyot.

Samedi 10 et mardi 13 août, moulin des Eventées à St-Pierre le Moûtier  dans la page « Estivités » du 10, rubrique « agenda », grande photo du moulin des Eventées de St-Pierre le Moûtier, pour annoncer son ouverture à la visite ce jour-là, mais curieusement faite à contre-jour. 

Le 13 août le moulin est célébré par un grand espace, l’intégrale des pages 2 et 3, plus une grande photo en une avec en gros titre « Le vent en poupe ». Plusieurs photos accompagnent 3 articles, dont un est l’interview du président de l’association. Un autre insiste sur la « boucharde », qui est le petit marteau avec lequel le meunier « rhabillait » les rayons des meules. Le photographe a tenu à livrer 2 vues du moulin à contre-jour, avec les ailes en forme de +, ce que je n’aurais pas fait, puisqu’en principe on ne les laissait dans cette position qu’en signe de deuil.

13 août : toute une page est consacrée à l’histoire de la présence du loup dans la Nièvre ; un petit article liste les noms de lieux que l’animal a inspirés, où on remarque « Le moulin de Nataloup » à Montsauche et « le Moulin au Loup » à St-Hilaire-Fontaine (près de Decize). L’auteur aurait pu ajouter les moulins de Mirloup à Chiddes (près de Luzy) et Chargeloup à Maux (proche de Moulins-Engilbert).

16 août : grand article sur l’artiste-peintre Patricia Juteau, qui possède et entretient le moulin de Vauclaix situé au pied de l’église. Elle a d’ailleurs fait changer la roue du moulin il y a quelques années. Mme Juteau conserve précieusement dans un petit bâtiment annexe la petite huilerie, avec ses meules et un curieux appareil à cylindres en bois, et à laquelle il ne manque que la roue depuis longtemps disparue. Mme Juteau organise l’été des stages de peinture au profit des enfants du village. Elle présente une exposition de peinture à Ouroux, qui finit hélas le dimanche 18 août, et dont j’apprends les dates trop tard pour avoir le temps de m’organiser et aller l’admirer. J’ai eu la chance de voir plusieurs de ses tableaux les deux fois où Mme Juteau m’a reçu, et je trouve qu’ils méritent notre attention.

Samedi 17 août, Urzy : un bon article sur l’ancien château des évêques de Nevers à Urzy (une de leurs résidences d’été), fort joli, lequel fut construit, de 1675 à 1680, « au bord d’une dérivation de la Nièvre creusée pour satisfaire les besoins de l’industrie meunière locale ». L’article ne le dit pas, mais la dite dérivation mesure un peu moins de 4 km : située en aval et au sud du Greux, elle desservait les moulins du Vivier (qui appartenait à l’évêque), de la Fosse (un moulin et un foulon), et de Luanges (qui travailla le papier), et rejoignait la Nièvre peu avant Pont-St-Ours.

Mercredi 21 août : L’article annonçant une « exposition de miniatures en préparation » à St-Parize en Viry (tout à fait au sud-ouest de la Nièvre), contient une jolie photo : la maquette d’un petit moulin avec sa goulotte et sa… trop petite roue.

Samedi 24 août : « L’art technique du moulin de Mirebeau », à Ménestreau, le petit moulin récemment créé et marchant à l’électricité. Un grand article sur le petit moulin que mène Gaëlle Malézieux, et qu’elle fait volontiers visiter. Les photos montrent notamment un blutoir et l’archure entourant la paire de meules et la trémie, tous en beau bois tout neuf. « Gaëlle produit environ 10 tonnes de farine de blé par an. Elle travaille cependant d’autres produits pour ses farines comme le seigle, l’épeautre, le maïs, le sarrasin, les lentilles et les pois chiches ».

Dimanche 25 août : dans « le Mag », toute une page consacrée au grand sculpteur François Pompon, natif de Saulieu, dont le musée conserve plusieurs très belles pièces, et dont on peut observer le taureau sur une place de la cité. Il y a plusieurs années nous nous étions posé la question : quel était le lien de famille de François avec les Pompon qui ont dominé la vie meunière de St-Agnan, la commune du Morvan de la Nièvre toute proche de Saulieu ? Les Pompon se sont notamment illustrés dès l’époque révolutionnaire : apprenant que créer un moulin ne nécessitait plus l’accord du seigneur, l’un d’eux s’est lancé dès cette époque ; par la suite des Pompon ont notamment tenu et développé le moulin principal du village, et en 1872 ont créé le moulin « des Pierres ». Gérard Chaventon, après quelques recherches, m’avait indiqué que François, né dans une maison à Saulieu, ne pouvait être fils de meunier, mais qu’il y avait probablement une relation de cousinage.

Journal de Saône-et-Loire, 23 août : 

– Nous n’en avions jamais entendu parler, mais j’apprends par quelques lignes  dans les pages « Agendas loisirs » qu’à Toulon sur Arroux le fameux « Moulin des Roches » est désormais au centre d’une activité culturelle : projection de films, festival de music-hall, « rando-lecture »…

– Le voisinage a du bon : le journal consacre toute une page à une « huilerie à froid » de Lons-le-Saunier, dans le Jura : M. Grégory Sourd y produit plusieurs sortes d’huile, y compris la noix et la noisette (comment y arrive-t-il « à froid »?). Il est très soucieux de travailler « bio », notamment par le choix de ses fournisseurs de matière première.

Revues

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois 

* 14 août, 2 articles à retenir :

. « Patrimoine Secret. Une huilerie dans son jus. » Toute une page sur l’huilerie de Narcy, rachetée et remise en état par la commune, et que nous avions visitée il y a peu d’années.

. « La Fête du plan d’eau de Garchy présente sa 3ème édition» : Un joli lieu, sans lequel le village perdrait tout charme. Le maire expose que tout était prêt pour un grand nettoyage à l’automne, mais l’administration, le dernier jour du délai réglementaire de deux mois, a demandé à nouveau des précisions sur cette vidange ce qui aura pour conséquences de reculer le nettoyage de plusieurs mois.

* 21 août : annonce du décès de Marguerite David-Roy, historienne du Donzyais. Dans la grande histoire des moulins de la vallée du Donzy, que nous préparons, nous seront menés à citer ses trouvailles à plusieurs reprises, car dans ses livres elle évoquait volontiers les moulins.

Télévision

Emission « Invitation au Voyage » sur Arte, 2 septembre : documentaire sur la Sorgue, rivière du Vaucluse, qui a animé beaucoup de roues pour des moulins à papier et des entreprises textiles. « Seules demeurent » (comme dirait le poète René Char, enfant du pays dont il est beaucoup question dans le documentaire) plusieurs roues, à aubes, en bois, remarquablement photographiées. Nous avions naguère évoqué dans notre bulletin une brochure relative aux moulins à papier de Fontaine de Vaucluse, la commune située à la naissance de la Sorgue.

Questions diverses

Les résidus de plomb de Notre-Dame : on s’alarme fort à Paris. L’incendie de la charpente de Notre-Dame de Paris a fait fondre les plombs qui solidifiaient ses murs et sa toiture, et les a dispersés sous forme de poussière sur force surface des alentours. Or, on dit que ce plomb aurait été extrait des mines de plomb argentifère de notre village nivernais Chitry les Mines, et comme il aurait été travaillé, à l’instar de tout métal, dans un moulin.

La meunière à papier du moulin du Got aux « Femmes de talent »

Le cloître de La Charité sur Loire hébergera un festival, « Femmes de talent », du 7 au 9 octobre 2019 ; plusieurs dames présenteront leurs œuvres artisanales et artistiques. Parmi les invitées, Martine Tandeau de Marsac, du moulin à papier du Got à St-Léonard de Noblat (Haute-Vienne) viendra montrer comment on fabrique le papier. Nous avions fait sa connaissance, déjà à La Charité, il y a quelques années.

Des nouvelles des moulins d’Asnan

Une exposition sur l’histoire d’Asnan (un village des environs de Clamecy) s’étant tenue quelques jours en juillet, j’ai adressé à son organisateur ce que j’avais sur l’incendie qui détruisit en bonne partie le village en 1868. L’auteur m’a remercié en m’adressant ce qu’il a sur les trois moulins qu’a connus Asnan : 

Un moulin à vent ayant existé avant 1736, peut-être reconstruit peu après mais on n’en a aucune certitude.

Le moulin à eau Guillerant, parfois cité par des documents anciens, existant en 1736. C’est celui que recense Marlière en 1859 : « Il y a dans la commune un moulin à blé à moteur hydraulique et 3 pressoirs à huile de noix ». Le bâtiment existe toujours, mais il faut vraiment savoir que ça a été un moulin.

Le moulin de l’étang de Chaluée ou de Vilaine : existait en 1736, mû par le « ruisseau d’Asnan », visible sur la carte Cassini, mais déjà disparu à l’époque du premier cadastre (1830-40). 

Journées Européennes du Patrimoine

Actualités

Les inscriptions pour les Journées Européennes du Patrimoine 2019, placées cette année sous le thème « Arts et divertissements », qui se dérouleront les 21 et 22 septembre (la journée du vendredi 20 septembre est réservée à l’accueil des scolaires), sont ouvertes et se font uniquement par internet, sur la plateforme Openagenda.

Clôture des inscriptions dans 15 jours : Merci de nous adresser l’ensemble de vos informations avant le 12 juillet afin que votre ou vos événements puissent figurer dans le programme régional et ainsi bénéficier d’une communication efficace.

Vous pouvez dès à présent enregistrer votre événement dans l’agenda régional Bourgogne – Franche-Comté, en cliquant ici : https://openagenda.com/jep-2019-bourgogne-franche-comte/contribute/member


Afin de vous guider dans votre inscription, nous vous proposons, ci-joint, un mode d’emploi de l’outil openagenda.
Nous vous invitons, tant que faire se peut, à inclure des photos ou vidéos (via la fiche « lieu » / rubrique »Liens additionnels ») qui constituent des éléments très attractifs afin d’augmenter la visibilité de vos événements.

Les inscriptions seront validées au fur et à mesure par les services de la DRAC. Vous trouverez également toutes les informations nécessaires sur le site national : https://journeesdupatrimoine.culturecommunication.gouv.fr/
En cas de difficultés, nous serons à votre disposition pour vous renseigner à l’adresse : communication.bfc@culture.gouv.fr 

Gaëlle GREMET
Chargée de communication
Direction régionale des affaires culturelles Bourgogne-Franche-Comté

Hôtel Chartraire de Montigny – 39-41 rue Vannerie –  BP 10578 – 21005 Dijon cedex

Tél : 03.80.68.50.05 Courriel : gaelle.gremet@culture.gouv.fr
                                        

Nouvelles Meunières n° 19

Nouvelles meunières

Tenue du stand « Moulins du Morvan et de la Nièvre »

1) La fête du moulin des Eventées, le jeudi de l’Ascension 30 mai, à St-Pierre le Moûtier, avec brocante et quelques produits locaux, a attiré pas mal de monde. Nous y avons tenu un stand. Nous avons pu discuter avec plusieurs personnes ayant connu les derniers moulins à vent en ruine ou l’huilerie Léveillé en activité. Une commerçante nous a dit avoir connu un autre moulin à vent mais à Givry, près de Chalon sur Saône. Nous avons pu défendre notre bulletin numéro spécial sur les moulins à vent de Bourgogne et les moulins de St-Pierre le Moûtier (toujours disponible au prix de 10 euro port compris).

Une petite éolienne vient d’être édifiée par nos amis à une trentaine de mètres du moulin à vent. Haute de 7 m, son rotor, dont le diamètre est de 2 mètres, peut tourner à 80 tours minutes. Elle est dotée d’un système de débrayage qui permet de la libérer en « girouette folle » en cas de forte tempête, pour qu’elle ne soit pas renversée. Nos amis l’ont construite avec les restes de deux vieilles éoliennes abîmées, données par des agriculteurs de St-Pierre. Elle n’a pas la puissance nécessaire pour produire de l’électricité. Par contre, un effet de couleur verte sera créé au moyen de rayons bleus et d’autres jaunes.

Éolienne des ÉVENTÉES

En outre, à chaque fête du pain a été cuit au four du moulin; la porte du four vient du four du moulin à vent Thévenet, dont les ruines demeurent non loin de celui des Eventées.

2) Fête des jardins à Forgeneuve, Coulanges, le 9 juin

Nous avons été plusieurs à tenir le stand de notre association dans les superbes jardins de Forgeneuve. Nos amis Mme et M. Martinat avaient comme d’habitude très bien organisé la fête. Plus de 600 personnes ont pu voir notre stand, même si trop peu s’y sont arrêtées. Nous présentions les produits de deux de nos adhérents, Sylvain Marceau du moulin d’Aron à Crux la Ville, et Frédéric Coudray du moulin à huile de l’Ile à Donzy. A diverses reprises nous avons pu dialoguer avec des visiteurs sur la désastreuse politique de la continuité écologique.

Ce fut aussi l’occasion de réexaminer les lieux, dont le début du bief avec ses belles vannes, et ce qui demeure des locaux. Sur certaines façades, on note les empreintes qu’ont laissées d’anciennes roues, ce qui permet de mieux apprécier les dimensions de leur diamètre : 10 mètres pour l’une, 6 pour l’autre.

Empreinte laissée par la roue de 6 m

De nombreux artistes membres du Groupe d’Emulation artistique de la Nièvre présentaient une collection de leurs œuvres (certains peignaient dans les jardins), ce qui était très agréable à observer. A la fin des deux jours le peintre René Barle a reçu un premier prix , cela pour l’ensemble des œuvres présentées, dont son fameux tableau des moulins à vent « de la Mancha » au moment où s’en approchent Don Quichotte et Sancho Pança.

NB : Koikispass n°159 de juin 2019 consacre plusieurs pages aux « jardins remarquables de la Nièvre ; le premier qu’il décrit est « Forgeneuve, un Giverny en Nièvre » ; le deuxième est celui des Forges de la Vache, à Raveau. Dans les deux cas le passé métallurgique des sites est rappelé, et souligné le mérite des propriétaires nos amis Jean-Luc Martinat à Forgeneuve et Claudine Muller aux Forges de la Vache.

Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon m’invitent à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr », et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualités des énergies renouvelables

Eolien

Le Journal du Centre du 16 mai évoque un projet éolien à Poiseux. Il est question d’y implanter 4 éoliennes géantes sur les hauteurs de Mauvron. Le maire et le conseil municipal sont favorables au projet, qui en attendent 30 000 euro de retombées fiscales. Une opposition commence à se manifester. Le maire conteste l’argument du bruit ; quant aux ondes qu’on accuse les éoliennes d’émettre, il fait remarquer que ses adversaires ne parlent jamais de celles qu’ils reçoivent de leurs portables.

Le Journal du Centre du 31 mai annonce que la préfète de la Nièvre a pris un arrêté refusant le projet éolien du secteur de St-Pierre le Moûtier, suite semble-t-il à des avis hostiles de certains conseils municipaux et aux prises de positions également hostiles de défenseurs de châteaux estimant que les éoliennes nuiraient dans leur paysage.

Quant au projet des Bertranges proche de Poiseux, un article du Journal du Centre du 12 juin montre comme les habitants sont partagés ; quatre personnes sont interrogés, trois favorables aux éoliennes, une hostile (mais l’article ne prétend pas rendre ainsi un compte statistique).

Il est question d’un autre projet autour de Rouy, mais géographiquement dans un sens large, puisque le Journal du Centre du 17 juin, qui l’évoque, livre l’opinion des maires de Bona et de Ste-Marie, non sans rappeler que la commune de Bazolles demande une augmentation de sa part dans les bénéfices fiscaux. Le projet consisterait en la construction de 6 éoliennes. Une association hostile s’est constituée, son président étant d’ores et déjà accusé de « faire circuler de fausses informations ».

Le département de l’Yonne continue d’être celui de Bourgogne hébergeant le plus d’éoliennes géantes : le projet dit de St-Agnan (Nièvre) dont les machines seraient surtout visibles depuis les communes de l’Yonne telles St-Léger-Vauban continue de susciter de vives oppositions (Yonne Républicaine, 17 mai 2019), tandis que de nouveaux projets apparaissent : à Massangis, Dissangis, et, plus proche du Morvan, à Cussy les Forges (Yonne Républicaine 3 janvier 2019). Du côté de Noyers, le célèbre village médiéval, c’est la route qui reçoit des convois exceptionnels : des pales de 48 mètres portées par camion pour le site en construction « qui sera situé entre Sarry et Châtel-Gérard » (Yonne R&publicaune 28 mars 2019).

En Côte-d’Or est inauguré un nouveau parc de 9 éoliennes géantes, « à Chazeuil et Chantenay », susceptible de fournir de l’électricité à 17 000 personnes (Journal du Centre 3 juin).

Energie solaire

Dans le département de l’Yonne, l’énergie solaire reçoit un accueil favorable. 

« Plusieurs projets de solaire citoyen devraient voir le jour en 2019 sur des toits d’Auxerre » (Yonne Républicaine, 3 janvier) : il est question d’installer des panneaux solaires sur des toits d’école, sur celui du théâtre municipal, etc. Un « mouvement citoyen » est lancé pour financer le projet. Un autre projet de développement du solaire fait cogiter du côté de Joigny : on tient cependant à n’y pas sacrifier de bonnes terres agricoles. Les mauvaises n’étant pas trop courantes dans ce secteur, on envisage de poser des panneaux solaires… sur des plans d’eau semble-t-il sans intérêt autre. Affaire à suivre. (Yonne Républicaine 27 février).

La méthanisation

La méthanisation pose plus de problèmes : à Provency, une autorisation provisoire a été donnée à un exploitant. C’est l’occasion pour l’Yonne Républicaine d’exposer le principe du procédé employé : on stock des matières organiques, puis on les pasteurise en les portant à 70°, puis on les injecte dans des « digesteurs » où s’effectue « la réaction de méthanisation ». Du biogaz est produit et stocké avant d’être injecté dans un groupe électrogène pour produire de l’électricité ou de l’énergie thermique. Quant au « digestaté », résidu issu de la méthanisation et à la consistance plutôt pâteuse, il est ensuite épandu comme fertilisant pour les terres ». Cela donne une production électrique intéressante (600 kw écrit le journal sans plus de précision) Malheureusement les voisins se plaignent de nuisances importantes : olfactives d’abord, relatives au bruit des machines ensuite, et quant à la qualité du produit épandu enfin (il y aurait des résidus plastiques, mauvais pour le sol et donc les cultures). Il semble peu probable que le Préfet fasse de cette autorisation provisoire quelque chose de plus définitif.

Généralités sur les énergies renouvelables

Les 8 et 9 juin sont organisées des « journées portes ouvertes des énergies renouvelables. Dans la Nièvre, le SIEEEN annonce par le journal du Centre du 6 juin qu’il propose les visites de deux sites :  

. A La Charité sur Loire, 

. d’une part « une chaufferie bois de 2100 kw », et « deux chaudières gaz de 2500 kw »

. d’autre part une « centrale photovoltaïque de 9 Kwc. »

. A Challuy le « chantier du futur réseau de chaleur »

Journaux

L’Yonne républicaine (retour en arrière)

31 décembre 2018, Auxerre : les anciens silos du moulin du Batardeau, fermé en 2015, vont être « rhabillés » par des artistes.

Le Journal du  Centre

28 avril : dans la grande série « Enseignes d’antan », une page intitulée « Une tuilerie industrielle en 1886 ». Elle est créée à Plagny, commune de Sermoise, limitrophe de Nevers, par M. Delagrange, à la place d’une sucrerie détruite par un incendie. Le texte n’en parle pas, mais j’ai deux informations complémentaires : 

– D’une part ce M. Delagrange avait été auparavant fait construire le grand moulin de Vauprange à Mhère dans le Morvan, un haut et large bâtiment à plusieurs niveaux qui subsiste, mais vide ; il l’a laissé à son fils pour venir mener la toute nouvelle tuilerie.

– D’autre part cette tuilerie ultra-moderne contenait des meules pour chasser les bulles d’air de l’argile qu’on allait mettre au four.

     Dans le supplément Fémina du dimanche 25 mai, un article sur la Toscane recommande la villa Campesti, sise à Vicchio di Mugello, où on peut « s’initier aux secrets de la fabrication de l’huile d’olive… profiter des massages à l’huile d’olive ».

31 mai : supplément interne « Donnons ensemble une nouvelle vie aux papiers ». Un supplément de 8 pages consacré au papier, notamment à sa fabrication et à sa récupération. Le document ne rappelle pas que longtemps le papier fut fabriqué dans des moulins. Par contre il est parfois question de meules :

. à propos d’un des procédés de fabrication : « La pâte est obtenue en râpant le bois à l’aide de grandes meules appelées « défibreurs » car elles séparent les fibres.

. A propos d’une des plus grandes fabriques de papier en France, celle de Saillat-sur-Vienne, dans le Limousin : « Cela fait 125 ans que l’usine de Saillat sur Vienne, près de St-Junien, a vu le jour. Un atelier d’extraction de tanin au départ, qui s’est spécialisé dans la pâte à papier ensuite. ». L’ « atelier d’extraction de tanin » était forcément un « battoir » ou un « moulin » à écorce.

Dimanche 9 juin : surprenante manière de traiter l’histoire dans Le Journal du Centre dans la rubrique hebdomadaire « Enseignes d’antan », le titre du jour étant « Un siècle de plâtreries renommées ». C’est chaque semaine une page que je lis attentivement, en général je la conserve. C’est le cas pour celle-ci, puisqu’elle évoque les usines à plâtre de St-Léger des Vignes à côté de Decize, dans lesquelles le gypse, matière première du plâtre, était pulvérisé par des meules. L’auteur reprend ainsi la description de la naissance d’une des premières usines de plâtre, à Decize par Pierre Volut : « M. Bouchard établit aux Halles, en juillet 1856, une fabrique de plâtre en poudre, dont les meules tournent sous l’action d’une machine à vapeur de trois chevaux ». 

Or… un de ses encarts a quelque chose de profondément choquant. En effet, en bas, à gauche, il est exposé qu’en 1905 à l’occasion d’une grève, deux ouvriers sont entrés dans la maison du patron Journot, fabricant de plâtre, à St-Léger des Vignes, y ont mis le feu, et ont ainsi causé la mort de ses deux enfants. Ahurissant ! Dans mon manuscrit encore inédit sur les faits divers du XXe siècle, je restitue ainsi ce que j’ai trouvé sur cette affaire (on remarquera que je m’y fonde essentiellement sur le dossier officiel de gendarmerie conservé aux Archives Départementales).

« 1905, St-Léger des VignesLes grévistes accusés à tort. M. Pierre Journot possède à St-Léger des Vignes des mines de gypse, lesquelles fournissent la matière première à son usine à plâtre à côté de sa magnifique grande maison. Or, à la mi-décembre 1905, à un moment où les mineurs des mines de gypse du secteur sont en grève, l’ensemble de ses bâtiments de St-Léger est victime de plusieurs tentatives d’incendie, dont l’ultime détruit de fond en comble l’orgueilleuse maison ; la répétition du fait implique origine criminelle.

Très vite les soupçons se portent sur Berthe Testu, âgée de 17 ans, une pupille de l’Assistance publique placée comme domestique au domicile de Pierre Journot. Elle finit par avouer être l’incendiaire, mais quant à sa motivation elle déclare aux gendarmes que les nommés Jean Cuisinat, 28 ans, et Pierre Bardot, 37, « ouvriers mineurs actuellement en grève lui avaient proposé de mettre le feu à l’usine et de tuer M. et Mme Journot. D’après ses dires, elle accepta seulement de faciliter l’entrée de Bardot et de Cuissinat dans la maison de M. Journot. Et à l’en croire, vendredi soir, les deux ouvriers auraient pénétré dans l’immeuble et mis le feu au plancher du grenier, préalablement imprégné de pétrole. » (Journal de la Nièvre)

L’occasion est trop belle de jeter en prison des grévistes : Bardot et Cuisinat sont arrêtés en dépit de leurs énergiques protestations, tandis que la bonne « fut conduite à l‘hôpital de Decize car au moment de son arrestation elle fut prise d‘une violente crise de nerfs ». A l’époque le droit de grève est officiellement reconnu, mais qu’on l’exerce est vécu comme scandaleux par la presse de droite. Pour Le Journal de la Nièvre, quotidien antirépublicain proche des bonapartistes et surtout des milieux patronaux, la culpabilité des grévistes ne fait aucun doute : « Les auteurs de l’incendie ont rendu un bien mauvais service à leurs camarades. On dit que M. Journot va fermer son usine au moins pour quelques temps. Des faits de ce genre sont des plus tristes, parce qu’ils dénotent chez certains ouvriers un état d’esprit effroyable ; mais il faut en faire remonter la responsabilité aux politiciens organisateurs de grèves qui les excitent. Voilà où nous en arriverions avec les révolutionnaires» (l’amalgame de choses n’ayant rien à voir entre elles se pratique déjà dans certains courants de pensée).

Heureusement le juge d’instruction, s’il prend avec des pincettes les témoignages de leurs camarades assurant qu’au moment des faits Bardot et Cuisinat étaient à Sougy, organise une confrontation entre les accusés et la bonne : devant eux elle assure qu’elle ne se rappelle pas les avoir accusés. Et puis soudain, un fait nouveau apparaît, dont on aurait tout de même pu s’apercevoir plus tôt : à l’époque lors des mouvements sociaux la gendarmerie est constamment sur le dos des grévistes, et justement le rapport des pandores, au jour et à l’heure du déclenchement de l’incendie de la maison Journot, note la présence au piquet de grève à la mine de Sougy de Bardot et Cuisinat.

Le juge conclut par un non-lieu en faveur des deux hommes ; La Tribune précise : « Berthe Testu est une névrosée qui doit obéir facilement à la suggestion. Elle sera soumise à un examen médical. » (AD de la Nièvre, M 6216). »

On voit donc :

1) Que jamais les ouvriers accusés ne sont entrés dans la maison, a fortiori jamais ils n’y ont mis le feu.

2) A aucun moment il n’est question que les enfants Journot auraient péri dans l’incendie.

J’ai fait une longue lettre à ce sujet au Journal du Centre. Le dimanche 16, il en a fait état, sous le titre « Précision » et non rectification, se bornant à reconnaître que les deux grévistes n’ont pas été poursuivis plus longtemps par la justice… mais ne disant pas un mot sur le fait qu’aucun enfant n’est mort dans l’incendie. Pierre Volut, l’historien de Decize, m’a dit qu’en fait s’il est exact que M. Journot s’était éteint peu après les évènements en déplorant de nombreux chagrins qu’il avait connus dans la vie, la perte de ses deux garçons était le pire, mais elle n’avait rien à voir avec l’incendie.

14 juin : Dans la page Magazine, est annoncé la parution du livre « Le temps des vieux moulins », d’Isabelle Artiges, chez De Borée. L’action se passe dans le Périgord, où l’héroïne, Madeleine, a quelques aventures pendant les deux guerres mondiales. Je soupçonne qu’il n’y est pas question de moulin, mais que l’éditeur a pensé que ça ferait joli dans le titre.

14 juin : grand article « Glux en Glenne : Le centre archéologique européen de Bibracte ouvre ses portes », avec une photo de Luc Jaccottey.

Un rappel d’abord : le site du Mont-Beuvray où se trouve l’ancienne ville gauloise puis gallo-romaine de Bibracte, se partage entre St-Léger-sous-Beuvray (71) et Glux en Glenne (58). Sur St-Léger a été construit le musée de Bibracte, ouvert à la visite une bonne partie de l’année, et sur Glux en Glenne le bâtiment de la base d’étude réservée aux scientifiques. L’article annonce donc l’ouverture exceptionnelle de la base de Glux au public. La grande photo centrale montre Luc Jaccottey devant plusieurs objets archéologiques, dont ceux du thème « de la pierre à la meule ». Ce n’est pas la première fois que j’évoque Luc Jaccottey, éminente personnalité de l’INRAP : je l’ai eu au téléphone un jour à propos de l’ancienneté des moulins à eau en Gaule ; il m’a alors dit que si on était sûr que la technique était présente en Gaule au deuxième siècle après J.-C., il était probable qu’elle y soit arrivée dès le premier siècle (elle avait été découverte par des soldats romains ayant pris d’assaut une ville perse vers l’an 100 avant JC). Luc Jaccottey a notamment mené les fouilles de l’ancien moulin médiéval de Thervay, dans le Jura, dont les trouvailles ont beaucoup aidé les concepteurs du moulin à eau médiéval de Guédelon. Luc Jaccottey est aussi avec Gilles Rollier l’éditeur de l’énorme travail en deux gros volumes : « Archéologie des moulins hydrauliques, à traction animale et à vent, des origines à l’époque médiévale et moderne en Europe et dans le monde méditerranéen » . Actes du colloque international de Lons-le-Saunier du 2 au 5 novembre 2011 » (les scientifiques n’ont pas peur des titres interminables), parue en juin 2016 ; elle coûte 52 euro, mais elle est tout à fait remarquable.

Revues

Le Régional de Cosne et du pays charitois du 12 juin : les élèves du collège Henri Clément ont obtenu le prix « Clap d’Or » pour le court-métrage, « La potion magix de Donzyx », consacré à l’huilerie du moulin de l’Ile de notre ami Frédéric Coudray. Le prix a été décerné à Paris par un jury que présidait l’acteur Jean Dujardin ; les jeunes auteurs sont montés sur scène pour recevoir leur prix.

La Nièvre en été 2019 : publié par le conseil départemental, Le Journal du Centre et Nièvre Tourisme, c’est le catalogue des manifestations pendant l’été. Les moulins y sont assez bien représentés, avec les périodes d’ouverture à la visite du moulin des Eventées et de l’Huilerie Réveillée à St-Pierre-le-Moûtier, du moulin d’Aron à Crux la Ville, de l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy, des moulins de Moulin-l’Evêque à Cosne et St-Père, le moulin de Mirebeau à Menestreau, etc. Sont évoquées également les journées portes ouvertes à de grands barrages du Morvan. Notons encore plusieurs fabricants de bière locale, dont Jacques Ansault à Vingeux, St-Aubin les Forges (mais pour l’instant j’ignore s’ils utilisent des meules comme autrefois pour pulvériser l’orge ou le houblon). Le musée de Clamecy est cité sans préciser qu’il propose des meules trouvées à Entrains. Par contre, sauf erreur de ma part, l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy me semble oublié.


Vents du Morvan été 2019 : 

– Dans la rubrique relative aux parutions est annoncée celle du numéro spécial de notre bulletin sur les moulins à vent de Bourgogne, cela en termes très favorables.

– Un grand article est consacré aux moulins du Ternin, en particulier celui de notre ami Jacques Desmarquest, dont le moulin du bourg de Chissey est désormais le siège d’une association. Plusieurs photos montrent son moulin, dont deux de l’intérieur, l’une figurant en couverture (il est question aussi du petit château médiéval qu’il a sauvé de la ruine) ; on voit aussi de beaux plans en couleurs des Archives Départementales.. Il y a des photos de plusieurs moulins, dont l’intérieur du moulin de Marnay de notre ami Serge Calandre. Cela posé l’article me paraît parfois assez désinvolte. Par exemple 

. Le moulin de Chancommeau à Alligny en Morvan n’est pas le premier du Ternin, il y en a plusieurs en amont.

. Il n’est pas rigoureux d’écrire que la banalité est une taxation de la farine;  c’est vrai par l’effet, pas par la définition. La banalité, c’était l’obligation édictée par le seigneur à ses sujets de faire moudre leur production dans son moulin, à défaut de quoi ils s’exposaient à la confiscation de leur blé, de leur farine, voire de l’animal de trait et de la charrette éventuels, voire encore des amendes. Ce pouvait même être assez violent, comme je l’ai montré dans mon livre « Les moulins racontent le Morvan » et dans mes articles de la revue « La France des Moulins » sur la banalité. C’est donc très réducteur que de retenir le seul aspect « taxation ».

. Ecrire « Les meuniers ont été considérés de tout temps comme faisant partie d’une classe sociale privilégiée au même titre que certains notables et formaient une corporation à part dans la société rurale » relève du préjugé. Le meunier ne pouvait s’élever à peu près au rang de notable que quand il était propriétaire d’un moulin, et encore s’il s’agissait d’un moulin considérable. Prenons d’abord la situation avant 1789 : en général, le meunier était locataire du moulin possédé par le seigneur ; il pouvait être serf, comme ce meunier d’un moulin que le duc de Bourgogne donna à une abbaye ; celle-ci fut amenée à « acheter » le meunier en tant que serf. Le meunier était lié par un contrat de bail qui pouvait être féroce : le montant du fermage annuel était très élevé, et quand le meunier n’arrivait pas à le régler, il était mis dehors sans ménagement. Longtemps, le meunier n’a tiré l’essentiel de son revenu non de la fabrication de la farine, mais du fait qu’il était en même temps agriculteur et éleveur sur la terre du propriétaire. Après 1789, on a vu apparaître un nombre de plus en plus grand de propriétaires privés, mais d’abord ils se sont livrés une vive concurrence, ce dont jouaient les clients, en ayant bien soin de fréquenter indifféremment tous les moulins d’un secteur. Ensuite les exploitants des petits moulins ont eu à affronter la concurrence des grands moulins, lesquels étaient toujours en avance quant à la qualité des machines ; par exemple lorsque sont apparus la turbine, puis la machine à cylindres plus performante que les meules, ce sont d’abord les grands moulins qui en ont été équipés, ce qui leur a permis de pousser à la fermeture les petits moulins. Les propriétaires ou exploitants de ces derniers ont peu à peu été contraints de fermer, en général pour devenir de simples agriculteurs. Les faillites de petits meuniers ont été nombreuses.

. La roue actuelle du moulin de Jarle, Alligny en Morvan, petite, est récente. Elle n’a rien à voir avec l’ancienne, immense, si haute qu’elle atteignait presque le toit, comme le montre ce dessin de Jean Perrin en couverture du livre jadis publié par Laï Pouèlée avec notre collaboration, et d’après une carte postale des années 1900.

Moulin de Jarle

Archéologia n° 577 de juin 2019 : dans le dossier « Dijon, les révélations de l’archéologie », il est plusieurs fois question des moulins dont disposa la ville, mais sans entrer dans des détails notables.

Lire juin 2019 : Grand article à partir du livre d’Evelyne Bloch-Dano « Mes maisons d’écrivain », que vient de publier Stock. Il sélectionne 10 maisons, le moulin de Villeneuve à St-Arnoult-en-Yvelines, où vécurent Elsa Triolet et Louis Aragon, et qui est aujourd’hui ouvert à la visite..

Livres

« L’Évangile selon Young Sheng », « roman » de Dai Sijie, chez Gallimard. Chef-d’œuvre, mais âmes sensibles s’abstenir. C’est la vie d’un chinois pasteur protestant que va brimer (l’expression est faible) la prise de pouvoir par Mao Ze Dong en Chine en 1949. Son martyre est à son comble lors de la « Révolution Culturelle », le théâtre du-dit martyre étant sa maison, devenue un atelier de fabrication d’huile. Le chapitre 2 de la Troisième partie s’intitule « Le pressoir à huile » mais l’atelier est décrit ou évoqué à plusieurs reprises. Pour nous amis des moulins et en particulier de ceux à huile, il est intéressant d’apprendre qu’en Chine on tire de l’huile de l’« aleurite », que d’ailleurs les Chinois nomment volontiers « l’arbre à huile ». Apparemment le but n’est pas alimentaire : c’est une huile pour les laques et les vernis, même si le tourteau est peut-être quelque peu mangeable. Ce sont deux paires de bœufs qui font tourner la grande meule particulièrement lourde, que l’auteur préfère désigner comme un « gigantesque disque en pierre ». Ensuite la matière obtenue est chauffée puis à nouveau martelée, cela dans un bruit inconfortable. Un des bœufs meurt à la tâche.

Auparavant, l’ouvrage évoque d’autres moulins, toujours à manège, mais mus par des ânes. Par exemple dans la grande maison que possède un pasteur occidental venu participer à l’évangélisation de la Chine  : « Dans la dernière cour il y avait un moulin en pierre, qu’un petit âne, les yeux bandés, faisait tourner à longueur de journée pour broyer des graines de soja, qui se transformaient en une épaisse pâte blanche avec laquelle on fabriquait le tofu. A l’occasion des célébrations chrétiennes, on ôtait à l’âne le bandeau qui couvrait ses yeux et on le laissait se reposer ». A mon avis l’auteur, évoquant son grand-père, se laisse aller dans l’élan du récit : un âne ne se reposant quasiment jamais ne mènerait pas longtemps un moulin.

Télévision

Marcel Pagnol

Grand documentaire de presque deux heures sur Marcel Pagnol, sur FR3, mercredi 5 juin, de Fabien Béziat, tourné en 2018. Du cinéaste, homme de théâtre et écrivain,  on apprend que c’est dans son moulin de la Sarthe qu’il a tourné « Le gendre de M. Poirier » (film de 1933 peu diffusé à l’époque, et depuis rarement vu car il n’en existe plus qu’une copie, en Angleterre). Le documentaire propose aussi quelques images du film « La Belle Meunière », d’après le cycle de poèmes de Muller mis en musique par Franz Schubert ; c’est Tino Rossi qui tenait le rôle du compositeur, et il chantait une version en français du chant qui ouvre le cycle, celui dont on traduit le titre allemand par « Voyager est la joie du meunier » ; à un autre moment on voit l’affiche du film ; le document précise que cette oeuvre n’a pas eu un grand succès auprès du public.. Il ajoute que le dernier ouvrage tourné par Marcel Pagnol est « Les lettres de mon moulin », d’après Alphonse Daudet.

Le documentaire est excellent, mais les amis des moulins peuvent regretter que ses auteurs n’aient pas cherché à approfondir ce mystère : pourquoi cette passion de Marcel Pagnol pour les moulins ? Ses parents n’étaient nullement du métier.

J’ai d’autres informations sur les moulins qu’a possédés Marcel Pagnol et où il a travaillé.  Il acquiert en 1930 le moulin d’Ignères, dans la Sarthe, qu’il restaure et dont, très bricoleur, il reconstruit la roue (c’est le moulin qu’a évoqué le documentaire). Elle lui fournira l’électricité nécessaire entre autres pour écouter clandestinement Radio-Londres en 1944 ; il travaille dans ce moulin à plusieurs films. Puis il acquiert un moulin à La Colle-sur-Loup dans le Var, où il débute le tournage de La Belle Meunière (1948), qu‘il opère selon une technique tout nouvellement inventée, le Rouxcolor. Ensuite il achète à Autheuil, dans l’Eure, son troisième moulin  (ref : Lettre d‘Information de la FFAM n° 26, 4ème trimestre 1995). A propos du film « Les lettres de mon moulin », j’ai trouvé une curieuse critique de l’écrivain Yves Martin : « Œuvre de charme, elle convenait parfaitement à ce charmeur. Il pouvait laisser filer sa caméra à la paresseuse, fumer sa pipe ou penser à autre chose. Ce film de détente ne causera aucune surprise… puisqu’il n’était pas d’autre solution que de le tourner comme ça avec l’accent et la gentillesse. »

Moulin de Guédelon
  • Guédelon
    •       Excellent documentaire présenté par Arte le 15 juin faisant le point du projet de Guédelon en 2017. En particulier quelques minutes sont consacrées au moulin, que nous avions visité en 2016. Donc en 2017, les archéologues ont découvert les premiers problèmes que pouvaient connaître les meuniers du Moyen Age : 
    •       – Fuite dans le sol du bief fait d’argile, donc perte d’eau, donc manque de puissance. Dans la foulée sécheresse entraînant d’une part l’ impossibilité de faire tourner le moulin, et surtout problèmes pour toutes les constructions en bois ; c’est ainsi que les pales de la roue se sont fendillées ou tordues, et il a fallu en réparer.
    •         – Au contraire crue du ruisseau qui a provoqué des dégâts différents à la roue.
  • Conséquence : le moulin a été dans l’impossibilité de fonctionner pendant quatre mois. Remis en marche, il a pu donner une production de 10 kg de farine par heure. 
    •           En passant, on a pu voir quelques minutes l’archéologue Gilles Rollier, qui, ayant bien étudié Thauvey, a beaucoup oeuvré pour construire le moulin de Guédelon. Gilles Rollier, je le cite plus haut comme coauteur de l’énorme ouvrage sur les moulins du Moyen Age avec Luc Jaccottey.

Théâtre

Ubu : pièce d’après Ubu roi, d’Alfred Jarry, donnée à la Maison de la Culture  le jeudi 23 mai (après St-Léger des Vignes). C’est un raccourci d’Ubu roi, mais la scène où Ubu décide de camper autour d’un moulin à vent pour y attendre l’ennemi est reproduite. J’ai vérifié dans le texte d’origine : elle y est bien. Ubu, encerclé, y est évidemment battu. Mais dans le texte original, il est précisé qu’un boulet détruit une aile du moulin.


Questions diverses

A la fête de la Loire, qui s’est tenue à Nevers à la mi-mai, un « bonimenteur » s’est avéré drôlement féru en histoire. Il m’a cité un édit de 508 par lequel Clovis a autorisé l’abbaye de Mici à créer des moulins le long de la Loire, dans une région à définir aujourd’hui comme le département du Loiret. Je n’avais jamais entendu parler de cet édit de 508.

Le moulin du Chapitre de Nevers est à vendre.

Des calicots l’indiquent sur les deux façades. Le nom de ce moulin vient du fait qu’il appartenait au chapitre de la cathédrale de Nevers. Il existait au Moyen Age, époque où il eut à un moment 4 roues. A la veille de la révolution de 1789, il avait au moins 2 ateliers, un pour la farine très raffinée avec blutage après plusieurs passages entre les meules, destinée aux boulangers et pâtissiers qui fournissaient le pain de la bourgeoisie et des nobles, et l’autre pour la farine moins dépouillée de son pour le peuple plus modeste, qui l’estimait plus nourrissante.

Ce que vous devez savoir avant d’acheter un moulin

Juridique

Définitions :

Un moulin est une usine implantée au bord d’un cours d’eau, et autorisée à utiliser l’énergie hydraulique de ce cours d’eau (par exemple comme force motrice pour animer des équipages ou pour la transformer en énergie électrique).

Le droit d’utiliser l’eau relève de l’art.644 du Code Civil, la seule réserve étant l’obligation de restituer l’eau à son cours ordinaire, après usage. Droit réel immobilier, il s’agit bien ‘un droit d’usage et non d’un droit de propriété.

Les canaux amenant l’eau au moulin depuis la prise d’eau et ceux destinés à la renvoyer au cours naturel de la rivière, lorsqu’ils ont été creusés de la main de l’homme pour usage exclusif du moulin, sont présumés en constituer l’accessoire, en application de l’art. 546 du Code Civil. Ils sont soumis à l’impôt foncier, qu’ils aient ou non un numéro de parcelle cadastrale. N’ayant pas la qualification de cours d’eau, les dispositions spécifiques au droit de riveraineté ne leur sont pas applicables. Les éléments constitutifs du dispositif hydraulique tels que barrage, vannages, déversoir sont également réputés appartenir au moulin.

Le règlement d’eau est un acte administratif valant autorisation d’utiliser l’eau et fixant les conditions de fonctionnement du moulin.

La fondation en titre, droit imprescriptible, résulte d’une occupation du cours d’eau -non domanial- avant 1790 (preuve pouvant être apportée par tout moyen : documents même privés ou justifications de certaines situations de fait très anciennes).

Mentions à faire figurer sur l’acte de vente d’un moulin

Désignation du moulin :

Il est essentiel de noter que la mention « ancien moulin » est excessivement restrictive, elle ne peut se comprendre que lorsque le moulin a perdu l’ensemble de ses caractéristiques de moulin et que le propriétaire a renoncé expressivement à ses droits. Elle devient en ce cas une simple clause de style n’affectant pas la nature de l’immeuble, et le nouveau propriétaire ne pourra s’en prévaloir pour faire reconnaître l’existence juridique du « moulin » .

Lors de la vente d’un moulin, il convient de préciser lorsque cela est attesté « bâti de temps immémorial » (cette mention se retrouve couramment dans les actes et documents anciens), d’indiquer qu’il tournait encore en …… ,

lorsque sa cessation d’activité est récente, et éventuellement « apte à produire de l’énergie hydraulique » lorsque le système hydraulique (prise d’eau, biefs, roue ou turbine, vannages …) existe, même si son état justifie des travaux de rénovation. Lorsque c’est le cas ne pas omettre de mentionner « muni ou muni partiellement de son équipage, en le détaillant : meules, engrenages, etc… ».

Règlement d’eau :

Celui qui entend vendre un « moulin » doit justifier de son droit d’eau afin que la qualité de moulin ne risque pas d’être contestée par la suite. Le droit d’usage de l’eau pour un moulin est matérialisé dans son « règlement d’eau ». S’agissant d’un document essentiel, le règlement d’eau (ou à défaut la justification et la consistance de l’existence légale) doit être annexé à l’acte de vente, le droit qui en résulte, attaché aux ouvrages, étant cessible par définition.

Certains moulins antérieurs à la Révolution peuvent ne jamais avoir été réglementés, il suffit en ce cas de justifier de l’existence dudit moulin (localisation sur la carte de Cassini, autorisations, baux, factures, actes de vente antérieurs à la Révolution, successions, ou vente de biens nationaux) avant l’abolition de la féodalité pour un moulin établi sur un cours d’eau non domanial, ou avant 1566 (Edit de Moulins) pour un moulin établi sur un cours d’eau domanial, et de définir sa « consistance légale », c’est-à-dire la puissance hydraulique nécessaire à son fonctionnement – cette consistance pouvant être présumée conforme à la consistance actuelle sauf preuve contraire à apporter par Administration : ces moulins sont dits « fondés en titre ».

Propriété des canaux :

L’acte de vente doit en outre impérativement mentionner que le moulin est vendu avec l’ensemble des ouvrages qui en constituent l’accessoire (prise d’eau, biefs, canaux, vannages, déversoirs). Cette mention est d’autant plus importante lorsque la prise d’eau a été établie sur un fonds supérieur n’appartenant pas au cédant ou vendu dans un lot distinct.

En cas de démembrement de la propriété d’un moulin, les canaux  d’amenée ou de fuite ne peuvent être vendus en tant que « terrains » : en effet à défaut de preuve contraire (démembrement de propriété antérieur dûment enregistré, actes à l’appui ) ils sont présumés appartenir au moulin, même si leur sol n’est pas cadastré. Par ailleurs, il est conseillé d’inscrire que le propriétaire jouit d’un droit de passage le long du bief pour assurer ses obligions d’entretien, et du droit de dépôt des produits de curage sur les francs-bords (la parcelle traversée par le bief sera ainsi grevée d’une servitude d’accès qui devra figurer explicitement sur l’acte de vente afin de préserver les droits du moulin) .

Afin de prévenir l’apparition de litiges ultérieurs, il est possible de demander au service du cadastre d’attribuer un n° de parcelle spécifique au bief et autres canaux du moulin, et de faire rattacher ladite parcelle à la propriété du moulin. A défaut la mention suivante peut être portée dans l’acte « le propriétaire du moulin acquittera la taxe foncière sur le bief, dans toute l’étendue du remous ». L’intervention d’un géomètre peut être souhaitable afin de définir très précisément les limites de propriété du moulin et de ses abords.

Il importe d’être très vigilant au moment de la rédaction de l’acte d’acquisition d’un moulin : il faut bien vérifier les limites de sa propriété, et s’assurer que ce que l’on signe d’une part est bien conforme à la réalité sur le terrain, d’autre part permettra de faire valoir ses droits à l’utilisation de l’énergie hydraulique constituant la définition même du moulin.

Dernier conseil aux futurs acquéreurs d’un moulin :

Un moulin n’est pas une simple bâtisse au bord de l’eau, et acheter un moulin n’est pas un acte banal : vous en tirerez beaucoup de satisfaction, mais vous pourrez avoir besoin de conseils qualifiés pour une restauration, vous aurez aussi parfois besoin de vous battre pour faire reconnaître vos droits.

Assemblée Générale du 23 mars 2019

Assemblée générale

Ouverture de l’Assemblée Générale

Le Président, le Docteur Francis Lefebvre-Vary, remercie et présente les invités :

  • M. Parice JOLY, Sénateur de la Nièvre
  • M. Pierre BILLARD, Maire de St Pierre le Moûtier
  • M. Christian Barle, Maire de Livry et Président de la Communauté de Communes « Nivernais-Bourbonnais »
  • M. Jacques LEGRAIN, Vice-Président de la Communauté de Communes « Loire, Nièvre et Bertranges »
  • M. Jacques MANSUY, Directeur de la Camosine « Caisse des Monuments et Sites de la Nièvre »

Il remercie toute l’assemblée d’assister à cette assemblée générale.

Le nombre des personnes présentes est de 78 :

  • 42 adhérents (39 anciens adhérents + 3 nouveaux adhérents)
  • 20 personnes accompagnant les adhérents
  • 16 invités ou autres

39 adhérents (année 2018) + 11 pouvoirs reçus soit 50 votants

22 adhérents excusés ainsi que 4 invités également excusés :

Mme Nadia Sollogoub, M. Jean-Louis Balleret, M. Franco Orsii et M. Joseph Copin.


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Nouvelles Meunières N°18

Nouvelles meunières


Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon sont heureux de vous inviter à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr » et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualité des énergies renouvelables

Plaidoirie pour les énergies renouvelables

Le Journal du Centre du 11 mai 2019 raconte l’excellent exposé que vient de faire à Corbigny M. Thomas Guéret, « ingénieur et prospectiviste »  sur le sujet : « Quelles solutions pour la transition énergétique ? ». Si j’en crois l’article, cet ingénieur, à propos des énergies renouvelables, a surtout « plaidé pour l’énergie solaire », mais n’a rien dit de l’hydraulique. Les auditeurs ont dit leur inquiétude à propos des éoliennes géantes.

Au niveau national, la duplicité de l’État s’observe encore avec l’échec des projets de parcs éoliens maritimes. Le Canard Enchaîné du 8 mai 2019 titre : « Eoliennes en mer : quinze ans à brasser de l’air pour un projet de 15 milliards ». Des projets qui n’avancent guère, l’État multipliant les obstacles. La France a des possibilités dans ce domaine, mais demeure très en retard de l’Allemagne, pour ne citer qu’elle.
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Eolien

Une association particulièrement hostile aux éoliennes géantes.

Le Journal du Centre du 4 mai annonce :

« La nouvelle association a tenu une réunion à Guérigny »

« Les éoliennes, un scandale ».

L’association se nomme « Défense du plateau nivernais boisé, Bertranges et vallées de la Nièvre ». Salle comble, marquée par l’absence des élus, Jean-Pierre Château, maire de Guérigny, s’étant borné à ouvrir la séance et à indiquer qu’il n’avait aucune information officielle concernant l’éventuel projet de construire des éoliennes géantes dans la forêt des Bertranges.

Parmi les griefs énoncés contre les éoliennes, notons le coût pour la collectivité puisqu’il faut tracer de nouvelles routes où les camions apportant le matériel puissent passer, et la diatribe d’un adversaire des éoliennes de Clamecy qui qualifie cet ensemble de « fiasco financier, un modèle à ne pas reproduire ». 

Journaux

Le Journal du Centre

28 avril : Dans le cadre de la grande série d’articles « Enseignes d’antan », étude sur « Une tuilerie industrielle en 1886 » . Elle se trouvait à Plagny, commune de Sermoise, tout près du port sur le canal, dont elle bénéficiait pour exporter sa production. J’évoque ici cette tuilerie parce que sa machine à vapeur faisait marcher ses machines, dont des meules ; elles servaient à assouplir la terre et à la purger de ses bulles d’air avant de l’envoyer en cuisson (l’article n’en parle pas).

Dans le supplément Fémina, notons toute une page : « Je suis perdu au rayon farine de blé ». L’article passe en revue les farine désormais immatriculée T150, T110, T80, T65 et T55-T45 : on part de la farine la plus « complète », donc la moins épurée de son et la moins blutée, pour aller progressivement jusqu’à celle la plus débarrassée du son. Cet article s’inscrit donc complètement dans l’histoire de la farine à partir du moment où on a inventé le blutoir, qui a permis d’aller vers une farine toujours plus « pure », même si une partie des consommateurs a toujours plus ou moins contesté la qualité nutritive du produit ainsi obtenu. 

29 avril : Réouverture du moulin Blot de Bouhy

Nos amis de Bouhy font savoir que le moulin sera ouvert du 4 mai au 30 septembre uniquement les samedis après-midis de 14 h 30 à 18 h , plus lors des journées du patrimoine les 22 et 23 juin .
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29 avril : à la limite entre La Machine et Champvert, on peut observer les ruines d’une ferme. Elle a été détruite par les occupants allemands en 1944, après qu’ils y ont arrêté et fusillé deux résistants. Une stèle rappelle cette fin tragique. Une cérémonie a lieu tous les ans le 30 avril en leur mémoire. J’en parle ici parce que, si la ferme n’avait plus rien de meunier, elle occupait le site d’un moulin du XIXe siècle sur lequel je commence des recherches.

 5 mai : dans le Magazine 2 articles :

. A propos du centième anniversaire de l’obtention du Goncourt par Proust pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », en 1919, double page sur la maison d’Illiers, dans l’Eure et Loir, où il passa une partie de son enfance (évoquée dans A la Recherche du Temps Perdu ) : le livre de chevet montré est « François le Champi », de Georges Sand. J’en parle ici parce que c’est l’histoire d’un garçon abandonné, recueilli par un meunier, lequel le forme à son métier. En passant, ça me rappelle qu’à la fin de sa vie Proust eut comme servante Céleste Albaret, une jeune fille qu’il nomma sa « gouvernante ». Elle prit sa retraite longtemps après la mort de l’écrivain et se retira à La Canourgue, en Lozère, cela… dans un moulin.

. Une libraire recommande un livre de l’auteur chinois Dal Sijie, connu pour « Balzac et la petite tailleuse chinoise ». Dans son nouvel ouvrage : « L’Evangile selon Yong Sheng » (Gallimard), il évoque son grand-père, considéré comme un « ennemi du peuple » lors de la « révolution culturelle» que déclencha Mao Ze Dong ; comme châtiment il fut condamné à des années de travail forcé… dans une huilerie ! Je tâcherai de me procurer ce livre et de le commenter.

6 mai : grand article inattendu mais extraordinaire sur un meunier. C’est dans le cadre d’une série de trois articles où des anciens racontent leur enfance au temps de l’occupation allemande. Cette fois, c’est Régine, la fille d’Henri Perraudin qui s’exprime, lequel Henri Perraudin était le meunier du moulin du Seu, à St-Honoré les Bains. Elle raconte que comme il fut fait prisonnier, son épouse et mère de Régine, avec ses moyens physiques tout de même limités, se mit à travailler au moulin comme l’aurait fait un homme. Y compris il lui arriva de travailler clandestinement la nuit pour moudre du grain au-delà du contingent dont disposait le moulin. Quand Henri Perraudin,  en 1945, fut libéré (par les Américains qui le ramenèrent en France), il eut bien du mal à se remettre au travail: il montra d’ailleurs un caractère difficile, que sa femme ne lui avait pas connu avant la guerre. Elle continua donc quelques temps de mener le moulin. Et puis heureusement Henri parvint à se ressaisir et à se remettre à l’ouvrage auprès de ses meules.

NB : On m’a dit qu’il faisait ses livraisons avec une carriole à cheval, que ma foi il était bien reçu partout… et qu’il en résultait souvent que, le soir venu, il était bien utile que son cheval connût par cœur le chemin pour rentrer à la maison…

Revues

Moulins de France – Avril 2019

Surprenant petit article : « Côte-d’Or, Moulin de Vanneau à Saints-en-Puisaye ». L’auteur n’est pas parfait en géographie. En tout cas on y apprend que le moulin de la ferme éducative de Saints-en-Puisaye, dans l’Yonne, non loin de la limite avec la Nièvre, a besoin de travaux assez importants : plus de 80 000 euro. Les subventions promises laissent à trouver 60 000 euro, pour lesquels l’association créée lance un appel aux dons.

Spectacles et art de vivre – Mai 2019

La revue annonçant les spectacles de notre région Bourgogne avec quelques escapades en Franche-Comté et… Alsace (très intéressantes d’ailleurs ) cite la commémoration des 900 ans de la basilique St-Andoche de Saulieu, le 4 mai, avec un concert sur le très bel orgue tout neuf. La basilique fut au centre d’une collégiale, dont le chapitre posséda le moulin de Chamboux au moins de 1518 à 1791 (le moulin existait en 1392). Nous avons publié la légende attachée à ce moulin dans notre recueil de contes et légendes dont un moulin est le centre. En l’occurrence, l’histoire évoque une statuette posée au moulin, jetée par des vandales dans la rivière alimentant le moulin, mais qui l’aurait remontée pôur regagner le moulin, conférant ainsi à celui-ci un caractère sacré, au grand avantage du meunier. Le hasard de l’histoire des découpages administratifs a fait que lorsque les départements ont été créés, le lieu-dit Chamboux a été affecté à Alligny en Morvan dans la Nièvre, alors qu’il aurait pu l’être à St-Léger de Fourches en Côte-d’Or (aujourd’hui Champeau) : Serge Calandre a en effet constaté que l’état civil du village était tenu « alternativement » une année par le curé d’Alligny, la suivante par celui de St-Léger, etc. Ce moulin de Chamboux, fort modeste, sera démoli en 1901. Ses restes éventuels sont noyés sous le lac de Chamboux créé il y a quelques années.

Livres

A propos de la catastrophe de Notre-Dame de Paris, on cite abondamment Victor Hugo pour le grand roman qu’il lui a consacré. A un moment, le « héros » franchit le pont sur la Seine proche de la cathédrale, qui était dit « Pont des moulins », parce qu’il portait des moulins dont les roues étaient suspendues entre ses piliers ; Hugo précise qu’il est éclaboussé par de l’eau que projettent les roues.

Pont aux Meuniers – Paris

Conan Doyle : Les exploits du professeur Challenger et autres aventures étranges : Collection Bouquins chez Robert Laffont

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Conan Doyle n’est pas que le père de Sherlock  Holmes. A la fin de sa carrière littéraire, il a préféré le fantastique, et ce abondamment comme le montre cette copieuse intégrale. Je la lis peu à peu (presque 1200 pages). Dans « Quand la terre hurla », Conan Doyle imagine qu’on creuse un puits de 13 200 km pour gagner le centre de la terre, cela grâce à ceci entre autres : « Dans la station génératrice, plusieurs turbines d’une grande puissance tournant à 140 révolutions par minute gouvernaient les accumulateurs hydrauliques qui développaient une pression de 700 kg par pouce carré… »

Télévision

Le  14 avril 2019, la 5 a diffusé un documentaire sur la moutarde. Il a surtout insisté sur le peu de graines de moutarde (le sénevé) cultivé désormais en Bourgogne, l’essentiel venant du Canada.

Quant à la fabrication, Amora n’a plus d’usine en Bourgogne. Restent Maille à Chevigny-St-Sauveur et Fallot à Beaune. On a vu quelques images des meules de la maison Fallot, dont le représentant a spécifié que la maison préférait travailler sur des meules comme autrefois plutôt qu’avec des engins modernes, même si le rendement en quantité est inférieur. Curieusement, il a dit que les meules échauffaient moins la moutarde que les engins modernes.. 

Dans notre bulletin nous avions proposé il y a quelques années un reportage sur le moulin à moutarde de la maison Fallot.

16 avril, Arte : à propos de l’exploit d’avoir construit la cathédrale Notre-Dame de Paris en peu d’années (60 seulement), un documentaire précise que les constructeurs ont utilisé la force hydraulique pour fabriquer le fer, car elle venait d’être mise au point par les cisterciens au milieu du XIIe siècle. Il est précisé que l’invention du haut fourneau est plutôt des environs de 1300.


Cinéma

« Menochio », d’Alberto Fasulo. Nos Nouvelles meunières évoquaient voici peu le livre « Le fromage et les vers », de Ginzburger, racontant la vie d’un meunier italien du XVIe siècle, fort libre de ses opinions, et pour cela condamné au bûcher par l’Inquisition. Ce film est tiré de ce livre. Si Télérama (semaine du 20 au 26 avril) lui accorde quelque qualité, Le Monde et Libération du 17 avril l’assassinent tout net. A voir si possible.


Livre

Véra nous a trouvé en brocante un exemplaire du livre de Georges Coulonges « La terre et le moulin ». Georges Coulonges a eu sa petite célébrité dans les années 1970 et 80. Ce roman est paru chez Grasset en 1984, et immédiatement repris par France-Loisirs, ce qui implique que la première édition avait dû bien marcher. Le style d’écriture de Georges Coulonges est plus celui d’un journaliste que d’un vrai romancier, mais La terre et le moulin, qui se passe en Quercy, est un assez bon roman « de terroir ». Malheureusement pour nous il y est… peu question du moulin.


Radio

Le 29 avril  de bon matin sur France-Musique : « Les moulins de mon coeur » (issu du film « L’affaire Thomas Crown »), par son auteur Michel Legrand au piano et au chant Nathalie Dessay.

Nouvelles Meunières n° 17

Nouvelles meunières

AS

En prévision de notre bulletin n° 87, à paraître début juin 2019

Nous y évoquerons St-Malo en Donzyois, commune où se trouvait l’abbaye de Bourras, dont les premiers moines arrivèrent sur le site en 1119, soit il y a 900 ans. En passant on trouvera juste quelques mots sur le moulin à vent qui était situé assez loin à l’est de l’abbaye, et qui ne semble pas avoir été créé par elle (je n’en trouve mention que dans les années 1840). Au cours d’une randonnée organisée par l’Arni (Association des Randonneurs Nivernais) le 31 mars 2019, j’ai pu observer le site. C’est une colline, dont le sommet est à 348 mètres. Apparemment cela n’a pas été suffisant puisqu’on remarque qu’une motte y a été ajoutée, sur laquelle fut juché le moulin à vent. Elle n’est pas intacte car on y a au XXe siècle aménagé le local d’un château d’eau.

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Site du moulin à vent à St Malo

Lutte contre la continuité écologique

Selon le numéro d’avril 2019 du Monde des Moulins, les discussions très tendues continuent au sein du « Comité national de l’Eau », dont sont membres les fédérations d’amis des moulins, chargé d’apaiser les relations entre les différents riverains et utilisateurs des rivières. Peu de progrès sont constatés. Plusieurs propositions vont être soumises à l’arbitrage du ministre lui-même.

Actualité des énergies renouvelables

Eolien

Journal du Centre 

  • 29 mars 2019 : « Donzy : Le projet éolien interroge ». Une association, la Canopée libre, se crée à ce sujet, dans un style résolument offensif : citant deux agriculteurs qui estiment leur activité « impactée », le président s’exclame : « L’éolien est pour nous une galère, le combat est engagé, on a été manipulé, mais on ne lâchera pas, on se bat pour notre santé ».
  • 2 avril 2019 à propos de Bouhy, dans l’article « Une étude sur le centre-bourg », on apprend que les éoliennes rapportent à la commune 7933 euro, plus 4 400 pour l’autorisation de passage sur les chemins.
  • 8 avril 2019 : Le peintre Antoine Paneda, dont plusieurs fois nous avons publié des dessins et aquarelles dans notre bulletin, présente jusqu’au 17 avril une exposition à la mairie d’Imphy dont il est natif, et qu’il lui offre un de ses plus beaux tableaux : l’arrivée de Marie de la Grange d’Arquian à Imphy le 11 septembre 1714. Ce tableau, dont une belle reproduction a pu être admirée dans le numéro des Annales du Nivernais (Camosine) consacré à Imphy, propose une image superbe de la grande roue hydraulique qui faisait alors fonctionner la forge industrielle d’Imphy, que voici en détail.
  • Dans le même numéro, article sur le sarrasin, céréale reine de la crêpe bretonne. Il évoque un restaurateur qui propose en son établissement de Paris maintes recettes de sarrasin « moulu sur place ». L’article rappelle que dans bien des contrées de France la population se contenta de seigle et de sarrasin à défaut de pouvoir manger du pain issu du froment.
  • 9 avril : article « La renaissance de la pierre sèche », donc de la construction de murs sans liant. Cela me rappelle ma visite au moulin de la Romanée, à St-Germain de Modéon en Morvan de Côte-d’Or. Le propriétaire m’avait montré, quelques mètres en amont, les ruines du moulin primitif, un ensemble d’anciens murs « en pierre sèche », donc non cimenté. Architecte de profession, il m’avait expliqué que cette façon de construire avait cessé au plus tard au XVe siècle. Il n’était pas illogique de penser que dans des contrées reculées comme devait être alors le Morvan, les moulins devaient être « en pierre sèche ». En tout cas cela faisait remonter l’histoire du moulin de la Romanée au XVe siècle.

Revues 

Bulletin des Amis du Vieux Varzy n° 30, avril 2019

Suite à notre assemblée générale 2018 que nous avons tenue à Varzy, l’association des Amis du Vieux Varzy nous a demandé un article sur les moulins de la Ville. Ce bulletin le contient. Il tient la place des pages 46 à 57. Il comprend l’inventaire de deux moulins de Varzy en 1863 (un moulin à eau, un à vent) que nous a trouvé un de nos adhérents. La plupart des illustrations sont fournies par les Amis du Vieux Varzy.

Un court article montre les dirigeants de l’association disposant une nouvelle enseigne devant la fameuse huilerie Mariaux que nous avons visitée lors de l’assemblée générale.

Bulletin de l’Académie du Morvan n°85, 2018, que nous venons de recevoir début 2019

Ce bulletin comprend deux parties :

1) « A la découverte de la langue gauloise dans le Morvan », rédigée par Jean-Paul Savignac. On y apprend que le nom gaulois de la meule était « brauon », et que dans la légende de Ste-Brigitte, lorsqu’elle est chassée par son père, le moulin du village cesse de marcher ; il ne ressuscite que lorsqu’elle est admise à revenir.

2) « Le hêtre européen habitant du Morvan », par Marie-Aimée Latournerie. Le fruit du hêtre, le « faîne », gagnerait à être mieux connu : « on en fait de l’huile qui sert à brûler et qui s’emploie aussi en friture et en pâtisserie ». L’auteur cite un écrivain du XVIIIe siècle : L’huile de faînes bien faite est, après l’huile d’olive, la meilleure que l’on connaisse en Europe ». Mme Latournerie a raison d’appeler notre attention là-dessus : on ignore pourquoi le faîne a finalement si peu été utilisé. Pour ma part, je n’ai trouvé les moulins écrasant le faîne qu’en période de crise historique, lorsque la navette et la noix manquaient pour faire de l’huile. Plus loin Mme Latournerie rappelle qu’après 1830 on a utilisé la pâte de bois pour fabriquer le papier, même si explicitement elle ne rappelle pas qu’il était affiné et découpé dans des moulins.

Le Monde des Moulins n° 68, avril 2019

Plusieurs articles à signaler en particulier

. A propos d’un moulin à vent en cours de restauration, sur le Causse Méjean en Lozère, à plus de 1000 mètres d’altitude, l’auteur expose qu’à cette altitude on ne pouvait entoiler les ailes des moulins à vent, car le souffle du vent pouvait y devenir trop violent. Les ailes portaient donc des planches de bois sur la moitié de leur surface. L’article est illustré entre autres par les reproductions de deux enluminures de 1344. Les moulins sont sur pivot. Il y a aussi les plans du moulin en cours de restauration, des photos, etc.

. Dans l’Ariège, le meunier Pons Aï s’est converti à la foi cathare et prit en charge un moulin à Monségur. On pense qu’il périt dans les flammes lors de la prise de Monségur par les « croisés » envoyés par le roi et le pape ravager le pays en 1243. 

. Un grand article sur la particularité des régulateurs à boules dans les moulins à vent.

. « Le moulin à eau de Marie Ravenel » dans le Cotentin (département de la Manche, Normandie). Un moulin en cours de restauration, avec ses paires de meules. La fille du meunier Ravanel, Marie, se mit à écrire des poèmes, et ils furent de qualité puisqu’elle parvint à en publier trois recueils de 1852 à 1890.

. « Police des moulins sous l’ancien régime. Les astuces des « meuniers fripons ». L’article est de moi. J’y suis présenté comme issu du « Collège des membres individuels ».

Lu à la Médiathèque de Nevers

On ne fouille jamais assez les bibliothèques. Par exemple je viens de trouver une nouvelle réponse à cette question : est-ce que vraiment une crue peut être assez formidable pour détruire un moulin et emporter les meules ?

Voici la réponse dans le livre « Histoire de Semur en Auxois », publié par Alfred de Vaulabelle en 1905. Semur est une très jolie petite ville de Côte-d’Or juchée au-dessus d’un profond ravin où coule l’Armançon. Outre qu’il fait remonter la date la plus ancienne d’existence connue de moulins à Semur à l’année 879 (date du don par le duc de Bourgogne Bozon de ces moulins à l’évêque d’Autun), il décrit qu’en 1615 : « Le déluge d’eau fut si grand  qu’il emporta la moitié du faubourg de Vaux… et plusieurs moulins sur la rivière, dont les meules furent emportées ». Il ajoute : « Une nouvelle inondation eut lieu le 6 novembre 1710, qui détruisit les ponts et les moulins ».

Livre : 

« Le Meunier, les moines et le bandit » de Fanny Colonna, éditions Actes Sud, collection Sindbad, 2018.

L’auteur part à la recherche de tout ce qui concerne la vie d’un assez curieux personnage, français d’origine italienne, qui s’installa comme meunier dans un village perdu du massif montagneux des Aurès, au sud de Constantine dans l’est algérien. Ce meunier eut l’occasion de connaître un « bandit » local ainsi que des missionnaires catholiques qui tinrent une petite ferme tout près de son moulin, d’où le titre de l’ouvrage. Revenu en bonne santé de la guerre de 1914-18, il traversa sans trop de mal la guerre d’Algérie, réussissant à toujours tenir la distance égale entre les fellaghas locaux et l’armée française. Il resta dans son village des Aurès après l’indépendance, et mourut centenaire. Il écrivit quelques poèmes. Son premier petit moulin était dérisoire et peu productif, aussi en a-t-il créé deux autres… au rendement semble-t-il aussi relatif. A un moment l’auteur propose un plan de son moulin, tout à fait sommaire. Beaucoup plus loin Fanny Colonna rapporte qu’il aurait fait venir de France des meules, « en granit » selon ce que lui affirme un témoin qui a connu le dit meunier, mais ce qui me paraît improbable. L’auteur ne connaît pas grand-chose aux moulins : c’est ainsi qu’elle écrit que le premier moulin de son personnage était « à turbine » : non, c’était à roue horizontale à dents en forme de cuiller. D’un style parfois ingrat, voire confus, pour quelqu’un qui fait une enquête historique elle manque parfois de rigueur ; ainsi écrit-elle deux fois que la guerre d’Algérie a duré 7 ans ; or elle a eu lieu du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962 si on l’arrête à la date des accords de paix d’Evian, ou au 3 juillet 1962 jour de l’indépendance officielle de l’Algérie ; il me semble donc plus judicieux d’écrire qu’elle a duré presque 8 ans.

Télévision

Le 1er avril 2019, suite au récent décès de la cinéaste et reporter photographe Agnès Varda (à 90 ans), Arte a diffusé ses mémoires qu’elle a « écrites » sous forme d’un film pour ses 80 ans. Elle possédait sur l’île de Noirmoûtier un moulin vent que l’on voit avec le squelette de ses ailes.

Erratum

Dans les Nouvelles meunières 16, à propos de la visite de Jean-Pierre Azéma, j’ai mal écrit le nom de l’ingénieur hydraulicien allemand qui a perfectionné la roue Sagebien : il s’agit très exactement de Zuppinger.