Actus

La Nièvre d’Arzembouy

actualités historiques

Textes et photos de Philippe Landry sauf indication contraire

Les moulins es rivières Nièvre

Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de St-Franchy et Petite Nièvre, Nièvre de Champlemy, Nièvre de Bourras, etc… toutes ont animé quantité de moulins. Nous en livrons ce que nous avons pu établir de leur histoire dans notre bulletin semestriel, et dans une série de « cahiers », dont voici le premier numéro.

Particularité importante dans l’histoire de ces moulins : en raison de l’abondance de minerai de fer, des forêts fournissant le combustible des hauts fourneaux, et de l’eau pour faire tourner les roues, beaucoup ont un jour été transformés en forges hydrauliques “industrielles”, ou celles-ci sont devenues moulins. La roue faisait tourner un “arbre à cames”, qui :

– Ouvrait les soufflets, 

– Faisait tomber un marteau sur le minerai pour une première épuration (c‘est alors un bocard ou patouillet),

– Faisait tomber le fameux gros marteau dit martinet sur la pièce métallique en fusion pour lui donner forme,

– Faisait tomber un marteau sur le “laitier” (résidu de la forge) ; le moulin s‘appelait alors “moulin à laitier” ou bocard à laitier.  Il fournissait un sable qu’on utilisait dans le moule des pièces métalliques, par exemple les canons (on parlait alors de moulin à sable). Mais ce sable, parfois nommé mâchefer, entrait aussi dans le soubassement des routes ou dans les rives des canaux.

Cependant, nous ne rentrons guère ici dans le détail du travail du fer, attendu que d’excellentes études lui ont été consacrées : 

– les bulletins annuels des Amis du Vieux Guérigny (sans compter l‘exposition qu‘ils présentent chaque été)

– “Les forges de la Chaussade à Guérigny” de Jean André Berthiau, édité par la Camosine.

– “Forges et forgerons en Nivernais et en Berry”, de Raymond Robin

– “La Nièvre royaume des forges”, sous la direction de Francis Dreyer qu’a publié le Conseil général dans la collection “Musées”

– “Le Fer en Nivernais, Age d’or et déclin, 17e-19e siècles”, de Claudius Gabard et Jean-Louis Carnat, ainsi que “La vie quotidienne des ouvriers des forges en Nivernais au XIXe siècle”, par Guy Thuillier, deux ouvrages édités par le Centre de documentation pédagogique de Nevers.

Le travail du fer est très important autour de Prémery : vers 1790 l’ensemble des forges de Prémery, de Lurcy le Bourg et de Sichamps emploie 300 ouvriers  (AD 1 L 243).

Les Nièvre en amont de Prémery

Oulon

La carte Cassini montre un moulin sous l’étang d’Oulon. Les eaux en disparaissent ensuite dans le sol, mais le relief suggère qu’elles doivent rejoindre la Petite Nièvre en aval de Lurcy le Bourg.

En 1665, le seigneur Charles de Chéry loue ce moulin d’Oulon, dit des Chaulmes, à Jean Baulmier, “moulinier”, avec bâtiment, maison, roue, rouages, biez, chaussée, moyennant “neuf vingt vingt livres” à régler par 4 quartiers de 45 (dont en fait 4 fois 45 livres). Toutefois le preneur devant faire son affaire de toutes les réparations (Archives Départementales, Archives de l‘Hôtel-Dieu, B 25). En 1669, tout le village d’Oulon tombe dans l’escarcelle de Charles Roy. Plus tard, par testament, Charles Roy lègue le moulin à l’Hôtel-Dieu de Nevers (ce qui prend effet en 1708). C’est pourquoi le moulin apparaît plus tard dans l’inventaire des biens de l’hôpital général de Nevers. En 1883, il lui rapporte le revenu fiscal net de 1035 f (un grand moulin, donc). Il n’en est pas moins converti en bâtiment rural en 1890 (AD, 3P 203/ 3 et 4)

Giry

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  forge de Giry : 1598 ; Gipy 1754 (B84) ; 2 moulins à Giry en 1882.

En 1754 fonctionne le moulin de Giry (AD B86).

1873 : on  vole un sac de blé à un meunier de Giry nommé Legland.

En 1882, Giry compte deux moulins et un bocard à Gipy, mais qui disparaît bientôt. Les deux moulins de Giry appartiennent au prince de Beauveau, celui du plan cadastral 558 rapporte 260 F, et celui du plan 1520, 175.

En 1883, ces deux moulins emploient deux ouvriers, rémunérés de 2 à 3 F par jour (AD, M 6316).

 Cependant le second de ces moulins, après que son revenu est monté à 476,25, est “en ruines” en 1894. Passé à Robert de Mun, le premier lui rapporte 400 F en 1895 ; il est cité comme fonctionnant dans le Dictionnaire Vallière de 1896. Le meunier s’appelle Jean Lorcery, mais le moulin est démoli en 1901, Lorcery devenant menuisier. Par “démoli” il faut entendre que l’outillage est démonté et dispersé : le bâtiment du moulin de Giry demeure une imposante construction avec un aspect “forteresse”, juste sous le fameux château de Giry, en contre-bas de la route. (AD, 3P 127/4). 

Le fait qu’il y ait eu deux moulins sur le site de Giry entraîne une complexité dans la recherche. En effet, le « moulin de Giry » a été tenu par une grande famille de meuniers, les Bernard, dont 4 générations s’y sont succédé. C’est ce que nous apprend la revue généalogiste Blanc Cassis, dans son numéro du 1er trimestre 2019 où elle consacre des notices à plusieurs soldats nivernais morts à la guerre de 1914-18 ; à propos d’Auguste (dit Pierre) Bernard, elle le définit comme « meunier » au moment de sa mobilisation, et donc issu de 4 générations, en particulier son grand-père Jean Bernard, qui « avait exploité le moulin de Giry dès le début du XIXe siècle ». Comme le moulin de Giry semble fermé en 1901, il est probable que Pierre se place comme meunier dans d’autres moulins. Au demeurant, la notice nous apprend que sa mère est déjà veuve ; peut-être la cessation de l’exploitation a-t-elle été consécutive à la mort du père de Pierre ?

En tout cas on a deux noms de meunier dans une brève période à la fin du XIXe siècle (Lorcery et Bernard), chacun ayant tenu un des deux moulins du site de Giry.

Moussy

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  un moulin à vent avant 1789 ; huilerie Paul Abord 1878 ; Bertrand huilerie 1939

Des carrières de grès ont été exploitées à Moussy, pour en extraire des meules, ce qui a valu au village de s’appeler au XIXe siècle Moussy les Meules (Flohic). Christophe Girodet écrit dans « Moulins des villes et moulins des champs en Nivernais à la fin du Moyen Age » (paru dans les Annales de Bourgogne, tome 84 fascicule 4, de 2012) : « Les carrières de meules du petit village de Moussy ont fourni des meules pour plusieurs moulins de la châtellenie de Montenoison », notamment en 1381-82 pour un « moulin de Treigny » (le meulier est Perrin Soudin), et en 1394-95 pour un autre de Lurcy le Bourg ; des meules de Moussy sont vendue à l’évêque d’Auxerre pour un de ses moulins de Cosne, et en 1420 à la ville de Nevers pour ses moulins à chevaux (meulier Jean Guillaumot).

Moussy ne semble pas avoir connu de moulin à eau. La matrice cadastrale 3P 184/4 indique une huilerie Paul Abord, démolie en 1878, lieu-dit “Le Château”, au revenu fiscal net de 150 F. Il est improbable que Bertrand, l’huilier repéré en 1939, ait pris sa succession.

Lire la suite

La Nièvre de Champlemy

Actualités actualités historiques

Textes et photos : Philippe Landry, sauf indication contraire

Les moulins des rivières Nièvre

Nièvre de Champlemy, Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de St-Benin, Nièvre de St-Franchy et Petite Nièvre, Nièvre de Bourras, etc… elles ont animé quantité de moulins. Nous en livrons ce que nous avons pu établir de leur histoire dans cette série de 5 cahiers, aujourd’hui celui consacré à la Nièvre de Champlemy.

(Lorsqu’une commune possède une  rivière non affluente à la Nièvre, les moulins de celle-ci ne sont pas étudiés).

Les moulins des Nièvre ont connu une grande diversité d’activités. Ils ont évidemment surtout travaillé le grain de blé pour fournir en farine panifiable la population. Mais les moulins broyaient aussi les céréales secondaires (orge, avoine) pour nourrir les animaux. 

Très souvent le moulin à grain disposait d’une annexe pour transformer en huile la noixou ou la noisette et plus encore la navette (une fleur jaune de la famille du colza).

On rencontrait aussi des foulons : dans une cuve pleine d’eau, on mélangeait la laine, le chanvre et de « l’argile à foulon ». La roue du moulin, grâce à l’arbre à cames, faisait tomber et retomber dessus un gros marteau, cela pendant trois jours. Il en sortait une « étoffe », les derniers temps assez médiocre, dont on faisait le feutre des chapeaux, l’épais manteau des paysans, et les couvertures des chevaux.

On rencontrera quelques moulins à papier ou à carton, et plus encore de moulins ayant pulvérisé la matière à faire le vernis des faïence, ce pourquoi on les appelait « moulins à faïence » ou « à blanc ».

Importance du travail du fer

Particularité importante de la vallée de la Nièvre : en raison de l’abondance de minerai de fer, des forêts fournissant le combustible des hauts fourneaux, et de l’eau pour faire tourner les roues, la vallée a connu un grand nombre de forges hydrauliques “industrielles”. La roue faisait tourner un “arbre à cames”, qui :

– Ouvrait les soufflets, 

– Faisait tomber un marteau sur le minerai pour une première épuration (c‘est alors un bocard ou patouillet),

– Faisait tomber le fameux gros marteau dit martinet sur la pièce métallique en fusion pour lui donner forme,

– Faisait tomber un marteau sur le “laitier” (résidu de la forge) ; le moulin s‘appelait alors “moulin à laitier” ou bocard à laitier.  Il fournissait un sable qu’on utilisait dans le moule des pièces métalliques, par exemple les canons (on parlait alors de moulin à sable). Mais ce sable, parfois nommé mâchefer, entrait aussi dans le soubassement des routes ou dans les digues des canaux.

Cependant, nous ne rentrons guère ici dans le détail du travail du fer, attendu que d’excellentes études lui ont été consacréesn notamment par Les Amis du Vieux Guérigny.

Notons toutefois que souvent un moulin est devenu une forge hydraulique et réciproquement ; ce sera indiqué aussi souvent que possible. En outre, les anciens parlaient volontiers de « moulins à fer ».

Les moulins à vent

La vallée de la Nièvre a connu quelques moulins à vent. Nous les citerons ici parce qu’en général ils étaient construits pour remédier au chômage auquel contraignaient les moulins à eau les périodes de sécheresse

Lire la suite

Droits et Devoirs de votre moulin

Juridique

Droit d’eau

Un droit d’eau est un droit réel attaché à l’existence d’un ouvrage hydraulique (chaussée, seuil, digue, barrage). Un ouvrage hydraulique dispose d’un droit d’eau dit « fondé en titre » ou « fondé sur titre », sans limite de temps et sans nécessité d’autorisation administrative nouvelle, dans deux cas de figure : si l’ouvrage  existe avant 1566 en rivière domaniale ou avant 1791 en rivière non domaniale ; s’il existe entre 1791 et 1919 avec une puissance inférieure à 150 kW. Pour que le droit d’eau soit valide, plusieurs conditions sont nécessaires : pas de ruine complète des ouvrages (par exemple, barrage complètement disparu), pas de changement d’affectation de ces ouvrages (par exemple bief volontairement comblé). Il existe par ailleurs des cas où le droit d’eau peut être abrogé par l’autorité administrative (trouble grave et immédiat pour la sécurité, la salubrité, le milieu). Un propriétaire doit apporter la preuve (par tout moyen : cartes, mentions écrites, etc.) de l’existence historique d’un ouvrage (avant 1566, 1791, 1919 selon les cas). Une administration contestant un droit d’eau doit apporter la preuve de ses allégations, dans le cadre d’une procédure contradictoire. A noter : le Conseil d’Etat a rappelé que le droit d’eau est assimilable à un droit réel immobilier (relié à la propriété de l’ouvrage ou des annexes hydrauliques qui en dérivent). Il est donc inexact de prétendre que le droit d’eau impliquerait comme condition d’existence de conserver l’usage l’ayant vu naître (meunerie, pisciculture, etc.) dans les siècles passés. Le droit français assume le fait que les usages des propriétés évoluent dans le temps, ce qui ne fait pas perdre pour autant les droits qui leur sont attachés.

Questions :

Avez-vous la preuve de l’existence de la prise d’eau avant l’abolition du régime féodal et plus spécialement avant la loi du 20 août 1790 par tout document de date antérieure ?

Pouvez-vous prouver que la prise d’eau a été autorisée ou réglementée par un décret, une ordonnance ou un arrêté antérieur à la loi du 16 octobre 1919 ?

Avez-vous reconstitué une chaîne ininterrompue de titres permettant d’établir un lien direct entre la mise d’eau actuelle et le document prouvant son existence avant le 4 août 1789 ?

Avez-vous le règlement d’eau permettant de connaître les caractéristiques de la prise d’eau et du fonctionnement au moment de son autorisation ?

Les réponses à ces questions se trouvent dans votre droit d’eau.

Vérifiez que votre moulin se trouve sur la carte de Cassini (1756-1789) (la carte est disponible sur internet)

Vérifiez que vous êtes propriétaire du bief amont et aval. Possédez-vous toutes les rives du bief ? Avez-vous les numéros de parcelles (si elles sont référencées)?

Connaissez-vous la longueur exacte de votre bief ?

Votre moulin se situe-t-il sur le bief ou sur le lit de la rivière ?

Où se situe le déversoir de superficie ? (Le déversoir de superficie se situe toujours en amont. Le surplus d’eau qui alimente le moulin passe par un bras de décharge pour aller dans le thalweg).

Connaissez-vous sa consistance légale : son débit, sa hauteur de chute?

Êtes-vous en liste 1 ou en liste 2 ? (vérifiez sur la cartographie de la Direction Départementale des Territoires)

Des conventions ou servitudes ont-elles été signées avec des pêcheurs ou tout autre organisme utilisant l’eau ?

Connaissez-vous la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 :

L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général.

Dans le cadre des lois et règlements ainsi que des droits antérieurement établis, l’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous.

Les coûts liés à l’utilisation de l’eau, y compris les coûts pour l’environnement et les ressources elles-mêmes, sont supportés par les utilisateurs en tenant compte des conséquences sociales, environnementales et économiques ainsi que des conditions géographiques et climatiques.

A compter du 1er janvier 2014, les anciens éléments et usages locaux qui n’ont pas été mis à jour cessent d’être en vigueur

Relisez vos documents, fouillez aux archives départementales, municipales ou notariales, etc… Retrouvez les documents relatifs à votre moulin. Ne laissez pas à vos successeurs une situation complexe dont ils auront beaucoup de mal à s’y retrouver. Préservez votre patrimoine avant de le transmettre. Ainsi votre droit d’eau ne sera pas abrogé et votre moulin gardera sa valeur patrimoniale.


Nouvelles Meunières n°26

Nouvelles meunières

au 12 février 2020

Annonce des journées des moulins et du petit patrimoine de juin 2020

Le 2 février 2020, le Journal du Centre transcrit notre communiqué de presse annonçant que les 27 et 28 juin auront lieu les Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, le thème choisi cette année étant ‘L’arbre, vie et usages ». Le texte contient un appel à « tous ceux qui seraient susceptibles d’accueillir des visiteurs ».

Lutte contre la continuité écologique

Affaire du plan d’eau de Garchy :

L’administration, toujours au nom de la continuité écologique, voulait absolument supprimer ce joli plan d’eau qui jouxte l’église en plein centre du village, ce qui lui confère un charme certain. Une association, que nous avons aidée, s’est constituée contre cette suppression. Elle a eu gain de cause. Le Journal du Centre du 12 février annonce que le plan d’eau vient d’être nettoyé, en grande partie grâce à elle.

Actualités des énergies renouvelables

Éolien

Dimanche 20 janvier 2020 : un débat à la télévision Région Bourgogne Franche-Comté sur les éoliennes. Un joli dialogue de sourds entre deux partisans du développement des énergies renouvelables dont l’éolien en Bourgogne Franche-Comté et un adversaire résolu. Ce dernier part de certains principes, comme le fait que notre région n’est pas « ventée », et qu’il n’est pas nécessaire que la Région développe ses énergies renouvelables puisque d’autres le font. Passons sur ce dernier argument assez curieux car c’est toute la France qui a intérêt à les développer. Mais l’argument selon lequel la région n’est pas ventée est peu recevable, puisqu’il y a eu des moulins à vent partout ; en tout cas dans la partie Bourgogne.

Peu de débats sur le fait que parfois les éoliennes gâchent le paysage.

L’hydraulique a été scientifiquement ignoré par les deux parties à l’énumération des « énergies renouvelables’.

Journal du Centre 17 janvier 2020

L’Association Sauvegarde du Sud Morvan change de président. Le nouveau a de quoi faire car dans cette zone au sud de Luzy, faites de collines relativement boisées, les projets sont nombreux :

  • Un à Luzy même, qui ne soulève guère d’hostilité, contrairement aux suivants :
  • Un sur l’ensemble Ternant-St Seine-Tazeilly plus Cressy sur Somme (cette dernière localité étant en Saône et Loire) : un « parc de 15 équipements ».
  • A Marly sous Issy (71) : 15 autres éoliennes
  • Un autre projet à Grury de 4 éoliennes et un à Montmort – nombre d’éoliennes inconnu (deux localités du 71)

Journal du Centre du 23 janvier 2020

Élections municipales à Champlemy, une candidate se prononce contre les éoliennes, ce qui suggère qu’un projet commence à poindre le nez dans ce secteur.

Le Régional de Cosne du 22 janvier annonce que les adversaires du projet d’éoliennes de St Quentin-sur-Nohain et St Laurent l’Abbaye viennent d’être déboutés par le tribunal administratif.

Journaux

Le Journal du Centre samedi 1er février

Article « Découvrir les zones humides »

Rare point de convergence entre le ministre chargé de l’écologie et les amis des moulins : la protection des zones humides

Le journal évoque la « journée mondiale des zones humides » telle que célébrée dans le Morvan ce week-end là; voici les sites retenus :

  • Le Domaine des Grands Prés à St Agnan
  • Le Saut du Gouloux
  • Le lac du Crescent à Marigny l’Église
  • Le Lac des Settons

Seul le site du Gouloux ne doit pas trop à l’intervention humaine (sa cascade fut seulement abaissée et un long bief apporta l’eau aux deux roues de feu le moulin le plus photographié de la Nièvre, du Morvan et probablement de toute la Bourgogne).

Les trois autres ? tous des lacs de barrage, la zone humide se trouvant à leur début. Pourtant, nos chers amis technocrates du Ministère et du Parc Régional du Morvan prétendent nocifs les barrages !

2 Février : annonce de nos Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins de fin juin 2020 dont nous serons dans la Nièvre, les maîtres d’oeuvre. L’article le précise d’ailleurs et indique notre site internet.

9 Février

Dans la page magazine centrée sur la pêche :

D’après l’ONEMA les fédérations de pêche seraient contre les plans d’eau. Seulement, dans la Nièvre, en voici une qui organise une journée de pêche à la truite à … l’étang du Châtelet, au pied d’Arleuf. Mieux encore, les inscriptions sont à prendre … auprès du moulin des Morvands à Fâchin. Bienvenue amis adversaires !

Dans la page Grand Nevers, un grand espace consacré à … St Pierre-le-Moûtier et Mme Dominique Mariller. Cette dame saluée pour son dynamisme, nous la connaissons comme membre de l’association du moulin des Éventées (l’article le rappelle), et nous la rencontrons à chacune de ses manifestations.

Revues

Les Annales des Pays Nivernais n° 178 – janvier 2020

Numéro consacré aux « musiciens traditionnels du Nivernais Morvan » et préparé par JF « Maxou » Heintzen et Philippe Poulet. Est cité notamment à deux reprises, feu notre ami Pierre Joachim, qui, après plusieurs années de vie en région parisienne, succéda à son père à la dernière huilerie du Morvan à Lormes et dont nous avons abondamment parlé dans une récente revue. Également cité Albert Jaillet ; je l’ai rencontré vers 1984 en son moulin de Dun sur Gerandy où il réparait des automates. Par contre il en est deux qui semblent avoir échappé aux auteurs : Etienne Grillot, qui tint le moulin Boutenot à Planchez-en-Morvan. Dans le numéro spécial que nous avons consacré aux moulins de Planchez, on trouve ceci : « le dernier meunier en fut Etienne Grillon dit le « tchène de Bout’not », bel homme dit-on et surtout réputé pour jouer du violon. Il jouait notamment dans les cafés des environs, chez « le Philippe » ancien domicile d’Henri Goguelat, vielleux décédé en 1978 à Boutenot et chez « le Bébel » à La Fiole. Il a laissé notamment une belle valse : « la valse du meulé de Bout’not ». Son père, Raymond Grillot, était flûteux et jouait de la panse d’oueille (cornemuse). La photo le montre dans le jardin du moulin de Boutenot devant la machine à vapeur qui suppléait la roue en cas de sécheresse; Etienne est au premier plan et son père au second.

Moulins de France n° 121 – Janvier 2020

C’est la revue de la FFAM. Je lui ai proposé une série de 16 articles sur les moulins de Bourgogne. Voici le Premier. La couverture porte en titre « les moulins à eau de Bourgogne » et comme illustration un extrait du fameux moulin de St Quentin-sur-Nohain tel que peint par Antoine Panéda. L’article couvre dix pages avec beaucoup d’illustrations : cartes postales, plans des Archives Départementales (ou Municipales concernant Beaune et Mâcon), photos font je suis l’auteur.

Ce numéro rend compte des « Assises de la petites hydroélectricité ». Beaucoup d’interventions intéressantes dont celle de Jean-François Rémy expert ès droit d’eau. Je note aussi :

  • Celle de Patrice Cadet, conseiller technique de la FFAM; Il insiste sur un paradoxe de la politique du Ministère de la « transition écologique » en effet, ce dernier tient à protéger les castors et donc tout ce qu’ils font … Donc qu’il est très bien qu’ils créent un barrage ou un seuil (mais nous sommes d’accord la-dessus). Dans ce cas le-dit barrage et le-dit seuil sont parés de toutes les vertus possibles et imaginables. Mais selon le même Ministère quand c’est l’homme qui a créé un barrage ou un seuil, le-dit aménagement est voué aux gémonies et doit être détruit toute affaire cessante.
  • Celle d’un quidam représentant cet excellent ministère; il parle de choses qui n’ont rien à voir avec le sujet du jour : l’hydroélectricité. Une manière élégante de souligner le peu d’intérêt qui lui est porté.

Exposition

Au musée de la faïence de Nevers : la poterie de St Honoré. Nous l’avons évoquée il y a peu dans les nouvelles meunières avec photo du malaxeur de pâte. Le musée propose un grand nombre de magnifiques objets fabriqués par la poterie de St Honoré, dont un beau vase surmonté par un petit moulin à vent. Tout un mur porte un grand dessin de l’ensemble de la poterie, dont le malaxeur sous son toit protecteur; il faut s’approcher pour distinguer l’une des deux manivelles que deux hommes costauds manipulaient pour remuer la pâte afin de l’assouplir et la purger de ses bulles d’air.

Questions diverses

30 janvier 2020 – Palais Ducal de Nevers

Réunion de restitution de l’étude du rétablissement de la continuité écologique sur les ouvrages hydrauliques de la Nièvre aval depuis Pont-St-Ours jusquà la Loire

Plusieurs membres de notre association y ont participé avec notre président : M. Francis Lefebvre-Vary. Donc retour en arrière : Le Conseil Départemental est à l’origine de cette étude alors que la Nièvre n’étant classée ni en liste 1 ni en liste 2 n’est pas soumise à l’obligation de continuité écologique. Au demeurant si elle ne l’est pas, c’est qu’elle est en bon état. Les personnalités installées à la tribune n’ont pas pu justifier le lancement de cette étude. D’ailleurs, l’absence de la Nièvre sur les susdites listes entraîne que les propriétaires concernés ne peuvent être contraints à entreprendre des travaux. En tout cas, les ingénieurs et techniciens ont développé leurs propositions. C’est souvent très complexe … et ma foi le coût à envisager est fort élevé. Rien que l’étude en question passe pour n’avoir coûté que « 600 000 € ». Plusieurs intervenants du public ont exprimé leur scepticisme.

De grands travaux sont proposés aux annales des anciens moulins de deux de nos adhérents. M Barreau de Pont-St-Ours et M. Martinat de Forgeneuxe: ils n’ont pas caché leur réticence… Ils sont bien résolus à ceci : ils ne pairont pas un fifrelin ! Que l’administration se débrouille

Philippe Landry le 12 février 2020

Nouvelles meunières n° 25

Nouvelles meunières

Lutte contre la continuité écologique

Il existait déjà une Agence Française de la Biodiversité. Heureusement, dans sa grande sagesse, le gouvernement crée à partir du 1er janvier un Office Français de la Biodiversité, qui regroupe l’AFB (Agence Française de la Biodiversité) avec l’Office de la chasse et de la faune sauvage.

Actualités des énergies renouvelables

Eolien
« L’Éolien passe au tribunal » : c’est le titre d’un article du Journal du Centre du 10 janvier 2020, relatif au recours intenté par une association contre le projet de parc éolien à St-Quentin sur Nohain : « les Robins des Mâts ». L’article précise que les communes proches semblent également hostiles à ce projet qui leur semble de nature à nuire à leur environnement visuel.

Énergie solaire
Le Journal du Centre du 16 décembre revient sur le grand projet de parc photo-voltaïque au sein du circuit automobile de Magny-Cours : il aurait une capacité de production de 5250 mégawattheures, « soit l’équivalent de la consommation moyenne de 1650 foyers hors chauffage. L’énergie produite sera supérieure aux besoins du circuit, celui-ci ayant besoin de 1550 mégawatts… Le reste sera vendu par Nièvre Énergie à EDF. »

Journaux

Le Journal du Centre

. 21 décembre : A Vauclaix, on fait jouer du théâtre aux enfants ; une animation inspirée par Mme Patricia Juteau ; l’article n’en parle pas, mais Mme Juteau est la propriétaire du moulin et huilerie de Vauclaix, et elle a fait refaire la roue du moulin.
. 22 décembre : Compte-rendu de l’assemblée générale de « l’Association de sauvegarde des moulins de Moulin-l’Evêque » : nos amis vont participer à la grande rénovation du moulin de la Commanderie programmée pour 2020. L’article en propose une grande photo.
. 9 janvier : Article sur St-Honoré les Bains, « Valoriser la Poterie de la Montagne » ; il y a quelques semaines, j’ai consacré un article dans les Nouvelles meunières au projet de restaurer cette ancienne poterie, dont sa machine à malaxer la pâte, qui fonctionnait comme un moulin.

Revues

Le Monde des Moulins (revue de la FDMF) :. Nombreux articles intéressants, dont je retiens ici :
. La tour de Saussy en Côte-d’Or : cette tour construite en 1876-78 porta une éolienne pour faire monter de l’eau destinée à alimenter la population. Hauteur : 25 mètres. Diamètre : 9,90 m. Et à l’intérieur un escalier assez extraordinaire.
. Les moulins en Andalousie : une grande série visitée au cours d’un voyage d’études de la FDMF.
. Les norias en Syrie : une noria est une grande roue que fait tourner l’eau, mais dont de grands godets soulèvent l’eau pour la répartir entre des canaux d’irrigation. La Syrie et l’Irak en ont connu bon nombre, et depuis peut-être 2000 ans, sur le Tigre et l’Euphrate, ainsi que leurs affluents dont l’Oronte ; les photos montrent des engins extraordinaires ; le texte précise que le diamètre de ces roues pouvait atteindre 21 mètres ; en tant que construction de charpente c’est ahurissant. L’auteur a fait ces photos avant la guerre qui déchire la contrée, et n’épargne guère les vestiges historiques. Cela dit, on trouve quelques norias dans le sud de la France, mais pas aussi monumentales.

Blanc-Cassis, automne 2019 : l’article qui nous intéresse le plus est « Petites digressions autour des Nièvres et du département du même nom ». Est jointe à l’article une très belle carte du « réseau hydrographique » précisant tous les affluents des différentes Nièvres.

Bulletin de l’Académie du Morvan n° 87, année 2019, « Le site gallo-romain des Bardiaux ». Pour mémoire, à côté du hameau des Bardiaux, commune d’Arleuf, fut découvert un théâtre de l’époque gallo-romaine, qu’on peut visiter en permanence. Ce numéro spécial fait le point sur tout ce qu’on a pu y trouver, sachant que des vestiges de l’ancienne petite ville dont le théâtre était proche sont sous les hameaux environnants voire sous des terrains qui l’ont recouvert depuis. En tout cas on y a trouvé, est-il précisé page 11, « des meules en grès pour moudre le grain meules qui étaient tournées à bras par un esclave ». L’auteur, Claude Péquinot, précise plus loin que ces meules ont été trouvées à la fin du XIXe siècle. Il écrit : « L’abondance des eaux vives n’interdit pas de penser que nos ancêtres lointains avaient pu installer des roues de moulins sur les eaux ruisseaux et les rivières ». C’est en effet possible dans la mesure où la technique des moulins à eau a été découverte par des soldats romains en Perse au 1er siècle avant J.-C., suite à quoi elle s’est répandue dans l’empire romain, dont la Gaule au 1er siècle après JC.

Questions diverses

17 décembre Moulin de Chalaux : notre ami Jérôme Amiet a organisé une petite fête à laquelle ont participé quelques membres de notre association. J’en ai profité pour faire des photos d’hiver du moulin. J’ai rencontré aussi M. Bringand qui, en 1958 (il avait 14 ans), a participé au taillage des alluchons de la grande couronne du moulin de Montour, à Brassy. Il était alors tenu par un vieux meunier, M. Gadot. Les alluchons étaient en buis, le bois le plus dur dont disposait le meunier. Le moulin semble avoir fermé une dizaine d’années après.
A cette petite fête participait aussi notre ami Alain Morizot, dont des ancêtres ont tenu le moulin de Chalaux, notamment son grand-père, dernier meunier Morizot de Chalaux, qui a cependant préféré continuer sa carrière au moulin de Montélesme, commune de Montsauche, lequel était plus important. Nous reviendrons dans un prochain bulletin sur l’histoire du moulin de Chalaux au XXe siècle.

Nouvelles Meunières N° 24

Nouvelles meunières

Lutte contre la continuité écologique

L’État prétend imposer la continuité écologique parce que selon lui les plans d’eau gênent les pêcheurs ; on se souviendra éternellement de cette phrase décisive du ministre de l’Environnement M. De Rugy : « Les moulins empêchent les pêcheurs de pêcher ». Donc je reçois avec délice cette coupure de l’Yonne Républicaine du 5 octobre 2019 : « Les pêcheurs ont racheté l’étang ». Tout cela respire la cohérence absolue.

Accessoirement, il s’agit du plan d’eau du haut de Marault, à Magny près d’Avallon ; nous amis des moulins connaissons le plan d’eau du bas, dont une route emprunte la digue, en-dessous de laquelle on voit l’ancien moulin. Celui-ci est surplombé par un château où le grand Pasteur vint quelquefois, à l’invitation de son propriétaire, M. Radot (ils avaient marié leurs enfants). Pasteur a-t-il visité le moulin ? J’ai jadis posé la question à l’institut Pasteur : il m’a été répondu fort aimablement que Pasteur n’avait rien écrit à ce propos. Il faut dire qu’à l’époque de ses venues il était déjà fort âgé, et sans doute était-il moins enclin à prendre force notes.

Toujours à propos de la nécessité où l’État se prétend de détruire un maximum de plans d’eau : l’Yonne Républicaine du 5 novembre contient un petit article à propos de la rivière qui à Auxerre alimentait le moulin à huile Darnus, dont nous avons beaucoup parlé dans notre supplément sur les moulins à huile. « Un bras du ru reste à sec ». « Malgré les pluies abondantes de ces jours-ci, il faudra attendre encore pour voir l’eau emplir le bief du moulin peu à peu envahi par la végétation ». Laquelle dans ce cas n’est pas bien belle, ce qui ne confère guère de charme à l’entrée sud de la ville.

Actualités des énergies renouvelables

Le mercredi 13 novembre, Engie s’offre une publicité de 4 pages dans Le Journal du Centre, « En avant vers la transition énergétique ». Elle insiste surtout sur les économies qu’on peut opérer dans notre consommation d’énergie. La page 2 s’intitule : « Produire et consommer son énergie solaire », et un paragraphe très intéressant : « Solaire : l’énergie d’aujourd’hui vient d’en-haut ».

L’hydrogène

Tout en bas de la même page du Journal du Centre sur les énergies renouvelables du 13 novembre, un petit article : « Hydrogène : l’énergie de demain viendra-t-elle de l’eau ? ». Source d’énergie renouvelable, il est produit par électrolyse, et peu d’électricité lui suffit. Cela me mène à poser la question : un moulin ne pourrait-il réaliser cette électrolyse ?
Les 25, 26 et 27 novembre, nouveaux articles, et conséquents, justement sur l’hydrogène comme source d’énergie de l’avenir. Deux pleines pages dans le numéro du 25, une dans ceux du 26 et du 27. D’ores et déjà des trains commencent à circuler alimentés à l’hydrogène. De gros camions pourraient en bénéficier bientôt. On voit qu’on s’oriente vers la production et la consommation par « grande masse ». Mais bon : mon vœu qu’on équipe des moulins pour produire de l’hydrogène demeure.

Éolien

L’Yonne Républicaine du 2 novembre 2019 fait le point sur la situation sous le titre « Vive le vent, vraiment ? ». L’État soutient l’éolien : en France 8 000 éoliennes fournissent environ 6 % de l’électricité, « mais sur le terrain les résistances persistent ». L’article cite le témoignage de plusieurs personnes qui se plaignent du bruit, et d’un maire qui déplore que finalement sa commune ne reçoit pas les recettes fiscales espérées, notamment dans la montagne bourbonnaise (département de l’Allier).

La lettre d’Aquilon, c’est le bulletin des ennemis des éoliennes du secteur La Chapelle-St-André -E ntrains-sur-Nohain : ils sont surtout remontés contre le projet d’éoliennes d’Entrains sur Nohain. J’en ai parlé dans des Nouvelles meunières : il ne pourrait se faire qu’en détruisant beaucoup d’arbres. L’Aquilon insiste sur le fait qu’il nuirait beaucoup dans le paysage ; il évoque l’exemple de Suilly la Tour, où un touriste a vu avec effroi une gigantesque éolienne derrière la belle église classée depuis 1914.

Journal du Centre du 10 novembre : à Beaumont la Ferrière, « les anti-éoliens s’organisent » contre le projet touchant plus ou moins une douzaine de communes ; ses détracteurs soutiennent qu’il défigurerait le paysage, très forestier dans ce secteur, et nuirait au développement touristique.
Journal du Centre des 15 et 20 novembre : à Ste-Colombe des Bois, non loin de Donzy, le maire « a demandé l’avis de ses concitoyens » sur un projet d’implantation d’éoliennes : un vote permet au quotidien de titrer : « Les habitants contre l’éolien ».
Journal du Centre du 10 décembre : « Le projet éolien relancé dans le Morvan ». Il s’agit du projet qui avait agité les environs de Luzy côté Nièvre et Issy l’Evêque côté Saône-et-Loire. Une société différente de celle qui le portait à l’origine reprend le projet : 10 éoliennes seraient implantées à Tazilly, St-Seine, Ternant (58), Crécy sur Somme et Marly sous Issy (71). La polémique promet d’être intense, le quotidien annonçant que l’association des adversaires compte 1074 membres.

Énergie solaire

Le Journal du Centre du 8 novembre annonce qu’à Magny-Cours, des parkings du fameux circuit automobile vont être couverts de panneaux solaires. Ils devraient pouvoir approvisionner en électricité 1650 foyers hors chauffage.

Le Journal du Centre du 22 novembre annonce un projet de parc photovoltaïque à Alligny-Cosne, exactement au hameau de Bois-Joli, doté de 12 ha.
Le 2 novembre 2019, l’Yonne Républicaine livre deux articles très contrastés sur le photovoltaïque :
. Un projet dans le Tonnerrois, à Nitry : une grande parcelle « entre l’autoroute et la bretelle de délestage » serait couverte de panneaux solaires, susceptibles d’alimenter en électricité 1500 personnes. Ils seront entourés d’un espace végétalisé entretenu par « écopaturage ». Le projet est soutenu par EDF.
. En Puisaye, du côté de St-Privé, la société Abo Wind projette de disposer des panneaux sur une grande parcelle : il y aurait « 190 000 modules polycristallins » posés sur « des pieux battus ou vissés ». 30 000 personnes seraient alimentés en électricité. Mais des voisins redoutent de possibles « nuisances » et ne marquent pas un grand enthousiasme d’avoir ces panneaux solaires autour de leur maison.
Dans les deux cas une consultation de la population est organisée.

La méthanisation

A Auxerre, expose l’Yonne Républicaine du 26 avril 2019, « une chaufferie biomasse est implantée au cœur du quartier Saint-Siméon ». 3700 logements et plusieurs immeubles collectifs tels l’hôpital et certaines écoles sont ainsi alimentés en électricité. L’unité de production est entouré d’un espace herbu que tondent des moutons. Cependant, l’article ne précise pas si l’usine de biomasse n’utilise que des déchets verts.
C’est net dans un article du 7 juin 2019 relatif à un « méthaniseur » qui va être construit près de Chablis : il traiterait par an 10 000 tonnes de déchets de la vigne, à savoir un ensemble «de  marcs, de lies et de bourbes ». Il produirait du gaz fin 2021 ou début 2022.

Journaux

Le Journal du Centre
17 novembre : dans le supplément consacré aux programmes télévision, une page publicitaire propose des pantoufles « charentaises » avec ces quelques mots : « Conçues au XVIIe siècle à partir de morceaux de feutre issus de la papeterie, elles se glissaient dans les sabots. Ce sont ensuite les domestique qui les portent pour ne pas faire de bruit » (quand ils marchent sur les parquet pour venir servir leur maître). C’est effectivement l’origine de la pantoufle, sauf que le feutre n’était pas fabriqué par les moulins à papier, c’était l’œuvre des foulons.
Malheureusement, plusieurs journaux ont évoqué ceci : la dernière entreprise fabriquant de vraies « charentaises » à l’ancienne vient de fermer ses portes, mettant au chômage 38 personnes.

7 décembre : Le conseil municipal de Tracy commence à examiner le projet d’un parc photovoltaïque.
9 décembre :
. Belle publicité d’E. Leclerc, de toute une page, montrant un cadre de la maison et un monsieur qui tient un beau poisson, sur fond d’un magnifique plan d’eau, au bout duquel on aperçoit… un grand moulin (et peut-être un autre un peu plus loin) ; le dit moulin fait désormais pisciculture. Photo prise à La Rochefoucauld, (Charente) sur la rivière de la Touvre.

Revues

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois : 6 novembre, article « L’éolien n’a plus la cote », sur le fait que de plus en plus de résistance se manifeste à chaque nouveau projet de pose d’éoliennes dans la région.

Pays de Bourgogne n° 258 d’octobre 2019 : dans la rubrique « La Bourgogne à travers ses livres », un bon petit article évoque mon recueil « Contes et légendes de nos moulins », paru chez Alan Sutton il y a quelques années, mais qui n’a été adressé à Pays de Bourgogne que récemment, et encore par moi-même. Dans la sous-rubrique « Revues » est développée la liste des sujets de notre numéro 86.

Bourgogne Magazine, novembre 2019
Pour une fois, le célèbre trimestriel contient plein de choses sur les moulins.
1) A propos du nouveau parc national qui vient d’être créé dans un territoire limitrophe entre la Bourgogne et la Champagne, englobant des communes de Côte-d’Or et de Haute-Marne :
. Une huilerie sur le point le plus haut du plateau de Langres, à Pierrefontaines (52).
.. Un dossier sur le chef-lieu de ce parc, Arc-en-Barrois (52) : sur la photo on reconnaît aisément l’ancien moulin de la ville, bien joli.
. Un grand article sur la fort belle abbaye d’Auberive (52), où la fille de Diderot aménagea une filature, donc (j’émets une hypothèse) sans doute dans le moulin de l’abbaye puisque les filatures utilisaient volontiers la force hydraulique.
. « Le moulin aux doigts de fée » : un moulin célèbre, dit « de la Fleuristerie » parce qu’il fabrique des objets pour la mode, notamment des fleurs artificielles (commune d’Orges, 52) ; il dispose encore d’une grande roue à aubes, et autres machines bien meunières (il existait déjà en 1264).
.. Un article sur l’abbaye du Val des Choues (Côte-d’Or), un superbe monument historique parvenu à nous avec de beaux restes, notamment les vestiges de son foulon, qui était à l’intérieur de l’enceinte de l’abbaye (l’article n’en parle pas).

2) Parmi une série d’articles sur la ville de Chagny, en Saône-et-Loire, mais à la limite avec la Côte-d’Or :
. « Tieules bioénergétiques » : une fabrique de tuiles dont les fours marchent au biométhane issu des déchets ménagers.
. « La petite reine de Chagny » : « Née dans les années 80 d’un groupement de meuniers initié par les Moulins Joseph Nicot la Banette aux bouts pointus est chagnotine par ses racines ». Parmi les titres de paragraphe : « Le groupe Nicot est désormais dans le top 10 de la meunerie française ». J’avais évoqué dans des Nouvelles meunières l’immense usine qui sert de « moulin » à l’illustre maison Joseph Nicot. Il y a une vingtaine d’années, le patron, venu visiter le moulin de la Presle à Planchez en Morvan, invita ses propriétaires nos amis Monique et Albert Martin à visiter son « moulin » ; quelques jours après, Albert me dit : « Mon pauvre ami ; je ne savais plus ce que le mot moulin voulait dire ! »

3) Sujet patrimonial : le village d’Aignay le Duc, en Côte-d’Or est désormais doté d’une « Maison de l’eau ». « A l’origine, il y a le projet de mettre en valeur le moulin de Roche, ancienne boucherie ».

4) Tourisme : dans une liste de gîtes ruraux, un nommé « Le Moulin », il se trouve à Tintury, non loin de Châtillon en Bazois. « L’ancien moulin du XVIIIe siècle servait sans doute à broyer les noix. La bâtisse borde une paisible rivière et un imposant étang de 60 ha. »

Blanc Cassis : le numéro 156, 4ème trimestre 2019, contient un article sur la définition des Nièvres : l’auteur n’en trouve que 4 (Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de Champlemy, Nièvre de St-Franchy, Nièvre de St-Benin des Bois ) alors qu’on lui a affirmé qu’il y en avait 5. Celle qui manque est probablement celle qui vient de l’abbaye de Bourras. Je continue de travailler sur l’histoire des moulins de tous ces cours d’eau.

Livres

Le Journal du Centre du 8 août relaie l’annonce de la parution d’une intégrale George Sand à la Pléiade. George Sand a deux romans centrés sur les moulins du Berry : « Le meunier d’Angibault’ » et « François le Champi », que je trouve excellents.

Expositions

Du 16 au 21 novembre, Claude-André Laffaye et Chrisea ont exposé leurs peintures à la galerie Belle de N, à Nevers. Laffaye expose dans le texte qui le présente qu’il a habité plusieurs années au moulin des Gouttes à Onlay. De ce fait nous avons beaucoup discuté des moulins de ce secteur de la vallée de la Dragne, au nord de Moulins-Engilbert. Son beau-frère habite au moulin de Villaines, justement sur Moulins-Engilbert. Claude André-Laffaye m’a dit qu’au moulin des Gouttes il n’y avait plus rien depuis longtemps, et que sa dernière meule se trouve au château tout proche, dit de Lavaut. Lui-même a peint plusieurs moulins, mais aucun n’était proposé à cette exposition. C’est un peintre plutôt figuratif, déclinant parfois ses « démons intérieurs » dans des toiles acérées, où il cherche « la nouvelle terre » dans une atmosphère de science fiction, et parfois au contraire recherchant la paix, notamment dans ses tableaux dont la figure principale est la sphère. Après le moulin des Gouttes, il a habité dans divers lieux, avant de se réinstaller dans le Morvan.
Quant à Chriséa, elle n’a pas de lien direct avec les moulins, sinon qu’elle habite à côté de la fameuse cascade de la Dragne, commune de Villapourçon (en aval du site des moulins de Rangère), où elle tient une chambre d’hôtes pouvant recevoir de 4 à 6 personnes ; elle y expose aussi ses tableaux, l’atelier étant « ouvert au public » (elle donne des « cours de lecture du paysage », techniques diverses », etc).

Télévision

Sur Arte, le jeudi 28 novembre, dans l’émission sur les dernières trouvailles archéologiques relatives aux Gaulois, on a remarqué le long passage sur le musée de Bibracte (sa collection de meules n’a pas été montrée), et une interview de son ancienne archéologue en chef, Anne Flouest, à propos de la cuisine celtique. Nous avions évoqué Anne Flouest dans notre bulletin parce qu’à Bibracte, pour énoncer les connaissances essentielles sur ce sujet, elle faisait des démonstrations de l’utilisation des meules par les Gauloises. C’est également Anne Flouest qui m’avait accueilli lorsque le musée, dans le cadre de la semaine scientifique d’octobre, m’avait invité à évoquer les moulins ; nous avions eu d’intéressants échanges sur ce que nous savions sur les moulins dans l’antiquité et au début du Moyen Age.

Arte 7 décembre, documentaire sur la fabrication des cloches par une entreprise spécialisée d’Italie : on aperçoit deux petites meules courant très rapidement, sans qu’hélas la caméra n’y fasse un gros plan. Elles travaillent la terre argileuse dont on va faire le moule des cloches, afin de la dépouiller de ses bulles d’air.

Questions diverses

Puisque nous parlons d’Anne Flouest, elle revient dans la Nièvre, le 7 décembre, aux Archives Départementales à 15 heures, pour une conférence sur la cuisine gauloise.

. Un moulin transformé en musée dans l’Yonne : il s’agit du moulin du Saulce, à Escolives-Ste-Camille. L’excellent sculpteur Pierre Merlier en a fait son domicile. Après sa mort en 2017 à 86 ans, le moulin est devenu un musée perpétuant sa mémoire. Le musée comprend un « café du Moulin », « bar associatif ». Le musée est ouvert chaque année grosso modo de début juin à fin octobre.
. Toujours dans l’Yonne, le restaurant « Le moulin de Corneil », à Mézilles, continue de livrer une réclame dans chaque numéro de la revue de la Fédération des Moulins de France, Le Monde des Moulins.

Nouvelles Meunières N°23

Nouvelles meunières

Notre fête à Lormes le 5 octobre

Le Journal du Centre l’annonce le 2 octobre, avec une photo d’un des anciens moulins de Lormes.

A propos, lors de notre visite du quartier des moulins, nous ne savions pas quel était le bâtiment de l’ancienne huilerie Joachim. Noëlle Renault nous a envoyé cette photo.

Lutte contre la prétendue « continuité écologique »

Le Journal du Centre du dimanche 27 octobre rend compte d’un « Echange sec sur la sécheresse » : au cours d’une séance orale su Sénat, Mme Sollogoub, sénateur de la Nièvre que nous connaissons bien (elle vient à notre assemblée générale et a participé à notre fête de Lormes) a interpellé le ministre de l’Agriculture à propos du fait que supprimer les seuils réduit les réservoirs d’eau, ce qui est très diminue les possibilités d’irrigations et gêne pour abreuver les bestiaux. Le ministre a répondu qu’il n’y avait là-dessus aucune divergence entre son administration et celle de la Transition Écologique, mais pour ajouter aussitôt qu’il entreprenait de faire créer « soixante retenues  d’eau ». Mme Sollogoub a fait remarquer : « Soixante retenues d’eau pour toute la France, c’est-à-dire pas même une par département. Sans mauvais jeu de mots, c’est une goutte d’eau. »

Actualité des énergies renouvelables

Hydroéléctricité

Guérigny: Le Journal du Centre du 31 octobre annonce l’évocation en conseil municipal du projet de microcentrale sur le site des Forges Royales, où, rappelons-le, subsistent le plan d’eau et des turbines à rénover. Le maire compte convaincre l’administration, qui pour l’instant montre une bonne volonté des plus relatives.

Niveau national

Plusieurs députés s’activent pour la défense de l’hydroélectricité donc des moulins. C’est ainsi que se tiendront des « Assises de la petite hydroélectricité et de la biodiversité » à l’Assemblée nationale le 24 octobre 2019, avec la participation de la FFAM. A ce propos, des députés ont proposé des amendements au projet de loi Energie et Climat.

Éolien

Le Monde du 9 octobre 2019 : Toute une page consacrée à l’éolien au niveau national. « Eoliennes : la filière française prend son envol » est le titre du premier article, tandis que le second annonce : « En mer, le premier parc hexagonal sera raccordé en 2022 ».

Le Journal du Centre du 29 octobre évoque brièvement le développement de l’éolien marin en Belgique,  avec d’ores et déjà environ 200 éoliennes géantes, dont 44 pour le seul parc Norther.

Énergie solaire

1er octobre : le Journal du Centre annonce une réunion sur le photovoltaïque qui se tiendra le 3 octobre à  la Chambre de Commerce de Nevers, de 10 à 12 heures.

Le 2 octobre, il annonce la création d’un « parc photovoltaïque » à Tracy sur Loire, au lieu-dit « Les Froids » (tout indiqué si ça peut aider des gens à se chauffer). De nature privée, ce projet mobilisera 8,6 ha, dont 2,96 seront couvertes par 13 635 panneaux. Les retombées espérées pour les finances locales sont de 44 000 € par an. l’article indique aussi que deux autres projets sont en train d’émerger : celui de La Charité que nous avons déjà évoqué, et un autre à Alligny-Cosne.

Le 23 octobre, les pages 2 et 3 sont sous le titre « Photovoltaïque dans la Nièvre : il arrive doucement ». Malgré la relative faiblesse de l’ensoleillement dans notre département, le photovoltaïque est rentable dans notre département. Seul inconvénient : il occupe parfois de bonnes terres agricoles, au détriment des jeunes agriculteurs qui cherchent à s’installer.

Journaux

Le Journal du Centre

L’encart Le Mag 22 septembre 2019 annonce la parution du Dictionnaire amoureux du Patrimoine, par Pierre et Olivier de Lagarde. Il s’agit de Pierre de Lagarde qui en 1962 lança l’inoubliable émission télévisée : « Chefs-d’Oeuvre en péril ». Parmi les combats qu’il a menés, l’article cite celui « au moulin d’Ymonville (Eure et Loir) ». Voir rubrique Livres.

26 septembre : toute une page sur les piscicultures du Morvan, principalement celles de Corancy et de Vermenoux (Château-Chinon-Campagne), toutes deux établies sur les sites d’anciens moulins. Les poissons qu’elles élèvent ont bien résisté aux périodes de canicules et les deux piscicultures présentent un bilan prospère. L’article ne dit mot de celle du moulin Tala, à Brassy. Voir plus loin à propos de la pisciculture du moulin de La Petite-Verrière.

30 septembre : le Journal du Centre annonce les manifestations qui vont se tenir à Clamecy du 12 au 14 octobre pour célébrer les 100 ans de la parution de l’excellent roman de Romain Rolland « Colas Breugnon ». Furtivement, le personnage principal passe devant un moulin, et il est assez évident que c’est un moulin à eau. Mais dans l’édition que je possède, l’illustrateur… a choisi un moulin à vent. Bon : il est magnifique, allez !

9 et 10 octobre : des nouvelles de l’huilerie de Varzy :

* Le 9 une fête s’est tenue à « la vieille huilerie » du faubourg de Marcy à Varzy, à l’initiative des Amis du Vieux Varzy.

* Le 10 : le conseil municipal étudie comment « sécuriser » l’huilerie, mais aussi la rendre observable de l’extérieur en remplaçant la vieille porte en bois par une grille. Cette grille sera fabriquée par les élèves en ferronnerie du lycée professionnel de Varzy.

23 octobre : à La Nocle-Maulaix, le sympathique site de l’étang Marnant va être rénové ; il y demeure un bâtiment, vestige de l’ancien moulin Marnant, mais qui n’a plus rien de caractéristique d’un moulin à part qu’il est en-dessous de la digue. Il va être « réhabilité en snack-bar-guinguette ».

24 octobre, 2 articles concernant des moulins, qui mieux est de nos adhérents :

. « Le moulin de Maupertuis se met à l’heure d’Halloween » : les animations prévues à l’écomusée pendant les vacances scolaires de la Toussaint.

. Au moulin de Saloué à Dun les Places, Emilie Dulieu fabrique de superbes pots en grès. Grand article avec photo de l’artiste en plein travail.

Dimanche 27 octobre : dans la partie « Septième jour », un grand article commençant par « Mystère » a pour titre « Bienvenue en ces lieux maudits » : parmi ceux-ci, selon le « chapeau », « châteaux hantés, moulins maléfiques… ». L’article consiste surtout à annoncer le livre de David Galley « La France des lieux maudits », aux Editions de l’Opportun. Si mon libraire arrive à me le procurer, j’en rendrai compte dans ces colonnes. Mais l’article, lui, ne précise rien sur les « moulins maléfiques ».

30 octobre : Le maire de Chevenon annonce un projet photovoltaïque le long de la Loire ; le conseil municipal l’accepte.

31 octobre, deux articles (outre celui concernant Guérigny évoqué plus haut)

. En Hollande, une péniche ramasse les déchets plastiques des canaux. Particularité : elle se meut à l’énergie solaire.

. Le Journal du Centre poursuit la publication de « Faits d’hier », sur toute une page de temps en temps. Cette fois, c’est « Le mystère de la pierre reste entier », reproduisant un article de Paris Centre du 5 octobre 1936. Au milieu une magnifique photo : visiblement une paire de meules à huile, ou tout au moins à écraser les fruits, semble-t-il située à Nevers rue du Petit-Versailles. Mais le texte qui l’entoure est incompréhensible. J’ai donc consulté à la Médiathèque municipale le Paris-Centre du 5 ocotbre 1936. Hé bien : pas de meules à huile ! Il y a donc eu un « mastic », c’est-à-dire un mélange entre deux articles… Mais le Journal du Centre n’a pas publié de rectification.

Revues

Bulletin de l’Académie du Morvan n° 86, 2019 :

La première moitié est dévolue à un grand article de Jean-Claude Trinquet : « Les usines Morvan à Château-Chinon », que créa Louis Gallois. Sa famille possédait les « moulins d’Yonne », à savoir deux des 3 moulins situés au pied de Château-Chinon : le « Moulin d’Yonne » et « le moulin Blondeau » (apparemment elle ne possédait pas le moulin dit de la Marguichonnerie). Louis Gallois transforma en 1923 le site en usine de caoutchouc et créa non loin une usine d’électricité, « Le moulin paternel à farine voit alors son équipement modifié et adapté en vue du  broyage des vieux pneus ».

L’usine de caoutchouc compta des machines qui pouvaient utiliser la force hydraulique de l’ancien moulin d’Yonne (comme sa collègue de la maison Fougerat, à Neuvy sur Loire).

« Le caoutchouc subit 4 passages, d’abord dans des « crackers » où il est fractionné, puis dans des broyeurs où il est émietté, écrasé, moulu ; enfin, en bout de chaîne, le produit obtenu passe dans des tamis plansichter : ceux-ci, constitués d’un ensemble de tamis animés par un moteur à excentrique sont souvent utilisés dans les moulins : ils serviront au tamisage, c’est-à-dire au classement des matériaux poudreux obtenus  en permettant des séparations granulométriques ». L’article contient de nombreuses photos et reproductions de documents devenus rarissimes.

Sur place, l’essentiel a disparu, le grand bâtiment qui avait été le « moulin d’Yonne ayant été abattu il y a une trentaine d’années ; mais on voit encore quelques traces de l’utilisation de la force hydraulique. Le bâtiment du moulin Blondeau subsiste, transformé en maison d’habitation, d’ailleurs plutôt jolie ; la suppression du petit réservoir le dépouille de tout aspect meunier, cependant on peut deviner où était sa roue, sur le pignon est.

Nièvremag (magazine du conseil départemental de la Nièvre, n° 19, octobre 2019 : 2 pages consacrées à notre ami Frédéric Coudray, où notamment il dit son plaisir d’avoir acheté l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy.

Le Monde des Moulins n° 70 d’octobre 2019 contient comme d’habitude un grand nombre d’articles importants. 

. Un important article déploie des arguments contre les tenants bornés de la continuité écologique : « La gestion raisonnée des vannes, outil de la Restauration de la Continuité écologique » ; il démontre que dans bien des cas il suffit de bien utiliser les systèmes de vannage pour rendre inutiles force travaux et destructions que proposent les technocrates furieux.

Nous concernant quelque peu voici une description du « moulin de Brainans » dans le Jura : la revue Spectacles, qui annonce les évènements culturels de Bourgogne et Franche-Comté le cite souvent ; effectivement cet ancien moulin héberge de nombreuses activités de loisir. L’article contient une photo montrant un belle paire de meules devant la façade.

. Pour nos amis qui parlent et lisent couramment l’anglais, deux parutions sont annoncées :

. « Grist of the mill  n°35 Spring 2019 » sur les moulins d’Irlande ;

. « Greek Mills » sur les « Moulins grecs, du milieu de la période byzantine jusqu’au 20e siècle ».

Ma(g)ville.fr, automne 2019, une revue de Saône-et-Loire, annonce : « Crèches-sur-Saône : une roue au moulin d’Estours ». Le moulin ne fonctionne plus depuis 1880, mais ses nouveaux propriétaires et une association locale ont tout mis en œuvre pour le restaurer et le doter d’une toute nouvelle roue ; l’article propose une photo du bâtiment (jolie, avec projection de l’ombre d’un arbre sur la façade couleur crème) et une de la roue avec sa goulotte, toutes deux fort belles.

Télérama 24 septembre 2019: deux articles à propos d’une grande exposition sur le peintre hollandais Mondrian (écrit dans son jeune temps Mondriaan). Avant de se concentrer sur l’abstraction, il peignit des paysages, dont volontiers des moulins ; il en est un qu’il peignit 21 fois.

Historia de septembre : page 2 et 3 reproduction de l’affiche d’une grande exposition à Paris ; en regardant bien, on reconnaît un moulin.

Le Canard Enchaîné du 2 octobre : dans la rubrique « Lettres ou pas Lettres », critique très positive du livre « Notre pain est politique », publié par « les Editions de la dernière lettre ». Ce livre évoque le travail et la réflexion de producteurs de blé, meuniers et boulangers qui préfèrent travailler des catégories de blé anciennes plus nutritives que celles choisies par les industriels de leurs professions. Voir plus loin.

Archéologia, n° 510  septembre 2019. A l’occasion du cinquième centenaire du début de la construction du château de Chambord, au milieu de marécages qu’alimentait la rivière le Cosson, série d’articles ;  l’un  d’eux révèle que pour diminuer la quantité d’eau du marécage, Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII, entreprit de faire accélérer le cours du Cosson, et pour ce faire ordonna la démolition de 4 moulins situés en aval du château. Un précurseur de la continuité écologique, en somme. Le vandalisme d’Etat, déjà, avait ses adeptes. 

La Revue Archives et culture, qui traite surtout de généalogie, propose dans son numéro 35 de septembre 2019 un grand article de 4 pages sur l’histoire de la fabrication du chocolat, dont une belle illustration montre une grande roue faisant marcher une quinzaine de paires de meules. C’est pour nous l’occasion de rappeler que la Bourgogne compta un grand moulin à chocolat, à Renève en Côte-d’Or. Dans la Nièvre, on dit qu’un moulin de Balleray travailla le chocolat mais je n’en  ai trouvé confirmation dans aucun document.

Livres

Honneur à deux livres que je me suis offert suite à des critiques dans la presse.

« Notre pain est politique » (évoqué plus haut) : un excellent ouvrage préparé par « l’Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural Auvergne-Rhône-Alpes » (Ardear Aura), rédaction Mathieu Brier, Editions de la Dernière Lettre. Son propos principal est de préconiser la plantation de blé de catégories anciennes, plus nourrissantes pour l’être humain. A plusieurs reprises l’Ardear attaque le traitement que les minotiers industriels infligent à la farine, traitement qui, s’il accroît leurs bénéfices, répand dans les commerces une farine moins nourrissante et de moindre qualité. En particulier l’Ardar soutient les meuniers qui reviennent aux meules d’antan, en reprochant plusieurs griefs aux cylindres. Je pense proposer de revenir plus amplement sur ce livre dans le numéro de printemps 2020 de notre bulletin.

« Dictionnaire amoureux du Patrimoine », de Pierre et Olivier de Lagarde, Editions Plon. Pierre de Lagarde se remémore maints combats qu’il mena à l’époque où la télévision consentait à diffuser son émission « Chefs-d’œuvre en péril ». Il lui est arrivé d’avoir comme adversaire non seulement des dirigeants de la télévision, mais aussi le ministre des affaires culturelles, ce qui est tout de même un comble. Il est défenseur des moulins mais ce livre n’en parle pas assez. Par contre il se prononce fortement contre le développement des éoliennes lorsqu’elles risquent de défigurer un site ou gêner la vision d’un monument. Sans doute un défaut de l’ouvrage : il est parfois écrit vite, d’où des erreurs : dans l’article sur Nevers (si, si, il y en a un, où d’ailleurs nos élus sont habillés pour l’hiver), Marguerite Duras est proclamée y être née, suite au choix par elle du lieu du film « Hiroschima mon amour » ; or nous n’avons pas cet honneur-là. Globalement un bon gros livre quand même.

Télévision

« Invitation au Voyage », sur Arte. Décidément il y est souvent question de moulin. C’était le cas dans deux des trois documentaires proposés le jeudi 26 septembre : 

. Rembrandt à Leyde puis Amsterdam : Rembrandt est né à Leyde semble-t-il dans un moulin, dont son père était le meunier. Le documentaire propose de belles images d’un moulin à blé de Leyde remarquablement restauré, avec le meunier s’occupant de sa farine. Il émet l’hypothèse que le fameux « clair-obscur » dont Rembrandt fut le héraut lui aurait été inspiré par l’obscurité relative du moulin paternel, dont les fenêtres, très étroites, n’accordaient que peu de luminosité.

. A Haïti, le souvenir de l’esclavage dans les exploitations de canne à sucre, en particulier dans les moulins qui la pulvérisaient. Le documentaire propose d’une part une assez grande roue, d’autre part les vestiges d’un moulin à manège (en principe ce sont des bœufs qui le faisaient tourner) ; ses meules, en bois, posées verticalement, tournaient donc horizontalement, et l’esclave se plaçait face à elle pour engager les cannes à sucre.

Radio

Sur France Musique, le 9 octobre, vers 8 heures : « Moulin des Amours », la fameuse chanson, par Juliette Gréco ; la dite chanson célèbre en fait le Moulin Rouge, lequel n’a jamais moulu. Dans cette version, un rythme un peu saccadé suggère le mouvement d’ailes qui ne tournerait pas vraiment bien, puisque ralentissant à chaque tour, un peu comme ferait un orgue de barbarie.

Questions diverses

Les journées du patrimoine de septembre 2019 au château et moulin de Chissey :

Nous évoquerons le moulin dans le bulletin de printemps 2020, mais je voudrais livrer ici dès maintenant ceci.

L’association de la Vallée du Ternin et les journées du patrimoine

L’Association de la Vallée du Ternin s’engage entre autres dans les recherches sur les moulins. C’est pourquoi elle a fait paraître un grand article à ce sujet dans la revue « Vents du Morvan ». Je lui ai remis une abondante documentation de notre association pour l’aider dans ses recherches, toutes nouvelles pour elle.

A l’occasion des journées du patrimoine, comme celles des 21 et 22 septembre 2019, quelques-uns de ses membres donnent un coup de main à Jacques pour faire visiter et et le château et le moulin. Elle fait venir également des gens qui ont quelque chose de particulier à proposer au public ; c’est ainsi qu’en septembre 2019 on a pu discuter avec :

– Un spécialiste de l’étude de l’âge du bois par l’examen des cernes ; c’est utile dans un château comme Chissey pour essayer d’établir l’âge de construction de telle et telle pièce.

– Des personnes très douées pour recoller les poteries ; en effet, dans un ancien puits du château, tout un tas de ruines de poteries ont été exhumées;  on a pu assister à la tentative de les reconstituer ; déjà, une vitrine de la salle à manger du château propose plusieurs pièces de vaisselle ainsi reconstituées.

– Nous intéressant plus directement, M. Huin, qui exploite la pisciculture du moulin de La Petite-Verrière, dans le Morvan côté Saône-et-Loire (dans la vallée parallèle à celle du Ternin, plus à l’ouest), tenait un stand où il proposait des boîtes contenant différents de ses produits. Il m’a exposé que la canicule de l’été 2019 avait été désastreuse parce que les truites peinent à survivre à une température au-delà de 25° ; or l’eau de la rivière, qui alimente l’ancien moulin, y arrivait chaude de plus de 30°, ce qui a entraîné la perte d’une grande partie du cheptel.

Tournus

Etant retourné à Tournus pour un concert en l’église abbatiale pour les 1000 ans de sa consécration, j’ai pu tenter de refaire une photo du fameux moulin-pendant qui s’avançait dans la Saône, en aval de l’abbaye. Une photo difficile à faire à cause d’un éclairage particulièrement ingrat. Je préfère donc cette version prise dans un bulletin de la Société des Lettres de Tournus de 1925.

Le moulin pendant de Tournus

Le même bulletin dit que l’abbaye de Tournus possédait plusieurs moulins, notamment sur un ruisseau qui rejoint la Saône en amont de l’île que je viens d’évoquer.

Enfin, j’ai pu visiter le musée Greuze, du nom du peintre natif de Tournus. On comprend que le musée ne montre pas beaucoup de ses œuvres. Finalement, en dehors de la très belle partie constituée par les anciennes salles de l’hôtel-dieu, à admirer en tant que telle, les plus intéressantes pièces conservées au musée sont gallo-romaines ou préhistoriques. C’est ainsi qu’il propose une belle meule de la préhistoire, que des gens, plus sûrement des femmes, auront incurvées à force d’y écraser le grain de blé par force et force passages d’une pierre ronde (voici quelques années, nous avions vu une telle meule et sa pierre ronde au musée de Mont-St-Vincent).

Meule préhistorique au musée de Treize

Nouvelles Meunières n° 22

Nouvelles meunières

Actualité des énergies renouvelables

Le Canard Enchaîné du 4 septembre 2019 :

– Sur l’éolien maritime :

L’article « Des éoliennes dorées sur tranche » informe : « Brasser du vent peut s’avérer fort onéreux ! Les 6 premiers parcs éoliens off-shore, implantés dans la Manche et l’Atlantique, vont mobiliser une manne d’argent public supérieure aux estimations initiales : 22,5 milliards d’euros sur vingt ans ! » Passons sur l’inattendue faute d’orthographe : « euro » est un mot international invariable. Ce qui m’embête c’est le mot « subvention » : il me paraîtrait justifié si l’État versait de l’argent à des entreprises pour qu’elles posent des éoliennes en mer. Ce n’est pas ça du tout : lorsqu’elles produiront des kw d’électricité, EDF devra le leur acheter plus cher que le prix du marché. L’État remboursera la différence à EDF dans le cadre de l’aide aux énergies renouvelables : le mot « subvention » ne me paraît pas approprié. Rappelons que ce système d’aide à la production d’énergies renouvelables (qui n’intéresse pas que l’éolien) a été mis en place parce que la France cherche à réduire ses importations de pétrole, dont une partie produit de l’électricité dans des centrales thermiques, lesquelles par ailleurs sont polluantes. Le coût pour la France est donc plus difficile à estimer que ne l’écrit Le Canard.

Sur la production d’énergie par la méthanisation 2 articles :

* « Pour promouvoir le biogaz, le gouvernement ne manque pas d’air. 8 milliards d’aides pour une énergie verte… qui largue du gaz à effet de serre ». L’article commence par énoncer une grande fierté nationale : un énorme méthanisateur à Lamballe dans les Côtes-d’Armor, auquel 2700 éleveurs apporteront 156 000 tonnes de déjections porcines « qui seront mélangées aux eaux résiduaires d’abattoirs ». Puis l’article énonce que 21 chercheurs alertent sur « deux méchants défauts de la méthanisation : la production de gaz à effet de serre et le fait que le processus menacerait, à terme, la fertilité des terres agricoles ». Le deuxième défaut vient qu’en théorie les déchets de la méthanisation devraient être comme autrefois le fumier répandu dans les terres agricoles, mais étant vidé de ses qualités nutritives, il risque fort d’être totalement contre-productif. Le premier défaut est extrêmement préoccupant parce que la méthanisation telle que conçue à Lamballe consiste en une opération qui rejette beaucoup de gaz nocif dans l’atmosphère.

L’un des problèmes est qu’on multiplie les méthaniseurs aux inconvénients décrits ci-dessus : 450 déjà en service à travers la France, 902 en projet. Tous « aidés » par des « subventions » voire des dégrèvements fiscaux.

* Le second article expose qu’en Indre-et-Loire une « ferme de 1 000 vaches » peut prospérer, tantôt l’État fermant les yeux sur les autorisations que son exploitant n’a pas demandées, tantôt lui accordant des aides. Or les déjections des dites mille vaches, traitées par méthanisation, sont en train de rendre invivable l’atmosphère des communes proches.

Eolien

Journal du Centre du 11 septembre 2019 : L’association Acali, qui tient un « Ecocentre de Bourgogne », a organisé à St-Vérain un stage insolite d’éolienne. Il s’agit d’apprendre à construire une petite éolienne dont le diamètre du rotor sera modestement de 3,5 m ; en somme c’est pour permettre à des bricoleurs de se construire une petite éolienne à l’ancienne, à poser par exemple dans son jardin. Il y avait une quinzaine de stagiaires.

Energie solaire

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois du 11 septembre annonce qu’à La Charité se peaufine un « projet rayonnant à l’horizon 2021 » : un grand parc photovoltaïque de 11 ha, lieu-dit La Mouchetterie. D’une puissance de 10,2 Mkw, il pourrait fournir de l’électricité à 10 000 personnes. Le Journal du Centre  reprend l’information le 24 septembre, en précisant que le commissaire-enquêteur tiendra trois permanences à la mairie.

21 septembre : compte rendu de la séance du conseil départemental dans Le Journal du Centre. « Le Département va installer trois ha de panneaux photovoltaïques à Magny-Cours, avec l’espoir d’étendre cette alternative étant donné l’évolution du climat. »

Journaux

Le Journal du  Centre

5 septembre

Un pique-nique au moulin des Eventées  a été organisé par le comité de jumelage.

14 septembre : « Une saison dans les fermes ». Un article recense les « fermes » agricoles qui vont être ouvertes au public dans les semaines qui commencent. J’y remarque :

.

Un concert se tiendra le 14 septembre à L’huilerie Brossard, à Raveau, que nous avions visitée voici quelques d’années.

. Le moulin de Mirebeau à Ménestreau, ouvert le samedi 28 septembre.

. « Le Moulin de la Forêt » à Surgy : la ferme sera ouverte le 2 novembre, mais à ma connaissance le hameau a seulement conservé le nom « Moulin de la Forêt », le moulin proprement dit a disparu depuis longtemps.

Le Monde du 12 septembre propose l’article « La crise sans fin des papetiers en France » : plusieurs usines de papier, en général d’anciens moulins à papier, ont été fermées ces dernières années (nous avions évoqué le fâcheux destin de celle de Docelles dans les Vosges). « Entre 2013 et  2018, pas moins de 15 papeteries ont mis la clé sous la porte dans l’hexagone ». Un gros groupe finlandais s’était emparé de plusieurs d’entre elles, mais dans le but de les faire disparaître pour favoriser d’autres de ses usines soi-disant plus rentables ; il ne lui en reste qu’une en France, pour laquelle on n’a plus à se faire d’illusions.

Revues

Blanc.cassis, revue du Cercle généalogique et historique Nivernais-Morvan, n° 155, 2ème et 3ème trimestre 2019 :

Extraordinaire article de M. Jean Louis Charton : « D’un moulin à l’autre », centré sur les moulins de Lurcy le Bourg. Il recense des meuniers de ce village dans les années 1362 à 1401, puis de 1580 à 1891 ; les moulins évoqués sont ceux du Marais (qui a été une forge), et le moulin Bourdier, avec une brève citation de celui de Vilaine en 1818. Certains meuniers cités ont exercé dans des moulins de communes voisines comme celui de Mongazon sur St-Franchy (1691), les Chailloux à Prémery (1832), et un moulin non précisé à Arthel en 1748 et 1765. Une dynastie de meuniers apparaît : celle des Ducros. L’auteur précise que le moulin Bourdier existait en 1329. Il constate un nombre important de mariages entre enfants de meuniers.

Dans le même numéro, l’article sur les relations du peintre Alfred Garcement avec  Achille Millien évoque sa venue à Beaumont la Ferrière en 1910, et recense les différents métiers de la commune cette année-là : il note deux meuniers.

Vents du Morvan, n° 72, automne 2019

. Le numéro est centré sur l’éducation dans le Morvan ; à ce titre il rend hommage à plusieurs personnalités qui ont œuvré beaucoup en-dehors de l’enseignement proprement dit, par exemple en matière de musique ; c’est pourquoi la revue propose une belle photo de feu notre ami Gérard Chaventon avec son accordéon, un jour qu’il donnait une prestation au restau du coeur de Saulieu.

Une chanson semble avoir été connue des enfants du Morvan : « L’âne à Marianne », ici livrée dans une version morvandelle. Elle est plus connue dans une version recueillie par Achille Millien en patois nivernais.

Elle raconte qu’une jeune fille vient au moulin avec son âne chargé de bon grain; seulement voilà, elle s’attarde auprès du beau meunier, ce dont le loup profite pour manger son âne. Le meunier lui donne un autre âne pour le remplacer, mais de moins bel aspect. La justification que Marianne livre à son papa est assez cocasse.

. L’article « Du groupe « Vengeance » au Maquis Bernard », de Jacquie et Serge Bernard, consacré à l’important maquis qui s’illustra dans le Morvan, s’appuie sur le journal du Résistant Hubert Cloix. Dans le considérable passage sur la question du ravitaillement, il est question des moulins, notamment le fait que de nombreux meuniers ont ravitaillé les Résistants « en dehors des contingents officiels » ; il cite notamment :

– Plusieurs meuniers d’Ouroux : Henri Roquelle à Savault, celui de Savelot non nommé (il s’agit d’un M. Renaud) ; celui du moulin Chicot également non nommé. A propos de ce dernier, j’avais cru comprendre qu’il ne fonctionnait plus lorsque les Résistants y ont établi un camp. Hubert Cloix écrit au contraire que s’il ne travaillait plus le blé, il moulait encore les céréales secondaires pour les animaux.

– Celui du moulin Caillot non nommé (il s’appelait Guilleminot). L’article situe ce moulin sur la commune de Gouloux mais il est sur St-Brisson.

– M. Perraudin, du moulin d’Eugny (écrit dans l’article à l’ancienne : « Heugny sur Yonne »), que l’article situe à Corbigny. En fait il est sur Chaumot.

. Un meunier qui abusa du marché noir, suite à quoi il fut châtié par un groupe de Résistants ; l’article ne le précise pas, mais il s’agit de celui du moulin de Fétigny, à Alligny en Morvan, dont une charge de dynamite, excessive, détruisit les installations.

– Un bref « Erratum » dans le « Courrier des lecteurs » résume la lettre que j’ai faite à Vents du Morvan après un grand article sur les moulins du Ternin, paru dans le numéro précédent,  que j’ai trouvé trop superficiel. Le résumé est vraiment court ; à propos de la banalité des moulins, il contient cet étrange morceau de phrase : « les banalités étaient des installations techniques (dont faisaient partie les moulins) » ; je n’ai jamais écrit que « les banalités étaient des installations techniques », parce que c’est faux ; en plus il n’y a pas lieu de mettre « banalité » au pluriel.

Pour l’instant, voici la mise au point que j’avais proposée à la revue. Je lui réécris, sans illusion sur ce qu’il en résultera.

« Chers amis de Vents du Morvan, 

Je vous remercie d’avoir annoncé en termes très favorables dans votre numéro d’été 2019, rubrique Morvans Médias, la parution du  numéro spécial du bulletin de Moulins du Morvan et de la Nièvre sur les moulins à vent de Bourgogne. Nous sommes très heureux que vous consacriez un grand article aux moulins du Ternin. Les adhérents de Moulins du Morvan et de la Nièvre en seront informés par l’inscription sur notre site internet, rubrique « Nouvelles meunières ». 

Cela posé l’article me paraît parfois assez désinvolte. Par exemple :

. Le moulin de Chancommeau à Alligny en Morvan n’est pas le premier du Ternin, il y en a plusieurs en amont.

. Il n’est pas rigoureux d’écrire que la banalité est une taxation de la farine ; c’est vrai par l’effet, pas par la définition. La banalité, c’était que le seigneur obligeait  ses sujets à faire moudre leur production dans son moulin, à défaut de quoi ils s’exposaient à la confiscation de leur blé, de leur farine, voire de l’animal de trait et de la charrette éventuels ; la sanction pouvait consister encore à des amendes. Ce pouvait même être assez violent, comme je l’ai montré dans mon livre « Les moulins racontent le Morvan » et dans mes articles de la revue « La France des Moulins » sur la banalité. C’est donc très réducteur que de retenir le seul aspect « taxation ».

. Ecrire « Les meuniers ont été considérés de tout temps comme faisant partie d’une classe sociale privilégiée au même titre que certains notables et formaient une corporation à part dans la société rurale » relève d’un préjugé, certes courant. Le meunier ne pouvait s’élever à peu près au rang de « notable » que quand il était propriétaire d’un moulin, et encore s’il s’agissait d’un moulin considérable. 

– Prenons d’abord la situation avant 1789 : en général, le meunier était locataire du moulin possédé par le seigneur ; il pouvait être serf, comme ce meunier d’un moulin que le duc de Bourgogne donna à une abbaye ; celle-ci fut amenée à « acheter » le meunier en tant que serf. Plus généralement le meunier était lié par un contrat de bail qui pouvait être féroce : le montant du fermage annuel était très élevé, et quand le meunier n’arrivait pas à le régler, il était mis dehors sans ménagement. Longtemps, le meunier n’a tiré l’essentiel de son revenu non de la fabrication de la farine, mais du fait qu’il était en même temps agriculteur et éleveur sur la terre du propriétaire.

– Après 1789, le statut du meunier locataire ou fermier du moulin où il travaillait (d’ailleurs durement) n’a guère évolué. Cependant le nombre de propriétaires de moulin privés exploitant eux-mêmes a été grandissant, dont certains, maîtres de grands moulins, ont pu passer pour d’assez riches « bourgeois » donc de « notables » ; seulement ces riches furent une minorité ; et puis l’évolution économique et sociale s’est faite dans un contexte où la concurrence a été de plus en plus vive ; les clients en ont joué, en ayant bien soin de fréquenter indifféremment tous les moulins d’un secteur, de façon à empêcher chaque meunier d’augmenter le prix de son service. Ensuite les exploitants des petits moulins ont eu à affronter la concurrence des grands moulins, lesquels étaient toujours en avance quant à la qualité des machines ; par exemple lorsque sont apparus la turbine, puis la machine à cylindres plus performante que les meules, ce sont d’abord les grands moulins qui en ont été équipés, ce qui leur a permis de baisser leurs prix en-dessous de ce que pouvaient accepter les petits meuniers. Ces derniers ont peu à peu été contraints de fermer, en général pour devenir de simples agriculteurs. Les faillites de petits meuniers ont été nombreuses.

La roue actuelle du moulin de Jarle, Alligny en Morvan, petite, est récente. Elle n’a rien à voir avec l’ancienne, immense, si haute qu’elle atteignait presque le toit, comme le montre une carte postale des années 1900 (elle figure dans le dessin inspiré à Jean Perrin en couverture du livre que Laï Pouèlée consacra aux cartes postales de moulins du Morvan il y a un peu plus de 20 ans). »

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Livres

« La Meunière de Javel », par Bernard Nabonne, Editions de la Nouvelle France, 1946 : Vera nous en a trouvé un exemplaire… fort rare, d’autant plus qu’il n’y a aucun risque que ce roman soit réédité. Question moulin, il s’agit d’un ancien moulin à vent du quai de Javel à Paris. Selon l’auteur, il est un jour transformé en un lieu de plaisir et de fête anticipant sur ce que seront le moulin de la Galette et le Moulin Rouge. La « meunière » est la dame président à ces festivités, et l’ancien moulin n’est jamais décrit. Autrement dit encore un roman dont le titre porte le mot « moulin » ou « meunier » dans un but purement commercial. 

Télévision

Emission « Invitation au Voyage », sur Arte : il y est souvent question de moulin. 

. Le 6 septembre, sur la Guadeloupe, à propos des religions qui se sont mélangées sur l’île suite à l’apport de main-d’oeuvre de différents pays, dont l’Inde, le boudhisme fut pratiqué d’abord clandestinement, notamment dans un ancien moulin à vent ayant travaillé la canne à sucre.

. A propos du château des Nouettes, en Normandie, où vécut la comtesse de Ségur (il lui inspira ses contes, dans lesquels elle le nomme Fleurville) ; près de ce château demeurent les vestiges d’un moulin à travailler le fer, dont de fort belles roues.

. 15 septembre : Reportage dans l’appartement de Boris Vian qui surplombait les ailes du Moulin Rouge, ce qui lui plaisait beaucoup. Le même immeuble hébergea également Jacques Prévert, qui y trouva un plaisir identique.

Questions diverses

A propos de la fête au moulin de Mirloup, à Chiddes, le 25 août, je ne peux tout mettre dans l’article qui paraitra dans le prochain bulletin. Voici ce que j’en ai extrait.

A propos de la géographie de Chiddes et de ses deux ruisseaux qui ont alimenté des moulins, le Tillot et le Richaufour :

En amont des moulins de Mirloup et du Bousset, le Tillot a reçu le ruisseau de Montjouan, qui alimenta le moulin de ce nom situé sur Larochemillay.

En amont des moulins de Montcharlon, Richaufour et Villette les Forges, le Richaufour a reçu un ruisseau venu des Fossats, qui avait alimenté le moulin de Malvaux, situé sur Villapourçon.

– Suite de l’histoire du moulin de Mirloup au XIX et XXe siècles.

En 1860, le relevé des patentes industrielles indique que, doté d’une roue à seaux, il anime seulement une paires de meules à blé ; il a une pièce d’habitation et une pour la cage du moulin. Ses engrenages sont en bois « assez bien montés ». Il chôme deux mois par an en raison de la sécheresse de cette partie sud du Morvan. Il est tenu par le meunier Jean Bonnerot. Le moulin est estimé 8 600 f, ce qui est relativement bien dans le Morvan. Selon les matrices cadastrales, en 1882, appartenant à M. Thiroux de St-Félix, château de Champlévrier, le moulin de Mirloup lui apporte le revenu fiscal net suivant : 2 638,75 pour la partie moulin à blé (plan cadastral 1034), et 2 661,25 pour l’huilerie, (n° de plan cadastral 1036), deux sommes remarquables dans le haut Morvan, il passe ensuite à la famille Derangère (qui sera longuement évoquée dans le bulletin). 

Nous avons pu discuter de divers moulins avec des visiteurs : 

Villette les Forges, à Chiddes, dont Jean Arnoux a pu un jour photographier les meules à huile.

Celui du Malvaux (Villapourçon), dont un homme de ce secteur du Morvan nous a dit avoir vu les dernières meules dans les années 1960 (il ne reste aujourd’hui que quelques ruines de murs).

Mâchefer à Larochemillay, qui doit sans doute son nom au travail du fer.

Un moulin de… La Chapelle St-André, pourtant bien loin du sud Morvan : une dame nous a rapporté que ce moulin aurait broyé le laitier des anciennes forges locales pour fournir le nouveau crépi du château de Corbelin.

Journées du Patrimoine des 21 et 22 septembre : elles ont été bien annoncées par le Journal du Centre pour ce qui concerne la Nièvre, dont les ouvertures à la visite de quelques moulins (La Presle à Planchez, l’ïle et Maupertuis à Donzy, etc.). On a pu glaner ici et là des informations sur ce qui se passait au niveau régional. 

L’Association de la Vallée du Ternin m’a invité au moulin de Chissey, près d’Autun, ouvert au public les deux jours. J’ai été très chaleureusement accueilli, et les visites du moulin ont été très fructueuses. J’en ferai état dans le bulletin de printemps 2020, celui de cet automne étant déjà bien pourvu.

Mission du Patrimoine

L’un des rares sites de la Nièvre concernés par la mission Stéphane Bern d’appel au mécénat en faveur du patrimoine historique, à savoir la poterie du château de la Montagne, à St-Honoré les Bains. Le 26 août, le Journal du Centre annonçait qu’elle était un des trois édifices appelés à recevoir une aide de l’association Vieilles Maisons françaises.

Il convient de rappeler que la dite poterie faisait préparer la terre dans un malaxeur, pour la rendre plus facile à travailler et en chasser les bulles d’air. Ce malaxeur existe toujours, il fera partie du matériel restauré. Grosso modo, son fonctionnement fait penser à celui des foulons : en tournant, l’arbre fait agit ces piquets, qui en somme remplacent les cames d’un foulon. Comme il fallait beaucoup moins de force, des manivelles mues à chaque extrémité par deux ouvriers suffisaient. Voici une photo de ce malaxeur.

NB : J’ai discuté avec M. d’Espeuilles des moulins qu’avaient possédé ses ancêtres les châtelains de La Montagne, à St-Honoré, à savoir la Queudre et le Seu. 

. Pour La Queudre, que ceux de notre ami Jean-Claude tinrent durant deux siècles, mon interlocuteur m’a dit que Théodore d’Espeuilles, le créateur de la poterie, semble l’avoir possédé dans les années 1840. 

. Le moulin du Seu était sorti du patrimoine des d’Espeuilles mais il y est revenu vers 1870 ; il n’en est ressorti qu’il y a une vingtaine d’années.

Je n’ai pas pensé à poser une question à propos du moulin d’Espeuilles, qui se trouvait tout près du château d’origine de la famille, sur la commune de Montapas près de Châtillon en Bazois, et dont à ma connaissance il reste au moins le bâtiment.





Les Moulins de Lormes

Non classé

A l’occasion du 30ème anniversaire de l’Association qui se déroulera à Lormes le 5 octobre 2019 voici un numéro spécial sur les moulins de Lormes :

Géographie

Carte de Lormes est

page1image42173872

La situation des moulins de Lormes est assez curieuse. La commune étant en haute altitude pour le Morvan, c’est au départ un simple ruisseau qui a assuré leur alimentation en eau. Sur la carte ci-dessous, on le voit partir de droite, complètement à l’est, au-dessus de Sonne. Ce ruisseau emplit l’étang du moulin du Bois (d’où son nom), puis alimente le « foulon » souvent appelé « de l’Etang du Bois ». Ensuite ce ruisseau aboutit à l’étang du Goulot.

Ce très bel étang, célèbre aujourd’hui pour son camping et son ancienne gare du tacot, alimenta ce qui fut à une époque lointaine « le moulin de la Ville », lequel était, selon Billaut, historien de Lormes, sis tout de suite après sa digue. On ne sait pourquoi disparut ce moulin. La deuxième carte met en valeur que deux cours d’eau sortent de l’étang du Goulot :

* L’un continuant sa course plein nord en direction de la ville, allant à un groupe de moulins, le quartier dit de la « rue des moulins », situé à un bon kilomètre de l’étang (souvent ciblé par les éditeurs de cartes postales, voir page 4). Cette rue des moulins est en fait le début des « gorges de Narveau ». Tout au fond à l’issue de ces gorges, débouchant comme dans une sorte depetite plaine, le ruisseau va alimenter le « moulin de la Vallée ».

* L’autre, dit du Bois des Tours, filant sud-ouest, vers un groupe de maisons dit Le Moulinot ; le nom indique qu’il y a dû y avoir ici un petit moulin, sans doute avant 1754 puisqu’il n’est pas sur la carte Cassini. Le nom Le Moulinot figure sur le plan cadastral de 1837 sans indication qu’il y ait alors ni qu’il y ait eu récemment un moulin. Sur place on voit bien l’emplacement de ce qui peut avoir été « le moulinot ». Les deux ruisseaux se réunissent peu après, pour former l’Auxois, qui rejoindra l’Yonne au nord de Corbigny.

Carte de Lormes ouest

page1image42173664

Lormes compta un autre moulin, nettement au nord de la ville, en direction de St- André en Morvand : un des deux qu’alimenta l’étang de Charrière, lequel nait de la rencontre entre deux ruisseaux, puis donne naissance à la Brinjame, affluent de la Cure ; le moulin de Lormes est celui situé rive gauche sous l’étang, le moulin rive droite étant sur la commune d’Empury.

Quelques particularités historiques des moulins de Lormes :

* Billaud écrit qu’en 1177 la maladrerie

fondée par Hugues II de Lormes au nord de la ville fut dotée d’une rente perpétuelle sur « les moulins banaux de la ville ». Cette maladrerie secourait les victimes de diverses maladies comme la lèpre. Lorsqu’elle ferma, l’hôpital de Lormes hérita ces droits. A la Révolution de 1789, ces droits, d’un montant de 144 F, subsistèrent, et en 1834 l’hôpital percevait encore la même somme sur les « anciens moulins banaux de la ville ». Nous n’avons pu établir à quelle date ils cessèrent de lui devoir une redevance.

A partir de 1355, écrit Martine Régnier, historienne de la seigneurie de Château-Chinon, la baronnie de Lormes fut partagée entre elle et le sire de Chalon (semble-t-il sur Saône) ; or Chalon possédait l’étang du Goulot, et les moulins de la rue des Moulins étaient sous l’autorité de Château-Chinon. En cas de litige entre les deux seigneurs, ces moulins pouvaient donc être paralysés par le premier (il lui suffisait de détourner toute l’eau vers le ruisseau du Bois des Tours) ; le problème se posa notamment en 1601, « année de sécheresse » : Chalon fut tenté de réserver le peu d’eau aux terres relevant de son autorité. Par la suite les deux seigneurs vendirent leurs droits respectifs, puisqu’en 1789 seuls furent saisis comme biens nationaux les moulins de Charrière, qui appartenaient à l’abbaye du Val-St- Georges, sise à Pouques-Lormes.

* En 1563, les protestants, qui assiègent Lormes, vident les étangs pour empêcher le fonctionnement des moulins (de Flammare).

Le « moulin de l’Etang du Bois » existait déjà en 1571 : Jean Connétable le tenait par « bail à bourdelage », une forme du servage (document du fonds Morlon de la Médiathèque municipale de Nevers).

page2image42190672

* L’abbé Baudiau, écrit qu’en décembre 1788, il fit un tel froid que l’étang du Goulot gela, contraignant les moulins au chômage ; on chargea rien moins que 30 hommes vigoureux de casser la glace à grands coups de pioche pendant des heures et des heures, avec malheureusement une efficacité relative car elle se ressoudait très vite.

Dans les années 1850, le relevé des patentes industrielles indique à Lormes 7 moulins à eau, chacun à une seule roue :

de meules

. Le Moulin du Bois : une paire

. Le Foulon du Bois : idem . 3 moulins rue des Moulins

3 paires de meules une paire de meules 2 paires de meules

. Celui tenu par Lautier : . Celui tenu par Mattret : . Celui de M. Bonnoron,

. La Vallée : une paire de meules

. Charrières : idem

où le ruisseau coule de gauche à droite, montre que la rue des Moulins en a connu 6, sans compter évidemment l’usine électrique créée en 1898.

* Dans son mémoire de maîtrise sur « Le canton de Lormes au XIXe siècle » (en fait 1840- 1880), Catherine Gavila écrit que Lormes compte à un moment 9 moulins, lesquels emploient au total 18 ouvriers. « Quelquefois les moulins à blé sont employés pour broyer la noix, la noisette et la faîne des hêtres pour en faire de l’huile ».

page3image42164976

Parmi les meuniers de Lormes, on a remarqué un M. Bonnoron : il y eut ici une dynastie de meuniers importante de ce nom, sans doute des lointains cousins de notre ami du moulin du Mont à Ruages. En 1908, deux des exploitants de moulins (donc différents) subsistant sont Jean et Pierre Bonoron, respectivement 49 et 28 ans. En 1938, les deux derniers moulins à blé sont tenus par des Bonoron, Gaston et Edme, mais en fait le second ne travaille plus que pour le bétail.

* Petit article de La Tribune Républicaine, 6 juin 1888 : « Incendie : le temps chaud amène les sinistres. Ainsi, hier, samedi 12 courant, grande alerte à Lormes. Le feu est sur les moulins, au-dessous de Lormes. Le tambour bat. L’un des quatre moulins brûle. On y court. C’était midi. Le moulin Bonoront brûlait ? Non Heureusement, ce n’était qu’une grange et une écurie séparées du corps de bâtiment près de la seconde route de Corbigny. Chevaux et vaches ont pu être sauvés ; un veau seul a été victime du sinistre. Il y a eu une seule victime plus intéressante : un pompier a eu la figure horriblement brûlée… » On remarque que l’article indique 4 moulins en cette rue des Moulins.

* Nous avons récemment évoqué dans notre bulletin le moulin qui resta le dernier en activité à Lormes, à savoir l’huilerie de la famille Joachim, au demeurant la dernière huilerie ayant exercé dans le Morvan.

* Nous venons de trouver deux noms de meunier : le moulin du Bois fut tenu par Jean Painchaud de 1908 à 1926 ; le moulin la Vallée par Claude Jacquet de 1908 à 1917. L’essentiel du matériel intérieur de ce dernier moulin a été donné à l’écomusée du moulin de Maupertuis, à Donzy.

page3image42162480



Cartes postales de «la rue des Moulins»

page4image42164352

Document Moulins du Morvan et de la Nièvre, à l’occasion du trentième anniversaire de l’association, fêté à Lormes le 5 octobre 2019.

Rédaction et photos : Philippe Landry

Nouvelles meunières n° 21

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Tournus : une expo de l’Inrap sur le Moyen-Âge fait la part belle aux moulins

Tournus est une très belle ville de Saône-et-Loire au bord de la Saône, entre Chalon et Mâcon.

A l’occasion de la célébration du millénaire de l’abbaye St-Philibert de Tournus (consacrée en 1019), plusieurs manifestations sont organisées, dont une magnifique exposition de l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). Intitulée « Quoi de neuf au Moyen-Âge », elle se tient du 15 juin au 22 septembre 2019.

Les moulins y sont très bien représentés.

Évidemment des panneaux rappellent d’une part la principale découverte faite par l’Inrap ces dernières années, à savoir le moulin de Thervay dans le Jura dont nous avons bien parlé, d’autre part la construction du moulin de Guédelon.

. 537 : « Apparition du moulin-bateau en Europe » (on note la prudence des archéologues, car la technique pourrait avoir déjà été connue ailleurs dans le monde).

. Des panneaux chronologiques citent en particulier :

. 630 : « Moulin à marée en Irlande »

. 700 : « Moulins à vent en Iran »

. 700-800 : « Fabrication du papier dans l’empire musulman ».

. 900-1000 : 

.« Moulins à bière : moulins à eau associés à une brasserie ».

. « Premiers moulins à vent dans la région de Tarragone en Espagne ».

. 1000-1100 : « Développement de l’utilisation de l’arbre à cames au XIe siècle et aux siècles suivants dans le mécanisme des moulins à eau, permettant d’actionner des maillets, des marteaux, des scies, des soufflets ».

. 1100-1200 

. Forges à eau (marteaux et soufflets hydrauliques », moulins à tan.

. «  Aménagement des milieux humides, notamment par les moines cisterciens, drainage, création d’étangs, adduction ». C’est une période où l’étang est de plus en plus utilisé, son invention remontant semble-t-il aux années 800.

. Moulins à vent (Normandie, Angleterre, peut-être Arles).

. Documents représentant des moulins à vent et des moulins hydrauliques, dont certains exposent le fonctionnement intérieur. 

Maquette d’un moulin à eau médiéval
panneau, dessins et maquettes montrant le fonctionnement d’un foulon

. « Jeu du moulin » ou « Mérelle ». Un jeu très pratiqué au Moyen-Âge, semble-t-il connu dès l’Antiquité. Pourquoi nomme-t-on ce jeu de pions « du moulin » ? Sans doute  le grand carré, avec son point central et ses cordons suggère-t-il l’image de la roue d’un moulin.

Dessin et règle du jeu
Le carré et le pions

Tournus et les moulins : autres observations

Une exposition de photos dans « l’église supérieure de l’abbatiale »  (la grande église St-Philibert est en effet d’une architecture très curieuse, avec un narthex surmonté d’une grande salle qu’on appelle « l’église supérieure »). J’ai tâché de photographier la reproduction d’une gravure ancienne : elle montre un « moulin pendant » que l’abbaye avait, au Moyen- Âge, fait édifier dans le lit de la Saône, attenant à un quai.


Une boulangerie de la ville affiche en vitrine ce travail d’élèves du collège de Tournus.



Au port fluvial, un bateau à éolienne

Fête au moulin de Mirloup à Chiddes

La fête célébrant la restauration du moulin de Mirloup en la petite commune de Chiddes, dans le sud du Morvan, a été très sympathique. Nous en parlerons dans notre prochain bulletin. Notre association y était représentée par Jean Arnoux et Philippe Landry.

Actualités des énergies renouvelables

Le Monde du 28 août : « Le Danemark fait la part belle à l’énergie éolienne ». Ce pays, aussi démuni que nous en ressources énergétiques pétrolières et charbonnières, arrive à bien mieux se débrouiller :.« le pétrole compte encore pour 38 % dans le mix énergétique danois, contre 32 % pour les renouvelables. »

* 29 août : Toute une page sous le titre « Electricité : l’imposture des offres vertes ». « Les fournisseurs ont fait des énergies renouvelables un atout commercial, sans pour autant y avoir recours ». « Total ou Engie peuvent acheter de l’électricité nucléaire à EDF, et puis compenser par des rachats de certificats d’origine ailleurs ».

En bas de page un article : « Enercoop fournit un courant plus écologique, mais aussi plus cher ». « La coopérative soutient activement le développement des énergies renouvelables à travers un système original et militant ». Les adhérents de cette coopérative sont des producteurs de renouvelable (souvent hydraulique), à volonté le plus écologique possible, mais une fois sur le marché, leur production est mélangée à celle des groupes industriels.   

Éolien

A St-Germain des Bois, l’Association de défense et de développement du Haut Nivernais continue de lutter contre le projet d’éoliennes. La Préfecture a donné une autorisation inattendue, mais l’association a obtenu son annulation devant le tribunal administratif ; depuis la société auteur du projet a saisi la Cour Administrative d’appel de Lyon, dont on attend la décision.

A Luzy, les associations hostiles au projet de plusieurs éoliennes dans les environs en y comprenant des communes de Saône-et-Loire, ont organisé un pique-nique, cela au château de Pont-de-Vaux, qui est en cours de restauration. « Conscientes des risques sanitaires pour la population et des enjeux énergétiques en cours, les associations ont évoqué d’autres alternatives à l’éolien terrestre, comme la méthanisation ou le bois, des filières plus naturelles à la région ». (Journal du Centre 21 août)

« Les sept mâts éoliens programmés pour 2020 à Entrains-sur-Nohain se sont pris un vent  contraire» (projet refusé par le Préfet au motif que Mesdames les éoliennes gêneraient le vol de Messieurs nos invincibles chasseurs-bombardiers Rafale) : l’article, de presque une page, expose que l’association Aquilon, qui a milité contre le projet, « reste vigilante », d’autant plus que la municipalité fait appel de la décision préfectorale.

Énergie solaire

Le Journal du Centre du 8 août annonce qu’en Provence on installe des panneaux solaires flottants sur un étang ; l’intérêt est que l’eau facilite le refroidissement des panneaux. Le site devrait fournir assez d’électricité à 4 700 foyers.

Le Journal du Centre du 17 août consacre une page à des audacieux qui choisissent de vivre plusieurs mois de l’année sur un bateau de plaisance dans le port de la Jonction à Nevers. L’un d’eux expose que d’ores et déjà il se produit de l’électricité grâce à des panneaux solaires, et un de ses voisins dit qu’il a l’intention de faire de même. L’occupant du bateau équipé d’une petite éolienne n’a pas été interviewé.

Journaux

Le Journal du  Centre

A plusieurs reprises, les activités de l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy sont mises en valeur :

. 9 août : article avec photo « Depuis le début de l’été, le moulin de Maupertuis est aussi accueil d’information touristique. La signalétique est désormais visible à Maupertuis. »

. 15 août : Récit d’une visite guidée à Donzy, avec passage à l’écomusée du moulin de Maupertuis et à l’huilerie du moulin de l’Ile, que nos amis de Donzy maintiennent en très bon état. Un encadré annonce 4 jours de marché à l’ancienne à la ferme de la Bretonnière, où notre ami Frédéric Coudray pourra proposer notamment ses huiles. Quelques jours plus tard un autre article plus long célèbre cette fête à la Bretonnière.

. 17 août : Une « nocturne en petit comité au moulin de Maupertuis ». Un petit article exposant que quelques touristes ont profité d’une visite de nuit. Notre ami Georges Narcy leur a dit entre autres que les maquettes étaient de Claude Chauvelot, et qu’à sa grande époque, quand la capacité en 24 heures du moulin était monté à 50 quintaux, 4 personnes y étaient employées.

6 août 2019 : Très bon petit article « Une idée de visite : à Moulin-l’Evêque, à St-Père », annonçant qu’une visite est organisée le lendemain 7 août. L’article contient quelques éléments de l’histoire des moulins du site, dont  celui de la Commanderie.

8 août : une grande page intitulée Estivités contient deux articles nous intéressant :

. «Perroy –  La Motte Josserand, un joyau féodal » : histoire du château dont dépendit le moulin du même lieu ; il y est dit que les « Montmineau » l’ont acquis en 1829 : il s’agit effectivement de la grande dynastie de meuniers, cette acquisition montrant qu’elle était devenue riche.

. Crux la Ville : « Du blé à la farine, découvrez le savoir-faire du moulin d’Aron ». Très bon article sur le moulin encore en activité de notre ami Sylvain Marceau. « Le moulin d’Aron a été construit en 1846, il est dans la famille Marceau depuis 1911 » ; la carte Cassini montre un moulin d’Aron, mais Sylvain nous a exposé qu’il était plus haut, plus près de la digue du grand étang d’Aron.

Le même jour une autre page intitulée « Val de Loire » comporte un assez grand article : « Une idée de visite. A l’huilerie de l’Ile à Donzy, demain, tout savoir sur l’huile de noix ». Le moulin de notre ami Frédéric Coudray est décrit comme une « Superbe maison de caractère plantée dans le décor entre les deux bras du Nohain »… « 20 kg de noix donnent 12 litres d’huile ». Sauf erreur de ma part, c’est plutôt 20 kg de cerneaux de noix et non de noix. 

Vendredi 9 août : A St-Père-sous-Vézelay, « des Journées antiques gallo-romaines ». On note quelques phrases du maire de St-Père, notre ami Christian Guyot.

Samedi 10 et mardi 13 août, moulin des Eventées à St-Pierre le Moûtier  dans la page « Estivités » du 10, rubrique « agenda », grande photo du moulin des Eventées de St-Pierre le Moûtier, pour annoncer son ouverture à la visite ce jour-là, mais curieusement faite à contre-jour. 

Le 13 août le moulin est célébré par un grand espace, l’intégrale des pages 2 et 3, plus une grande photo en une avec en gros titre « Le vent en poupe ». Plusieurs photos accompagnent 3 articles, dont un est l’interview du président de l’association. Un autre insiste sur la « boucharde », qui est le petit marteau avec lequel le meunier « rhabillait » les rayons des meules. Le photographe a tenu à livrer 2 vues du moulin à contre-jour, avec les ailes en forme de +, ce que je n’aurais pas fait, puisqu’en principe on ne les laissait dans cette position qu’en signe de deuil.

13 août : toute une page est consacrée à l’histoire de la présence du loup dans la Nièvre ; un petit article liste les noms de lieux que l’animal a inspirés, où on remarque « Le moulin de Nataloup » à Montsauche et « le Moulin au Loup » à St-Hilaire-Fontaine (près de Decize). L’auteur aurait pu ajouter les moulins de Mirloup à Chiddes (près de Luzy) et Chargeloup à Maux (proche de Moulins-Engilbert).

16 août : grand article sur l’artiste-peintre Patricia Juteau, qui possède et entretient le moulin de Vauclaix situé au pied de l’église. Elle a d’ailleurs fait changer la roue du moulin il y a quelques années. Mme Juteau conserve précieusement dans un petit bâtiment annexe la petite huilerie, avec ses meules et un curieux appareil à cylindres en bois, et à laquelle il ne manque que la roue depuis longtemps disparue. Mme Juteau organise l’été des stages de peinture au profit des enfants du village. Elle présente une exposition de peinture à Ouroux, qui finit hélas le dimanche 18 août, et dont j’apprends les dates trop tard pour avoir le temps de m’organiser et aller l’admirer. J’ai eu la chance de voir plusieurs de ses tableaux les deux fois où Mme Juteau m’a reçu, et je trouve qu’ils méritent notre attention.

Samedi 17 août, Urzy : un bon article sur l’ancien château des évêques de Nevers à Urzy (une de leurs résidences d’été), fort joli, lequel fut construit, de 1675 à 1680, « au bord d’une dérivation de la Nièvre creusée pour satisfaire les besoins de l’industrie meunière locale ». L’article ne le dit pas, mais la dite dérivation mesure un peu moins de 4 km : située en aval et au sud du Greux, elle desservait les moulins du Vivier (qui appartenait à l’évêque), de la Fosse (un moulin et un foulon), et de Luanges (qui travailla le papier), et rejoignait la Nièvre peu avant Pont-St-Ours.

Mercredi 21 août : L’article annonçant une « exposition de miniatures en préparation » à St-Parize en Viry (tout à fait au sud-ouest de la Nièvre), contient une jolie photo : la maquette d’un petit moulin avec sa goulotte et sa… trop petite roue.

Samedi 24 août : « L’art technique du moulin de Mirebeau », à Ménestreau, le petit moulin récemment créé et marchant à l’électricité. Un grand article sur le petit moulin que mène Gaëlle Malézieux, et qu’elle fait volontiers visiter. Les photos montrent notamment un blutoir et l’archure entourant la paire de meules et la trémie, tous en beau bois tout neuf. « Gaëlle produit environ 10 tonnes de farine de blé par an. Elle travaille cependant d’autres produits pour ses farines comme le seigle, l’épeautre, le maïs, le sarrasin, les lentilles et les pois chiches ».

Dimanche 25 août : dans « le Mag », toute une page consacrée au grand sculpteur François Pompon, natif de Saulieu, dont le musée conserve plusieurs très belles pièces, et dont on peut observer le taureau sur une place de la cité. Il y a plusieurs années nous nous étions posé la question : quel était le lien de famille de François avec les Pompon qui ont dominé la vie meunière de St-Agnan, la commune du Morvan de la Nièvre toute proche de Saulieu ? Les Pompon se sont notamment illustrés dès l’époque révolutionnaire : apprenant que créer un moulin ne nécessitait plus l’accord du seigneur, l’un d’eux s’est lancé dès cette époque ; par la suite des Pompon ont notamment tenu et développé le moulin principal du village, et en 1872 ont créé le moulin « des Pierres ». Gérard Chaventon, après quelques recherches, m’avait indiqué que François, né dans une maison à Saulieu, ne pouvait être fils de meunier, mais qu’il y avait probablement une relation de cousinage.

Journal de Saône-et-Loire, 23 août : 

– Nous n’en avions jamais entendu parler, mais j’apprends par quelques lignes  dans les pages « Agendas loisirs » qu’à Toulon sur Arroux le fameux « Moulin des Roches » est désormais au centre d’une activité culturelle : projection de films, festival de music-hall, « rando-lecture »…

– Le voisinage a du bon : le journal consacre toute une page à une « huilerie à froid » de Lons-le-Saunier, dans le Jura : M. Grégory Sourd y produit plusieurs sortes d’huile, y compris la noix et la noisette (comment y arrive-t-il « à froid »?). Il est très soucieux de travailler « bio », notamment par le choix de ses fournisseurs de matière première.

Revues

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois 

* 14 août, 2 articles à retenir :

. « Patrimoine Secret. Une huilerie dans son jus. » Toute une page sur l’huilerie de Narcy, rachetée et remise en état par la commune, et que nous avions visitée il y a peu d’années.

. « La Fête du plan d’eau de Garchy présente sa 3ème édition» : Un joli lieu, sans lequel le village perdrait tout charme. Le maire expose que tout était prêt pour un grand nettoyage à l’automne, mais l’administration, le dernier jour du délai réglementaire de deux mois, a demandé à nouveau des précisions sur cette vidange ce qui aura pour conséquences de reculer le nettoyage de plusieurs mois.

* 21 août : annonce du décès de Marguerite David-Roy, historienne du Donzyais. Dans la grande histoire des moulins de la vallée du Donzy, que nous préparons, nous seront menés à citer ses trouvailles à plusieurs reprises, car dans ses livres elle évoquait volontiers les moulins.

Télévision

Emission « Invitation au Voyage » sur Arte, 2 septembre : documentaire sur la Sorgue, rivière du Vaucluse, qui a animé beaucoup de roues pour des moulins à papier et des entreprises textiles. « Seules demeurent » (comme dirait le poète René Char, enfant du pays dont il est beaucoup question dans le documentaire) plusieurs roues, à aubes, en bois, remarquablement photographiées. Nous avions naguère évoqué dans notre bulletin une brochure relative aux moulins à papier de Fontaine de Vaucluse, la commune située à la naissance de la Sorgue.

Questions diverses

Les résidus de plomb de Notre-Dame : on s’alarme fort à Paris. L’incendie de la charpente de Notre-Dame de Paris a fait fondre les plombs qui solidifiaient ses murs et sa toiture, et les a dispersés sous forme de poussière sur force surface des alentours. Or, on dit que ce plomb aurait été extrait des mines de plomb argentifère de notre village nivernais Chitry les Mines, et comme il aurait été travaillé, à l’instar de tout métal, dans un moulin.

La meunière à papier du moulin du Got aux « Femmes de talent »

Le cloître de La Charité sur Loire hébergera un festival, « Femmes de talent », du 7 au 9 octobre 2019 ; plusieurs dames présenteront leurs œuvres artisanales et artistiques. Parmi les invitées, Martine Tandeau de Marsac, du moulin à papier du Got à St-Léonard de Noblat (Haute-Vienne) viendra montrer comment on fabrique le papier. Nous avions fait sa connaissance, déjà à La Charité, il y a quelques années.

Des nouvelles des moulins d’Asnan

Une exposition sur l’histoire d’Asnan (un village des environs de Clamecy) s’étant tenue quelques jours en juillet, j’ai adressé à son organisateur ce que j’avais sur l’incendie qui détruisit en bonne partie le village en 1868. L’auteur m’a remercié en m’adressant ce qu’il a sur les trois moulins qu’a connus Asnan : 

Un moulin à vent ayant existé avant 1736, peut-être reconstruit peu après mais on n’en a aucune certitude.

Le moulin à eau Guillerant, parfois cité par des documents anciens, existant en 1736. C’est celui que recense Marlière en 1859 : « Il y a dans la commune un moulin à blé à moteur hydraulique et 3 pressoirs à huile de noix ». Le bâtiment existe toujours, mais il faut vraiment savoir que ça a été un moulin.

Le moulin de l’étang de Chaluée ou de Vilaine : existait en 1736, mû par le « ruisseau d’Asnan », visible sur la carte Cassini, mais déjà disparu à l’époque du premier cadastre (1830-40).