Nouvelles meunières N°20

Nouvelles meunières

par Philippe Landry

Journées des moulins et du patrimoine rural

Le Journal du Centre du 18 juin a très bien annoncé notre programme, sur toute une page, avec photo du moulin de l’Ile de Donzy plein centre. Le vendredi 21, un article de la page Morvan souligne que pour la première fois notre ami Christian Roquelle ouvre le moulin des Michots, à St-Léger de Fougeret, que possédèrent et tinrent longtemps son grand-père et son père. 

Le samedi 22, le Journal du Centre annonce l’ouverture du moulin de Charrières à Empury, par notre ami Bruno Hecquet (ce moulin appartint à l’abbaye de Pouques-Lormes). Il évoque le concert-lecture qui va avoir lieu au moulin de Suillyzeau (Suilly la Tour) par la comédienne Catherine Blanchard et les musiciens Isabelle Lenoir et Cathy Schaff, sous le titre « Les salons de M. Croche » (M. Croche : c’est ainsi que signait le grand compositeur Claude Debussy lorsqu’il publiait une critique musicale).

Le dimanche 23, Le Journal du Centre consacre 3 pages aux journées des Moulins et du Patrimoine Rural, en indiquant bien que nous en sommes les organisateurs. En page une figure une grande photo du moulin Blot à Bouhy. ; la page 2 lui est également consacrée, avec une photo des biscuits et du sachet de farine issus de ses meules. Page 3 sont notamment honorés l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy, l’huilerie de Narcy, le moulin de Suillyzeau, et le triple site de Moulin-l’Evêque à St-Père.

Le Régional de Cosne et du Pays charitois du 19 juin a également très bien annoncé les Journées des Moulins et du patrimoine rural, avec en une la photo du moulin Janlard de Nannay, et l’intégrale de la page 3. Dans cette dernière, on remarque :

. L’annonce de l’inauguration de la roue du moulin du Poinçon, à Colméry, avec un petit interview de notre ami Pierre Poitreneau.

. L’annonce des particularités des activités à Moulin-l’Evêque, dont la présence de 4 artistes contemporains.

. La photo du moulin Blot de Bouhy.

. Petit interview de Francis.

. Sont mentionnés les ouvertures de deux moulins du Cher, le moulin de Pertrin à Vellegenon et l’huilerie de Pesselières à Jalognes.

Le mercredi 26, le Régional a avantageusement rendu compte des Journées des Moulins et du Patrimoine rural par un carré contenant 4 petits articles avec photo, dont 3 en l’honneur de nos adhérents :

– Les moulins de Moulin-l’Evêque à St-Père ;

– Le moulin Poinçon de Colméry avec, posant devant leur grande et belle roue en bois toute neuve nos amis Annick et Pierre Poitreneau ;

– Le moulin de la Cannerie à St-Vérain.

Le quatrième article évoque le moulin à huile de Narcy, dont la commune a organisé l’ouverture aux visiteurs.

Le Journal du Centre du 28 juin rend brièvement compte de la présence des 4 artistes contemporains pour animer le site de Moulin-l’Evêque.

Notre stand au moulin des Éventées

Au moulin des Eventées, le dimanche 23 juin, un dresseur de faucons a attiré beaucoup de public… Nettement plus que notre humble stand, où peu de curieux se sont arrêtés. J’ai cependant pu discuter avec le député de la Nièvre M. Perrot ; j’ai insisté sur l’absurdité de la loi sur l’eau et son désastreux effet quant aux réservoirs d’eau et aux zones humides dans le cadre de la « continuité écologique ». Il a semblé reconnaître le bien-fondé de mes critiques, mais sans plus. J’ai alors souligné que l’État était très orgueilleux : quand il fait une mauvaise loi, il peine à consentir à la modifier. Le député ne m’a pas contredit. Il m’a confié qu’un projet de loi sur les énergies renouvelables allait être débattu, mais que ses amis et lui n’avaient pas obtenu la moindre place pour l’hydroélectricité. 

Succès pour notre association

A Garchy, malgré les absurdes complications de l’administration dans le cadre de la continuité écologique, « Le plan d’eau devrait pouvoir être nettoyé », titre le Journal du Centre du 28 juin. Nous avons en effet beaucoup aidé l’association locale à convaincre les autorités de ne pas supprimer le joli plan d’eau au pied de l’église du village.


Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon nous reçoivent pour l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. De nombreux habitants de Poil sont également présents, dont le maire, ainsi que M. Perrot, Député, Mme Guérin Maire de Luzy et Présidente de la Communauté de Communes, et M. Sylvain Mathieu, Président du Parc naturel régional du Morvan. Nos amis ont très bien tout organisé. Vincent expose le projet si brillamment mené à bien ; il remercie toutes les entreprises, locales, et leur personnel, qui ont très bien travaillé. Il remercie également les collectivités locales qui lui ont apporté un soutien financier. Les personnalités disent quelques mots pour féliciter Fabienne et Vincent. Sylvain Mathieu a peu abordé le rôle du Parc ; depuis que le Parc est soumis à l’autorité de l’Agence Française de la Biodiversité, que domine l’Onema, il est contraint de participer à la mise en place de la Biodiversité dans le cadre de la continuité écologique. Nous avons visité les locaux : leur aménagement, du meilleur goût, est tout à fait réussi, en particulier pour l’accueil des handicapés. Les clients disposeront d’un salon où ils pourront admirer le curieux rouet de fosse ; en effet, la roue étant très haute (son diamètre devait dépasser les 8 mètres), son axe était très haut, plus haut que l’entrée de l’axe de l’ancienne roue, donc du rouet de fosse ; c’est pourquoi une roue dentée intermédiaire est nécessaire pour animer le rouet de fosse (voir photo).

Au demeurant, on note la qualité des piliers entourant le rouet de fosse, en fort bois, qui jadis soutinrent sans doute deux paires de meules. On remarque dans le jardin deux meules, en grès d’un beau gris foncé : Jean-Claude a mesuré, leur diamètre est d’1,50 m.

Nous avons eu l’occasion de discuter avec diverses personnes. Des habitants de Poil, qui ont connu le moulin en fonctionnement au temps de l’inénarrable père Laprée, son ultime meunier, ils nous ont dit que les derniers temps il n’utilisait plus la force hydraulique ; le moulin marchait à l’électricité, mais une dame nous a montré l’emplacement d’un moteur diesel depuis longtemps supprimé. La grande roue était en bois avec des montants en fer.

Dans le public, nous avons rencontré entre autres de lointaines cousines de notre ami Christian Roquelle, du moulin des Michots à St-Léger de Fougeret. En effet, ces dames descendent de Jules Roquelle, qui tint longtemps le « Moulin des Moulins » à Corancy. Jules était cousin de Paul Roquelle, père de Christian, et tous deux étaient cousins du Roquelle qui tenait le moulin et huilerie de Savault à Ouroux.

Les cousines m’ont confirmé ce dont j’avais ouï dire, à savoir que, lorsque l’eau est montée dans le tout neuf lac de Pannecière en 1949, Jules a refusé de quitter son moulin jusqu’au dernier moment. Autre précision : les travaux avaient commencé avant la guerre de 1940-45, mais à l’époque Jules a refusé l’indemnisation proposée, affirmant qu’il ne quitterait jamais son moulin ; cela lui a joué un tour parce que quand il a été contraint de partir face à la montée des eaux, il a reçu l’indemnisation prévue avant la guerre, laquelle s’avérait réduite à pas grand-chose du fait de l’inflation survenue depuis. 

Francis Lefebvre-Vary, Françoise Demarche, Annick et Yves Cocard et moi avons profité de notre passage dans ce sud Morvan pour jeter un œil sur quelques moulins du secteur. 

Nous avons été reçus au moulin de la Planche à Millay. Il a encore sa roue en fer, des meules, l’archure, la potence, la trémie, le rouet de fosse,  un régulateur à boules… et la digue de retenue du plan d’eau, malheureusement l’administration s’oppose à la réparation de la digue et à la remise en eau de celui-ci, pour des raisons qui nous paraissent relever d’une interprétation très subjective des lois et règlements.


Roue du moulin de la Planche à Millay
Meule et potence au moulin de la Planche à Millay
Rouet de fosse au moulin de la Planche à Millay
Machines à cylindres au moulin de la Planche à Millay
Régulateur à boules du moulin de la Planche à Millay

Le moulin du Bousset, à Chiddes, célèbre parce qu’il possède encore deux roues, héberge désormais un grand café ; malheureusement à l’heure où nous nous sommes présentés les exploitants étaient absents. Nous avons pu observer de l’extérieur le plan d’eau sur le Tillot, l’ensemble des bâtiments, à gauche l’ancienne huilerie avec sa paire de meules à huile dans le jardin, et à droite l’ancien moulin à blé. Les deux roues, métalliques, sont encore en bon état.

Moulin à 2 roues du Bousset
Meules ) huile

Le moulin de Mirloup, à Chiddes, en amont sur le Tillot, connu pour posséder encore sa roue. Ce fut pour nous une divine surprise ; nous avons fait la connaissance d’un jeune couple en train de le restaurer, Mme et M. Knafou. Ils font un très beau travail : en particulier le remise en état de toute la façade est remarquable, d’une belle couleur orangée ; M. Knafou nous a expliqué que l’enduit est à base de chaux et d’arène du secteur, d’où cette jolie couleur. La roue est plutôt en bon état, ainsi que quelques restes à l’intérieur. Le jeune couple, ravi de faire notre connaissance, a adhéré immédiatement à notre association. Il organise une fête le 25 août, pour inaugurer les installations remises en état. En cette occasion je compte faire de meilleures photos de l’intérieur, car il sera mieux éclairé. Nous préparons pour un futur bulletin l’histoire de ce moulin, où il s’est passé de drôles de choses à la veille de la révolution de 1789.


Lutte contre la continuité écologique

La revue de la FFAM « Moulins de France » publie un important article : « La politique de restauration de la continuité écologique par destruction des ouvrages est un échec ».

Par exemple on a investi des millions du côté de Vichy pour faciliter la remontée des saumons, dont on a lâché des milliers et des milliers d’alevins, pour des coût mirobolants, tout ça pour un résultat dérisoire : il ne repasse pas à Vichy 500 saumons par an !

En me promenant à Autun le 27 juillet 2019, j’ai vu une information surprenante.. Dans le cadre de la « restauration de la continuité écologique, un investissement de 1 million 362 000 euro pour casser un barrage certes inutile, et un peu arranger les berges  = le prix de 20 turbines en métal à l’ancienne, ou d’une cinquantaine en plastique fort comme on en trouve maintenant, lesquelles auraient fourni de l’électricité à des dizaines de foyers !

Panneau annonçant les travaux

Le Canard Enchaîné du 24 juillet nous régale avec un bel exemple d’absurdité administrative, qui a mérité une réponse cinglante de quelques citoyens. Dans l’Ardèche, les villages de Joyeuse et de la Beaume profitent comme aire de baignade d’un vieil étang du XVIe siècle ; il subit un inconvénient , c’est qu’en amont est un réservoir retenant les boues de la station d’épuration locale, et il arrive que de gros orages le fasse déborder, moyennant quoi des boues arrivent à la baignade. Bon : les gens attendent que la nature renvoie tout ça, et on refait trempette. Seulement voilà : la Préfecture s’est avisée, au nom de la sacro-sainte continuité écologique, qu’il valait mieux faire pratiquer une brèche dans ce réservoir pour que les boues s’écoulent en permanence. L’article ne dit pas comment la Préfecture a pu ignorer à ce point ce qu’il allait advenir des boues désastreuses. Les villageois ne l’ont guère pris à la Beaume ni d’humeur Joyeuse : de nuit ils rebouchent la brèche. On réouvre et ils rebouchent, etc. Les gendarmes sont de plus en plus souvent sur place, et la tension monte. La suite au prochain numéro.


Actualités des énergies renouvelables

Généralités sur les énergies renouvelables

Loi vide

A partir du 25 juin, le parlement débat d’un projet où il est question des énergies renouvelables. Mais c’est « entre autres », et de toute façon dans un projet global. En tout état de cause, rien sur l’énergie hydraulique.

Taxes au profit des énergies renouvelables

Les opposants des énergies éolienne et hydraulique soutiennent volontiers que celles-ci sont « subventionnées » sous forme de retenues sur nos factures d’électricité. Pourtant favorable au nucléaire, l’Union confédérale des Retraités CGT publie dans son trimestriel d’information de l’été 2019 la liste des taxes à ce sujet :

. contribution au service public de l’électricité (CSPE) 0,0225 euro par Kwh.

. taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE) : 0,00075 e pour les particuliers

. contribution tarifaire d’acheminement (CTA) : 27,04 %.

. TVA : 5,5 % (en rappelant que cette TVA présente l’étrangeté de s’appliquer également sur les taxes susvisées).

Hydroélectricité – Fiches ADEME

Au cours de la fête de Sully, j’ai pu mettre la main sur de nouvelles fiches de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), comme celle que j’avais évoquée dans les Nouvelles Meunières, consacrée à la réinstallation de turbines au moulin de la Motte-Josserand, à Perroy, chez notre ami Daniel Amyot. Les nouvelles fiches décrivent deux restaurations dans l’Yonne :

– La centrale hydroélectrique de Brienon sur Armançon : « Optimisation de la production hydroélectrique avec amélioration de la continuité écologique » : investissement 1 052 500 euro, 3 turbines et une « vis hydrodynamique », capable de fournir du courant à 440 foyers.

– La centrale hydroélectrique de Hauterive : « Construction d’une centrale hydroélectrique sur site existant et amélioration de la continuité écologique » : pour 1 799 900 euro, 2 vis hydrodynamiques à la place d’anciennes turbines, capacité d’alimenter 335 foyers.

Une autre fiche concerne une unité de production d’électricité à Fraisans dans le Jura.

Éolien

Le projet de Bazolles prend corps. Le Journal du Centre du 19 juin annonce que la préfète de la Nièvre autorise la construction de 6 éoliennes par la firme Global Wind. Elles seront édifiées sur des espaces de culture, ce qui évitera de détruire des arbres. Des mesures sont prises pour protéger certaines espèces d’oiseaux. Il faut compter 2 ans pour que réellement les 6 éoliennes soient en état de tourner. Toutefois le Journal du Centre du 27 juillet annonce : « Les opposants aux éoliennes ne désarment pas », au contraire puisqu’ils déposent plainte en justice, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui ». On a l’impression que c’est parti pour aller loin…

Le projet de Donzy abandonné. M. Jacob, maire de Donzy indique que Nièvre Energie « étudie la faisabilité d’un projet d’implantation de parc photovoltaïque sur les surfaces utilisables des bâtiments publics». A propos, le Journal du Centre du 25 juillet annonce qu’à Donzy le chauffage solaire de la piscine est en service.

Le projet des Bertranges suscite de vives oppositions, comme le montre l’article du Journal du Centre du 28 juin relatif à « la réunion publique sur le plan climat air énergie territorial » qui s’est tenue à Raveau : « La température monte, le ton aussi », tel est le titre. « La réunion publique a été houleuse ». L’article décrit les interpellations plutôt véhémentes que les élus ont dû subir, et auxquelles ils n’ont pas moins vivement répondu.

Le projet d’Oisy 

Un premier coup, où ce projet est présenté comme réussi: le Journal du Centre du même 26 juin rend compte des actions de l’association Valorisation des Actions de Recherche nivernaises pour l’Environnement (Varne), en particulier le succès de son parc éolien à Oisy tout près de Clamecy. Très beau titre : « Trente ans d’engagement citoyen ». En fait les actions de la Varne touchent plusieurs secteurs de la protection de l’environnement (par exemple la lutte contre les décharges sauvages).

Mais le 16 juillet : grand titre en page une avec photo « Des Eoliennes en panne de rentabilité ». Page 3 : « Ombres sur le parc éolien d’Oisy-Clamecy ». La parole y est donnée à un expert-comptable à la retraite qui critique la comptabilité de l’entreprise, mais cela d’une manière confuse, et ma foi tellement chargée de haine qu’elle inspire de la méfiance. Deux articles en bas de la page indiquent quelque chose de plus important : le projet d’Oisy se voulait « citoyen », avec participation des collectivités locales et des habitants : visiblement la société propriétaire des éoliennes, qui est sise à Toulouse, ne semble pas encline à le mettre en action ; la maire d’Oisy se borne à reconnaître que les rentrées fiscales sont celles qui étaient attendues.

Énergie solaire

(Voir plus haut à propos de Donzy)

Un grand projet est à l’étude à Cosne : déployer une « ferme solaire » sur le petit aéroport de la ville. Le Régional lui consacre un assez grand article le 26 juin. Le Journal du Centre l’avait brièvement évoqué il y a quelques jours.

Le Journal du Centre du  20 juillet fait une excursion dans le Cher pour annoncer qu’à Torteron se prépare un projet de « centrale photovoltaïque », qui couvrirait 7 ha.

Journaux

Le journal du Centre

21 juin : un petit article rappelle le succès de la journée des jardins à Forgeneuve, commune de Coulanges ; la photo montre entre autres notre ami Jean-Luc Martinat.

22 et 26 juin : A La Chapelle St-André a eu lieu une commémoration de l’appel du 18 juin 1940 par le général de Gaulle, avec hommage à la Résistance, notamment sur le site de l’ancien moulin de la Chappe. Les 4 et 5 juillet 1944, 25 maquisards du groupe Péguy furent encerclés par les Allemands, qui mirent le feu au moulin. Les survivants capturés furent quelques jours après massacrés à Cosne.

26 juin :  il est annoncé qu’un « accord » est conclu entre l’Assemblée Nationale et le Sénat pour la création proposée par le ministère chargé de l’Environnement d’un « Office français de la biodiversité » : cette création obéit soit disant à une nécessité absolue autant qu’urgente, cet organisme va chapeauter l’Agence française de la biodiversité, sa mission est de mutualiser ses moyens avec ceux de l’Office National de la Chasse dans la lutte contre les atteintes à l’environnement, nous verrons son efficacité. 

28 juin : « Clap de fin pour le tournage de Belvaux » ; l’article évoque un film, avec Gérard Depardieu lui-même, qui vient d’être tourné dans le Morvan, le point central étant le moulin de Saloué à Dun les Places, que maintiennent en bon état nos amis Jouanin.

13 juillet : article « publirédactionnel » en l’honneur de nos amis Christine Artier et Alain Blanchet qui proposent un gîte rural tout rénové en leur moulin des Morvands, à Fâchin. Rappelons qu’il se situe au pied d’Arleuf, tout au début de l’Yonne… et près du fameux étang du Châtelet (dont il n’utilise pas l’eau). 

16 juillet 2019 : dans la page « Estivités », liste des manifestations diverses de l’été de la semaine, annonce d’une « visite guidée » à l’huilerie du Moulin de l’Ile, avec une grande photo où on voit l’adjoint de notre ami Coudray placer la pâte sous une presse.

Le Monde, 7 et 8 juillet : deux articles nous intéressent :

. En principe, le ministère chargé de l’environnement est soucieux des zones humides, lesquelles sont protégées par une loi. Un article du Monde révèle que dans 48 départements les nouvelles cartes IGN montrent qu’un grand nombre ont disparu : D’ailleurs : « Les zones où il est interdit d’épandre des pesticides ont régressé ».

. On continue dans le sud de la France de produire des olives, donc de l’huile d’olive, mais ce n’est pas énorme par rapport à la production mondiale : 5 900 tonnes sur 3,13 millions. Les producteurs industriels d’huile d’olive de France importent d’ailleurs de la matière première de Grèce, Espagne ou Italie pour réaliser des mélanges. Toutefois, la maison Puget fait un effort particulier : elle propose un bidon d’huile marqué « Les moulins français » ; le cahier de charges l’oblige à y insérer de l’huile provenant d’au moins 5 moulins de France.

17 juillet : « Donzy. Depuis quelques jours, les employées du moulin de Maupertuis renseignent aussi les vacanciers ». Les locaux de nos amis de l’écomusée servent désormais d’office de tourisme à la ville et aux communes qui lui sont alliées. Pratiquement toute une page du Journal du Centre est consacrée à l’évènement. Georges Narcy rappelle qu’environ 2 200 personnes venaient chaque année au moulin. Un réaménagement de l’espace a été réalisé. Les deux guides de l’écomusée ont reçu une formation pour être capables de renseigner sur toutes les communes concernées.

2 août, trois articles :

. Commémoration de la bataille du maquis Chaumard le 31 juillet 1944, où ont péri 22 résistants : l’un de leurs dirigeants, Alexandre Octave, s’en réchappa par miracle. Fils du meunier du moulin du Couloir à Dommartin, il allait par la suite le tenir quelques décennies.

. A Urzy, l’association des « 3 Hop » procède au nettoyage du bief et des empellements du moulin du Greux. On remarque une photo du moulin.

. A St-Parize en Viry, « concours de pêche à la truite au bief du moulin de Montempuis ». 

Revues

Le Monde des Moulins, revue de la FDMF N° 69 juillet 2019

. Commentaires sur la « Note technique » du ministère chargé de l’environnement à propos de la continuité écologique. Il y a du mieux, mais ce me semble l’équivoque demeure, c’est le moins qu’on puisse dire.

. Analyse de l’affaire du moulin du Bœuf en Côte-d’Or : les forcenés de la continuité écologique voulaient l’empêcher de réutiliser l’eau pour produire de l’électricité, le Conseil d’État leur donne tort.

. Article très sympathique sur un jeune homme qui est devenu ébéniste pour le plaisir de construire des maquettes de moulin à vent. Pour ce faire il a suivi tout le cursus des compagnons du Devoir, et son « chef-d’œuvre » de fin d’études est un très beau petit moulin à vent sur pivot. Actuellement il travaille à reconstruire un moulin sur roue analogue à celui du Mont-Avril en Saône-et-Loire, dont nous avons livré une carte postale dans notre numéro spécial sur les moulins à vent de Bourgogne.

. A propos des moulins à vent : examen scientifique de leur « puissance ».

. Ce numéro contient mon article 

« Neuf fois centenaire

L’abbaye de Fontenay

fut un moulin à papier ».

J’y reprends ce que j’ai exposé dans notre bulletin à propos de cette abbaye de Côte-d’Or, avec plusieurs illustrations que j’ai fournies.

Vents du Morvan – été 2019

Dans les Nouvelles meunières précédentes, alors que je venais de recevoir le numéro de Vents du Morvan, j’ai immédiatement étudié l’article sur les moulins du Ternin. Je voudrais ajouter que la revue contient un grand article sur le château de Chissey, adjacent au moulin, et dont notre ami Jacques Desmarquest travaille à la restauration depuis 16 ans. Ce qu’il y fait est tout à fait remarquable.

Le Monde des Moulins – Juillet 2019

Plusieurs articles intéressants dont :

« Chris Gibbings, un molinologue à qui nous devons  beaucoup » : y compris notre association Moulins du Morvan et de la Nièvre. A nos débuts, ce Britannique visitant les moulins dans le monde entier, avec une préférence pour la France, nous a donné beaucoup d’informations. Par exemple nous lui devons les dessins du « moulin pendant » d’Andé, sur la Seine en Normandie. Nous avons eu longtemps avec lui des échanges de courrier. Retraité, il continuait de visiter des moulins partout, toujours en expert particulièrement avisé. Il vient de s’éteindre en février 2019. (Le moulin pendant : sa roue pendait sous un pont entre deux arches, elle montait ou descendait pour être à la bonne hauteur par rapport au courant de la rivière, cela grâce à des vérins.)

Penn du moulin d’Andé

. « Une curiosité qui a traversé les siècles : le moulin-bateau », article par Gérard Mignot, l’historien de l’association des Moulins de Saône-et-Loire, avec qui nous ne manquons pas de discuter à chaque rencontre avec elle.

. Un article de trois auteurs dont le fameux historien des moulins du Nord de la France Jean Bruggeman sur le fait qu’on équipe les moulins à vent d’un moteur annexe ; il l’admet s’il s’agit de faire tourner la meule, mais il trouve hérétique et même dangereux si le moteur fait tourner les ailes.

. Deux moulins retenus par Stéphan Bern pour recevoir des aides financées par son « loto du patrimoine » : à Bar sur Seine dans l’Aube et le moulin du Boël en Ile et Vilaine. 5 autres moulins sont secourus par la Fondation du Patrimoine

Blanc Cassis – 1er trimestre 2019

La revue des généalogistes nivernais contient deux articles intéressants pour nous :

– Dans le cadre d’une étude sur plusieurs Nivernais tombés lors de la guerre 1914-18, une notice sur Pierre Auguste Bernard nous apprend qu’il était meunier de Giry ; sa mère était déjà veuve ; issu de 4 générations de meuniers du moulin de Giry, Pierre Auguste avait notamment eu un grand-père qui l’avait tenu très longtemps à partir du « début du XIXe siècle ».

– Un long extrait du journal d’Henri Bachelin, le fameux écrivain né à Lormes et ami de Jules Renard (c’est lui qui  convainquit la veuve de ce dernier de publier son Journal) indique ceci : la maraine de sa mère était fille d’un meunier de La Tour de Pré, près de Provency dans l’Yonne.

Arnilien (bulletin trimestriel de l’Association des Randonneurs nivernais, ARNI), juillet 2019 : le bulletin raconte les randonnées collectives organisées par cette association le trimestre précédent. Le récit de celle de Cessy les Bois évoque les moulins et les forges auquel j’ ai participé, et j’ai donné les informations à la personne qui avait dessiné le circuit. En particulier, nous sommes passés à Cessy au-dessus de 3 de ses anciens moulins, et nous avons pu observer l’emplacement où fut le moulin à vent de St-Malo en Donzyois.

Pays de Bourgogne n°257 – juillet-août 2019

Ce numéro signale la parution de notre bulletin 86, en détaillant son sommaire.

En outre, il annonce que le numéro 160 de la revue « Nos ancêtres et nous » contient un article sur « les moulins de la petite Grosne et de ses affluents »  (c’est la rivière rejoignant la Saône à Mâcon). Un petit article indique une curiosité à propos des « Oratoires dans l’Yonne » : la Tour de Saussy a été construite pour faire monter de l’eau grâce à une étrange éolienne : une Association pour la  Sauvegarde et l’Aménagement de la Tour de Saussy entreprend de la restaurer (site internet : asats.e-monsite.com.

Livres

Nous aurons eu la main heureuse dans les brocantes en juin 2019 :

– Vera nous a trouvé « Le maître du moulin blanc », de Mathilde Alanic, un roman publié par Flammarion en 1950. Certains passages sont intéressants, avec description par exemple du travail dans une minoterie. Bonnes illustrations également : c’est ainsi qu’en couverture est un dessin de moulin avec sa grande roue ; on reconnaît une imitation du fameux moulin d’Angibault, dans l’Indre, qui a inspiré à Georges Sand son fameux roman « Le meunier d’Angibault ».

– Autre roman repêché : « Le Moulin des Sources », de Françoise Bourdon, à ne pas confondre avec Françoise Bourdin. Donc cet ouvrage est paru chez Calmann-Lévy en septembre 2010. Il évoque plaisamment les moulins à papier de la Sorgue dans le Vaucluse. Très belle couverture avec un beau moulin à tuiles provençales et pierres apparentes endormi près de son seuil à la vive cascade.

– « La Belle meunière », de Pagnol (Presse Pocket, 1981) : il s’agit du texte qui a servi de canevas à son film, où il met en scène Franz Schubert à propos du recueil de poèmes que celui-ci a mis en musique sous le titre « La Belle Meunière ». J’en parlais dans les Nouvelles meunières précédentes, rappelant que c’est Tino Rossi qui avait tenu le rôle du compositeur, et entonné le fameux air « Voyager est la joie du meunier ». On dit que le film n’a pas marché : je comprends pourquoi à la lecture du livre ; passons sur le fait que le canevas n’a guère à voir avec « l’histoire » que par leur succession le recueil des poèmes choisis par Schubert raconte ; c’est plutôt la médiocre qualité de l’intrigue et des dialogues qui est en cause.

– « Le meunier et son moulin à vent », d’Achille Latour, dans la collection « Métiers, techniques et artisans », éditions Créer, 1982. Un cahier très bien illustré sur le travail dans les moulins à vent du nord de la France ; je recommande le plan en coupe du moulin à vent, qui est sur pivot. A cet égard, on voit bien comment se dispose l’ensemble de madriers qui, en se rejoignant, arrivent à supporter tout le poids du corps du moulin qu’on fait tourner pour le mettre face au vent.  En outre, on remarque, disposées très haut, et au même niveau, les deux paires de meules ; chacune est mue grâce à un grand rouet qui fait tourner une lanterne ; autrement dit le grand axe portant les ailes porte aussi 2 grands rouets !

– « Pompéi, de nos jours et voici 2000 ans ». Un très beau livre de l’éditeur italien Bonechi sis à Florence, sorti en 1991. Il propose des reconstitutions dessinées, dont une remarquable concerne la boulangerie. En effet, dans l’empire romain, le boulanger, en tout cas de ville, était son propre meunier : page 64 l’ouvrage montre un bœuf et ses esclaves s’affairant autour des fameuses meules en forme de sablier, dont j’ai proposé il y a peu une carte postale. La meule supérieure, dite catillus, que faisait tourner un bœuf ou un duo d’esclaves, était très lourde, et le travail particulièrement pénible. Un des intérêts du dessin est de montrer deux esclaves déplaçant un catillus, ce qui permet de montrer la meule inférieure, la meta, en forme de cône pointu.

Télévision

Arte dimanche 30 juin, émission « Le rond-point, un art passager » : à propos de la décoration des ronds-points, aux Canaries, plus précisément à l’île de Lazarote, le sculpteur Cesar Manrique a réalisé plusieurs sculptures pour peupler les ronds-points en s’inspirant des moulins à vent ; l’île en conserve soigneusement un magnifique. Manrique a beaucoup travaillé sur les mobiles dont le mouvement est dû au vent ; le plus étonnant est un mobile dont le vent fait bouger les éléments en sens contraire entre eux.

La 5, dimanche 30 juin, émission « Les Cent lieux qu’il faut voir », la Savoie : près d’Aix les Bains, un moulin à huile (noix et noisettes) mû par une grande roue dont le diamètre atteint 6 m ; restauré et relancé par un ancien boulanger, ce moulin arrive à travailler toute l’année.

Sur la même chaîne, dimanche 7 juillet, même émission, s’arrêtant cette fois en Berry : reportage sur l’huilerie de Dun sur Auron, dont l’intérieur ressemble fort à celui de nos amis de Donzy. L’origine de la force motrice n’est pas précisé.

Idem le dimanche 14 juillet :

Une heure consacrée au Puy de Dôme, avec très bon reportage sur le moulin à papier Richard de Bas, près d’Ambert, dans le Livradois. Ce moulin à papier remonte au XIVe siècle. Il a été relancé peu après 1945 pour devenir ce moulin-musée qui reçoit beaucoup de visiteurs une bonne partie de l’année. On a pu admirer sa roue en bois, son long arbre portant des cames, les lourds marteaux que ces cames font tomber et retomber sur la pâte à papier, les « formes » où on constitue la feuille de papier, et le grand espace de séchage. Mon seul regret est que l’exploitant du musée n’a pas précisé à quel moment il fait ajouter un peu de colle à la pâte à papier, si c’est avant avant le passage à la forme, ou si c’est après. J’ai de très bons souvenirs de ma visite en ce haut lieu des moulins, entre autres parce que toute la vallée dite du Grandrif a connu un grand nombre de moulins, essentiellement à papier, dont plusieurs demeuraient avec une ou deux roues à l’époque de ma visite.

Heure suivante consacrée aux Côtes d’Armor, dont un moulin à marée, dit « moulin du Prat ». Le propriétaire, qui maintient le système en bon état, expose que la marée montante apporte l’eau au-delà d’une digue, puis à la descendante il suffit de lever une pelle, et l’eau fait tourner la roue. Celle-ci est en bois. Cet excellent témoin dit que la France a disposé de 140 moulins à marée, dont 100 en Bretagne, dont 15 mus par la seule Rance tellement la marée remonte loin à l’intérieur des terres. Rappelons que naguère Jean-Claude Néant nous ramena pour notre bulletin un reportage sur les moulins à marée en Bretagne.


Questions diverses

Dans la série « Il suffit de publier quelque chose et on trouve du nouveau sur le même sujet », à propos du moulin de Cougny à St-Pierre le Moûtier, évoqué dans notre numéro spécial sur cette commune, le dossier S4169 des Archives Départementales, que je viens de consulter (rien ne m’indiquait qu’il y aurait quelque chose sur ce moulin) nous livre le nom de son meunier à l’époque révolutionnaire : René Goulet. Il est critiqué par les propriétaires de 2 moulins en aval sur la Colâtre, dont le ruisseau de Cougny est un affluent, parce que paraît-il il gaspille l’eau pour irriguer ses prés. 

Au moulin de Sully

Plusieurs membres de « Moulins du Morvan et de la Nièvre » ont participé à la fête organisée par nos amis de Saône-et-Loire au château de Sully, à 20 km d’Autun en direction de Beaune, ces 27 et 28 juillet 2019, pour fêter les 20 ans de leur association. Outre des « ateliers », des conférences ont permis d’avancer sur plusieurs sujets, en particulier pour tout ce qui concerne la « continuité écologique », successivement par Charles Champetier, M. Marié de la Fédération des Etangs de France, et l’historien Jean-Pierre Azéma. Pour sa part, Gérard Mignot, historien des moulins de Saône-et-Loire, a proposé deux causeries, l’une sur les « moulins à sang » (mus par la force d’un animal ou de plusieurs, ou hélas d’un ou de plusieurs hommes), l’autre sur les moulins à vent. J’ai pu tenir également une causerie sur les moulins à huile de Bourgogne. A chaque fois il y a eu une assistance attentive, parfois dépassant la vingtaine de personnes.

Accessoirement, il y avait diverses animations, et par exemple ont été organisées des visites du château de Sully, un grand édifice très symétrique, avec ses douves, et au milieu d’un grand parc.

Le château de Sully, qui appartient à Mme de Magenta, dont le mari descendait du maréchal Mac Mahon, duc de Magenta, possède encore beaucoup de biens dans les alentours, dont le moulin. Il est à 700 mètres du château. Il a travaillé jusque dans les années 1980. Il est en cours de restauration par nos amis de l’association des amis des moulins de Saône-et-Loire, comme l’a salué un article du Journal de la Saône-et-Loire du samedi 27 juillet 2019.

Le moulin bénéficie d’un bief de la rivière la Drée, un assez important affluent de l’Arroux qu’il rejoint en amont d’Autun. Il nous apparaît comme un bâtiment tout en long, mais la partie moulin proprement dite est vraiment réduite, tout au fond sur ma photo. Une turbine demeure, en état de marche ; le bief forme ici un petit réservoir, bien moins grand qu’autrefois. En effet, une carte postale que je n’ai pu valablement reproduire, montre que l’ancien bief arrivait plus largement face au bâtiment ; une petite ouverture à quelques mètres des vannes de la turbine suggère qu’ici il y a eu d’autres vannes pour alimenter une roue sous le grand bâtiment, s’ajoutant à celle dont la turbine occupe l’emplacement (sans compter qu’il y a pu y avoir une roue sur le pignon à l’extrémité du bâtiment).


Les chevaux et la calèche étaient les héros de la fête des 27 et 28 juillet: mais ils suggèrent comment devait être la vie au moulin avant l’arrivée du camion et de la voiture.

Jouxtant les vannes de la turbine, à crémaillère en fonte, on note une jolie meule à huile dont le diamètre du rebord est de 0,70 m.

Meule à huile

Au sol sont deux anciennes meules composées, de 1,30 m de diamètre.

La salle d’entrée contient ce qui reste de l’ancien grand rouet, avec le support des meules (malheureusement ma photo n’est pas excellente).

Paire de meules avec la potence

Dans la salle au-dessus sont les deux paires de meules, avec la potence, ainsi que plusieurs machines à cylindres et un autre appareil. Dans la pièce à côté de cette salle on remarque un trieur à grain.

Tout en haut sont notamment plusieurs blutoirs.

Dans une pièce sont affichés quelques documents, dont la carte postale difficile à photographier, et un portrait du dernier meunier, M. Barnet. Par contre j’ai réussi à photographier le sac à son nom.

Sac au nom d’Antoine Barnet

NB : lors de ma causerie sur les moulins à huile de Bourgogne, j’ai évoqué ce qui fut une grande huilerie de la Saône-et-Loire, la maison Mamessier de Montceau-les-Mines, qui avait une annexe en gare de Chalon-sur-Saône ; à l’été 1944, l’explosion d’un wagon de munition provoqua la destruction de cette annexe. Quelques personnes m’ont parlé de cette dynastie Mamessier, dont un descendant demeure en vie ; comme j’ai proposé une photo des meules à huile près du château de La Clayette, une dame m’a dit qu’elle avait connu leur dernier huilier, lequel se nommait également Mamessier.

Meules du moulin de La Clayette

Accessoirement, nous avons vendu 5 exemplaires de notre bulletin numéro spécial de 2003 consacré aux moulins à huile de Bourgogne.

Numéro spécial de notre revue sur les Moulins à vent de Bourgogne

Actualités Non classé

Notre assemblée générale 2019 s’est tenue le 23 mars 2019 à St Pierre le Moûtier, célèbre pour son moulin à vent des Éventées. En cette occasion, nous avons publié un numéro spécial de notre revue :  

« Moulins à vent de Bourgogne

St Pierre le Moûtier et ses moulins »

Ce numéro spécial se compose ainsi :

  • les moulins à vent en Bourgogne, avec des documents très peu connus, dont un plan en couleur à notre connaissance inédit des Archives Municipales de Dijon. On remarquera le plan d’un moulin sur pivot.
  • St Pierre le Moûtier et ses moulins; dans ce chapitre sont étudiés les moulins qu’a connus la ville sous toutes les formes possibles, à savoir les moulins à eau, les moulins à vent, les moulins à vapeur et les huileries. Nous avions déjà publié une étude à ce sujet dans notre numéro 75, mais cette nouvelle édition contient des trouvailles ultérieures concernant en particulier les moulins avant 1789, l’incendie d’un moulin à vapeur, et l’huilerie Léveillé.
  • Les moulins à vent marquants de chacun des départements de la Bourgogne :

En Côte d’Or : les deux moulins ouverts à la visite à Montceau-l’Écharnant (dont son plan) et Sorine sur la commune de Santenay, plus quelques mots sur le moulin de Châtellenot (que notre bulletin avait évoqué il y a très longtemps), ainsi que sur les moulins à vent du côté de Saulieu.

Dans la Nièvre : outre les généralités, les moulins de Bouhy, Varzy et Bazoches.

Dans l’Yonne : l’oeuvre de l’association « A Tire d’Aile » dont la restauration du moulin de Migé. Un paragraphe rappelle qu’il y a eu des moulins à vent ) Vézelay et dans les environs.

Ce numéro coûte 10 €. Il est diffusé hors abonnement. Il peut être commandé à Philippe Landry : 6, rue du rivage – 58000 Nevers (03 86 59 49 98). Le chèque doit être établi à l’ordre de l’AMMN – Associaton des Moulins du Morvan et de la Nièvre.

Nouvelles meunières décembre 2018

Nouvelles meunières

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

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Nouvelles meunières novembre 2018 1ère partie

Non classé

Visite du 20 octobre 2018

Notre ami Régis Boutry, adhérent de l’AMN, a installé il y a quelques années deux turbines à son ancien moulin Simonot dans le hameau Simonneau de St-Léger-Vauban. Il vient d’acquérir l’ex-moulin du Greux à Urzy. C’est un grand bâtiment à 4 niveaux, dont il envisage de faire un ensemble de logements. Régis a organisé une pendaison de crémaillère le 20 octobre 2018. Nous étions plusieurs adhérents de Moulins du Morvan et de la Nièvre à y participer. Nous avons pu visiter le site et les anciens locaux. Le précédent propriétaire nous a exposé où étaient les ateliers au temps où le moulin du Greux était une forge hydraulique. Le grand moulin à blé que l’on peut observer ne fut construit qu’à la fin du XIXe siècle : on le reconnaît quelque peu avec ses fenêtres à fronton arrondi et à parement de briques, assez typiques de l’époque. Il reste d’autrefois à l’extérieur quelques vannes sur le bief (la Nièvre est assez loin) ; à ce propos, le bief est très long, au moins 800 mètres. En fait il commence à l’ancienne usine de Demeurs, également un ancien moulin. A l’intérieur sont essentiellement les trois turbines, en enfilade. En haut un reconnaît un ancien blutoir, très long, aménagé dans la charpente elle-même, ce qui fait que lorsque tout le matériel a été dispersé, il n’a pas été démonté. 


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Nouvelles meunières novembre 2018 2ème partie

Non classé

Promenade aux moulins de l’Yonne

A propos du neuvième centenaire de l’abbaye de Fontenay, qui m’aura décidément bien occupé l’esprit, Vera m’a proposé de jeter un coup d’œil sur les moulins proches de l’abbaye de Pontigny, dans l’Yonne. Rappel géographique : Pontigny se trouve sur le Serein, rivière née en Morvan tout près de Saulieu ; elle ou ses affluents ont animé nombre de moulins comme ceux de La Roche en Brenil toujours dans le Morvan, celui de Bourbilly au pied du château de ce nom qui appartint à Ste Jeanne de Chantal, plus loin des moulins à Noyers et Montréal ainsi que Chablis, etc… Fondée en 1114, l’abbaye de Pontigny fut considérable et très riche. Les plans montrent que son moulin fut accolé à son enceinte, tout près de son entrée. Il bénéficiait d’un bief lui apportant beaucoup d’eau du Serein. Trois anciens moulins sont aujourd’hui observables à Pontigny, sachant qu’ils ont dû être construits après 1800.

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Nouvelles meunières septembre 2018

Non classé

Actualités des énergies renouvelables

EOLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article bien argumenté sur l’éolien

« Cette énergie verte reste toujours peu développée en France 

L’éolien a besoin d’un appel d’air »

L’article constate que l’éolien se développe bien en France, mais à un rythme très insuffisant pour combler le retard par rapport à nos voisins européens. « Le parc éolien terrestre français compte actuellement 6 500 éoliennes et génère une puissance de 13,6 MW (mégawatts) en 2017. » Quant à l’éolien maritime, rien n’est encore construit : six projets importants sont en cours de développement au large de la Bretagne et de la Normandie.

Au total, l’éolien ne produit que 4,5 % de l’électricité. Loin derrière l’Allemagne .

Le Journal du Centre du 24 août 2018 :  Le projet du sud-Morvan arrêté. Nous avions évoqué le projet d’implanter des éoliennes dans le sud-est du Morvan, dans le secteur Luzy-Issy-l’Evêque et Montmort. « Le vent a tourné à Montmort » expose le quotidien, le préfet de Saône et Loire ayant émis un arrêté de refus d’autorisation.

HYDROLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article peu rassurant :

« Naval Energies renonce à investir dans l’hydrolien 

dénonçant un manque de perspectives

Une filière française pleine d’avenir qui prend l’eau »

L’hydrolien, rappelons-le, consiste à lâcher une machine qui capte l’énergie d’un courant sous-marin ou sous-fluvial. L’intérêt est que la turbine n’a pas besoin d’un bief conducteur d’eau artificiel ni d’une « chambre ». Cette technologie paraît plutôt propre et inoffensive pour l’environnement. Le long des côtes normandes on comptait beaucoup dessus, en raison de la force des courants marins :  7 hydroliennes de grand gabarit devaient être déployées dans les environs de Cherbourg, avec l’appui de l’État (qui s’engageait à ce que le prix d’achat du kwatt par EDF demeure attractif). Le ministère de l’environnement met des obstacles. La société Naval Energies semble mettre la clé sous la porte, et entreprend de licencier ses 100 salariés.

HYDRAULIQUE

Le Journal du Centre, 9 septembre 2018 : Toute une page « La Stratégie de Création des Aires Protégées ». Les majuscules sont justifiées parce que désormais il s’agit d’une pratique administrative officielle : la SCAP. Sont visées les « créations » d’espaces protégés, dont les zones marécageuses hébergent des espèces animales ou végétales en danger. Nous sommes tout à fait pour les zones marécageuses… plus particulièrement en amont des seuils que menace la politique de continuité écologique.

Le Journal du Centre, 10 septembre 2018 : «Les barrages hydroélectriques assurent plusieurs missions.  A quoi servent les barrages du Morvan ? »

Toute une page consacrée aux grands barrages du Morvan. Lorsque les articles sont très précis, ils apportent beaucoup. Ainsi énumère-t-on la production d’électricité des plus importants barrages :

Chaumeçon (rivière le Chalaux), barrage à St-Martin du Puy 1,5 mK

Crescent (Chalaux et Cure) et Bois de Cure : 1,5 chacun. Trois grosses turbines eu Bois de Cure.

Malassis (Cure) commune de Domecy sur Cure : production non indiquée

Pannecière (Yonne), commune de Chaumard : idem

La Canche (rivière de ce nom, Roussillon en Morvan) : « produit annuellement de quoi alimenter 1300 habitants ». 

Les généralités sont parfois pertinentes : à l’origine les grands barrages ont été bâtis pour épargner Paris des crues catastrophiques comme celle de 1910 : le Crescent, Chaumeçon, voire Pannecière. Puis ils l’ont été moins pour l’électricité que pour l’alimentation des population en eau, comme le lac de St-Agnan (l’article omet d’évoquer le barrage de Chamboux sur Alligny en Morvan et St-Martin de la Mer). Les barrages permettent d’avoir de bons cours d’eau pour la pêche et les activités sportives telles que le kayak sur la Cure, ou la voile aux Settons. 

Par contre dans les généralités il y a une erreur : les Settons ne produit pas d’électricité (il a été construit pour favoriser le flottage dans les années 1850).

JOURNAUX

LE JOURNAL DU CENTRE

– 29 et 30 juillet 2018, les deux fois hommage à l’activité de Gaëlle Malézieux, qui grâce à de petites meules produit de la farine à son moulin de Mirebeau, commune de Ménestreau dans la vallée du Nohain. Adepte du « circuit court », par lequel le producteur vent au consommateur le plus directement possible, en économisant sur le transport et l’activité d’intermédiaires (ce qui a un intérêt écologique et diminue le prix de vente), Mme Malézieux vend le plus souvent possible directement chez elle, ouvrant son petit moulin à la visite.

31 juillet 2018 : grand article le village de Cessy les Bois, dans la vallée du Nohain et les projets de la municipalité, dont : « la réhabilitation de l’huilerie ». 

Même page en-dessous, à propos du manoir de Chailloy de Suilly la Tour, parfois ouvert à la visite et ce avec un certain succès, quelques données historiques très intéressantes : « les restes des différentes retenues d’eau nécessaires au moulin et aux forges », « le manoir comprenait également un moulin à farine. Il a été créé par la famille du théologien Théodore de Bèze, originaire de Vèzelay, qui s’était investie dans l’industrie métallurgique en Nivernais ». A cet égard, cette famille a possédé le moulin de Chitry les Mines, dans les parages duquel elle a exploité des mines de plomb argentifère, ce qui mène à se demander si le moulin de Chitry n’a pas travaillé l’argent. Les De Bèze étant protestants, leurs biens furent parfois confisqués, dont la forge de Chailloy, dit l’article, celle-ci au profit du duc de Nevers.

3 août 2018 : Dans la page « Estivités », rubrique « Agenda », la visite guidée de ce jour à l’huilerie du moulin de l’Ile de Donzy est joliment annoncée, avec photo couleur de notre ami Frédéric Coudray devant sa grande paire de meules.

15 août 2018 : même page annonce de l’ouverture exceptionnelle du moulin des Eventées, avec magnifique photo en page 2.

16 et 17 août 2018 même page annonce de l’ouverture à la visite des moulins de Moulin-L’Evêque, avec belles photos les 2 fois.

25 août 2018 : A propos de visites guidées organisées à Courcelles, près de Varzy, belle photo du moulin de Chivres, qu’a si joliment restauré notre ami Philippe Gilles. 

8 septembre 2018 : Toute une page en l’honneur de notre amie Françoise Radoux, comme présidente de l’Association des Femmes en Difficulté (AFED), en deuxième lieu animatrice d’une association sénégalaise « Keurn’diambal ». Et puis évocation du fait qu’elle vient d’ouvrir un café « associatif » à La Charité sur Loire, rue de Paris, à côté de l’ancienne église St-Pierre. Françoise trône au centre d’une grande photo au milieu de ses copines de l’Afed.

10 septembre 2018 : Deux pages sur l’inauguration de la nouvelle halle d’Anost (Morvan côté Saône-et-Loire), en bois du Morvan et construite par des entreprises locales.  Le Salon du livre d’Anost vient de s’y tenir : une photo montre notre ami Jean-Claude Néant au milieu des nombreux livres qu’il propose en tant que bouquiniste.

12 septembre 2018 : Grande liste des lieux ouverts à l’occasion des Journées du Patrimoine des15 et 16 septembre ; on y remarque :

– Les moulins de Moulin-l’Evêque classés à Cosne sur Loire ;

– Le jardin de Forgeneuve à Coulanges ;

– Le moulin de Maupertuis et  l’huilerie du Moulin de l’Ile à Donzy

– A Guérigny le Musée Forges et Marines, dont certaines salles proposent en permanence des documents qui peuvent être regardés comme relatifs aux moulins (maquette d’un martinet de forge, lequel ressemblait au marteau des foulons ; carte des anciennes forges hydrauliques du Nivernais, etc.). Dans la cour l’ancienne roue est toujours admirable.

– A Nannay le moulin Janlard ;

– A Raveau la forge de la Vache

– A Sémelay le château de la Bussière (le texte ne le dit pas, mais à l’arrière du château, dans le jardin, demeure une paire de meules à huile récupérée un jour dans un moulin disparu de la commune, et qui faisait partie des domaines liés au château.

–  A Varzy l’ancienne huilerie.

Curieusement a échappé à la liste un moulin toutefois évoqué dans le même numéro, mais page suivante : le moulin de la Presle à Planchez ; placé » dans le balcon de la page, tout en haut à droite, un texte intéressant précise qu’on y fera le dimanche après-midi de la farine de sarrasin sous la direction de Chantal Martin (la fille de notre amie Monique ; Chantal a donné son prénom à la roue lorsqu’elle a été refaite il y a une trentaine d’années).

JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE

 3 août 2018 :une écrivaine tient une rubrique de légendes locales, qui couvre toute une bonne page avec illustration. Elle évoque l’assassinat du meunier du moulin du Rêve à Dun les Places, empoisonné par sa femme. J’ai été le premier à évoquer cette affaire dans « Les moulins racontent le Morvan », puis nous l’avons précisée dans un bulletin. Je n’ai rien contre le fait que d’autres auteurs le reprennent, mais ils seraient bien sympathiques de citer leurs sources.

REVUES

LE REGIONAL DE COSNE ET DES PAYS CHARITOIS

12 septembre 2018 :programme des Journées du Patrimoine. Même que dans le Journal du Centre, avec en plus le moulin Blot à Bouhy et l’huilerie Brossard à Raveau.

LA LOIRE ET SES TERROIRS , N° 101 – JUILLET 2018

 Le fameux numéro avec plus de 30 pages sur les carrières de meules de la vallée de la Loire, dont celles le long de l’Arroux,comme indiqué dans nos Nouvelles meunières précédentes. J’ai commandé le numéro en envoyant un chèque de 15 euro, mais Philippe Auclerc, directeur et principal rédacteur, a choisi de me le livrer gratuitement en remerciement des renseignements et photos que je lui avais fournis. Je tiens donc ledit numéro à la disposition de nos adhérents. 

Cela dit, le numéro comporte d’autres articles, dont l’un relatif à la continuité écologique, l’autre aux zones humides. A propos de la continuité écologique, l’auteur semble hostile aux barrages et aux seuils qui subsistent, même lorsqu’ils sont susceptibles de produire de l’électricité. Il énumère différents barrages dont l’administration et des groupes écologistes proposent la disparition, non sans évoquer la résistance que leurs projets provoquent. L’article sur les zones humides est intéressant, mais il oublie de rappeler qu’en effaçant les seuils et barrages, on efface les zones humides qui les précèdent.

BOURGOGNE MAGAZINE – JUILLET 2018

Grande série d’articles intitulée « Moulins éternels », de la page 30 à la 65.

– une introduction pages 30 et 31 avec une magnifique photo du moulin à vent de Montceau-et-Echarnant, en Côte-d’Or.

– Page 32 : « 10 siècles d’entraînement » : généralités sur les moulins de Bourgogne, avec quelques détails sur certains, carte postale du moulin du Saut de Gouloux et du fameux  moulin à vent de Romanèche-Thorins, en Saône et Loire, célèbre pour son vin dit « moulin à vent », photo du moulin de Guédelon.

– Page 36 : les ailes du désir. Liste des moulins à vent ouvert à la visite : donc Romanèche-Thorins, Blot et les Eventées dans la Nièvre, Sorine et Montceau en Côte-d’Or, Migé dans l’Yonne.

– Page 38 : reportage sur le moulin à vent de Montceau-et-Echarnant (assez facile d’accès depuis la Nièvre car situé à 20 km à l’ouest de Beaune). Nous avions consacré plusieurs pages à ce moulin dans notre bulletin lorsque sa restauration a été achevée.

– Page 44 : reportage sur les Boisnard, « artisans meuniers-boulangers » au moulin de Seignelay, dans le département de l’Yonne, qui utilise les eaux du Serein.

– Page 48 : « Huiles pressées à la force du Nohain », reportage sur notre bien connu moulin de l’Ile à Donzy, avec photos de notre ami Frédéric Coudray (le photographe réussit une photo géniale avec Frédéric face à un cygne). Un encadré évoque l’écomusée du moulin de Maupertuis.

– Page 52 : « Montjeu et le ru de la Toison » : grand article sur le moulin du Petit-Montjeu, à Autun, et l’action qu’y mène notre amie Marie Marin (elle aussi bénéficie de beaux portraits). Son action comme présidente des moulins de Saône et Loire est également évoquée, dont sa lutte pour sauver le moulin de Conche, à Dyo, contre l’application de la loi de continuité écologique.

– Page 56 : « Au fil des pales bressanes », grand article sur les moulins de Bresse, dont ceux rendus à la visite sous l’égide de l’Ecomusée Pierre de Bresse, à Montjay (moulin à eau), le Moulin de la Croix également à eau connu pour ses « gaudes » (gâteaux à base de farine de maïs moulue en moulin) et Sacy (meules à huile).

– Page 62 et  64 : liste de moulins pouvant héberger du public ou lui servir des repas, dont dans la Nièvre Janlard et le moulin de Bousset à Chiddes, et près d’Avallon les moulins des Templiers et des Ruats.

– Page 64 : liste (trop brève) d’ouvrages sur les moulins.

Le très bon texte, d’Eric Perruchot, ne m’inspire que peu de réserves : par exemple il ne me paraît pas tout à fait exact d’écrire « Les moulins n’ont guère évolué de l’époque médiévale à l’orée du XXe siècle » : l’invention du blutoir au XVIe siècle, les perfectionnements apportés aux meules et l’invention des moulins-beffrois à plusieurs étages avec élévateurs au XVIIIe, de la turbine en 1825 et même période de la potence à soulever les meules ainsi que l’emploi de plus en plus fréquent de la machine à vapeur  me paraissent des jalons non négligeables. Enfin vers 1900 ce n’est pas la turbine qui a révolutionné les moulins mais l’arrivée des cylindres. D’autre part à propos de la meule trouvée par l’excellent chercheur Louis Bonnamour dans la Saône du côté de Chalon, datée semble-t-il du IIIe siècle. D’aucuns émettent que les ruines d’embarcation au sein desquelles elle a été trouvée seraient celles d’un moulin-bateau, théorie qu’adopte Perruchot. Louis Bonnamour est très prudent là-dessus. En effet, en principe, le moulin-bateau a été inventé lors du siège de Rome par des barbares en 635, donc 4 siècles après. La meule pourrait se trouver sur ce bateau parce qu’elle y était transportée, ce qui me paraît plus probable.

Très belles photos de Michel Joly et Jean-Luc Petit.

LE CANARD ENCHAÎNE – 5 SEPTEMBRE 2018

L’article « Pain bénit pour la santé » sur le pain de mie brioché, qui peut désormais être remboursé tout ou partie par la Sécurité Sociale, se montre plus que critique : « Question santé, l’industrie de la meunerie nous roule dans la farine. » A cause du taux de sel qu’on ajoute dans le pain. Il s’en prend sans la nommer à une « grosse coopérative meunière de Bourgogne et son partenaire industriel spécialisé dans les « solutions de panification ». Mais la suite de l’article met en valeur la responsabilité de la boulangerie plus que de la meunerie. Sauf à la fin : « Les toubibs s’inquiètent aussi de l’usage immodéré des farines ultra-raffinées, plus faciles à travailler. Plus le degré de raffinement est élevé, moins la pâte contient de minéraux, de vitamines et de fibres, avec, à l’inverse, une charge en sucre qui grimpe. » 

Le fond de la critique est sans doute fondé. Mais ce qui est épatant c’est comme on voit ressurgir un vieux débat, remontant au XVIIe siècle, après que l’invention du blutage a permis d’ôter de plus en plus de son à la farine, pour arriver qu’elle n’en ait pratiquement plus. Les meilleurs moulins se sont mis à fabriquer une farine très pure destinée aux boulangers et pâtissiers vendant du pain et des gâteaux à la noblesse et à la bourgeoisie  des villes; mais le peuple des travailleurs (paysans, ouvriers, artisans) a préféré une farine moins pure car plus nourrissante, ce pourquoi des moulins ont continué à ne pas bluter, ou à peu bluter. Seulement le moulin blutant beaucoup livrait une farine plus chère, donc plus profitable au fabricant (d‘où l’éclosion des moulins « de commerce »). Cela a généré de vives polémiques entre économistes, un homme comme Parmentier proposant de rechercher un moyen terme entre les deux méthodes. 

Télévision  – France 5

Dimanche 29 JUILLET 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : l’ANJOU

Une séquence sur le moulin de Sarré. Jolie roue à augets en bois, paire de meules sous une archure en bois bien ronde, trémie trapézoïdale. Le meunier, très sympathique, utilise sa farine pour faire de petits gâteaux qui ont l’air bien légers. Un court plan laisse apercevoir un moulin à plusieurs niveaux, dont nous ne sauront rien d’autre. C’est le défaut de cette émission : chacune de ses séquences est brève, rapide, superficielle, on reste toujours sur sa faim (même quand il est question de gâteaux).

Dimanche 5 août 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : la VENDEE

Joli reportage sur le fameux moulin à vent des Alouettes. En 1793 il y avait là 8 moulins à vent, dont 2 ne moulaient plus, paraît-il : ils ne servaient qu’à donner des indications aux Vendéens en guerre contre la République par le positionnement de leurs ailes. Aujourd’hui plusieurs moulins ont encore des ailes, dont le principal, ouvert à la visite, continue de moudre un peu.  Son meunier Loïc Langlet l’a fait visiter ; il rapporte qu’il aurait existé dès le XIIe siècle. Le reportage a montré les meules en action (meules en silex provenant de La Ferté sous Jouarre), et le blutoir : le meunier a montré les différentes qualités de farine que livre ce blutoir, premier casier une farine encore chargée de son, plutôt de couleur beige, à la fin une farine très fine, très blanche, dépourvue de son.

Mardi 28 août 2018

 « Sale temps pour la planète », de Morad Aït-Hebbouche . En fait c’est un documentaire sur la Bretagne, notamment l’archipel d’Ouessant. Pour l’instant, toute l’électricité est fournie par des moteurs au fuel (!). Les habitants commencent à s’équiper en appareils d’énergie renouvelable : éolienne, panneaux solaires, et surtout une première hydrolienne plongée à 55 m de fond. Elle devrait avoir bientôt quelques petites sœurs : on parle de… 200 ! Un peu de calme peut être utile avant de déboucher sur quelque tempête.

EXPOSITIONS

René Barle a, comme annoncé, pendant trois semaines d’août, présenté au Centre Condorcet de Château-Chinon une quarantaine de tableaux, dont le moulin de Donzy et sa vision de la scène de Don Quichotte abordant les moulins à vent. Il a reçu beaucoup de visiteurs et vendu plusieurs tableaux.

Dijon : exposition tout l’été aux Archives Départementales sur les anciennes industries de Côte-d’Or. Peu de choses sur les moulins. Dans une affiche appelant à l’effort de toute la population pendant la guerre de 1914-18, on remarque en petit au second plan à gauche un modeste moulin à roue. En 1936, sous prétexte de « Défense Nationale  pendant le temps de paix», la Préfecture pousse les entreprises à embaucher des « indicateurs », autrement dit des gars chargés d’espionner les collègues. Or en 1936, on devine qu’ils sont surtout engagés pour surveiller les syndicalistes. « M. le Directeur des Grandes Minoteries Dijonnaises a accepté d’embaucher un indicateur dès qu’il aura été recruté ». En 1940, au début du pouvoir Pétain, sont particulièrement surveillés comme « appartenant à des juifs » :  « Les Tanneries de Saulieu » et les Etablissements Lhuillier de Dijon, qui fabriquent du matériel pour les moulins.

Au Musée des Beaux-Arts de Dijon, j’ai scruté les tableaux où on peut apercevoir un moulin. C’est plutôt rare.

Archives départementales de la Nièvre : exposition sur la Route Nationale 7 (qui fut royale puis impériale). Une carte tracée sous les ordres de l’ingénieur Trudaine entre 1745 et 1780 montre la route dans la traversée du Nivernais, dont incidemment le moulin des Granges à Magny (la fusion de la paroisse avec Cours donnera plus tard Magny-Cours). A ce propos, dans la salle d’étude, une grande carte cadastrale montre les deux moulins de Magny-Cours vers 1840, Les Granges et le Maraut.

« Le mois de l’architecture », en Bourgogne et Franche-Comté, du 15 septembre au 21 octobre 2018 . Brochure intéressante. Rien directement sur les moulins, hélas, mais par exemple une exposition présentée successivement dans plusieurs villes, « Eco-Logis », susceptible d’intéresser nos adhérent qui veulent améliorer leur habitation. Le programme est disponible sur www.mois-architecture.fr. 

CONCERT

Au festival de musique classique de Chagny (ville de Saône et Loire à mi-chemin entre Beaune et Chalon sur Saône), le jeune pianiste Olivier Moulin (absolument) a donné, le 23 août 2018, un excellent concert d’œuvres de Claude Debussy, dont on célèbre le centenaire de la mort. J’espérais trouver parmi les sponsors du festival la minoterie Joseph Nicot, sise à Chagny, une des plus grandes de France (c’est elle qui a créé le réseau de boulangerie « Banette » pour mieux diffuser sa farine). Mais non : la maison n’a pas l’air mélomane.

En tout cas on ne peut évoquer Chagny sans penser aux moulins. La petite ville est connue pour sa belle roue qui demeure d’un ancien « moulin du Pont », qu’on voit d’ailleurs sur les cartes postales modernes. 

Quant à la minoterie Joseph Nicot : que je conte ici un souvenir qui ravira notre amie Monique Martin, du moulin de La Presle à Planchez.

Donc un jour, feu notre ami Albert Martin faisait visiter son petit moulin de La Presle à plusieurs touristes, notamment la modeste paire de meules sous son archure. Un visiteur se montra très intéressé, et finit par se présenter : « Joseph Nicot, je suis le patron du grand moulin de Chagny ». Et il invita Monique et Albert à venir visiter ce dernier. Ravis, nos amis y allèrent.

Ils ne crurent pas leurs yeux de tout ce qu’ils virent là-bas. Des machines extraordinaires, des grands tuyaux, de l’électronique en veux-tu en voilà ! Formidable.

Et quelques jours plus tard, Albert me fit cette confidence : « Je ne savais plus ce que le mot « moulin » voulait dire ».

Le « petit » moulin de Chagny

Informations diverses

– Les fêtes du neuvième centenaire de l’abbaye de Fontenay (qui notamment à la Révolution de 1789 devint un moulin à papier) : le 30 septembre, le Comité Départemental de la Randonnée de Côte-d’Or y organise sa fête annuelle. Plusieurs circuits seront possibles, de 6 ou 12 km, ou plus. C’est l’occasion de mettre en valeur une variante méconnue du chemin de St-Jacques de Compostelle, dont le segment Fontenay-Vèzelay passant par Buffon et Avallon. Ce segment de 83 km peut se faire en 4 ou 5 jours. Le 30 septembre, les participants pourront visiter l’abbaye, donc photographier la toute nouvelle roue hydraulique, avec une réduction de 40 %.

– A propos des moulins du département du Cher :

. Dans le catalogue « Rendez-vous Pays Loire Val d’Aubois » (relatif aux festivités estivales autour de La Guerche sur l’Aubois, le canton du Cher limitrophe de la Nièvre), notons le 1erseptembre  la « Fête du moulin à Ourouër-les-Bourdelins, le Moulin Avant ».

. Je ne sais plus comment m’est échu un document publicitaire du fameux hôtel-restaurant du Cher : « Le Moulin de Chameron », 18210 Bannegon. Le bâtiment du moulin est remarquablement conservé. Particularité : on peut y accéder… en hélicoptère ! Pour ceux de nos adhérents ainsi noblement équipés, voici le site : www.moulindechameron.com

– On m’informe d’une curiosité en Lozère. Au-delà de 1200 mètres y poussent deux sortes de gentiane, l’une célèbre pour ses qualités alimentaires (elle entre dans la fabrication des liqueurs de montagne, dont la verveine du Velay), et l’autre toxique. Pour chasser les rats de leurs greniers à blé et à farine, les meuniers des Cévennes disposaient de cette gentiane toxique autour de leurs sacs.

– Passant à la Bibliothèque municipale de Dijon, j’ai récupéré un dépliant à l’origine conçu par la Bibliothèque Nationale de France  : « Consultez les Archives de l’internet de la BNF ». Ce document est complété par la Bibliothèque Patrimoniale et d’Etudes de Dijon, (nouveau nom de la Bibliothèque Municipale), 3 rue de l’Ecole de Droit, qui précise que son site est aisément consultable : bmdijon@ville-dijon.fr.

A propos, certains documents des Archives Départementales de la Nièvre sont tout ou partie disponibles par internet en faisant cg58archivesdépartementales :

. les plans cadastraux ;

. l’état civil ;

. les recensements.

Je suis allé chercher le recensement de Varzy, pour y chercher les meuniers. Il n’y avait que 1896, et encore trop petit, voire flou, en tout état de cause me paraissant inexploitable (mais d’autres ayant une meilleure vue que moi y trouveront leur bonheur).

– Carte postale trouvée à une brocante (et payée 0,50 euro) : « Pompei – Mulini e forno ». Il s’agit de meules romaines demeurées sous les cendres volcaniques qui ont fait périr Pompéi. Chez les Romains le boulanger était aussi meunier : c’est lui qui pulvérisait le grain de blé avant de faire le pain. Voici donc ce qui reste de l’atelier d’un gros boulanger de Pompéi. Chaque installation est sur un piédestal. Au-dessus est la meule qui paraît ronde, la mela (qui a donné le mot « meule » et donc « moulin »). Au-dessus est la meule en forme de sablier, dite « catillus ». Deux esclaves (ou des prisonniers, ou des ânes) la faisaient tourner à l’aide d’un bâton qui la traversait (ce pourquoi on aperçoit des trous). Ce qu’on ne voit pas est que la mela n’était pas seulement la base ronde qu’on aperçoit : elle montait en forme de cône  pour entrer dans le catillus. On lançait le grain en haut du catillus, il était broyé au fur et à mesure qu’il descendait. Mais pour les êtres appelés à faire tourner le catillus, qui était très lourd, c’était un calvaire horrible.

NOTES DE LECTURE

On trouve cela dans « La cousine Bette », roman d’Honoré de Balzac paru en 1846, à propos d’un personnage peu flatté bien installé dans la vie comme commerçant au détail : 

« Crevel avait fait un mariage d’argent en épousant la fille d’un meunier de la Brie, fille unique d’ailleurs et dont les héritages entraient pour les trois quarts dans sa fortune, car les détaillants s’enrichissent, la plupart du temps, moins par les affaires que par l’alliance de la Boutique et de l’Economie rurale. Un grand nombre des fermiers, des meuniers, des nourrisseurs, des cultivateurs aux environs de Paris rêvent pour leur filles les gloires du comptoir, et voient dans un détaillant… un gendre beaucoup plus selon leur cœur qu’un notaire ou qu’un avoué dont l’élévation sociale les inquiète ; ils ont peur d’être méprisés plus tard par ces sommités de la Bourgeoisie. »

Quant à Madame la fille du meunier de la Brie, Balzac lui taille un costard qui l’habille pour l’hiver :

« Mme Crevel, femme assez laide, très vulgaire et sotte, morte à temps, n’avait pas donné d’autres plaisirs à son mari que ceux de la paternité. »

Rédaction Philippe Landry