Nouvelles meunières septembre 2018

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Actualités des énergies renouvelables

EOLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article bien argumenté sur l’éolien

« Cette énergie verte reste toujours peu développée en France 

L’éolien a besoin d’un appel d’air »

L’article constate que l’éolien se développe bien en France, mais à un rythme très insuffisant pour combler le retard par rapport à nos voisins européens. « Le parc éolien terrestre français compte actuellement 6 500 éoliennes et génère une puissance de 13,6 MW (mégawatts) en 2017. » Quant à l’éolien maritime, rien n’est encore construit : six projets importants sont en cours de développement au large de la Bretagne et de la Normandie.

Au total, l’éolien ne produit que 4,5 % de l’électricité. Loin derrière l’Allemagne .

Le Journal du Centre du 24 août 2018 :  Le projet du sud-Morvan arrêté. Nous avions évoqué le projet d’implanter des éoliennes dans le sud-est du Morvan, dans le secteur Luzy-Issy-l’Evêque et Montmort. « Le vent a tourné à Montmort » expose le quotidien, le préfet de Saône et Loire ayant émis un arrêté de refus d’autorisation.

HYDROLIEN

Le Journal du Centre du 30 juillet 2018 publie un article peu rassurant :

« Naval Energies renonce à investir dans l’hydrolien 

dénonçant un manque de perspectives

Une filière française pleine d’avenir qui prend l’eau »

L’hydrolien, rappelons-le, consiste à lâcher une machine qui capte l’énergie d’un courant sous-marin ou sous-fluvial. L’intérêt est que la turbine n’a pas besoin d’un bief conducteur d’eau artificiel ni d’une « chambre ». Cette technologie paraît plutôt propre et inoffensive pour l’environnement. Le long des côtes normandes on comptait beaucoup dessus, en raison de la force des courants marins :  7 hydroliennes de grand gabarit devaient être déployées dans les environs de Cherbourg, avec l’appui de l’État (qui s’engageait à ce que le prix d’achat du kwatt par EDF demeure attractif). Le ministère de l’environnement met des obstacles. La société Naval Energies semble mettre la clé sous la porte, et entreprend de licencier ses 100 salariés.

HYDRAULIQUE

Le Journal du Centre, 9 septembre 2018 : Toute une page « La Stratégie de Création des Aires Protégées ». Les majuscules sont justifiées parce que désormais il s’agit d’une pratique administrative officielle : la SCAP. Sont visées les « créations » d’espaces protégés, dont les zones marécageuses hébergent des espèces animales ou végétales en danger. Nous sommes tout à fait pour les zones marécageuses… plus particulièrement en amont des seuils que menace la politique de continuité écologique.

Le Journal du Centre, 10 septembre 2018 : «Les barrages hydroélectriques assurent plusieurs missions.  A quoi servent les barrages du Morvan ? »

Toute une page consacrée aux grands barrages du Morvan. Lorsque les articles sont très précis, ils apportent beaucoup. Ainsi énumère-t-on la production d’électricité des plus importants barrages :

Chaumeçon (rivière le Chalaux), barrage à St-Martin du Puy 1,5 mK

Crescent (Chalaux et Cure) et Bois de Cure : 1,5 chacun. Trois grosses turbines eu Bois de Cure.

Malassis (Cure) commune de Domecy sur Cure : production non indiquée

Pannecière (Yonne), commune de Chaumard : idem

La Canche (rivière de ce nom, Roussillon en Morvan) : « produit annuellement de quoi alimenter 1300 habitants ». 

Les généralités sont parfois pertinentes : à l’origine les grands barrages ont été bâtis pour épargner Paris des crues catastrophiques comme celle de 1910 : le Crescent, Chaumeçon, voire Pannecière. Puis ils l’ont été moins pour l’électricité que pour l’alimentation des population en eau, comme le lac de St-Agnan (l’article omet d’évoquer le barrage de Chamboux sur Alligny en Morvan et St-Martin de la Mer). Les barrages permettent d’avoir de bons cours d’eau pour la pêche et les activités sportives telles que le kayak sur la Cure, ou la voile aux Settons. 

Par contre dans les généralités il y a une erreur : les Settons ne produit pas d’électricité (il a été construit pour favoriser le flottage dans les années 1850).

JOURNAUX

LE JOURNAL DU CENTRE

– 29 et 30 juillet 2018, les deux fois hommage à l’activité de Gaëlle Malézieux, qui grâce à de petites meules produit de la farine à son moulin de Mirebeau, commune de Ménestreau dans la vallée du Nohain. Adepte du « circuit court », par lequel le producteur vent au consommateur le plus directement possible, en économisant sur le transport et l’activité d’intermédiaires (ce qui a un intérêt écologique et diminue le prix de vente), Mme Malézieux vend le plus souvent possible directement chez elle, ouvrant son petit moulin à la visite.

31 juillet 2018 : grand article le village de Cessy les Bois, dans la vallée du Nohain et les projets de la municipalité, dont : « la réhabilitation de l’huilerie ». 

Même page en-dessous, à propos du manoir de Chailloy de Suilly la Tour, parfois ouvert à la visite et ce avec un certain succès, quelques données historiques très intéressantes : « les restes des différentes retenues d’eau nécessaires au moulin et aux forges », « le manoir comprenait également un moulin à farine. Il a été créé par la famille du théologien Théodore de Bèze, originaire de Vèzelay, qui s’était investie dans l’industrie métallurgique en Nivernais ». A cet égard, cette famille a possédé le moulin de Chitry les Mines, dans les parages duquel elle a exploité des mines de plomb argentifère, ce qui mène à se demander si le moulin de Chitry n’a pas travaillé l’argent. Les De Bèze étant protestants, leurs biens furent parfois confisqués, dont la forge de Chailloy, dit l’article, celle-ci au profit du duc de Nevers.

3 août 2018 : Dans la page « Estivités », rubrique « Agenda », la visite guidée de ce jour à l’huilerie du moulin de l’Ile de Donzy est joliment annoncée, avec photo couleur de notre ami Frédéric Coudray devant sa grande paire de meules.

15 août 2018 : même page annonce de l’ouverture exceptionnelle du moulin des Eventées, avec magnifique photo en page 2.

16 et 17 août 2018 même page annonce de l’ouverture à la visite des moulins de Moulin-L’Evêque, avec belles photos les 2 fois.

25 août 2018 : A propos de visites guidées organisées à Courcelles, près de Varzy, belle photo du moulin de Chivres, qu’a si joliment restauré notre ami Philippe Gilles. 

8 septembre 2018 : Toute une page en l’honneur de notre amie Françoise Radoux, comme présidente de l’Association des Femmes en Difficulté (AFED), en deuxième lieu animatrice d’une association sénégalaise « Keurn’diambal ». Et puis évocation du fait qu’elle vient d’ouvrir un café « associatif » à La Charité sur Loire, rue de Paris, à côté de l’ancienne église St-Pierre. Françoise trône au centre d’une grande photo au milieu de ses copines de l’Afed.

10 septembre 2018 : Deux pages sur l’inauguration de la nouvelle halle d’Anost (Morvan côté Saône-et-Loire), en bois du Morvan et construite par des entreprises locales.  Le Salon du livre d’Anost vient de s’y tenir : une photo montre notre ami Jean-Claude Néant au milieu des nombreux livres qu’il propose en tant que bouquiniste.

12 septembre 2018 : Grande liste des lieux ouverts à l’occasion des Journées du Patrimoine des15 et 16 septembre ; on y remarque :

– Les moulins de Moulin-l’Evêque classés à Cosne sur Loire ;

– Le jardin de Forgeneuve à Coulanges ;

– Le moulin de Maupertuis et  l’huilerie du Moulin de l’Ile à Donzy

– A Guérigny le Musée Forges et Marines, dont certaines salles proposent en permanence des documents qui peuvent être regardés comme relatifs aux moulins (maquette d’un martinet de forge, lequel ressemblait au marteau des foulons ; carte des anciennes forges hydrauliques du Nivernais, etc.). Dans la cour l’ancienne roue est toujours admirable.

– A Nannay le moulin Janlard ;

– A Raveau la forge de la Vache

– A Sémelay le château de la Bussière (le texte ne le dit pas, mais à l’arrière du château, dans le jardin, demeure une paire de meules à huile récupérée un jour dans un moulin disparu de la commune, et qui faisait partie des domaines liés au château.

–  A Varzy l’ancienne huilerie.

Curieusement a échappé à la liste un moulin toutefois évoqué dans le même numéro, mais page suivante : le moulin de la Presle à Planchez ; placé » dans le balcon de la page, tout en haut à droite, un texte intéressant précise qu’on y fera le dimanche après-midi de la farine de sarrasin sous la direction de Chantal Martin (la fille de notre amie Monique ; Chantal a donné son prénom à la roue lorsqu’elle a été refaite il y a une trentaine d’années).

JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE

 3 août 2018 :une écrivaine tient une rubrique de légendes locales, qui couvre toute une bonne page avec illustration. Elle évoque l’assassinat du meunier du moulin du Rêve à Dun les Places, empoisonné par sa femme. J’ai été le premier à évoquer cette affaire dans « Les moulins racontent le Morvan », puis nous l’avons précisée dans un bulletin. Je n’ai rien contre le fait que d’autres auteurs le reprennent, mais ils seraient bien sympathiques de citer leurs sources.

REVUES

LE REGIONAL DE COSNE ET DES PAYS CHARITOIS

12 septembre 2018 :programme des Journées du Patrimoine. Même que dans le Journal du Centre, avec en plus le moulin Blot à Bouhy et l’huilerie Brossard à Raveau.

LA LOIRE ET SES TERROIRS , N° 101 – JUILLET 2018

 Le fameux numéro avec plus de 30 pages sur les carrières de meules de la vallée de la Loire, dont celles le long de l’Arroux,comme indiqué dans nos Nouvelles meunières précédentes. J’ai commandé le numéro en envoyant un chèque de 15 euro, mais Philippe Auclerc, directeur et principal rédacteur, a choisi de me le livrer gratuitement en remerciement des renseignements et photos que je lui avais fournis. Je tiens donc ledit numéro à la disposition de nos adhérents. 

Cela dit, le numéro comporte d’autres articles, dont l’un relatif à la continuité écologique, l’autre aux zones humides. A propos de la continuité écologique, l’auteur semble hostile aux barrages et aux seuils qui subsistent, même lorsqu’ils sont susceptibles de produire de l’électricité. Il énumère différents barrages dont l’administration et des groupes écologistes proposent la disparition, non sans évoquer la résistance que leurs projets provoquent. L’article sur les zones humides est intéressant, mais il oublie de rappeler qu’en effaçant les seuils et barrages, on efface les zones humides qui les précèdent.

BOURGOGNE MAGAZINE – JUILLET 2018

Grande série d’articles intitulée « Moulins éternels », de la page 30 à la 65.

– une introduction pages 30 et 31 avec une magnifique photo du moulin à vent de Montceau-et-Echarnant, en Côte-d’Or.

– Page 32 : « 10 siècles d’entraînement » : généralités sur les moulins de Bourgogne, avec quelques détails sur certains, carte postale du moulin du Saut de Gouloux et du fameux  moulin à vent de Romanèche-Thorins, en Saône et Loire, célèbre pour son vin dit « moulin à vent », photo du moulin de Guédelon.

– Page 36 : les ailes du désir. Liste des moulins à vent ouvert à la visite : donc Romanèche-Thorins, Blot et les Eventées dans la Nièvre, Sorine et Montceau en Côte-d’Or, Migé dans l’Yonne.

– Page 38 : reportage sur le moulin à vent de Montceau-et-Echarnant (assez facile d’accès depuis la Nièvre car situé à 20 km à l’ouest de Beaune). Nous avions consacré plusieurs pages à ce moulin dans notre bulletin lorsque sa restauration a été achevée.

– Page 44 : reportage sur les Boisnard, « artisans meuniers-boulangers » au moulin de Seignelay, dans le département de l’Yonne, qui utilise les eaux du Serein.

– Page 48 : « Huiles pressées à la force du Nohain », reportage sur notre bien connu moulin de l’Ile à Donzy, avec photos de notre ami Frédéric Coudray (le photographe réussit une photo géniale avec Frédéric face à un cygne). Un encadré évoque l’écomusée du moulin de Maupertuis.

– Page 52 : « Montjeu et le ru de la Toison » : grand article sur le moulin du Petit-Montjeu, à Autun, et l’action qu’y mène notre amie Marie Marin (elle aussi bénéficie de beaux portraits). Son action comme présidente des moulins de Saône et Loire est également évoquée, dont sa lutte pour sauver le moulin de Conche, à Dyo, contre l’application de la loi de continuité écologique.

– Page 56 : « Au fil des pales bressanes », grand article sur les moulins de Bresse, dont ceux rendus à la visite sous l’égide de l’Ecomusée Pierre de Bresse, à Montjay (moulin à eau), le Moulin de la Croix également à eau connu pour ses « gaudes » (gâteaux à base de farine de maïs moulue en moulin) et Sacy (meules à huile).

– Page 62 et  64 : liste de moulins pouvant héberger du public ou lui servir des repas, dont dans la Nièvre Janlard et le moulin de Bousset à Chiddes, et près d’Avallon les moulins des Templiers et des Ruats.

– Page 64 : liste (trop brève) d’ouvrages sur les moulins.

Le très bon texte, d’Eric Perruchot, ne m’inspire que peu de réserves : par exemple il ne me paraît pas tout à fait exact d’écrire « Les moulins n’ont guère évolué de l’époque médiévale à l’orée du XXe siècle » : l’invention du blutoir au XVIe siècle, les perfectionnements apportés aux meules et l’invention des moulins-beffrois à plusieurs étages avec élévateurs au XVIIIe, de la turbine en 1825 et même période de la potence à soulever les meules ainsi que l’emploi de plus en plus fréquent de la machine à vapeur  me paraissent des jalons non négligeables. Enfin vers 1900 ce n’est pas la turbine qui a révolutionné les moulins mais l’arrivée des cylindres. D’autre part à propos de la meule trouvée par l’excellent chercheur Louis Bonnamour dans la Saône du côté de Chalon, datée semble-t-il du IIIe siècle. D’aucuns émettent que les ruines d’embarcation au sein desquelles elle a été trouvée seraient celles d’un moulin-bateau, théorie qu’adopte Perruchot. Louis Bonnamour est très prudent là-dessus. En effet, en principe, le moulin-bateau a été inventé lors du siège de Rome par des barbares en 635, donc 4 siècles après. La meule pourrait se trouver sur ce bateau parce qu’elle y était transportée, ce qui me paraît plus probable.

Très belles photos de Michel Joly et Jean-Luc Petit.

LE CANARD ENCHAÎNE – 5 SEPTEMBRE 2018

L’article « Pain bénit pour la santé » sur le pain de mie brioché, qui peut désormais être remboursé tout ou partie par la Sécurité Sociale, se montre plus que critique : « Question santé, l’industrie de la meunerie nous roule dans la farine. » A cause du taux de sel qu’on ajoute dans le pain. Il s’en prend sans la nommer à une « grosse coopérative meunière de Bourgogne et son partenaire industriel spécialisé dans les « solutions de panification ». Mais la suite de l’article met en valeur la responsabilité de la boulangerie plus que de la meunerie. Sauf à la fin : « Les toubibs s’inquiètent aussi de l’usage immodéré des farines ultra-raffinées, plus faciles à travailler. Plus le degré de raffinement est élevé, moins la pâte contient de minéraux, de vitamines et de fibres, avec, à l’inverse, une charge en sucre qui grimpe. » 

Le fond de la critique est sans doute fondé. Mais ce qui est épatant c’est comme on voit ressurgir un vieux débat, remontant au XVIIe siècle, après que l’invention du blutage a permis d’ôter de plus en plus de son à la farine, pour arriver qu’elle n’en ait pratiquement plus. Les meilleurs moulins se sont mis à fabriquer une farine très pure destinée aux boulangers et pâtissiers vendant du pain et des gâteaux à la noblesse et à la bourgeoisie  des villes; mais le peuple des travailleurs (paysans, ouvriers, artisans) a préféré une farine moins pure car plus nourrissante, ce pourquoi des moulins ont continué à ne pas bluter, ou à peu bluter. Seulement le moulin blutant beaucoup livrait une farine plus chère, donc plus profitable au fabricant (d‘où l’éclosion des moulins « de commerce »). Cela a généré de vives polémiques entre économistes, un homme comme Parmentier proposant de rechercher un moyen terme entre les deux méthodes. 

Télévision  – France 5

Dimanche 29 JUILLET 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : l’ANJOU

Une séquence sur le moulin de Sarré. Jolie roue à augets en bois, paire de meules sous une archure en bois bien ronde, trémie trapézoïdale. Le meunier, très sympathique, utilise sa farine pour faire de petits gâteaux qui ont l’air bien légers. Un court plan laisse apercevoir un moulin à plusieurs niveaux, dont nous ne sauront rien d’autre. C’est le défaut de cette émission : chacune de ses séquences est brève, rapide, superficielle, on reste toujours sur sa faim (même quand il est question de gâteaux).

Dimanche 5 août 2018 – 100 lieux qu’il faut voir : la VENDEE

Joli reportage sur le fameux moulin à vent des Alouettes. En 1793 il y avait là 8 moulins à vent, dont 2 ne moulaient plus, paraît-il : ils ne servaient qu’à donner des indications aux Vendéens en guerre contre la République par le positionnement de leurs ailes. Aujourd’hui plusieurs moulins ont encore des ailes, dont le principal, ouvert à la visite, continue de moudre un peu.  Son meunier Loïc Langlet l’a fait visiter ; il rapporte qu’il aurait existé dès le XIIe siècle. Le reportage a montré les meules en action (meules en silex provenant de La Ferté sous Jouarre), et le blutoir : le meunier a montré les différentes qualités de farine que livre ce blutoir, premier casier une farine encore chargée de son, plutôt de couleur beige, à la fin une farine très fine, très blanche, dépourvue de son.

Mardi 28 août 2018

 « Sale temps pour la planète », de Morad Aït-Hebbouche . En fait c’est un documentaire sur la Bretagne, notamment l’archipel d’Ouessant. Pour l’instant, toute l’électricité est fournie par des moteurs au fuel (!). Les habitants commencent à s’équiper en appareils d’énergie renouvelable : éolienne, panneaux solaires, et surtout une première hydrolienne plongée à 55 m de fond. Elle devrait avoir bientôt quelques petites sœurs : on parle de… 200 ! Un peu de calme peut être utile avant de déboucher sur quelque tempête.

EXPOSITIONS

René Barle a, comme annoncé, pendant trois semaines d’août, présenté au Centre Condorcet de Château-Chinon une quarantaine de tableaux, dont le moulin de Donzy et sa vision de la scène de Don Quichotte abordant les moulins à vent. Il a reçu beaucoup de visiteurs et vendu plusieurs tableaux.

Dijon : exposition tout l’été aux Archives Départementales sur les anciennes industries de Côte-d’Or. Peu de choses sur les moulins. Dans une affiche appelant à l’effort de toute la population pendant la guerre de 1914-18, on remarque en petit au second plan à gauche un modeste moulin à roue. En 1936, sous prétexte de « Défense Nationale  pendant le temps de paix», la Préfecture pousse les entreprises à embaucher des « indicateurs », autrement dit des gars chargés d’espionner les collègues. Or en 1936, on devine qu’ils sont surtout engagés pour surveiller les syndicalistes. « M. le Directeur des Grandes Minoteries Dijonnaises a accepté d’embaucher un indicateur dès qu’il aura été recruté ». En 1940, au début du pouvoir Pétain, sont particulièrement surveillés comme « appartenant à des juifs » :  « Les Tanneries de Saulieu » et les Etablissements Lhuillier de Dijon, qui fabriquent du matériel pour les moulins.

Au Musée des Beaux-Arts de Dijon, j’ai scruté les tableaux où on peut apercevoir un moulin. C’est plutôt rare.

Archives départementales de la Nièvre : exposition sur la Route Nationale 7 (qui fut royale puis impériale). Une carte tracée sous les ordres de l’ingénieur Trudaine entre 1745 et 1780 montre la route dans la traversée du Nivernais, dont incidemment le moulin des Granges à Magny (la fusion de la paroisse avec Cours donnera plus tard Magny-Cours). A ce propos, dans la salle d’étude, une grande carte cadastrale montre les deux moulins de Magny-Cours vers 1840, Les Granges et le Maraut.

« Le mois de l’architecture », en Bourgogne et Franche-Comté, du 15 septembre au 21 octobre 2018 . Brochure intéressante. Rien directement sur les moulins, hélas, mais par exemple une exposition présentée successivement dans plusieurs villes, « Eco-Logis », susceptible d’intéresser nos adhérent qui veulent améliorer leur habitation. Le programme est disponible sur www.mois-architecture.fr. 

CONCERT

Au festival de musique classique de Chagny (ville de Saône et Loire à mi-chemin entre Beaune et Chalon sur Saône), le jeune pianiste Olivier Moulin (absolument) a donné, le 23 août 2018, un excellent concert d’œuvres de Claude Debussy, dont on célèbre le centenaire de la mort. J’espérais trouver parmi les sponsors du festival la minoterie Joseph Nicot, sise à Chagny, une des plus grandes de France (c’est elle qui a créé le réseau de boulangerie « Banette » pour mieux diffuser sa farine). Mais non : la maison n’a pas l’air mélomane.

En tout cas on ne peut évoquer Chagny sans penser aux moulins. La petite ville est connue pour sa belle roue qui demeure d’un ancien « moulin du Pont », qu’on voit d’ailleurs sur les cartes postales modernes. 

Quant à la minoterie Joseph Nicot : que je conte ici un souvenir qui ravira notre amie Monique Martin, du moulin de La Presle à Planchez.

Donc un jour, feu notre ami Albert Martin faisait visiter son petit moulin de La Presle à plusieurs touristes, notamment la modeste paire de meules sous son archure. Un visiteur se montra très intéressé, et finit par se présenter : « Joseph Nicot, je suis le patron du grand moulin de Chagny ». Et il invita Monique et Albert à venir visiter ce dernier. Ravis, nos amis y allèrent.

Ils ne crurent pas leurs yeux de tout ce qu’ils virent là-bas. Des machines extraordinaires, des grands tuyaux, de l’électronique en veux-tu en voilà ! Formidable.

Et quelques jours plus tard, Albert me fit cette confidence : « Je ne savais plus ce que le mot « moulin » voulait dire ».

Le « petit » moulin de Chagny

Informations diverses

– Les fêtes du neuvième centenaire de l’abbaye de Fontenay (qui notamment à la Révolution de 1789 devint un moulin à papier) : le 30 septembre, le Comité Départemental de la Randonnée de Côte-d’Or y organise sa fête annuelle. Plusieurs circuits seront possibles, de 6 ou 12 km, ou plus. C’est l’occasion de mettre en valeur une variante méconnue du chemin de St-Jacques de Compostelle, dont le segment Fontenay-Vèzelay passant par Buffon et Avallon. Ce segment de 83 km peut se faire en 4 ou 5 jours. Le 30 septembre, les participants pourront visiter l’abbaye, donc photographier la toute nouvelle roue hydraulique, avec une réduction de 40 %.

– A propos des moulins du département du Cher :

. Dans le catalogue « Rendez-vous Pays Loire Val d’Aubois » (relatif aux festivités estivales autour de La Guerche sur l’Aubois, le canton du Cher limitrophe de la Nièvre), notons le 1erseptembre  la « Fête du moulin à Ourouër-les-Bourdelins, le Moulin Avant ».

. Je ne sais plus comment m’est échu un document publicitaire du fameux hôtel-restaurant du Cher : « Le Moulin de Chameron », 18210 Bannegon. Le bâtiment du moulin est remarquablement conservé. Particularité : on peut y accéder… en hélicoptère ! Pour ceux de nos adhérents ainsi noblement équipés, voici le site : www.moulindechameron.com

– On m’informe d’une curiosité en Lozère. Au-delà de 1200 mètres y poussent deux sortes de gentiane, l’une célèbre pour ses qualités alimentaires (elle entre dans la fabrication des liqueurs de montagne, dont la verveine du Velay), et l’autre toxique. Pour chasser les rats de leurs greniers à blé et à farine, les meuniers des Cévennes disposaient de cette gentiane toxique autour de leurs sacs.

– Passant à la Bibliothèque municipale de Dijon, j’ai récupéré un dépliant à l’origine conçu par la Bibliothèque Nationale de France  : « Consultez les Archives de l’internet de la BNF ». Ce document est complété par la Bibliothèque Patrimoniale et d’Etudes de Dijon, (nouveau nom de la Bibliothèque Municipale), 3 rue de l’Ecole de Droit, qui précise que son site est aisément consultable : bmdijon@ville-dijon.fr.

A propos, certains documents des Archives Départementales de la Nièvre sont tout ou partie disponibles par internet en faisant cg58archivesdépartementales :

. les plans cadastraux ;

. l’état civil ;

. les recensements.

Je suis allé chercher le recensement de Varzy, pour y chercher les meuniers. Il n’y avait que 1896, et encore trop petit, voire flou, en tout état de cause me paraissant inexploitable (mais d’autres ayant une meilleure vue que moi y trouveront leur bonheur).

– Carte postale trouvée à une brocante (et payée 0,50 euro) : « Pompei – Mulini e forno ». Il s’agit de meules romaines demeurées sous les cendres volcaniques qui ont fait périr Pompéi. Chez les Romains le boulanger était aussi meunier : c’est lui qui pulvérisait le grain de blé avant de faire le pain. Voici donc ce qui reste de l’atelier d’un gros boulanger de Pompéi. Chaque installation est sur un piédestal. Au-dessus est la meule qui paraît ronde, la mela (qui a donné le mot « meule » et donc « moulin »). Au-dessus est la meule en forme de sablier, dite « catillus ». Deux esclaves (ou des prisonniers, ou des ânes) la faisaient tourner à l’aide d’un bâton qui la traversait (ce pourquoi on aperçoit des trous). Ce qu’on ne voit pas est que la mela n’était pas seulement la base ronde qu’on aperçoit : elle montait en forme de cône  pour entrer dans le catillus. On lançait le grain en haut du catillus, il était broyé au fur et à mesure qu’il descendait. Mais pour les êtres appelés à faire tourner le catillus, qui était très lourd, c’était un calvaire horrible.

NOTES DE LECTURE

On trouve cela dans « La cousine Bette », roman d’Honoré de Balzac paru en 1846, à propos d’un personnage peu flatté bien installé dans la vie comme commerçant au détail : 

« Crevel avait fait un mariage d’argent en épousant la fille d’un meunier de la Brie, fille unique d’ailleurs et dont les héritages entraient pour les trois quarts dans sa fortune, car les détaillants s’enrichissent, la plupart du temps, moins par les affaires que par l’alliance de la Boutique et de l’Economie rurale. Un grand nombre des fermiers, des meuniers, des nourrisseurs, des cultivateurs aux environs de Paris rêvent pour leur filles les gloires du comptoir, et voient dans un détaillant… un gendre beaucoup plus selon leur cœur qu’un notaire ou qu’un avoué dont l’élévation sociale les inquiète ; ils ont peur d’être méprisés plus tard par ces sommités de la Bourgeoisie. »

Quant à Madame la fille du meunier de la Brie, Balzac lui taille un costard qui l’habille pour l’hiver :

« Mme Crevel, femme assez laide, très vulgaire et sotte, morte à temps, n’avait pas donné d’autres plaisirs à son mari que ceux de la paternité. »

Rédaction Philippe Landry

Nouvelles meunières – Juillet 2018

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Actualité des énergies renouvelables

Renaissance de l’énergie hydraulique au moulin de Suillyzeau, à Suilly la Tour

Notre ami François Barboux a réinstallé une turbine qui va lui permettre de chauffer les bâtiments qu’occupe sa maison d’édition, Findakly. Nous en reparlerons dans le bulletin. L’inauguration a eu lieu à l’occasion de la fête des moulins et du patrimoine le 16 juin, et elle a été célébrée par de très bons articles dans Le Journal du Centre du 24 juin, et surtout dans Le Régional de Cosne et du Pays charitois (toute une page) le 27 juin. Les principaux éléments de l’histoire du moulin y sont racontés tels que retrouvés par notre ami. Le moulin de Suillyzeau est mû par un bief de l’Acotin, un affluent du Nohain.

Le 6 juillet Le Journal du Centre: annonce l’assemblée générale des Amis du moulin de Suilyzeau, qui se tiendra le samedi 7 juillet. De brefs comptes rendus paraitront les jours suivants dans le quotidien et dans le Régional.

Le Journal du Centre

23 juin : Double page sur l’histoire et surtout le potentiel hydroélectrique de la Nièvre.Francis y est interviewé dans un article soulignant que « 50 à 100 moulins pourraient se lancer dans cette production à leur tour ». Notre ami David Charoud est photographié dans l’article le plus grand, celui intitulé « Bientôt une petite centrale à Mhère », puisqu’il compte produire de l’électricité à l’ancien moulin de Chassy, limitrophe avec Montreuillon, dans le Morvan, mû par l’Yonne. Le dernier article expose combien les dossiers sont « longs à aboutir ».

27 juin : article relatif à la « transition énergétique », et aux débats qu’elle suscite en Bourgogne-Franche Comté, les autorités régionales ayant au moins un programme à ce sujet. Mais que de freins ! L’article énonce en début ce constat : « Malgré les initiatives locales pour, notamment, développer la production d’énergies renouvelables, la France n’atteindra pas les objectifs qu’elle s’était fixés dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique ».

 30 juin : 

– Importante réunion à Cercy la Tour à propos du projet éolien dans le sud de la Nièvre, et qui devait déborder quelque peu en Saône-et-Loire ; il semble pour le moins suspendu.

 « Le réseau de chaleur de Nevers Agglomération s’étend » : il produit de la chaleur à partir de la biomasse au profit de nombreux bâtiments, surtout publics.

– Edf a beaucoup investi dans l’éolien en Grande-Bretagne, mais il est en train de vendre la moitié de son capital là-bas, soit 24 parcs d’une capacité de 550 mégawatts.

5 juillet : La société Extrawind Gmbh sollicite l’avis du conseil municipal de Beaumont la Ferrière (canton de La Charité) pour implanter une ou des éoliennes. La procédure de consultation commence.

23 juillet : Projet éolien d’Entrains sur Nohain. L’association Aquilon, regroupant des habitants de La Chapelle St-André s’y oppose. Elle fait valoir que le site choisi est « classé en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 ». En particulier « des dizaines de milliers de grues cendrées passent par ces hameaux deux fois par an. Les éoliennes, d’une hauteur de 180 m, pourraient perturber le vol de ces oiseaux. »

Le Monde

13 juillet : « L’usine GE d’éoliennes offshore s’impatiente ».

L’exploitant a ouvert cette usine exprès pour la construction d’éoliennes en mer le long des côtes françaises, en particulier en Bretagne au sens large. C’est pourquoi elle se trouve à Montoir de Bretagne, en Loire-Atlantique. Le problème vient de l’attitude ambiguë de l’État : tantôt il s’affiche pour le développement des énergies renouvelables (pour faire des économies d’énergie et pour lutter contre le réchauffement climatique), tantôt il multiplie les entraves pour toutes sortes de raisons toutes plus équivoques les unes que les autres. « Une filière ralentie par un imbroglio juridique » précise un titre de paragraphe. En attendant, toute prête à fabriquer qu’elle soit, la dite usine ronronne.

Télévision

 « En quête d’énergies durables » : sur LCP (la chaîne parlementaire), le vendredi 22 juin à 20 heures 30. il y a été notamment question de l’énergie hydraulique.

Journaux

Le Journal du Centre

17 et 24 juin, 1er juillet : suite des grandes pages consacrées à l’usine de caoutchouc Fougerat, de Neuvy sur Loire. Il est mis en exergue qu’elle fit travailler jusqu’à 180 personnes.

18 juin : Court article sur les Journées du Patrimoine qui viennent de se tenir, en grande partie grâce à notre aiguillon ; sont évoquées les ouvertures du château de Villars, et à St-Pierre le Moûtier de l’huilerie et du moulin des Eventées, le tout avec 4 photos.

20 juin : L’Espace Bernadette m’ayant invité à faire une vente dédicace de mes livres sur les moulins en son magasin, j’y ai tenu un petit stand le vendredi 15 juin, veille des journées des moulins et du Patrimoine. En effet, ste Bernadette Soubirous était fille de meunier et née dans un moulin. Son père était pauvre et pas très heureux dans son travail, se faisant embaucher comme meunier ici ou là, dans ce coin des Pyrénées particulièrement peu fortuné. Il perdit un œil en « rhabillant » une meule, un éclat de silex le lui ayant touché.

3 juillet : Une animation au moulin de Janlard à Nannay, ce sera le jeudi 5 juillet, la comédienne Catherine Sauval lira des textes de Colette.

9 juillet : Notre amie Françoise Radoux ouvre son « café associatif » 4 rue de Paris, à La Charité sur Loire. Françoise en place l’animation sous l’égide de l’association Fadidi, ce qui veut dire « Bienvenue » au Sénégal. L’adhésion, obligatoire pour consommer, coûte 3 euro par personne ou 5 euro par couple. Il sera ouvert tous les jours de l’été.

16 juillet : dans la grande page « Les coups de cœur de l’été », on remarque une belle photo de la meule à huile du moulin de l’Ile, à Donzy. Curieusement, la moitié droite de la même photo est reproduite plus loin dans « Agenda ». Nouvel article, d’une demi-page cette fois, avec magnifique photo de notre ami Frédéric Coudray devant  sa meule, le 20 juillet.

17 juillet : on reste à Donzy, avec un assez grand article « Les animations ne manquent pas au moulin de Maupertuis ». La photo représente le bâtiment, lui donnant un aspect de grande bâtisse, la roue étant dans l’ombre. 

Revues

La Nièvre en été

 Catalogue des divertissements qu’on nous propose pendant l’été dans la Nièvre. Sont signalées les ouvertures de : 

⁃ Moulin Mirebeau à Menestreau, le 30 juillet et le 27 août

⁃ Montigny en Morvan : visite du barrage de Pannecière les 13, 20 et 27 juillet, et les 3, 10, 17, 24 et     31 août.

⁃ Crux la Ville moulin d’Aron le 19 juillet et le 23 août

⁃ Moulin-l’Evêque à St-Père le 17 août

⁃ Moulin des Eventées 5 septembre (visite guidée)

⁃ Forges de la Vache à Raveau, stage de peinture le 28 août

⁃ Château-Chinon : exposition de JL Faivre et de Jocelyne Martin (propriétaires du moulin de Jarle à Alligny en Morvan, qu’ils ont doté d’une jolie roue) : à la bibliothèque, du 18 au 29 septembre.

⁃ Clamecy, au musée : «Splendeurs et misères du flottage au XXe siècle », où sera sûrement commentée la grande carte de l’Yonne montrant les moulins.

Comme Francis l’a très souvent déploré, y compris auprès du Journal du Centre, éditeur de la revue, les ouvertures fréquentes ou permanentes, telles celle de l’Ecomusée du Moulin de Maupertuis, ne sont pas rappelées.

La Loire et ses terroirs, juillet 2018

Deux articles d’un total de 27 pages, très intéressants, sur les anciennes carrières de meules dans la vallée de la Loire affluents compris . Nous avons été consultés, grâce à quoi sont citées la carrière de meules de La Fermeté près d’Imphy, celle de Blanzy que nous avions visitée à l’invitation de nos amis de Saône-et-Loire, et celle de la Pierre Guénachère près d’Autun (l’Arroux étant un affluent de la Loire). Une des photos de la carrière de Blanzy est d’ailleurs de nous (l’indication en est oubliée, mais vu la qualité des recherches menées par l’auteur des articles, on ne peut lui en vouloir). Comme ce numéro est d’une épaisseur exceptionnelle, il coûte 15 euro. Le commander à La Loire et ses Terroirs, La Batellerie, 37 rue du Cas Rouge, 45 800 Combleux, tel 02 38 55 02 23, magazine@loire-et-terroirs,fr http://www. loire-et-terroirs,fr.

Vents du Morvan, été 2018, n° 67

– Deux fort belles pages consacrées à l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy, dont une magnifique photo de la meule avec l’huilier s’occupant de la pâte.

– Notice critique sur le livre « Les Sycophantes », de Pauline Baroiller, aux Editions de La Casine. Il y est question de la « sérénité d’une vallée morvandelle avec son moulin ». Nous y reviendrons dès que l’un de nos adhérents aura lu ce roman.

Mamie Pétille, juillet-août 2018

Grand article de deux pages avec photos sur l’Ecomusée du moulin de Maupertuis à Donzy, avec un encadré relatif à l’histoire des moulins du Nohain, notamment ceux de Donzy.

Au fil de l’Yonne (revue du département de l’Yonne), juin 2018

Court article sur une immense minoterie, Les Moulins Dumée, situés à Gron. La société concentre là toutes ses capacités de production (elle a fermé voici quelques mois le fameux grand moulin du Batardeau à Auxerre). Cela lui permet de porter sa production à 100 000 tonnes de blé transformé, pour un chiffre d’affaires de 32 millions d’euro, avec une progression de 10 % en 2017. Elle se classe parmi les 10 plus importantes minoteries de France.

Le Monde des Moulins de juillet 2018, n° 65, contient entre autres les articles suivants :

– Deux relatifs à la transplantation d’une éolienne ancienne au parc du Moulin à Tan, de Sens. Elle figure d’ailleurs en couverture du numéro. Il s’agit d’une machine de la fameuse marque Bollée. Elle se trouvait à Villevallier dans l’Yonne. L’article en propose une carte postale de 1905. Elle mesure 20 mètres de haut et pèse 10 tonnes, dont 3 pour le seul moteur. Les photos montrant le montage à Sens sont édifiantes, en particulier celles où des personnages posent devant le rotor. L’éolienne arriva en 1894 à Villevallier pour faciliter alimentation en eau. L’inauguration à Sens a eu lieu le 23 mai 2018. L’article relate l’histoire des éoliennes Bollée, dont le créateur, Ernest-Sylvain Bollée, installa son usine, qui allait être très importante, dans la Sarthe en 1837-38.

– Mon assez long article sur la banalité, cette fois au niveau de tout le royaume, que j’ai rédigé à partir de quelques volumes de l’encyclopédie « La Maison rustique », dont celui de 1768. Cette encyclopédie paraissant sous forme de revue avait été créée par un certain Liger, natif de l’Auxerrois. Comme illustrations, notons des cartes postales anciennes, ainsi que trois photos du moulin de Surgy dans son état au moment où la commune l’a acheté (son aspect ancien rappelle que, appartenant à l’abbaye de Basseville, ce fut un moulin banal).

– Dans la rubrique « Dormons et séjournons dans un moulin » figure toujours, maintenant depuis plusieurs années, la publicité pour le Moulin de Coudre, à Venoy dans l’Yonne.

Ce numéro coûte 4 euro. Je m’apprête à en commander quelques exemplaires ; les personnes intéressées peuvent me l’indiquer au 03 86 59 49 98.

Dossiers d’Archéologie juillet-août 2018

Numéro consacré presque entièrement au Mont-St-Michel. Un très beau document en couleurs des années 1870-80 montre le petit moulin à vent qui avait été édifié sur une tour vers 1835. Les ailes étaient portées par un petit rajout à toit pointu qui n’existe plus aujourd’hui.

Télévision

 23 juin, sur Arte : Le moulin de Marie-Antoinette à Versailles vu dans un documentaire qui est consacré à son œuvre, notamment la création du hameau paysan à côté de son pavillon du Trianon. Le moulin a une jolie roue à aubes… mais il n’a jamais fonctionné.

Opéra

Dans l’opéra du compositeur tchèque Léos Janacek « Genufa » , le premier acte se passe dans la cour d’un moulin. La musique suggère d’ailleurs à plusieurs reprises le mouvement de la roue. Cette œuvre sera donnée les 26, 28 et 30 octobre 2018 à l’opéra de Dijon. 

Expositions

– René Barle nous remercie : René Barle est le peintre dont nous avons évoqué dans « Nouvelles meunières » le magnifique tableau montrant Don Quichotte lorsqu’il arrive devant les moulins à vent qu’il va prendre pour des géants ennemis. A l’occasion d’une exposition à Nevers, où il présentait entre autres le même tableau, le samedi 21 juillet, il nous a remerciés : c’est qu’il était tombé sur nos Nouvelles meunières , qui lui ont fait grand plaisir. Ce samedi 21, il présentait aussi un autre beau tableau de moulin : celui de l’ancien foulon de la Bertine à Donzy. René Barle exposera au mois d’août au Centre Condorcet de Château-Chinon (l’immeuble contenant la bibliothèque municipale) ; vernissage le samedi 4 août tout l’après-midi.

– Oscar Gauthier a bénéficié en ce printemps 2018 de deux expositions simultanées à Nevers, l’une au Musée de la Faïence (dont le titre gagnerait à préciser qu’il a des salles de beaux-arts), et l’autre au palais ducal. Né à Fours en 1921, Oscar était fils de Marthe Gauthier, l’historienne de ce secteur de la Nièvre et de la Saône-et-Loire (« Au carrefour des Trois Provinces »), elle-même fille du dernier meunier de la grande dynastie des Chaussin, que nous avons évoquée dans un bulletin. Oscar n’est connu que pour des tableaux de style abstrait (à part un, de jeunesse, montrant un cirque stationnant à Fours). Mort discrètement à Fours en 2007, il demeure « très coté » m’a dit un ami qui suit la vie de la peinture. Des tableaux en tout cas plutôt beaux. Accessoirement, Oscar a fait partie du maquis Louis, qui lutta dans le sud du Morvan et de la Nièvre, dont on visite les vestiges du camp principal aux Fréchots, sur Larochemillay.

– Au cours d’une exposition de peintres amateurs au Pac des Ouches (les caves du palais ducal), j’ai remarqué une belle vue de l’île de Santorin, en Grèce, avec un magnifique moulin à vent à 8 ailes.

Livre

Encore « Le fromage et les vers », de Carlo Ginzburg, traduction Monique Aymard, éditions Aubier. 

Poursuivant la lecture de ce livre assez copieux, donc essentiellement consacré au meunier Menocchio, j’ai découvert un autre meunier italien qui au même siècle s’attira des foudres de l’Eglise, Pellegrino Baroni, dit Pighino le Gras, de la région de Bologne. Contrairement à Menocchio, il échappa au bûcher. Mais le plus important est cette observation de Ginzburg :

« Dans l’Europe préindustrielle, le faible développement des communications faisait que les plus petits des centres habités avaient au moins un moulin à eau ou à vent. Le métier de meunier était donc des plus répandus. La présence massive des meuniers dans les sectes hérétiques du Moyen Age, et plus encore parmi les anabaptistes, n’a donc rien de surprenant. Pourtant quand, au milieu du XVIe siècle, un poète satirique comme Andrea de Bergame, déjà cité, affirmait qu’« un vrai meunier est à moitié luthérien », il semblait faire allusion à un lien plus spécifique… L’hostilité séculaire entre les paysans et les meuniers avaient consolidé une image du meunier malin, voleur, filou, destiné par définition aux peines infernales…  « Je suis allé en enfer et j’ai vu l’Antéchrist, dit un chant populaire toscan,

« Et par la barbe il tenait un meunier

Regarde bien qui a les mains grippeuses,

C’est le meunier à la blanche farine ;

Et de la quarte il s’en va au boisseau ;

Le plus voleur de tous, c’est le meunier. »

Notes de lecture : Don Quichotte, de Miguel de Cervantes (ici étudié dans l’édition de la collection Points, au Seuil, en 2001, traduction  Aline Schulman)

Un film récent, évoqué dans nos Nouvelles meunières, a remis en lumière l’histoire de Don Quichotte. Il est peut-être utile de relever les citations relatives aux moulins dans le fameux chef-d’œuvre que Miguel de Cervantes publia en 1605 pour la première partie et 1615 la seconde. 

Trois scènes se passent devant un ou des moulins :

– Première partie chapitre VIII : Don Quichotte, apercevant des moulins à vent, décide que ce sont des géants, qui pis est ennemis. Monté sur le fringant cheval Rossinante, lance en avant il charge le premier « ennemi ». Seulement ses ailes sont en train de tourner, lesquelles saisissent la lance, et envoie valdinguer notre héros. Le nom du lieu n’est jamais cité, mais en Espagne on situe l’affaire sur le plateau de Consuegra, où demeurent plusieurs moulins à vent, dont certains en état de tourner. Il s’y fait une fête tous les ans en octobre. 

– Première partie chapitre XX : le chevalier Don Quichotte et son écuyer Sancho Pança, arrivés devant une belle cascade, sont surpris par un bruit tonitruant : il s’agit d’un foulon équipé de 6 lourds marteaux qui tombent sur la matière travaillée dans un vacarme assourdissant. Don Quichotte a cette fois la prudence de ne pas mener l’assaut.

– Seconde partie chapitre XXIX : Don Quichotte et Sancho Pança, ainsi que Rossinante et le baudet de l’écuyer, montent sur une barque que le « chevalier » a l’imprudence de lancer à la dérive sur l’Ebre. Le problème est qu’évidemment, sans gouvernail, l’embarcation va droit vers le premier obstacle important, qui mieux est en accélérant peu à peu. Or le dit obstacle, c’est un groupe de moulins, vraisemblablement des bateaux-moulins. Grâce à de longues perches, les meuniers épargnent à l’équipage de venir se faire broyer sous les roues, le châtiment consistant seulement que la barque se retourne, et voilà nos amis contraints à un bain forcé. Les meuniers ont bien du mal à les sauver (d’autant plus que l’armure du chevalier n’est pas légère). 

Dans la Première partie chapitre XXXII : il est question d’un preux chevalier qui, au cours d’une bataille, « d’un seul doigt », arrêta la roue d’un moulin, exploit contesté par un aubergiste.

A plusieurs reprises des personnages utilisent des métaphores et des proverbes évoquant les moulins : par exemple dans la Première Partie chapitre  XLVII, Sancho dit au curé : « la roue de la Fortune tourne plus vite qu’une roue de moulin ».

Le tome premier de l’édition Points commence par une biographie très brève de Miguel de Cervantes, où on apprend que, s’étant lancé dans les affaires, il fut en 1587 l’un des fournisseurs de farine de la fameuse « Invincible Armada » que le roi d’Espagne armait pour  envahir l’Angleterre (une tempête allait avoir raison de ses vaisseaux). A ce titre Cervantes négocia avec des meuniers… Puis connut quelques soucis avec la justice !

Rédaction  : Philippe Landry

Nouvelles meunières Juin 2018

Nouvelles meunières

Cinéma

Le film « L’homme qui a tué Don Quichotte », de Terry Gilliam, présenté au Festival de Cannes, commence à être diffusé dans les cinémas français. Il comporte la grande scène où le héros charge les moulins à vent. Critique très positive dans Le Canard Enchaîné du 16 mai.

« Patrimoines écrits »

Ensemble d’expositions de documents et autres conférences dans les bibliothèques et services d’archives de la région Bourgogne Franche-Comté. Dans l’opuscule de présentation, on remarque :
–  A Auxerre, Conférence de Jean-Charles Guillaume sur des entreprises auxerroises dont l’Ocrerie. On se souvient que Jean-Charles nous avait confié pour notre bulletin son article sur les moulins à ocre de la Puisaye. La conférence a lieu le 14 septembre à 18 heures à la Bibliothèque Jacques Lacarrière.
– A Avallon, exposition « Métiers et industries du passé en Avallonnais », dont les minotiers, Biblitohèque Gaston Chaissac, du 15 septembre au 11 novembre, d’autres documents étant présentés à la Maison des sires de Domecy. (Renseignements : 03 86 31 65 14).

Actualité des énergies renouvelables

Le  Journal du Centre

 4 mai : Le sénateur Joly rencontre les élus de Myennes à propos d’un projet photovoltaïque.
16 mai : Le parc éolien de Pougny, destiné à compter 12 mâts, divise encore la population. 2 grandes éoliennes tournent déjà.
22 mai : Article « Edf veut plus de fermes solaires » dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Ce développement nécessite de trouver des terrains qui s’y prêtent. Pourquoi pas, vu le grand nombre de parcelles laissées en friche.
24 mai : Article dans la partie « Haut Nivernais », « La fête de toutes les énergies revient. Des animations bien ciblées ». Le 26 mai visite des éoliennes d’Oisy, du 26 mai au 8 juin exposition à la mairie d’Entrains sur les énergies renouvelables dont l’éolien. 30 mai visite de la chaufferie bois de Varzy, 2 juin à Clamecy table ronde sur le devenir de nos villes et localités entre autres grâce au développement des énergies renouvelables, avec la participation de Mme Guérin, maire de Luzy, que nous avons rencontrée récemment.
31 mai « Les citoyens acteurs du Plan climat air énergie territorial » ; Cela se passe autour de St-Amand en Puisaye, où la communauté de communes de Puisaye-Forterre « engage son projet territorial de transition énergétique ». Une réunion est organisée le 8 juin au moulin de Hausse (Côte à Saints en Puisaye).

L’Yonne Républicaine

13 janvier : Projet de 5 éoliennes à Jussy (Yonnne), dans les environs de Coulanges la Vineuse, en Chablisien. Elles mesureraient 150 m, et seraient visibles depuis Irancy. Le projet ne reçoit pas l’assentiment de l’unanimité des élus : une consultation de la population est organisée.
17 janvier : Article sur un projet éolien à Metz le Comte (Nièvre), porté par Intervent. On en est au début des consultations et études.
10 mai : Montage de sept éoliennes sur le site de Ste-Colombe (Yonne), du projet mené par Engle Green sous la direction de Timothée Pichon. D’une puissance de 2,2 mégawatts chacune, elles devraient alimenter 17 000 personnes, chauffage inclus.

Articles de presse

Le  Journal du Centre

12 mai : « Les pâtisseries du moulin savourées » : Cela s’est passé au moulin de Maupertuis. Article sur une journée gourmande qu’ont hébergée nos amis.
18 mai : les propriétaires du moulin de Jarle à Alligny en Morvan sont  présents à la librairie Didier de Château-Chinon, Madame pour ses porcelaines peintes, Monsieur ses livres parus aux éditions  Atelier Plein Champ, dont Le fou de Vedin et Le meneur de Loups.
9 juin : Annonce que M. Bruno Hecquet ouvrira aux visiteurs son moulin de Charrière, à Empury, les 16 et 17 juin. L’article contient l’histoire de ce moulin, qui notamment appartint à l’abbaye du Val St-Georges, à Pouques-Lormes. En fait le très ancien étang de Charrières a alimenté deux moulins, mais pour simplifier les recherches l’un était donc sur Empury, et l’autre sur Lormes.
10 juin : Le Journal du Centre commence la publication d’une série d’articles de toute une page sur Fougerat, l’entreprise qui travailla le caoutchouc à Neuvy sur Loire. Ce premier numéro rappelle notamment que l’usine principale fut installée sur  le site d’un ancien moulin, lequel avait entre autres travaillé l’ocre. Le bâtiment, dont on voit une belle carte postale ancienne, contient toujours deux turbines hydrauliques.
12 juin : Toute une page avec photos annonce nos Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins des 16 et 17 juin. Beau grand titre : « Remarquable patrimoine du quotidien ». Les 41 sites ouverts sont annoncés.
13 juin : « Béard, un bel écrin pour un beau programme. Un petit article annonçant la participation de l’église de Béard à nos journées des 16 et 17 juin, dont notre causerie sur les moulins.

L’Yonne républicaine

24 janvier : La fameuse « taxe Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » (Gemapi) en débat au sein de l’intercommunalité d’Avallon. Elle est modique… pour l’instant, on a l’habitude, ça commence toujours comme ça.
1er février : L’ancien immense moulin du Batardeau à Auxerre, récemment fermé, laisse une énorme friche industrielle, notamment ses colossaux silos. Qu’est-ce qu’on peut faire de ce truc monstrueux maintenant qu’il n’a plus de vie industrielle ? « Le projet de rénovation en suspens » dit un sous-titre : oui, la ville n’est pas sortie de l’auberge !
10 mars : De nouvelles communes intègrent le Parc Naturel régional du Morvan. Le maire de Bussières explique qu’il est très content que la commune y soit depuis longtemps, mais pour mieux expliquer qu’il consent à la demande de l’administration de supprimer l’étang dit de Bussières. Un grand étang, sur un affluent du Cousin, et qui alimenta un moulin notamment à la Révolution (nous l’avons évoqué dans un bulletin). Ce grand étang faisait un joli paysage : je ne vois pas ce que la commune va gagner à sa disparition, à part des terres où poussera peu à peu une vilaine végétation. Je ne vois pas ce que gagne le Parc à enlaidir ainsi le paysage.
21 mars :  Article sur le lac de barrage de Chaumeçon et Brassy dans la Nièvre
14 avril : La tour au-dessus de St-Georges-sur-Baulche, près d’Auxerre, est un ancien moulin à vent ; la colline en a eu peut-être plusieurs, et ce vestige resterait d’un édifice d’avant 1794, abandonné avant 1856.
17 avril : A Saints en Puisaye, le moulin Vanneau, qui se visite au sein d’une ferme touristique, va être rénové. Le bâtiment est du XIXe siècle. La roue avait été refaite il y a une vingtaine d’années.
23 mai : A Clamecy, Mme Martine Lemaître crée une association de défense des lavoirs.

Revues

– Le bulletin des Amis du Vieux Varzy n°29, de mai 2018, évoque très brièvement le moulin d’Ouagne.
– Koikispass juin : une brasserie de bière à St-Pierre du Mont, entre Clamecy et Varzy, nommée « Hexagone & Ales » : autrefois les brasseries broyaient l’orge et le houblon à l’aide de meules. L’article ne précise pas si ce tout neuf établissement le fait.

Télévision

    Moulin à châtaigne en Corse : le dimanche 20 mai, Arte a diffusé un documentaire sur le renouveau de l’exploitation de la châtaigne en Corse. En particulier on y voyait une entreprise transformant les châtaignes en farine, cela à l’aide d’un moulin à bonnes vieilles meules surmontées d’une trémie trapézoïdale. On en fait du pain, des gâteaux, etc., mais une dame se lance dans la confection de produits de beauté ou de santé à base de farine de châtaigne, laquelle s’avère très bonne pour traiter la peau du visage et des mains.
« En quête d’énergies durables » : émission annoncée sur LCP (la chaîne parlementaire), le vendredi 22 juin à 20 heures 30 . il y sera notamment question de l’énergie hydraulique.

Chanson

Il y a quelque temps, Anne Sylvestre avait écrit  une chanson sur les moulins : Les moulins Baptiste que l’on retrouver sur le volume 11 de  Tournez fabulettes 

Paroles et musique : Anne Sylvestre

Orchestrations et direction musicale : François Rauber

ou sur le site http://annesylvestre.com

Livre

« Le fromage et les vers », de Carlo Ginzburg,traduction Monique Aymard, éditions Aubier. Titre peu attirant pour une curieuse histoire, celle d’un meunier du XVIème siècle dans le Frioul (montagnes alpestres d’Italie du nord-est, non loin de Venise). Les meuniers appartenaient alors au monde paysan, pourtant celui-ci, Domenico Scandella, dit Menocchio, lisait beaucoup, veillant à pourvoir sa petite bibliothèque personnelle (ce qui étonne pour l’époque), au  point que, imitant Luther, Calvin et autres, il se mit à contester l’interprétation de la Bible par les autorités catholiques. Comparant le chaos originel de l’histoire du monde à un fromage, il soutint que Dieu n’était qu’un ver issu de la pourriture de ce fromage, d’où le titre du livre de Ginzburg, Cette théorie, certes cocasse, avait peu de chance de recueillir l’adhésion des théologiens de l’Inquisition, assez peu enclins à la gaudriole Condamné pour hérésie, le pauvre meunier Menocchio périt sur le bûcher en 1599. Parfois le livre contient des précisions sur son activité de meunier (locataire, il mena deux moulins à la fois, dont un avec un atelier foulon), et son costume de meunier : « veste, manteau et bonnet de laine blanche ». La couverture propose un philosophe passant devant un joli moulin à vent, sur pivot, tout en bois, mais de style plutôt du nord de la France : on distingue sur l’escalier un personnage tout en blanc, sans doute le meunier.

Salon du livre

Nous ne sommes pas des gens assez distingués pour qu’on nous admette au Salon du Livre de Cosne sur Loire, fin mai de chaque année. Cependant, notons que le catalogue de celui de 2018 aura comporté une jolie publicité pour le fameux moulin à papier Richard de Bas, près d’Ambert dans le Puy de Dôme, qui fabrique toujours du papier et se visite.

Nouvelles meunières – Mai 2018

Nouvelles meunières

Urgent :  Cinéma

    Journal du Centre du 2 mai 2018 : sortie à Paris de « Cornélius, le meunier hurlant », film inspiré du grand roman du Finlandais Arto Paasilinna, « Le meunier hurlant », publié en France par Denoël en 1981 et désormais disponible en format poche chez Folio. C’est l’histoire d’un meunier, excellent, mais qu’une forme de solitude mène à être en butte à ses voisins : il a le tort de “hurler” à la lune, ce brave, et ça les dérange un tantinet. Ils entreprennent de le faire interner en psychiatrie, d’où une belle empoignade.
L’auteur du film « Cornélius, le meunier hurlant » est le jeune Français Yann Le Quellec. Il ne se veut pas vraiment fidèle au roman. Il change les prénoms du  personnage central et de la jeune femme qui se porte à son secours pour les nommer Cornélius et Carmen ( !). Au surplus il transfère l’action de la Finlande à notre Larzac.
Le problème est que le jour de la sortie, le chroniqueur cinéma de Libération se déchaîne : un de ces assassinats, mes pauvres, comme je n’en ai pas vu depuis longtemps! S’il a lu l’article en prenant son petit déjeuner, le malheureux Le Quellec a dû en avaler sa cafetière tout droit, et sa femme a dû l’attacher au radiateur pour l’empêcher de se jeter par la fenêtre. Heureusement, le même jour, sont parus dans Le Canard Enchaîné et Télérama des critiques tout à fait favorables, sinon dithyrambiques. Télérama souligne notamment « la beauté des décors (tel le moulin infernal conçu par Cornélius ».
Le 3 mai, Le Monde laisse percer son peu d’enthousiasme : « c’est pas mal, mais pas inoubliable non plus ». Le Nouvel Observateur trouve que le film a des bons côtés, notamment par sa loufoquerie, mais que ses maladresses lui font frôler le ratage.
Je comptais trouver quelque chose dans Les Cahiers du Cinéma : hélas, le numéro de mai est essentiellement consacré au Festival de Cannes : pas un mot sur Cornélius.
Alors, amis épris des moulins, si un cinéma près de chez vous diffuse ce film, tâchez d’aller le voir, peut-être même de nous en adresser une critique insérable dans nos Nouvelles meunières. Selon la feuille « Les Miniplexes Programme Cinéma du 2 au 29 mai 2018 », Cornélius Le Meunier Hurlant sera donné aux cinémas de Château-Chinon, Luzy et St-Honoré les Bains la semaine du 23 au 29 mai.

NB :  Don Quichotte
Plusieurs  journaux font état de la présentation possible au Festival de Cannes du Don Quichotte, de Terry Gilliam, ex Monthy Python, si toutefois est résolu un énorme imbroglio juridique. Mais si le film paraît, nous guetterons la scène inévitable des moulins à vent et celle où Don Quichotte visite un foulon … si cette scène est retenue.

Actualités des énergies renouvelables

Le grand événement est l’inauguration des turbines du moulin de la Motte Josserand, à Perroy, organisée par notre ami Daniel Amiot en présence de plusieurs dizaines de personnes, dont de nombreux élus. Elle est saluée par des articles avec photos dans Le Régional de Cosne et du Charitois puis Le Journal du Centre respectivement les 18 et 19 avril 2018. Jean-Claude  Néant en prépare un compte rendu.

Journal du Centre 5 avril 2018 :

Toute une page sous le grand titre « Dossier Transition Energétique ». Trois articles dont le principal tient la moitié de la page, intitulé : « La France a accumulé du retard dans le déploiement des alternatives au nucléaire. La société civile veut être entendue ».
Il s’agit de l’interview d’Anne Bringault, porte-parole du Cler-Réseau pour la Transition énergétique. On y lit notamment qu’en théorie le Grenelle de l’Environnement poussait au développement des énergies renouvelables, mais qu’en réalité l’Etat a multiplié les obstacles, en particulier pour l’éolien et même le solaire. Pourtant la France compte additionner les productions du nucléaire et du renouvelable pour exporter de l’électricité chez ses voisins. Le Cler milite pour le développement de la production locale d’énergie, plaidant pour un encouragement par l’Etat de ce développement, par exemple par des subventions ou des défiscalisations. Pour l’instant il n’est guère entendu.
Le deuxième article en bas de page énumère les grands projets grâce auxquels on espère « Des centaines de milliers d’emplois locaux ». Le troisième est intitulé « L’Energie solaire tient la corde ».

Journal du Centre 14 avril 2018 :

Article « De nombreux projets pour les Amis du Vieux Varzy », dont quelques ouvertures de la fameuse huilerie ; la photo montre une des meules à côté de la presse. 

Journal du Centre 14 avril 2018 :

Dans le « Publirédactionel » intitulé « Gîtes de France : les propriétaires ont la parole », on apprend que notre ami Daniel Bougrier et sa femme créent un gîte rural au sein du moulin de Commagny, à Moulins-Engilbert. Au téléphone, Daniel nous précise que le gîte est aménagé dans la maison du meunier et non le moulin lui-même. Il est loué en principe à la semaine, exceptionnellement ce peut être un long week-end tel Pâques ou Pentecôte. Il bénéficie d’une annonce sur le site internet Gîtes de France.

Journal du Centre 16 avril 2018 :

Grand article sur un nouveau type d’éoliennes : « Des tours pour réchauffer les vignes ». Au sommet  d’un mât, deux pales suffisent à créer un mouvement d’air qui en somme réchauffe les vignes, ce qui les protège des gelées de printemps. Les mâts me semblent hauts d’une quinzaine de mètres. On peut en apercevoir à Pouilly depuis la voie express de Cosne à Nevers, mais ces éoliennes sont en train de gagner du terrain. Les voisins espèrent qu’elles ne feront pas ce bruit « d’hélicoptère » dont d’aucuns les accusent d’être capables. 

Journal du Centre 17 avril 2018 :

Grand titre en une : « Les éoliennes donnent de l’air aux communes », avec une photo du site d’Oisy (qui en fait déborde sur Clamecy). Page 2 deux articles exposent que les éoliennes apportent de nouvelles recettes fiscales aux communes : 20 000 euro à Oisy (ce qui permet de refaire entre 2 et 4 km de route), 6100 à Clamecy. La communauté de communes perçoit 45 000 euro. Pour l’utilisation des chemins, Dampierre sous Bouhy a perçu 4700 euro, avant l’entrée en service des éoliennes. La taxe est de 7400 euro par mégawatt.

Journal du Centre 21 avril 2018 :

–    Commentaire d’une conférence de Bernard Laponche, à Boulleret dans le Cher (en face de Cosne sur Loire) ; « Quel avenir pour les déchets nucléaires ». Le conférencier déplore que la France s’obstine à confier la majorité de sa production d’électricité au nucléaire, malgré le caractère épineux de la question des déchets. Il insiste qu’elle ne s’en sortira qu’en développant les énergies renouvelables, y compris l’hydraulique.
–    A Entrains sur Nohain, une association se crée contre le projet de construire des éoliennes géantes sur la commune. Le  9 mai, le Journal du Centre annonce une exposition sur l’énergie à la mairie d’Entrains, entre autres en faveur du développement de l’éolien.

Journal du Centre 22 avril 2018 :

Dans la page intitulée Gestion des Crues, préservation des zones humides, l’EPTB Seine Grands Lacs, (consacrée aux grands réservoirs en amont de la Seine, dont les lacs du Morvan), on note :
–    Le règlement des lâchers d’eau du lac de Pannecière « a récemment été revu en concertation avec les propriétaires de moulins, l’exploitant hydroélectrique » etc.
–    L’EPTB (Etablissement public territorial de Bassin) « a contribué à la mise en valeur d’une zone humide jouxtant le lac. Autre mission : la continuité écologique par l’effacement d’obstacles, comme effectué sur le cours d’eau de l’Abeille » : un ruisseau du Morvan qui n’alimenta jamais un moulin.

Journal du Centre 23 avril 2018 :

Compte rendu de l’Assemblée générale des Amis du moulin Blot à Bouhy : en particulier « La Fête du moulin sera bien reconduite le 17 juin ». Le moulin à vent sera ouvert à la visite chaque samedi du 5 mai au 30 septembre et pour les journées du patrimoine.

Journal du Centre 24 avril 2018 :

Lancement de la saison de l’Ecomusée du moulin de Maupertuis à Donzy. Notre ami, le président Georges Narcy présente les deux nouvelles animatrices, d’autant plus nécessaires que les bénévoles commencent à manquer. L’écomusée sera ouvert l’après-midi en mai, juin et octobre les samedis, dimanches et jours fériés, en juillet, août et septembre du lundi au samedi, sauf mercredi et jours fériés.

Journal du Centre 25 avril 2018 :

« Le lac des Settons a 160 ans ». Des festivités y seront organisées en juin et juillet. Lorsqu’elle a rédigé son livre sur l’histoire du lac, Mme Bardonnet nous a sollicités à propos des deux moulins détruits pour le construire, dont il ne reste que quelques pierres au fond. Son ouvrage contient ce que nous lui avons indiqué. Mme Bardonnet tient le sympathique musée de « La Petite Ecole », qui avait deux classes : il se trouve à côté du barrage. 

Journal du Centre 27 avril 2018 :

 Annonce d’un projet d’éoliennes dans le Donzyais,  à la limite entre Ste-Colombe et Cessy les Bois. Une réunion publique devrait avoir lieu bientôt.

Journal du Centre 4 mai

Le sénateur Joly rencontre des élus de Myennes à propos du projet de ferme photovoltaïque sur le site de l’ancienne usine Fog.

Journal du Centre 4 mai :

Annonce du vide-grenier qui va se tenir le 6 mai au Moulin-Musée de Maupertuis et compte rendu le 9 mai avec photo. 

Journal du Centre 5 mai

Compte rendu de la fête du jeudi de l’Ascension au moulin des Eventées à St-Pierre le Moûtier, où nous avons tenu un stand. L’article fait 2/3 de page avec plusieurs photos. Le vent était insuffisant pour faire tourner les ailes, mais il y a eu quelques visiteurs.

Journal du Centre 6 mai

 A Millay, un parti politique a organisé « un repas-débat sur le thème des éoliennes », pour que les gens y puissent s’exprimer. Plusieurs personnes ont exprimé les espoirs et les craintes que suscitent les éoliennes. Au passage, le débat a été étendu aux énergies renouvelables, dont le correspondant de presse retient fort valablement ceci : « Dans la Nièvre, les anciens ont construit des moulins hydrauliques. Il y avait une raison. Pourquoi ne pas les imiter avec des turbines qui, elles, avec des réserves d’eau, fonctionneraient en permanence ? ». Il faut poser la question au Syndicat d’électrification de la Nièvre, dont le président, Monsieur Hourcabie, est le plus résolu ennemi de l’énergie hydraulique.

Journal du Centre 16 mai :

Le parc éolien de Pougny et alentours continue de diviser la population. Cependant les fondations de la deuxième éolienne géante sont en voie d’achèvement, tandis que la première fonctionne déjà. L’ensemble des 9 éolienne devrait marcher à l’automne 2018 ;

Journal du Centre 17 mai :

Du côté de St-Léger-Vauban, à propos du projet éolien qui affecterait le paysage autour du lac de St-Agnan, l’association Morvent en Colère continue sa lutte hostile.

Lac St Agnan

A propos du livre sur les moulins de Lyon offert par Jean Convert

Nous avions inséré dans le bulletin,  il y a quelques années, les reproductions de deux gravures montrant des  moulins-bateaux à Lyon, vues au Musée d’Histoire de Lyon. Les reproductions n’étaient pas remarquables. C’est pourquoi les revoici, que nos adhérents pourront observer sur leur grand écran.

La première, de 1625, montre 10 moulins-bateaux amarrés sur le Rhône face à l‘hôpital de La Charité, qui jouxtait la place Bellecour, et qui possédait plusieurs d’entre eux. La seconde, de 1804, 6, stationnés en amont, avant le nouvel hôtel-dieu construit au XVIIIe siècle, mais qui me paraissent plus gros.

Il y a très longtemps, ce musée nous avait prêté une copie d’un moulin-bateau de Lyon, sans doute le dernier, en nous autorisant à la reproduire. La revoici donc également. Il était amarré à St-Clair, qui est le quartier par lequel le Rhône entre dans Lyon.

Revues

Les Annales des Pays Nivernais, n° 171 consacré à l’oppidum de Sembert le Haut, la montagne qui surplombe Clamecy : on y remarque la photo d’un « fragment de meule ».

Le Monde des Moulins, n° 64, avril 2018, publie mon article « La banalité dans les moulins de Bourgogne », avec un dessin du moulin de Chalaux (Nièvre), et des cartes postales des moulins Villerin à La Roche en Brenil (21), Bauzot à Issy l’Evêque (71), et deux pour le moulin Cadoux de Magny près d’Avallon (89).

    La Maison Ecologique, numéro de mai 2018, contient un grand dossier « Solaire photovoltaïque, des solutions pour tous ».

La Loire et ses Terroirs

Nous avons visité également il y a quelques années la carrière de meules de La Fermeté, dans la Nièvre, à quelques kilomètres de la Loire. Exploitée déjà au XVIIIe siècle, elle fut surtout prospère au XIXe sous la direction de M. Montcharmont. Elle produisait de 50 à 70 meules par an, en silex, pour la farine ou pour pulvériser la matière à faire le vernis de la faïence. Sur place on observe plutôt des meules monolithes, mais on ne peut exclure que l’entreprise ait réalisé des meules composées. M. Montcharmont tâcha d’exporter ses meules, puisqu’il les présenta à des foires de Londres et de New-York. Le port le plus proche était Imphy, en bord de Loire mais aussi à 3 km du canal latéral de Digoin à Briare ouvert en 1843 (port : Chevenon). Le successeur de M. Montcharmont a fait faillite dans les années 1890, ce qui a entrainé l’abandon de la carrière. Dans son livre de 1860, Paulin Fay indique trois carrières de meules dans la Nièvre. Peut-être l’une d’elles est-elle celle qui était exploitée avant 1800 à Ternant, non loin de la Somme affluent de la Loire, à une vingtaine de km de Bourbon-Lancy qui disposa d’un port sur le fleuve. 

Il convient de signaler une carrière de meules intéressante dite de la Pierre Guenachère, à St-Emiland, tout près d’Autun et donc de l’Arroux. On y voit encore l’empreinte de meules découpées dans la pierre.

Diverses publications évoquent incidemment les moulins. C’est ainsi qu’un moulin à vent du Nord apparaît dans deux articles :

– Dans le numéro de Détour en France du printemps 2018 centré sur «le Languedoc, parmi les brèves informations de début on note un magnifique moulin à vent, moulin tour en bois ou revêtu de bois, refait à neuf en 2013 avec des ailes en couleurs, sur la commune de St-Omer dans le Pas de Calais. Il servait à purger les terres de leur eau pour les rendre cultivables (technique des polders).

– Dans L’Equipe, la veille de l’illustre course cycliste Paris-Roubaix, célèbre pour ses horribles passages sur des pavés, une fort belle photo de l’édition précédente montre les coureurs devant un très beau moulin à vent, en forme de tour, les ailes également en couleurs, le moulin de Vertain.

Musique

Le Clamecycois Lionel Meunier, dont le patronyme indique la profession de d’aucuns de ses ancêtres, qui dirige l’ensemble de musique d’époque baroque Vox Luminis (orchestre, chœur et soliste) donnera le Magnificat, de Bach, et le Dixit Dominus de Haendel au festival d’Ambronay, à côté de Bourg en Bresse dans l’Ain, le vendredi 21 septembre à 20 heures 30, en l’église abbatiale. Un grand nombre de mélomanes nivernais s’apprête à y assister.

Evènements divers

Paris est en ce moment agité par une grave question : peut-on y enterrer feu Michel Déon, qui n’y habitait plus depuis longtemps, s’étant installé en Irlande où il a rendu l’âme ? Peu nous importe, sinon que mon seul livre de cet auteur est « Rêver de la Grèce », paru en 1968, et qui comporte cette magnifique couverture. (A l’intérieur est un article sur Mikonos, avec photo d’un de ses nombreux moulins, à 12 ailes en triangle comme celui de la couverture).

Nouvelles meunière – Avril 2018

Nouvelles meunières

Développement des énergies renouvelables, dont l’hydroélectricité

Le site de Guérigny possède toujours deux turbines, qu’il suffirait sans doute de dégripper, mais la mauvaise volonté du Syndicat d’Electrification de la Nièvre, met tous les bâtons possibles dans les roues du projet. A toutes fins utiles, voici un résumé de l’arrivée de ces turbines, en 1900, d’après Le Marteau Pilon tome XII de juillet 2000 (publication des Amis du Vieux Guérigny).

De forme dite « américaine », elles ont été fournies par la fameuse maison Brault Tessier et Gillet, de Chartres. L’une de 63 chevaux à 60 tours/minute, l’autre de 27 chevaux à 90 tours/minute. Le prix total, installation et main-d’œuvre comprise, a été 33 500 F, soit le prix d’un moulin un peu considérable de l’époque.

Le Journal du Centre du 31 mars : « Sondage, la consommation d’énergie des Français au quotidien. Plébiscite pour le renouvelable ». Nos compatriotes sont pour le développement des énergies renouvelables, et les questions du sondage sont bien orientées : le solaire, l’éolien… Visiblement l’hydraulique est oublié.

Le Journal du Centre du 2 avril :  « Electricité renouvelable : 9,6% des besoins couverts » dans la Nièvre. L’article précise qu’au niveau national ce taux est de 18,4. Si l’éolien progresse, l’hydraulique recule nettement. Par contre il y a croissance de la « bioélectricité ».  

Le Monde, 28 mars : Edf constate que le coût des batteries est en train de fortement baisser, ce qui va aider à conserver l’électricité. Or les opposants des énergies renouvelables leur reprochent de produire parfois plus que le marché ne le demande : on pourra donc conserver ce surplus. Problème : parmi les énergies renouvelables citées, on remarque l’éolien et le solaire, mais l’hydraulique est comme par hasard absent.

Télévision

Fr3, Des Racines et des ailes, 21 février 2018 :

Numéro sur quelques-uns des plus intéressants villages de Bourgogne, dont le hameau des Gaties, à St-Germain des Champs, Morvan côté Yonne. La famille qui restaure ce hameau longtemps abandonné prend l’apéritif sur une ancienne meule dormante à huile. Cela ne prouve pas qu’il y a eu un moulin à huile aux Gaties ; la meule vient sans doute d’un ancien moulin tout proche, peut-être de la commune (le plus connu est celui de Lingout, sur la Cure, au style architectural très curieux).

Revues

Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy 2017 (en fait paru en février 2018)

Grand article de 30 pages sur les moulins de Surgy, par Gérard Guenette. Excellent travail qui nous rappelle que, il y a longtemps, nous avions consacré une bonne part du bulletin aux moulins de Surgy, et plus récemment aux efforts de la commune pour sauver l’ancien moulin situé en plein centre du village. Surgy est au nord de Clamecy, ses moulins étant alimentés par une rivière qui vient d’Andrye dans l’Yonne. Dans notre bulletin d’automne 2018, nous tâcherons de remettre à jour nos travaux sur les moulins de Surgy à la lumière de ceux de Gérard Guenette.

Bulletin de l’Académie du Morvan n°83, 2018-03-28 : « Vivre et mourir en Morvan du XVIe au XVIIIe siècle »

Page 134, important article « Les moulins, le flottage », qui cite nos travaux mais ajoute des informations historiques que nous n’avions pas. D’autres pages contiennent d’ailleurs des trouvailles intéressantes pour l’histoire des moulins :

– P 101 « On trouve des traces de mainmorte en 1628 à Anost », notamment à la papeterie de Chevannes. 

– P 118 : à Sermages a existé une « communauté de meuniers »

– P 139 : le Foulon  de la Vesvre à Avallon formait des apprentis : « 8 contrats sont connus de 1741 à 1767)

– P 148 : bref article sur les papeteries d’Avallon, Roussillon et Anost, insistant surtout sur celle-ci, connue sous le nom de moulin de Chevannes. Il travaillait le papier dès 1520. L’auteur a remarqué une famille de papetiers Fléty, nom courant dans la région (c’est celui, devons-nous préciser, d’un village près de Luzy célèbre pour son Moulin Neuf et son Moulin de la Commanderie). Les ouvriers papetiers venaient parfois de loin : Langres, Montargis, Chartres, Sarlat, ce qui suggère l’existence d’un « compagnonnage ».

Vents du Morvan n° 66 printemps 2018

Ce numéro rend hommage à Gérard Chaventon, un militant de la cause morvandelle (il participa au lancement des fêtes de la Vielle à Anost, entre autres), qui nous a bien aidés à nos débuts ; il fut d’ailleurs longtemps adhérent à notre association. Il habitait Saulieu, mais il descendait de meuniers de Corancy, en Morvan côté Nièvre

Le même numéro contient un article annonçant une nouvelle exposition de tableaux de Raymond Rochette au château de la Verrerie, au Creusot (sur une photo il me semble reconnaître des ouvriers fabriquant une turbine). Malheureusement elle se terminait le 31 mars. Il y a aussi la recette de la « poularde demi-deuil », qui n’est guère réputée engendrer la mélancolie.

NB : à propos de Raymond Rochette, le livre « Carte archéologique de la Gaule », volume Saône-et-Loire 71/3  indique qu’il a participé, dans les années 1980-82, à des fouilles à son village de St-Sernin du Bois, notamment pour la trouvaille d’une meule en lave.

Les Moulins d’Auvergne

Bulletin de l’Association régionale des Amis des Moulins d’Auvergne. On y remarque de superbes photos de moulins à eau de la région.

Archéologia, février 2018

A propos des météorites tombés ici ou là, une jolie gravure en montre un atterrissant à Orgueil en 1864, pile devant un joli petit moulin à vent épargné de justesse. Moulin-tour à toit tournant (on aperçoit sa queue), il a une belle porte arrondie et en guise de fenêtres de toutes petites ouvertures.

Journaux

Le Journal du Centre

– 26 février : L’association Patrimoine Nivernais Bourbonnais présente son bilan et ses projets pour le moulin des Eventées de St-Pierre le Moûtier. Elle recherche de vieilles éoliennes et compte mettre en valeur les anciennes meules. La première visite libre aura lieu le 21 avril en lien avec la fête de la RN7.

– 11 février : toute une page intitulée 

« Enseignes d’antan

Le dernier maître huilier avait vu juste »

Elle est consacrée à feu notre ami Joseph Joaquim, le dernier meunier à huile du Morvan, qui exerça à Lormes, à la fameuse rue des Moulins, alimentée par le ruisseau venant de l’étang du Goulot, sise juste avant les gorges de Narveau. L’article consiste en l’interview de Madeleine André, fille de Joseph. Trois belles illustrations : Joseph devant ses presses, l’immeuble du moulin à l’époque où il portait encore en gros sur fond rouge le mot « huilerie », et la paire de meules

Nous consacrerons un grand article à la mémoire de Joseph Joachim dans le bulletin d’automne 2018.

Dans la peau du maire pour la journée 

17 mars, notre adhérente neversoise  Françoise Radoux participait à l’opération « une journée en mairie », opération relatée par le Journal du Centre sur une pleine page.

Françoise Radoux a vu le maire sautant d’une tâche à l’autre d’une manière quelque peu infernale toute une journée.

– Dimanche 18 mars : début d’une série d’article sur la fabrique de martinets qui exista plusieurs décennies jusqu’en 1998 à l’ancienne gare du tacot d’Alligny en Morvan, créée par Mme Marache : j’en parle ici parce qu’à la même époque des Marache tenaient la pisciculture de la même commune, sur le site d’un des anciens moulins de la Sarrée.

– Dimanche 25 mars grand article sur le « Schéma régional de Cohérence écologique ». Encore un machin qui ne répondra pas à nos préoccupations concernant la prétendue continuité écologique. Il prétend « appliquer à l’échelle de la région les orientations nationales en faveur de la Trame Verte et Bleue ». Le SRCE de Bourgogne a été adopté en 2015… en catimini. Il va être intégré au Schéma Régional d’Aménagement, de Développement durable et d’Egalité des Territoires, élaboré par la Région. De toute façon « les projets d’infrastructures ne doivent pas obligatoirement s’y soumettre. » 

NB : La Trame Verte et Bleue n’existe pas. En fait la loi, issue de la fantasmagorie d’un des si fumeux Grenelle de l’Environnement, inscrite sous le numéro d’article L371-1-1 du Code de l’Environnement, contient deux entre autres deux paragraphes séparés :

– L’un définissant la trame bleue, 

– L’autre la trame verte. 

Mieux encore, la « trame bleue » est celle qui, relative à la biodiversité, défend les zones humides, donc en s’en prenant à nos seuils le ministère de l’Environnement contrevient à l’alinéa qui la définit. 

Accessoirement une page internet définit la « Trame verte et bleue » comme un « réseau » formé de continuités écologiques terrestres et aquatiques identifiés par les schémas régionaux de cohérence écologique.

– 3 avril : Bon résumé de notre assemblée générale que nous avons tenue le 24 mars le matin à Varzy. L’article insiste sur la lutte que mènent les amis des moulins contre l’absurde politique de « continuité écologique ». 

NB : Notre bulletin d’automne 2018 comprendra un article important sur les moulins de Varzy. Nous sommes également invités à fournir un article sur le même sujet pour le bulletin des Amis du Vieux Varzy à paraître au printemps 2019.

L’Yonne républicaine

5 décembre 2017 : Presque une page entière consacrée à la pose d’une ancienne éolienne Bollée au « Parc du Moulin à Tan », à Sens. Pour mémoire, la maison Bollée fut la championne en France pour la fabrication des éoliennes au cours de la seconde  moitié du XIXe siècle. Celle posée à Sens est de 1893. Elle était chez  un particulier à Villevallier. Elle mesure 5 mètres de diamètre et pèse 3 tonnes en elle-même, mais comme elle est au sommet d’un mât qui la fait dominer de 23 mètres, l’ensemble en pèse 10. Le transport a été particulièrement complexe. L’article comporte 3 photos remarquables. En particulier on note l’escalier en colimaçon qui s’entortille autour du long mât pour permettre l’entretien de l ‘éolienne.

Libération, 21 février : le quotidien contient parfois une autre revue, « L’essentiel », indépendante de la rédaction de Libération, et dont le propos se veut très écologique. Dans ce numéro on remarque deux articles :

– « Huilerie Emile Noël, des huiles bio et équitables depuis 1920 » : « une huilerie de Pont-St-Esprit dans le Gard ». A l’origine huilerie d’olive, elle traite maintenant plus volontiers les autres matières cultivées dans la région, dont le colza et le tournesol, avec « pressage à froid ». Que quelque chose soit « bio » depuis 1920, c’est possible, mais qu’il relève du commerce « équitable » depuis, c’est improbable, tant le concept est récent.

– « Le moulin Marion, pionnier  des farines bio » : tenue par la famille Pelletier depuis 5 générations, cette minoterie, située « au cœur des bassins céréaliers bourguignons et rhônalpins », travaille les céréales les plus bio possibles, blé, seigle, sarrasin, épeautre, « ou encore le khorasan » ,   » Le blé de Khorasan (Triticum turgidum L. subsp. turanicum (Jakubz.) A. Love & D. Love) est une céréale appartenant à la famille des Poaceae, et plus particulièrement au genre Triticum (blé).

Ce blé tient son nom de la région Khorassan, au nord-est de l’Iran« 

Plusieurs journaux (Le Canard Enchaîné, Le Monde, Le Figaro) ont mis en valeur l’étrange attitude de l’Etat à propos des hydroliennes en cours d’installation le long de nos côtes. Les hydroliennes sont des sortes de turbines qu’on plonge dans l’eau de mer à un endroit où le courant est fort, suffisamment pour produire de l’électricité. C’est en train de se développer à la vitesse grand V dans plusieurs pays d’Europe, la France étant comme d’habitude très en retard. 

-Une fois,  l’Etat autorise l’implantation d’hydroliennes… dans un parc naturel marin, d’où la colère d’opposants. 

– Une autre fois il propose discrètement au Sénat un amendement qui lui permet illégalement de réduire le prix d’achat du kw produit par une éolienne ; les firmes concernées montent illico au créneau et le Sénat s’oppose au  gouvernement.

Trouvailles de nos adhérents

Véra nous a présenté, lors de l’assemblée générale, une belle assiette portant un moulin à vent de Provence (reconnaissable à la base de son toit de section inférieure à celle de la tour), avec le meunier en bonnet et pantalon blancs juché sur un âne, lequel doit en plus supporter le poids d’un long sac-saucisse. La présence d’une chèvre indique que l’assiette illustre le livre d’Alphonse Daudet, Lettres de mon Moulin.

Véra nous a trouvé aussi des documents fort intéressants :

– « Histoire du moulin de Vanneau, Saints-en-Puisaye, du Ve au XXe siècle », par Adeline Chambenoît-Breuillet, de 1993. Véra nous livre un dépliant de la ferme pédagogique qu’est devenu ce moulin de l’Yonne, qui possède toujours sa roue.

– « Du puits à la rivière, Métiers d’eau et professions riveraines », de Gérard Boutet, livre emprunté à la Médiathèque de Clamecy. Quelques extraits peuvent être retenus, mais non sans méfiance, cet auteur ne vérifiant pas grand chose : par exemple il fait partie des critiques qui imputent au Front populaire la création des contingents qui ont limité la production des moulins. Désolé : le Front populaire, c’est 1936, et les contingents, c’est une loi de 1934 et des décrets de 1935.

– « Les Métiers d’eau du temps jadis dans nos régions », par Hélène Fatoux, livre emprunté à la Médiathèque de Clamecy. Le Morvan et la Puisaye font parties des régions retenues. Il est très souvent question des moulins, avec des reproductions de gravure et de carte postale excellentes. Par exemple l’auteur montre que le flottage était pratiqué dès la fin du XIIIe siècle, et qu’une ordonnance royale de 1415 a entre autres ordonné aux meuniers des rivières par lesquelles transitaient le bois pour Paris de tout faire pour faciliter le passage du bois, quitte à fermer leurs barrages et se contraindre au chômage. On attribue à Jean Rouvet, qui a sa statue à Clamecy, l’invention du flottage en train en 1548 ; Hélène Fatoux  établit qu’il a été créé avant lui, mais que Rouvet l’a perfectionné, devenant un « industriel » du flottage. Le défaut de ce livre est qu’on voit bien qu’il a été victime de raccourcissements hâtifs, et par exemple pas un seul mot sur les moulins-bateaux, alors que la Seine en a porté beaucoup, en particulier à Paris.

– « Album de dessins de Louis-Victor Petitot autour de la haute vallée de l’Ource 1859-1878 » : l’Ource naît en Côte-d’Or puis va rejoindre la Seine dans le département de l’Aube. Mais le livre contient beaucoup de beaux dessins de moulins, montrant quelle était leur architecture dans une région argilo-calcaire juste avant l’arrivée des cylindres, laquelle accéléra l’agrandissement des moulins sur plusieurs niveaux. Ici ils en ont seulement 2, voire 3 ; ils surpassent tout juste au-dessus de la digue.

Christian Roquelle, fils du dernier meunier du moulin des Michots à St-Léger de Fougeret, près de Château-Chinon, a étudié par internet l’évolution  de l’état civil de la commune, ce qui lui a permis de dresser ce tableau des meuniers qui habitaient à leur moulin. Du coup on apprend quels moulins avait une habitation attenante ou toute proche : 6 moulins sur la dizaine qu’a connus la commune. Le moulin du Dessus fut le plus considérable, avec trois bâtiments munis d’une roue. On remarque un Louis Chavanton, de la famille de Gérard Chaventon évoqué plus haut. Jean-Marie Roquelle est le grand-père de Christian.

NB : Christian m’a fait visiter son moulin des Michots, où demeurent la plupart des appareils qu’a utilisés son père. J’en ai tiré un article que je viens de proposer aux éditions Arthéma pour l’Almanach bourguignon 2019.

Vieilles trouvailles

J’ai retrouvé dans mes affaires un document d’aspect tout simple : un bulletin de l’Académie du Morvan de 1983, concentré sur les trouvailles archéologiques, de la préhistoire aux gallo-romains, dans les environs de Saulieu. J’y apprends qu’à Saulieu même, cité qui existait au 1er siècle après JC, on a trouvé rue Sallier une « meta de meule en granite local (diamètre 0,44 m) ». La meta était la meule dormante dans le moulin à bras romain. Dans un hameau non loin on a trouvé une moitié de meule en granit. Plus loin à Villargois a été trouvée une meule en granit. Et à Thoisy la Berchère ce sont plusieurs meules en granite qui ont été exhumées. On sait que les Gallo-Romains exploitèrent notamment une carrière de meules à St-Andeux, à l’ouest de Saulieu, cela dès le 1er siècle ; peut-être les meules citées ci-dessus en venaient-elles ?

Exposition philatélique de Nevers, 10 et 11 mars 2018

L’exposition du club philatélique de Nevers est l’occasion de voir de belles images et d’essayer d’acheter des cartes postales anciennes. Cette année était affichée une carte postale du moulin de Montécot vu sous la voie ferrée au moment du passage d’un train. J’ai pu acquérir ce joli groupe de timbres. 

Et en dessous de ce dernier, un timbre de Montmartre (lettre reçue fin 2017).

Le dimanche suivant, « Bourse aux collections » : j’ai pu mettre la main sur une carte postale d’un moulin de Bourges, et sur plusieurs lettres à en-tête de meuniers, 2 de Saône et Loire et 2 de la Nièvre (moulin de Néronde à Menestreau et Moulin Trameson à Dompierre sur Nièvre). J’ai aussi acquis une d’un fabricant de matériel pour moulin avec une fort belle roue. 

Festival de musique baroque de Beaune

Amis des moulins, tous sur le pont : l’oratorio de Haendel « Samson » sera joué au Festival de musique baroque de Beaune le vendredi 6 juillet 2018 à 21 heures.

Chœur des amis des moulins : En quoi diable sommes-nous concernés ?

Dans de la Bible, Samson, héros hébreu, tire sa force surhumaine de sa chevelure, qui lui permet de vaincre souvent les Philistins. Mais voilà :  Dalila le séduit  profite de son sommeil pour le dépouiller de sa chevelure, et le livre aux Philistins.   Les Philistins le lièrent à la meule avec des chaînes d’airain, meule qu’il faisait tourner dans la prison. 

– L’affaire de Samson remonterait aux années 1100 avant JC. A cette date, les peintures égyptiennes montrent des ouvriers moulant ainsi : à genoux, ils impriment à une pierre un mouvement de va-et-vient sur la meule gisante. Samson devrait donc être attelé à ce travail. Mais est-il besoin d’« attacher » l’esclave à cette pierre, et surtout pourquoi alors la Bible dit-elle qu’il « tournait la meule » ? Il est donc plus probablement attelé à un moulin à manège.

– Or d’une part les premiers peuples repérés à utiliser le moulin à manège sont les Grecs et les Perses, d’autre part le moment historique où les Hébreux rencontrent les Perses, c’est en 539 avant JC, quand, prenant Babylone, les Perses libèrent les Hébreux qui y étaient prisonniers depuis 588. 

C’est certes quelque peu iconoclaste puisque cela conteste une anecdote biblique. Mais cela confirme ce qu’on a pu entendre en voyant le documentaire sur l’archéologie de la Bible rediffusé par Arte le samedi 24 mars, à savoir qu’elle aurait été, pour l’essentiel, rédigée pendant la captivité de Babylone. On peut noter que ce documentaire ne suscite aucun scandale. L’épisode de Samson n’aurait donc été mis au point qu’après 539.

En tout cas, il est essentiel de savoir comment Haendel représente musicalement Samson attelé à une meule. C’est pourquoi nous serons nombreux en la basilique de Beaune ce 6 juillet à 21 heures.

Couverture de livre

Cette fort belle couverture de livre m’est tombée sous la main : « La Beauté du Diable », des éditions Harlequin. C’est un ouvrage romantique de l’incontestable Candice Adams. Je n’ai pas eu le bonheur de le lire, mais la couverture révèle le grand chef-d’œuvre : tandis qu’au premier plan, un sosie de Sacha Distel serre une très belle jeune fille dans ses bras, au second plan à droite derrière le godelureau on voit un magnifique moulin à eau, à la très grande roue forte de deux fois 12 bras. L’observateur assidu remarque que la goulotte est très longue, dont on aperçoit un segment à gauche derrière les cheveux somptueux de la belle jeune fille. Suprême coquetterie : le costumier a fait en sorte que la robe de l’héroïne soit de la même couleur que la goulotte et la roue. L’élégant bipède qui enlace la jeune fille est probablement Lucifer ; en effet, 3 personnes sont unanimes à voir dans Sacha Distel une incarnation du diable : Chantal Nobel, son avocat et son assureur.

Dépliant

Nous avons reçu le joli dépliant  « Moulins en Saône-et-Loire », publié par nos amis de ce département. Il porte en couverture la jolie roue récemment restaurée du moulin de Lugny lès Charolles.

Nouvelles meunières – Mars 2018

Non classé

Trouvailles de nos adhérents

Véra Blanzat nous a trouvé :

– Un très beau dessin d’un santon de Provence : le meunier juché sur son âne et s’approchant du moulin à vent ; l’âne porte également le long sac-saucisse. Le moulin à vent est typiquement  provençal, avec l’arbre des ailes saillant du toit, le dit toit ne couvrant pas la totalité de la surface du haut de la tour.

– Une histoire de Chartres et de son industrie, en l’occurrence celle de sa fonderie Brault, née dans la première moitié du XIXème siècle, et qui se mit à fabriquer du matériel de moulin, dont des turbines. Par la suite elle connut un grand développement sous le nom de Brault-Tessier, et on voit fréquemment dans les moulins des cylindres de cette marque encore en état de marche, datés de la fin du XIX ou du début de XXème siècle.-

– Dans Le Pays de France, livre paru chez Hachette en 1925, des documents sur les moulins du Lauragais, ce grand plateau entre Toulouse et la Montagne Noire, couvrant notamment le département de l’Aude. Il y eut là beaucoup de moulins à vent, reconnaissables à leur toit fait de planches en bois, rarement à tuiles. Nous avions naguère dans notre bulletin évoqué un livre de témoignages sur ces moulins, intitulé « Les grandes heures des moulins occitans »,  livre paru chez Plon.

– D’autres documents concernent des moulins corses ou encore de l’Ain, et aussi d’autres moulins à vent du département du Nord (dont un célèbre situé à Cassel). On remarque dans ce dernier cas la queue qui ressemble assez à celle des moulins à vent hollandais puisque faite de plusieurs madriers (4 en l’occurrence).

Télévision

A propos des moulins à scier

Dans « Nouvelles meunières 2 », nous évoquions le documentaire qui, à propos d’Amsterdam, racontait comment un charpentier hollandais avait mis au point le moulin à scier le bois peu avant 1600. Mais le destin n’est jamais assez cocasse.

Le dimanche 24 décembre 2017 un autre documentaire, toujours sur Arte, « Les cathédrales dévoilées », exposait que la construction des immenses cathédrales aux XII ème et XIII ème siècles avait nécessité une telle quantité de pierres taillées qu’on avait mis au point des scieries hydrauliques, donc des moulins adaptés au travail de la scierie. 

En fait la technique était connue depuis l’antiquité (des auteurs du IVème siècle en parlent, cités dans « Archéologie des moulins hydrauliques … », le fameux ouvrage issu du colloque organisé par Jaccotey), mais était tombée dans l’oubli.

Claude Rivals a repéré des moulins à scier aux XIIIème et XIVème siècles, notamment vers Toulouse. Il y en avait en Alsace au XIVème siècle.

Mont-St-Michel (moulin du)

L’excellent documentaire « Mont-St-Michel, diffusé sur Arte le 23 décembre 2017, de Marc Jampolski, exposait entre autres que l’édification de l’extraordinaire monastère avait coûté des fortunes, et que seul l’avaient rendue possible le fait qu’il possédait beaucoup de terres en divers endroits, dont des moulins. 

Toutefois, au grand dam des nombreux amis des moulins qui avaient attendu le dit documentaire avec impatience, pas un mot sur le moulin à vent. Car certaines anciennes gravures du Mont-St-Michel montrent un petit moulin juché sur une tour saillant à peine des remparts, la tour Gabriel. Il y fut créé en 1627, nous dit Philippe Borgella dans « Le Monde des Moulins «  d’octobre 2008. Son diamètre était inférieur à celui de cette tour, de façon que le meunier puisse actionner la queue faisant tourner le toit du moulin ou son corps. Actuellement la tour n’a plus le moulin : le sol a été refait sans rien qui indique l’ancien passé meunier du lieu.

Débat sur les énergies renouvelables

Arte a rediffusé le 6 janvier une émission de débat sur les énergies renouvelables du 4 novembre : les orateurs étaient d’accord pour souligner qu’au plan intérieur les gouvernements français successifs affichent une prétendue volonté de développer les énergies renouvelables, mais au sein des instances européennes ils ont des positions systématiquement contraires.

« Des Racines et des Ailes », diffusé le 14 février par FR3, sur les départements du Lot et de la Dordogne, donc le Quercy et le Périgord, a évoqué M. Pradeau, un « paysan meunier », qui, à l’aide de meules monolithes et de plansichters transforme lui-même en farine le blé qu’il produit. Interviewé, le boulanger qu’il fournit s’est déclaré très satisfait.

NB : En étourdi patenté (Philippe Landry), j’ai retrouvé à côté de ma télé une feuille volante où j’ai noté à la va-vite des choses étonnantes, sans doute après avoir vu des documentaires ; d’une part un « moulin des Cabrerets fabrique une farine » idéale pour faire un pastis » qui de ce fait se nomme « pastis des Cabrerets », d’autre part aux Açores une sorte de roue permet de pulvériser des feuilles de thé.

Revues

Le Régional de Cosne et du Charitois évoque le 27 décembre 2017 l’assemblée générale de l’association de protection de l’environnement de Moulin-l’Evêque, qui s’occupe notamment du moulin de la Commanderie appartenant à la Camosine. Dans ce fameux quartier de St-Père sera placée une roue provenant de l’ancien moulin de Pierre à Cosne, dont c’est le dernier vestige connu.

Que Choisir n° 565 bis de janvier 2018, résume l’avis que l’Agence nationale ANSES a émis à propos des nuisances sonores prêtées aux éoliennes, concernant les « ultrasons ». Elle indique qu’aucune preuve n’existe comme quoi ces ultrasons seraient dangereux. 

Le Monde des Moulins n° 63 de janvier 18 indique quelques sites internet intéressants sur les moulins dont :

– En Saône-et-Loire, recherche sur un moulin-bateau ayant flotté sur le Doubs peu avant le confluent avec la Saône à Sermasse et Saunières : www.youtube.com

– En Région Centre un dossier pédagogique portant inventaire du patrimoine des moulinshttp:///inventairepatrimoine.regioncentre

– Les moulins fortifiés du Moyen Âge éléments du système féodal http:///carnetdalineas

Journaux

Le Canard Enchaîné du 20 décembre 2017, dans une critique favorable au spectacle théâtral « Modules Dada », sur l’histoire du dadaïsme, dit que la troupe « Les Endimanchés » qui l’a monté et est dirigée par Alexis Forestier, est basée à l’ancien moulin dit « de la Quincaillerie », à Vénarey les Laumes dans l’Yonne.

L’Yonne Républicaine du 6 décembre 2017 propose la photo d’un grand « moulin à prières » tibétain mis en vente au cours d’une brocante et fait d’un grand tissu (ou d’une chemise en bois) qui tourne autour d’un axe, et qui est tout peint (il doit comporter une prière boudhiste) ; il semble mesurer environ 1,20 de haut. Il n’a pas trouvé preneur.

Le Journal du Centre

– 30 décembre 2017 : à Gimouille, dans un lotissement pas très ancien, des maisons ont été bâties avec un toit solaire, mais la plupart du temps il est désormais hors d’état. L’article n’indique pas qu’une restauration soit envisagée.

– 1er janvier 2018 : grand article sur l’assemblée générale de l’Association pour la protection de l’environnement et la mise en valeur des moulins de Moulin-l’Evêque, à St-Père. On y a enregistré officiellement 165 visiteurs en 2017. Le grand projet de l’année 2018 sera la mise en place de la roue provenant de l’ancien moulin de Pierre, à Cosne.

– vendredi 5 janvier 2018, grand article de presque une page sur Mme Gaëlle Malézieux, une agricultrice de Menestreau, dans le Donziais, lieu-dit Mirebeau, qui moud elle-même le blé produit par son mari. Pour ce faire elle a acheté une paire de meules avec sa trémie, tout à fait à l’ancienne : un bel ensemble qui, à voir la photo qu’en livre le journal, semble d’assez petite taille. Mme Malézieux ne semble pas avoir de blutoir, donc elle n’élimine pratiquement pas le son, et de ce fait produit plutôt de la farine destinée à donner du « pain complet ». Elle la vend aux voisins, et à quelques boulangers.

 10 janvier : Toute une page consacrée à la culture de la graine de moutarde dans la Nièvre. On y retrouve Emmanuel Brossard, le fabricant d’huile de Raveau auquel nous avions rendu visite il y a quelques années. Il cultive 10 ha de sénevé (le nom véritable de la graine de moutarde), qu’il transforme lui-même en moutarde dans le petit atelier que nous avions visité.

– 23 janvier : article sur Béatrice Farny, partiellement domiciliée à Luzy. Elle  a créé une page Facebook célébrant le Morvan. Elle évoque une association « Le Morvan de Bouches à Oreilles ». Si des adhérents veulent lui envoyer des anecdotes sur les moulins…

– 26 janvier : photo du grand immeuble de St-Pierre le Moûtier, tout rénové, contenant l’ancienne huilerie Léveillé. Il est le siège de la Communauté de Communes qui l’a  restauré et l’ouvre quelquefois à la visite. L’article évoque les 18 ans depuis son rachat, son avenir. 

– 7 février : A Guérigny, dans le cadre du contrat local d’éducation artistique, les écoles se proposent de « Construire un moulin ensemble », « symbole d’énergie propre et naturelle », en coopération avec la maison de retraite. L’œuvre sera présentée 

au public du 22 au 27 mai 2018.

– 16 février : grand article sur Léo Tesnier, étudiant nivernais à l’université de Grenoble, qui prépare un « tour du monde » « pour étudier les modèles économiques de l’énergie de six pays », dont la France et la Chine. Il retournera aussi dans l’Himalaya, où il a fourbi ses premières armes de pionnier énergétique, au cours « d’une mission d’électrification de villages. Nous avons installé avec une ONG une centrale solaire. Mais c’était une grosse bêtise… On a déréglé tout un écosystème qui s’est construit sur plusieurs siècles ». Malheureusement l’article ne rentre pas dans les détails de cette erreur.

Articles du Journal du Centre sur les projets éoliens

 9 janvier : Le Conseil d’Etat annule le « schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie », qui traitait notamment du développement de l’éolien. Le Conseil reproche au Conseil Régional d’avoir peu étudié l’impact des nouveaux engins sur l’environnement.

– 13 janvier : toute une page sur un projet de champ d’éoliennes à Metz le Comte, commune riveraine de l’Yonne entre Corbigny et Clamecy. Une grande photo montre l’alignement de 6 éoliennes. Ces éoliennes ne déparent pas parce que… c’est dans un paysage de plaine bien dénudée. L’expérience montre que les habitants de zones foretsères sont plus réticents face aux éoliennes.

– 16 janvier : branle-bas de combat dans le nord du Haut Morvan avec un nouveau projet d’éoliennes, cette fois sur la commune de St-Léger-Vauban, côté département

de l’Yonne, mais les éoliennes se verraient depuis le lac de St-Agnan (Nièvre), dont les riverains sont déjà remontés contre un premier projet, que nous avons évoqué dans un des « Nouvelles meunières » précédentes. 

– 9 février : Deux projets d’éoliennes dans le Morvan sont abandonnés. L’un prévoyait 18 éoliennes dans le nord, l’autre 38 dans le sud, et toutes d’une hauteur de 180 mètres.

– Dimanche 11 février : les éoliennes peuvent être dangereuses pour les chauves-souris, dans quelques cas, par exemple si ces éoliennes sont construites sur le parcours d’un vol migratoire. La Société française pour l’Etude et la Protection des Mammifères a mis au point, à destination des constructeurs d’éoliennes, un cahier à observer lors de l’étude d’impact qu’exige la loi. La Société redoute que la loi ne soit pas correctement appliquée.

Programme du moulin de Villeneuve (Aragon-Triolet)

Nous avons reçu le programme des expositions et autres spectacles qu’hébergera en 2018 le moulin de Villeneuve à St-Arnoult en Yvelines, où vécurent Louis Aragon  et Elsa Triolet. Erik Orsenna y fera une conférence relative à son livre sur La Fontaine.  Il est peu probable qu’il évoque celui qu’il avait publié sur l’histoire du papier et dans lequel il avait très bien décrit l’histoire des moulins qui le fabriquèrent. Notons que la Maison de Villeneuve organise une journée-excursion au Moulin de Cernay, son voisin, « musée des paysages, des moulins, et des peintres paysagistes ». Ce moulin de Cernay a conservé l’aspect moulin, malgré la disparition de la roue, et est l’un des fleurons du Parc Naturel Régional de la vallée de Chevreuse. Les Editions Faton ont, en octobre 2016, publié un n° hors-série de leur revue L’Objet d’art au « Petit moulin des Vaux de Cernay », avec entre autres une carte des nombreux moulins qu’a connus ce secteur . Il est en libre consultation à la Médiathèque municipale de Nevers.

Visite

La semaine de Noël, Philippe Landry a pu visiter la boutique de l’huilerie d’Iguerande, en Saône-et-Loire, près de Paray le Monial. Malheureusement l’atelier lui-même était, exceptionnellement fermé à la visite. Il a pu acquérir un flacon d’huile d’argan. Il porte ce qui est sans doute le dessin de moulin le plus petit du monde : 0,6 cm de haut et 1,3 de large.  L’argan est cultivé notamment au Maroc et dans quelques autres pays ; il donne une très bonne huile pour les soins notamment du cuir chevelu ; la cueillette nécessite force main-d’œuvre, surtout des femmes aux mains fines et précises, c’est pourquoi il est assez cher.

Dernière minute :

Plusieurs articles du Journal du Centre fin février 2018 évoquent la crise de Clamecy : l’Agence régionale de Santé prétend supprimer le service des urgences de l’hôpital. Les maires du secteur et les autres élus envoient leur démission au Préfet. Ils ont raison de défendre ce qui reste du service public. Parmi eux notre ami Philippe Gilles, maire de Courcelles, qui s’exprime dans le Journal du Centre du 23 février.

Journal du Centre : 

25 février 2018

Une exposition temporaire au musée Auguste Grasset de Varzy aura pour sujet la grande statue du Christ au Sacré-Coeur qui, depuis 1908, domine la commune du haut du Mont Châtelet. Le piédestal de la statue comprend de nombreuses pierres du moulin à vent qui exista sur le Mont du Châtelet. Le 9 décembre 1880, alors que le moulin à vent ne fonctionnait plus, des enfants y étaient allés jouer et y ont mis le feu/ Le moulin a été détruit. Le moulin avait deux étages et une seule paire de meules. Il appartenait à la veuve Chappé, domiciliée à Trucy l’Orgueilleux.

26 février 2018

Le Moulin des Eventées à St Pierre le Moûtier n’a ouvert que 24 jours au public en 2017 mais a reçu près de 450 visiteurs. Le moulin prépare une exposition sur le thème du vent.

Revue en préparation

Le bulletin de mai évoquera le moulin de Couloir à Dommartin, qui a fermé le 30 juin 2017. Nous n’aurons pas la place d’y placer ce vieux petit calendrier publicitaire, qui tenait dans une poche car plié en 8. C’est pourquoi en voici une reproduction.

Les nouvelles meunières – Février 2018

Nouvelles meunières

Trouvailles des adhérents

Serge Calandre( 1)  a repéré la mention d’un moulin sur le terrier (2) de la seigneurie de Conforgien: pour mémoire Conforgien est un village de St Martin-de-la-Mer en Côte d’Or  limitrophe d’Alligny-en-Morvan dans la Nièvre; la limite des deux départements passait sur la roue du moulin de Conforgien lequel moulin était en Côte d’Or mais la maison de son meunier était dans la Nièvre.

Le terrier révèle qu’en 1557 la seigneurie de Conforgien comptait un moulin à Vrilly-Haut sur le finage de l’actuelle commune de Saulieu. Or, s’il y a bien eu un moulin à vent,  il s’agit du moulin de la Baigne bien éloigné du château. Une étude des moulins de la Baigne est en cours.

  1. : En réalité mentionné par Pierre Collenot à la page http://pierre.collenot.pagesperso-orange.fr/terrier_fr/htm/menus/menu1.htm – (Rendons à César ce qui à César)
  2. Régime foncier d’une seigneurie de l’ancien régime, de la fin du Moyen Âge à la Révolution 

Journaux

Le Journal du Centre publie :

Sur l’éolien, qui suscite décidément bien des passions

  • Le 22 novembre : Un projet d’implantation d’éoliennes à Entrains-sur-Nohain en 2020. Hauteur entre 175 et 180 m. Il faudra défricher autour de chaque éolienne, plus aménager de larges chemins pour accéder  à chacun des 7 emplacements. Les auteurs du projet estiment : « Le paysage ne sera absolument pas dénaturé »; cela ne va pas être l’avis de tout le monde, belles controverses à prévoir.
  • 24 et 29 novembre : L’association « Morvent en colère » organise les « Premières assises de l’éolien en Morvan « avec ce slogan dont le Journal du Centre fait son gros titre : « L’éolien est payé par vous et par moi ». Deux sénatrices viennent apporter leur soutien à la lutte contre l’éolien : Mme Sollogoub, ancienne maire de Neuvy-sur-Loire et Mme Loisier, ancienne maire de Saulieu. Le principal adversaire de l’éolien, celui qui apporte le plus d’arguments techniques, reconnaît que la France ne produit pas assez d’énergie mais soutient qu’elle doit d’abord commencer par en consommer moins. Les adversaires de l’éolien présentent souvent des arguments légitimes, valablement étayés. Par contre,  certains sont étonnants : dont le fait que l’éolien est « subventionné » . D’abord, l’éolien n’est pas subventionné  à la production, ni à la construction : c’est le prix du kw/h produit qui est payé plus cher que le prix du marché, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Ensuite l’éolien bénéficie de ce prix aidé car l’ensemble des énergies renouvelablesen bénéficie. Enfin, il faut rappeler pourquoi la France aide les énergies renouvelables :
  •  d’une part dans un but écologique : nous consommons beaucoup de produits  d’origine pétrolière et de gaz don les résidus de la combustion se répandent dans l’atmosphère avec un effet nocif. De même, nous tirons une bonne part de notre électricité du nucléaire; mais le stockage des déchets nucléaires est de plus en plus problématique; on ne peut continuer à développer le nucléaire, et, même on doit diminuer notre capacité nucléaire. Soulignons d’ailleurs que le vœu de développer les énergies renouvelables est l’une des rares décisions du fameux « Grenelle de l’Environnement » qui demeurent en application.
  • D’autre part, le commerce extérieur de la France est très déséquilibré (quand nous importons pour 5 €, nous n’exportons que pour 4 €) et cela nous le payons tous d’une manière ou d’une autre; comme nous importons tout le pétrole et le gaz que nous consommons, développer les énergies renouvelables devrait nous permettre de réduire le déficit.
  • 30 novembre : « Feu vert préfectoraux Vents de Loire » : presque une page consacrée à l’autorisation donnée par le Préfet au projet d’éoliennes à St Quentin-sur-Nohain : 7 mâts sur cette commune, 1 sur St Laurent l’Abbaye. Il avait suscité une vive opposition, avec manifestation devant la Préfecture. Les adversaires annoncent qu’ils vont saisir le Tribunal Administratif.

Affaires diverses, toujours dans le Journal du Centre

Le 21 novembre

  • Ouverture exceptionnelle de l’ancienne huilerie de St Pierre-le-Moûtier le 22 après-midi, avec démonstration, par l’association « L’Huilerie Léveillé »
  • Achèvement tout proche du grand parc photovoltaïque construit par la société Photosol près de Decize, en fait composé de quatre parcs répartis sur Charrin et Vereuil. Sur 69 ha  500 000 panneaux, d’une puissance 43 mégawatts, pourront servir 15 000 foyers, soit 40 000 habitants. Les collectivités locales espèrent      300 000 € de recettes fiscales.
  • Le 23 novembre, toute une page sur un jeune homme audacieux qui produit du savon à base de cire d’abeille au château de Thard, commune d’Onlay près de Moulins-Engilbert. Il projette de réaliser un savon 100 % Morvan comprenant notamment de l’huile de noix. L’article ne précise pas quel moulin la réalisera : il reste dans le Morvan quelques installations, mais peuvent-elles être remises en état ? (Sous le château de Thard subsiste le bâtiment d’un ancien moulin, mais il y a longtemps qu’il n’y a plus de machine meunière).
  • 1er décembre : Colloque sur l’état des églises dans la Nièvre, organisé par la Camosine. Francis Lefebvre-Vary en profite pour rappeler que désormais chaque année, nos journées des moulins de juin sont couplées avec une célébration du patrimoine .  Il  lance également  un appel pour que des associations ou des communes nous rejoignent. M. Marchand, historien de Varzy, informe l’assistance qu ‘entre autres, la fameuse huilerie Marlot se visite tous les vendredis après-midi.
  • 18 décembre : Dans la double page consacrée à la remise du Trophée des Entrepreneurs Nivernais, on remarque Emmanuel Brossard de Raveau, le jeune fabriquant d’huile, auquel nous avions rendu visite il y a peu d’années.
  • 8 décembre : Le Monde : article d’une page à propos de deux livres sur l’histoire de l’industrie, avec en plein centre la reproduction en couleur du dessin d’un moulin médiéval anglais en coupe, avec ses deux roues.
  • 14 décembre : Libération : Se rappelle-t-on l’aventurier et écrivain Henri de Monfreid ? Il a eu un grand succès, notamment lorsque ses « Secrets de la Mer Rouge » ont donné lieu à un feuilleton télévisé vers 1970. Son petit-fils publie un livre sur lui, le décrivant comme un »homme d’affaires » d’ailleurs plutôt « mauvais »; il avait plusieurs entreprises dans « La Corne de l’Afrique » dont une minoterie.      

  A propos des projets de l’Etat : Le Monde, dans son numéro du 1er décembre 2017, publie un article intitulé : « Le gouvernement veut lever les obstacles à l’essor des éoliennes » : « La France compte 6500 éoliennes sur son territoire et elles ne contribuent qu’à moins de 4% de la production d’électricité. Alors que la loi de transition énergétique votée en 2015 fixe des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables, l’essor des parcs éoliens avance à un rythme trop faible et fait face à de nombreux obstacles. La durée de mise en place d’un parc peut prendre sept à dix ans en France, contre trois à quatre en Allemagne ». Il est donc envisagé de simplifier la règlementation. Pourtant, le 9 novembre, le célèbre quotidien titrait : « Nucléaire : Nicolas Hulot renvoie à plus tard la transition énergétique ».

Livres

 « Raymond Rochette : l’obsession de l’industrie », publié par l’Ecomusée Creusot – Montceaux les Mines et les Editions Somogy. Le grand peintre a beaucoup « travaillé du pinceau » dans les ateliers des usines du Creusot, sa ville natale : à plusieurs reprises il a illustré des ouvriers fabriquant des pales de turbines (on le voit dans 6 pages de ce livre) . Dans ce livre , notons page 58 un joli tableau exécuté par Rochette pendant sa formation: la studieuse imitation d’un moulin à vent hollandais tel que peint par Ruysdaël, un maître hollandais du XVIIème siècle qui a représenté beaucoup de moulins à vent.

Les tableaux invendus de feu Raymond Rochette sont conservés à l’ancien prieuré de St Sernon du Bois, commune limitrophe du Creusot où il avait sa maison, et dont un hameau se nomme « Le Foulon ». Ce nom commémore un moulin à foulon, qui autrefois était animé par les eaux du lac St Sernin. Rochette a peint un tableau représentant ce hameau, mais pas l’ancien foulon. Lorsque Schneider a agrandi le lac pour mieux alimenter ses usines Schneider du Creusot en eau (état dans lequel on le voit aujourd’hui), le foulon ne fonctionnait déjà plus. Ultérieurement, Rochette n’a connu que le bâtiment, dont ne demeurent aujourd’hui que quelques vestiges (on distingue qua ce bâtiment chevauchait le bief).

Ci-dessus la couverture du livre. Une exposition a été consacrée à ses oeuvres l’été dernier au Creusot.

La couverture de l’Almanach bourguignon et de « Anciens moulins du Pays Lyonnais »,  évoqué dans nos nouvelles meunières de novembre 2017 que nous avions oublié de faire paraitre. 

Revues

Pays de Bourgogne : 252-253

 Ce double numéro est centré sur la forêt de Bourgogne et son exploitation au fil de l’histoire. C’est pourquoi, on y trouve page 49 un article de 4 pages : « L’écorce du chêne alimenta les moulins à tan », signé Philippe Landry. C’est aussi l’occasion de rappeler que nombre de villes disposèrent de tanneries, dont Nevers,Cosne (dans la rue Waldeck Rousseau un moulin travailla l’écorce), Clamecy, Luzy … Parmi les illustrations, on remarque une belle photo du moulin de Pressures à Clamecy et du moulin de La Rochelle à Alligny en Morvan.

Sandra Amani signe l’article « La forêt enchantée » dont le paragraphe «  Les fantasmes du meunier » évoque des sorcelleries liées au moulin et au travail du bois, entre autres : « Le Moulin Rouge, sur la commune de Juillenay (Côte d’Or), dissimulé à présent par des bois épais, serait maudit depuis qu’un meunier et son âne s’y sont noyés ».

Dans « L’approvisionnement en bois de la ville de Dijon », Guy Masson dit que la rivière qui la traverse, l’Ouche, était « flottée », ce qui provoqua, comme dans le Morvan, force litiges avec les propriétaires et exploitants de moulins. Au passage il livre cette statistique du milieu du XVIII ème siècle : « L’Ouche de Vevey à Dijon fait tourner 50 roues, qui actionnent les mécanismes de 16 moulins, 2 martinets, 2 foulons, 2 papeteries, une forge et une filerie » . (les martinets forgent le fer et la filerie fabrique le fil de fer; les papeteries sont des moulins à papier).

« Pays de Bourgogne » entretient sa « bibliothèque », laquelle évoque les publications de ses conteurs : on y apprend que la Société d’Etudes d’Avallon, dans son volume 60, publie un article de Sébastien Lambert sur les usines du Cousin dont les papeteries. Le Centre Beaunois d’Etudes Historiques publie dans son tome 34 de (2106) un article de Louis Bonnamour sur ses trouvailles archéologiques dans la Saône;  nous savons par d’autres de ses publications que ce grand archéologue y a trouvé et étudié des meules gallo-romaines et mérovingiennes; pour ces dernières, il pense que certaines viennent de moulins-bateaux ayant flotté sur la Saône du côté de Chalon.

Vents du Morvan

L’article « Dans le grand flot avec Jean Giono » est illustré par une très belle carte postale du moulin du Saut de Gouloux, avec ses deux roues, dont la grande présente cette particularité : on voit sur le pignon son ombre portée, ce qui implique qu’il y avait un écart important entre elle et le mur porteur.

Plusieurs articles évoquent la filière bois et l’utilisation du bois à des fins énergétiques ainsi que les efforts pour que les maisons  en bois soient le moins énergivores possibles.

Dans un autre article, on apprend incidemment qu’une  petite éolienne va actionner une fontaine à Château-Chinon.

Dans l’article exposant pourquoi le projet de tour au sommet du Haut-Follin est abandonné, l’auteur suggère qu’à la place on y pose des éoliennes … de plus de 100 mètres. A notre avis, cela aura le même succès auprès de l’opinion publique, et ce pour les mêmes raisons :  il faudrait abattre beaucoup d’arbres, non seulement pour construire les éoliennes mais également pour les lignes transportant l’électricité produite. Quant à l’esthétique ….

Télévision

Arte :

Dimanche 3 décembre : Documentaire sur un « duel » entre deux grands peintres paysagistes anglais. Turner et Contable. John Constable (1776-1837), fils d’un meunier propriétaire de plusieurs moulins, a préféré consacrer sa vie à la peinture qu’à la mouture. Plus classique que son collègue, il a volontiers représenté des moulins dans ses tableaux. C’est le cas dans deux  célèbres tableaux présentés dans le documentaire, un moulin à vent  et un moulin à eau. De fort belles oeuvres. Un autre tableau, un des plus magnifiques sans doute, « Printemps à East Bergholt » représente son village natal : on y voit à gauche un beau moulin à vent dominant la plaine : un moulin à gros toit tournant, à 4 ailes légèrement inclinées, au corps blanc s’effilant, avec la modeste maison du meunier en dessous. Malgré la grande qualité de son œuvre, John Constable a eu du mal à vivre de sa peinture, ses contemporains trouvant sa manière de présenter la nature trop « radicale » (!).

Samedi 16 décembre :  dans le documentaire « Trois villes à la conquête du monde », grand passage sur Amsterdam à la fin du XVIème siècle, avec soudain toute une ribambelle de moulins à vent tous plus jolis les uns que les autres. Pourquoi ? Parce que c’est un Hollandais qui, dans les années 1592-1594, a inventé le vilebrequin et l’a installé dans des moulins pour que le mouvement horizontal génère un mouvement vertical: cela a permis d’animer de grandes scies à bois, lesquelles ont entraîné l’accélération de la construction des charpentes pour bateau, d’où la supériorité de la marine hollandaise pendant les décennies qui ont suivi.

Musée

Le musée nivernais de l’éducation vient de déménager. Auparavant caché derrière la cathédrale de Nevers, il occupe maintenant plusieurs salles  de l’ancienne école du boulevard Victor Hugo. Plusieurs documents curieux sont affichés, dont une feuille pour apprendre à écrire les mots en « in », laquelle porte  un moulin à vent. Un autre panneau montre un paysage avec en arrière-plan  un moulin à vent.

Expositions

Pendant quinze jours en novembre, le « groupe d’émulation artistique du nivernais » a présenté son « Salon d’automne » au palais ducal de Nevers. On a pu y remarquer un très beau tableau de René Barle, un peintre domicilié à Coulanges-les-Nevers : « La Quête ». Il représente Don Quichotte et Sancho Pança arrivant devant les moulins à vent que le « Chevalier à la triste figure » va prendre pour des géants hostiles et donc tenter de pourfendre de sa lance cinq très beaux moulins, peints à la nuit tombée avec de belles couleurs du soleil  couchant. René Barle semble s’être inspiré des moulins à vent du plateau de Consuegra en Espagne, site où on commémore chaque année le chef-d’oeuvre de Cervantès.

« 1917 : Les Américains sont là » Archives départementales à partir du 4 décembre. L’exposition évoque l’installation des soldats américains dans la Nièvre la dernière année de la guerre 1914-1918. Ils occupent de grands espaces sur plusieurs sites, en particulier à St-Parize le Châtel et Mars sur Allier, où ils aménagent un immense hôpital de campagne. A l’attention des milliers de médecins, infirmiers, blessés, etc…, ils publient des journaux internes, dont « The Marcian » au susdit hôpital dont l’exposition propose les plus belles pages. Un numéro porte le dessin d’une « old tower » de St Parize : en fait on reconnaît le toit d’un des deux anciens moulins à vent de St Parize/  Des pages du journal d’un autre camp sont également affichés  : il a été réalisé par l’imprimerie Fortin, qui occupait un ancien moulin de Nevers (ses machines bénéficieront de la force hydraulique

 jusqu’en 1942).  L’armée française a occupé l’actuel site de l’Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports qui se trouve  lui-même occupant l’emplacement du moulin de Givry d’avant 1793. où celle-ci disposait d’un (moulin à vapeur).

Quand la crue emporte le moulin

    En 2011, dans notre numéro 72, le premier de nos bulletins consacrés à l’histoire des moulins d’Avallon, nous avions présenté les documents collectés par notre amis Francine Béguin, relatifs aux dégâts subis par les moulins du fait de crues du Cousin au XVIIIème siècle. Le chapitre soulevait la question suivante : les moulins étant très bien bâtis et les meules étant très lourdes, jusqu’à quel point une rivière pourrait-elle les « emporter » ?

     Dans les Monts du Lyonnais, un massif semblable à celui du Morvan par son aspect, notamment ses vallons bien profonds, coule une petite rivière, la Coise qui dessert notamment les communes de St Symphorien sur Coise et de Coise. Sur son affluent du Couzon, on peut observer un moulin dit du Pont Français proposant de jolis restes dont des meules …  et un petit moulin tout à fait factice. Sur la montagne dominante offrant un beau point de vue se trouvait une chapelle dans laquelle étaient exposés  des  textes illustrés.  en particulier celui intitulé « Inondations 1842 ». En effet, Le 26 août de cette année-là, un énorme orage déverse un terrible déluge, orage,qui dura  cinq heures.  Ses effets sont si violents « comme un tremblement de terre »  qu’il a eu pour conséquence la destruction le moulin aux Pont Français. Au Pont Français, le moulin est carrément « détruit et renversé »; tout y est ravagé et emporté au point que bétail ,mobilier et meules ont été entraînés par le courant


Les nouvelles meunières – Novembre 2017

Nouvelles meunières

Nous préparons déjà le bulletin n° 85 à paraître en mai-juin 2018. Mais déjà la quantité de « nouvelles meunières » est  très importante. En plus une parution tardive leur ferait perdre de l’intérêt. C’est pourquoi nous les proposons  dès ce mois de novembre 2017 sur internet. Bonne lecture ! 


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