Actus

Nouvelles Meunières n° 19

Nouvelles meunières

Tenue du stand « Moulins du Morvan et de la Nièvre »

1) La fête du moulin des Eventées, le jeudi de l’Ascension 30 mai, à St-Pierre le Moûtier, avec brocante et quelques produits locaux, a attiré pas mal de monde. Nous y avons tenu un stand. Nous avons pu discuter avec plusieurs personnes ayant connu les derniers moulins à vent en ruine ou l’huilerie Léveillé en activité. Une commerçante nous a dit avoir connu un autre moulin à vent mais à Givry, près de Chalon sur Saône. Nous avons pu défendre notre bulletin numéro spécial sur les moulins à vent de Bourgogne et les moulins de St-Pierre le Moûtier (toujours disponible au prix de 10 euro port compris).

Une petite éolienne vient d’être édifiée par nos amis à une trentaine de mètres du moulin à vent. Haute de 7 m, son rotor, dont le diamètre est de 2 mètres, peut tourner à 80 tours minutes. Elle est dotée d’un système de débrayage qui permet de la libérer en « girouette folle » en cas de forte tempête, pour qu’elle ne soit pas renversée. Nos amis l’ont construite avec les restes de deux vieilles éoliennes abîmées, données par des agriculteurs de St-Pierre. Elle n’a pas la puissance nécessaire pour produire de l’électricité. Par contre, un effet de couleur verte sera créé au moyen de rayons bleus et d’autres jaunes.

Éolienne des ÉVENTÉES

En outre, à chaque fête du pain a été cuit au four du moulin; la porte du four vient du four du moulin à vent Thévenet, dont les ruines demeurent non loin de celui des Eventées.

2) Fête des jardins à Forgeneuve, Coulanges, le 9 juin

Nous avons été plusieurs à tenir le stand de notre association dans les superbes jardins de Forgeneuve. Nos amis Mme et M. Martinat avaient comme d’habitude très bien organisé la fête. Plus de 600 personnes ont pu voir notre stand, même si trop peu s’y sont arrêtées. Nous présentions les produits de deux de nos adhérents, Sylvain Marceau du moulin d’Aron à Crux la Ville, et Frédéric Coudray du moulin à huile de l’Ile à Donzy. A diverses reprises nous avons pu dialoguer avec des visiteurs sur la désastreuse politique de la continuité écologique.

Ce fut aussi l’occasion de réexaminer les lieux, dont le début du bief avec ses belles vannes, et ce qui demeure des locaux. Sur certaines façades, on note les empreintes qu’ont laissées d’anciennes roues, ce qui permet de mieux apprécier les dimensions de leur diamètre : 10 mètres pour l’une, 6 pour l’autre.

Empreinte laissée par la roue de 6 m

De nombreux artistes membres du Groupe d’Emulation artistique de la Nièvre présentaient une collection de leurs œuvres (certains peignaient dans les jardins), ce qui était très agréable à observer. A la fin des deux jours le peintre René Barle a reçu un premier prix , cela pour l’ensemble des œuvres présentées, dont son fameux tableau des moulins à vent « de la Mancha » au moment où s’en approchent Don Quichotte et Sancho Pança.

NB : Koikispass n°159 de juin 2019 consacre plusieurs pages aux « jardins remarquables de la Nièvre ; le premier qu’il décrit est « Forgeneuve, un Giverny en Nièvre » ; le deuxième est celui des Forges de la Vache, à Raveau. Dans les deux cas le passé métallurgique des sites est rappelé, et souligné le mérite des propriétaires nos amis Jean-Luc Martinat à Forgeneuve et Claudine Muller aux Forges de la Vache.

Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon m’invitent à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr », et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualités des énergies renouvelables

Eolien

Le Journal du Centre du 16 mai évoque un projet éolien à Poiseux. Il est question d’y implanter 4 éoliennes géantes sur les hauteurs de Mauvron. Le maire et le conseil municipal sont favorables au projet, qui en attendent 30 000 euro de retombées fiscales. Une opposition commence à se manifester. Le maire conteste l’argument du bruit ; quant aux ondes qu’on accuse les éoliennes d’émettre, il fait remarquer que ses adversaires ne parlent jamais de celles qu’ils reçoivent de leurs portables.

Le Journal du Centre du 31 mai annonce que la préfète de la Nièvre a pris un arrêté refusant le projet éolien du secteur de St-Pierre le Moûtier, suite semble-t-il à des avis hostiles de certains conseils municipaux et aux prises de positions également hostiles de défenseurs de châteaux estimant que les éoliennes nuiraient dans leur paysage.

Quant au projet des Bertranges proche de Poiseux, un article du Journal du Centre du 12 juin montre comme les habitants sont partagés ; quatre personnes sont interrogés, trois favorables aux éoliennes, une hostile (mais l’article ne prétend pas rendre ainsi un compte statistique).

Il est question d’un autre projet autour de Rouy, mais géographiquement dans un sens large, puisque le Journal du Centre du 17 juin, qui l’évoque, livre l’opinion des maires de Bona et de Ste-Marie, non sans rappeler que la commune de Bazolles demande une augmentation de sa part dans les bénéfices fiscaux. Le projet consisterait en la construction de 6 éoliennes. Une association hostile s’est constituée, son président étant d’ores et déjà accusé de « faire circuler de fausses informations ».

Le département de l’Yonne continue d’être celui de Bourgogne hébergeant le plus d’éoliennes géantes : le projet dit de St-Agnan (Nièvre) dont les machines seraient surtout visibles depuis les communes de l’Yonne telles St-Léger-Vauban continue de susciter de vives oppositions (Yonne Républicaine, 17 mai 2019), tandis que de nouveaux projets apparaissent : à Massangis, Dissangis, et, plus proche du Morvan, à Cussy les Forges (Yonne Républicaine 3 janvier 2019). Du côté de Noyers, le célèbre village médiéval, c’est la route qui reçoit des convois exceptionnels : des pales de 48 mètres portées par camion pour le site en construction « qui sera situé entre Sarry et Châtel-Gérard » (Yonne R&publicaune 28 mars 2019).

En Côte-d’Or est inauguré un nouveau parc de 9 éoliennes géantes, « à Chazeuil et Chantenay », susceptible de fournir de l’électricité à 17 000 personnes (Journal du Centre 3 juin).

Energie solaire

Dans le département de l’Yonne, l’énergie solaire reçoit un accueil favorable. 

« Plusieurs projets de solaire citoyen devraient voir le jour en 2019 sur des toits d’Auxerre » (Yonne Républicaine, 3 janvier) : il est question d’installer des panneaux solaires sur des toits d’école, sur celui du théâtre municipal, etc. Un « mouvement citoyen » est lancé pour financer le projet. Un autre projet de développement du solaire fait cogiter du côté de Joigny : on tient cependant à n’y pas sacrifier de bonnes terres agricoles. Les mauvaises n’étant pas trop courantes dans ce secteur, on envisage de poser des panneaux solaires… sur des plans d’eau semble-t-il sans intérêt autre. Affaire à suivre. (Yonne Républicaine 27 février).

La méthanisation

La méthanisation pose plus de problèmes : à Provency, une autorisation provisoire a été donnée à un exploitant. C’est l’occasion pour l’Yonne Républicaine d’exposer le principe du procédé employé : on stock des matières organiques, puis on les pasteurise en les portant à 70°, puis on les injecte dans des « digesteurs » où s’effectue « la réaction de méthanisation ». Du biogaz est produit et stocké avant d’être injecté dans un groupe électrogène pour produire de l’électricité ou de l’énergie thermique. Quant au « digestaté », résidu issu de la méthanisation et à la consistance plutôt pâteuse, il est ensuite épandu comme fertilisant pour les terres ». Cela donne une production électrique intéressante (600 kw écrit le journal sans plus de précision) Malheureusement les voisins se plaignent de nuisances importantes : olfactives d’abord, relatives au bruit des machines ensuite, et quant à la qualité du produit épandu enfin (il y aurait des résidus plastiques, mauvais pour le sol et donc les cultures). Il semble peu probable que le Préfet fasse de cette autorisation provisoire quelque chose de plus définitif.

Généralités sur les énergies renouvelables

Les 8 et 9 juin sont organisées des « journées portes ouvertes des énergies renouvelables. Dans la Nièvre, le SIEEEN annonce par le journal du Centre du 6 juin qu’il propose les visites de deux sites :  

. A La Charité sur Loire, 

. d’une part « une chaufferie bois de 2100 kw », et « deux chaudières gaz de 2500 kw »

. d’autre part une « centrale photovoltaïque de 9 Kwc. »

. A Challuy le « chantier du futur réseau de chaleur »

Journaux

L’Yonne républicaine (retour en arrière)

31 décembre 2018, Auxerre : les anciens silos du moulin du Batardeau, fermé en 2015, vont être « rhabillés » par des artistes.

Le Journal du  Centre

28 avril : dans la grande série « Enseignes d’antan », une page intitulée « Une tuilerie industrielle en 1886 ». Elle est créée à Plagny, commune de Sermoise, limitrophe de Nevers, par M. Delagrange, à la place d’une sucrerie détruite par un incendie. Le texte n’en parle pas, mais j’ai deux informations complémentaires : 

– D’une part ce M. Delagrange avait été auparavant fait construire le grand moulin de Vauprange à Mhère dans le Morvan, un haut et large bâtiment à plusieurs niveaux qui subsiste, mais vide ; il l’a laissé à son fils pour venir mener la toute nouvelle tuilerie.

– D’autre part cette tuilerie ultra-moderne contenait des meules pour chasser les bulles d’air de l’argile qu’on allait mettre au four.

     Dans le supplément Fémina du dimanche 25 mai, un article sur la Toscane recommande la villa Campesti, sise à Vicchio di Mugello, où on peut « s’initier aux secrets de la fabrication de l’huile d’olive… profiter des massages à l’huile d’olive ».

31 mai : supplément interne « Donnons ensemble une nouvelle vie aux papiers ». Un supplément de 8 pages consacré au papier, notamment à sa fabrication et à sa récupération. Le document ne rappelle pas que longtemps le papier fut fabriqué dans des moulins. Par contre il est parfois question de meules :

. à propos d’un des procédés de fabrication : « La pâte est obtenue en râpant le bois à l’aide de grandes meules appelées « défibreurs » car elles séparent les fibres.

. A propos d’une des plus grandes fabriques de papier en France, celle de Saillat-sur-Vienne, dans le Limousin : « Cela fait 125 ans que l’usine de Saillat sur Vienne, près de St-Junien, a vu le jour. Un atelier d’extraction de tanin au départ, qui s’est spécialisé dans la pâte à papier ensuite. ». L’ « atelier d’extraction de tanin » était forcément un « battoir » ou un « moulin » à écorce.

Dimanche 9 juin : surprenante manière de traiter l’histoire dans Le Journal du Centre dans la rubrique hebdomadaire « Enseignes d’antan », le titre du jour étant « Un siècle de plâtreries renommées ». C’est chaque semaine une page que je lis attentivement, en général je la conserve. C’est le cas pour celle-ci, puisqu’elle évoque les usines à plâtre de St-Léger des Vignes à côté de Decize, dans lesquelles le gypse, matière première du plâtre, était pulvérisé par des meules. L’auteur reprend ainsi la description de la naissance d’une des premières usines de plâtre, à Decize par Pierre Volut : « M. Bouchard établit aux Halles, en juillet 1856, une fabrique de plâtre en poudre, dont les meules tournent sous l’action d’une machine à vapeur de trois chevaux ». 

Or… un de ses encarts a quelque chose de profondément choquant. En effet, en bas, à gauche, il est exposé qu’en 1905 à l’occasion d’une grève, deux ouvriers sont entrés dans la maison du patron Journot, fabricant de plâtre, à St-Léger des Vignes, y ont mis le feu, et ont ainsi causé la mort de ses deux enfants. Ahurissant ! Dans mon manuscrit encore inédit sur les faits divers du XXe siècle, je restitue ainsi ce que j’ai trouvé sur cette affaire (on remarquera que je m’y fonde essentiellement sur le dossier officiel de gendarmerie conservé aux Archives Départementales).

« 1905, St-Léger des VignesLes grévistes accusés à tort. M. Pierre Journot possède à St-Léger des Vignes des mines de gypse, lesquelles fournissent la matière première à son usine à plâtre à côté de sa magnifique grande maison. Or, à la mi-décembre 1905, à un moment où les mineurs des mines de gypse du secteur sont en grève, l’ensemble de ses bâtiments de St-Léger est victime de plusieurs tentatives d’incendie, dont l’ultime détruit de fond en comble l’orgueilleuse maison ; la répétition du fait implique origine criminelle.

Très vite les soupçons se portent sur Berthe Testu, âgée de 17 ans, une pupille de l’Assistance publique placée comme domestique au domicile de Pierre Journot. Elle finit par avouer être l’incendiaire, mais quant à sa motivation elle déclare aux gendarmes que les nommés Jean Cuisinat, 28 ans, et Pierre Bardot, 37, « ouvriers mineurs actuellement en grève lui avaient proposé de mettre le feu à l’usine et de tuer M. et Mme Journot. D’après ses dires, elle accepta seulement de faciliter l’entrée de Bardot et de Cuissinat dans la maison de M. Journot. Et à l’en croire, vendredi soir, les deux ouvriers auraient pénétré dans l’immeuble et mis le feu au plancher du grenier, préalablement imprégné de pétrole. » (Journal de la Nièvre)

L’occasion est trop belle de jeter en prison des grévistes : Bardot et Cuisinat sont arrêtés en dépit de leurs énergiques protestations, tandis que la bonne « fut conduite à l‘hôpital de Decize car au moment de son arrestation elle fut prise d‘une violente crise de nerfs ». A l’époque le droit de grève est officiellement reconnu, mais qu’on l’exerce est vécu comme scandaleux par la presse de droite. Pour Le Journal de la Nièvre, quotidien antirépublicain proche des bonapartistes et surtout des milieux patronaux, la culpabilité des grévistes ne fait aucun doute : « Les auteurs de l’incendie ont rendu un bien mauvais service à leurs camarades. On dit que M. Journot va fermer son usine au moins pour quelques temps. Des faits de ce genre sont des plus tristes, parce qu’ils dénotent chez certains ouvriers un état d’esprit effroyable ; mais il faut en faire remonter la responsabilité aux politiciens organisateurs de grèves qui les excitent. Voilà où nous en arriverions avec les révolutionnaires» (l’amalgame de choses n’ayant rien à voir entre elles se pratique déjà dans certains courants de pensée).

Heureusement le juge d’instruction, s’il prend avec des pincettes les témoignages de leurs camarades assurant qu’au moment des faits Bardot et Cuisinat étaient à Sougy, organise une confrontation entre les accusés et la bonne : devant eux elle assure qu’elle ne se rappelle pas les avoir accusés. Et puis soudain, un fait nouveau apparaît, dont on aurait tout de même pu s’apercevoir plus tôt : à l’époque lors des mouvements sociaux la gendarmerie est constamment sur le dos des grévistes, et justement le rapport des pandores, au jour et à l’heure du déclenchement de l’incendie de la maison Journot, note la présence au piquet de grève à la mine de Sougy de Bardot et Cuisinat.

Le juge conclut par un non-lieu en faveur des deux hommes ; La Tribune précise : « Berthe Testu est une névrosée qui doit obéir facilement à la suggestion. Elle sera soumise à un examen médical. » (AD de la Nièvre, M 6216). »

On voit donc :

1) Que jamais les ouvriers accusés ne sont entrés dans la maison, a fortiori jamais ils n’y ont mis le feu.

2) A aucun moment il n’est question que les enfants Journot auraient péri dans l’incendie.

J’ai fait une longue lettre à ce sujet au Journal du Centre. Le dimanche 16, il en a fait état, sous le titre « Précision » et non rectification, se bornant à reconnaître que les deux grévistes n’ont pas été poursuivis plus longtemps par la justice… mais ne disant pas un mot sur le fait qu’aucun enfant n’est mort dans l’incendie. Pierre Volut, l’historien de Decize, m’a dit qu’en fait s’il est exact que M. Journot s’était éteint peu après les évènements en déplorant de nombreux chagrins qu’il avait connus dans la vie, la perte de ses deux garçons était le pire, mais elle n’avait rien à voir avec l’incendie.

14 juin : Dans la page Magazine, est annoncé la parution du livre « Le temps des vieux moulins », d’Isabelle Artiges, chez De Borée. L’action se passe dans le Périgord, où l’héroïne, Madeleine, a quelques aventures pendant les deux guerres mondiales. Je soupçonne qu’il n’y est pas question de moulin, mais que l’éditeur a pensé que ça ferait joli dans le titre.

14 juin : grand article « Glux en Glenne : Le centre archéologique européen de Bibracte ouvre ses portes », avec une photo de Luc Jaccottey.

Un rappel d’abord : le site du Mont-Beuvray où se trouve l’ancienne ville gauloise puis gallo-romaine de Bibracte, se partage entre St-Léger-sous-Beuvray (71) et Glux en Glenne (58). Sur St-Léger a été construit le musée de Bibracte, ouvert à la visite une bonne partie de l’année, et sur Glux en Glenne le bâtiment de la base d’étude réservée aux scientifiques. L’article annonce donc l’ouverture exceptionnelle de la base de Glux au public. La grande photo centrale montre Luc Jaccottey devant plusieurs objets archéologiques, dont ceux du thème « de la pierre à la meule ». Ce n’est pas la première fois que j’évoque Luc Jaccottey, éminente personnalité de l’INRAP : je l’ai eu au téléphone un jour à propos de l’ancienneté des moulins à eau en Gaule ; il m’a alors dit que si on était sûr que la technique était présente en Gaule au deuxième siècle après J.-C., il était probable qu’elle y soit arrivée dès le premier siècle (elle avait été découverte par des soldats romains ayant pris d’assaut une ville perse vers l’an 100 avant JC). Luc Jaccottey a notamment mené les fouilles de l’ancien moulin médiéval de Thervay, dans le Jura, dont les trouvailles ont beaucoup aidé les concepteurs du moulin à eau médiéval de Guédelon. Luc Jaccottey est aussi avec Gilles Rollier l’éditeur de l’énorme travail en deux gros volumes : « Archéologie des moulins hydrauliques, à traction animale et à vent, des origines à l’époque médiévale et moderne en Europe et dans le monde méditerranéen » . Actes du colloque international de Lons-le-Saunier du 2 au 5 novembre 2011 » (les scientifiques n’ont pas peur des titres interminables), parue en juin 2016 ; elle coûte 52 euro, mais elle est tout à fait remarquable.

Revues

Le Régional de Cosne et du pays charitois du 12 juin : les élèves du collège Henri Clément ont obtenu le prix « Clap d’Or » pour le court-métrage, « La potion magix de Donzyx », consacré à l’huilerie du moulin de l’Ile de notre ami Frédéric Coudray. Le prix a été décerné à Paris par un jury que présidait l’acteur Jean Dujardin ; les jeunes auteurs sont montés sur scène pour recevoir leur prix.

La Nièvre en été 2019 : publié par le conseil départemental, Le Journal du Centre et Nièvre Tourisme, c’est le catalogue des manifestations pendant l’été. Les moulins y sont assez bien représentés, avec les périodes d’ouverture à la visite du moulin des Eventées et de l’Huilerie Réveillée à St-Pierre-le-Moûtier, du moulin d’Aron à Crux la Ville, de l’huilerie du moulin de l’Ile à Donzy, des moulins de Moulin-l’Evêque à Cosne et St-Père, le moulin de Mirebeau à Menestreau, etc. Sont évoquées également les journées portes ouvertes à de grands barrages du Morvan. Notons encore plusieurs fabricants de bière locale, dont Jacques Ansault à Vingeux, St-Aubin les Forges (mais pour l’instant j’ignore s’ils utilisent des meules comme autrefois pour pulvériser l’orge ou le houblon). Le musée de Clamecy est cité sans préciser qu’il propose des meules trouvées à Entrains. Par contre, sauf erreur de ma part, l’écomusée du moulin de Maupertuis à Donzy me semble oublié.


Vents du Morvan été 2019 : 

– Dans la rubrique relative aux parutions est annoncée celle du numéro spécial de notre bulletin sur les moulins à vent de Bourgogne, cela en termes très favorables.

– Un grand article est consacré aux moulins du Ternin, en particulier celui de notre ami Jacques Desmarquest, dont le moulin du bourg de Chissey est désormais le siège d’une association. Plusieurs photos montrent son moulin, dont deux de l’intérieur, l’une figurant en couverture (il est question aussi du petit château médiéval qu’il a sauvé de la ruine) ; on voit aussi de beaux plans en couleurs des Archives Départementales.. Il y a des photos de plusieurs moulins, dont l’intérieur du moulin de Marnay de notre ami Serge Calandre. Cela posé l’article me paraît parfois assez désinvolte. Par exemple 

. Le moulin de Chancommeau à Alligny en Morvan n’est pas le premier du Ternin, il y en a plusieurs en amont.

. Il n’est pas rigoureux d’écrire que la banalité est une taxation de la farine;  c’est vrai par l’effet, pas par la définition. La banalité, c’était l’obligation édictée par le seigneur à ses sujets de faire moudre leur production dans son moulin, à défaut de quoi ils s’exposaient à la confiscation de leur blé, de leur farine, voire de l’animal de trait et de la charrette éventuels, voire encore des amendes. Ce pouvait même être assez violent, comme je l’ai montré dans mon livre « Les moulins racontent le Morvan » et dans mes articles de la revue « La France des Moulins » sur la banalité. C’est donc très réducteur que de retenir le seul aspect « taxation ».

. Ecrire « Les meuniers ont été considérés de tout temps comme faisant partie d’une classe sociale privilégiée au même titre que certains notables et formaient une corporation à part dans la société rurale » relève du préjugé. Le meunier ne pouvait s’élever à peu près au rang de notable que quand il était propriétaire d’un moulin, et encore s’il s’agissait d’un moulin considérable. Prenons d’abord la situation avant 1789 : en général, le meunier était locataire du moulin possédé par le seigneur ; il pouvait être serf, comme ce meunier d’un moulin que le duc de Bourgogne donna à une abbaye ; celle-ci fut amenée à « acheter » le meunier en tant que serf. Le meunier était lié par un contrat de bail qui pouvait être féroce : le montant du fermage annuel était très élevé, et quand le meunier n’arrivait pas à le régler, il était mis dehors sans ménagement. Longtemps, le meunier n’a tiré l’essentiel de son revenu non de la fabrication de la farine, mais du fait qu’il était en même temps agriculteur et éleveur sur la terre du propriétaire. Après 1789, on a vu apparaître un nombre de plus en plus grand de propriétaires privés, mais d’abord ils se sont livrés une vive concurrence, ce dont jouaient les clients, en ayant bien soin de fréquenter indifféremment tous les moulins d’un secteur. Ensuite les exploitants des petits moulins ont eu à affronter la concurrence des grands moulins, lesquels étaient toujours en avance quant à la qualité des machines ; par exemple lorsque sont apparus la turbine, puis la machine à cylindres plus performante que les meules, ce sont d’abord les grands moulins qui en ont été équipés, ce qui leur a permis de pousser à la fermeture les petits moulins. Les propriétaires ou exploitants de ces derniers ont peu à peu été contraints de fermer, en général pour devenir de simples agriculteurs. Les faillites de petits meuniers ont été nombreuses.

. La roue actuelle du moulin de Jarle, Alligny en Morvan, petite, est récente. Elle n’a rien à voir avec l’ancienne, immense, si haute qu’elle atteignait presque le toit, comme le montre ce dessin de Jean Perrin en couverture du livre jadis publié par Laï Pouèlée avec notre collaboration, et d’après une carte postale des années 1900.

Moulin de Jarle

Archéologia n° 577 de juin 2019 : dans le dossier « Dijon, les révélations de l’archéologie », il est plusieurs fois question des moulins dont disposa la ville, mais sans entrer dans des détails notables.

Lire juin 2019 : Grand article à partir du livre d’Evelyne Bloch-Dano « Mes maisons d’écrivain », que vient de publier Stock. Il sélectionne 10 maisons, le moulin de Villeneuve à St-Arnoult-en-Yvelines, où vécurent Elsa Triolet et Louis Aragon, et qui est aujourd’hui ouvert à la visite..

Livres

« L’Évangile selon Young Sheng », « roman » de Dai Sijie, chez Gallimard. Chef-d’œuvre, mais âmes sensibles s’abstenir. C’est la vie d’un chinois pasteur protestant que va brimer (l’expression est faible) la prise de pouvoir par Mao Ze Dong en Chine en 1949. Son martyre est à son comble lors de la « Révolution Culturelle », le théâtre du-dit martyre étant sa maison, devenue un atelier de fabrication d’huile. Le chapitre 2 de la Troisième partie s’intitule « Le pressoir à huile » mais l’atelier est décrit ou évoqué à plusieurs reprises. Pour nous amis des moulins et en particulier de ceux à huile, il est intéressant d’apprendre qu’en Chine on tire de l’huile de l’« aleurite », que d’ailleurs les Chinois nomment volontiers « l’arbre à huile ». Apparemment le but n’est pas alimentaire : c’est une huile pour les laques et les vernis, même si le tourteau est peut-être quelque peu mangeable. Ce sont deux paires de bœufs qui font tourner la grande meule particulièrement lourde, que l’auteur préfère désigner comme un « gigantesque disque en pierre ». Ensuite la matière obtenue est chauffée puis à nouveau martelée, cela dans un bruit inconfortable. Un des bœufs meurt à la tâche.

Auparavant, l’ouvrage évoque d’autres moulins, toujours à manège, mais mus par des ânes. Par exemple dans la grande maison que possède un pasteur occidental venu participer à l’évangélisation de la Chine  : « Dans la dernière cour il y avait un moulin en pierre, qu’un petit âne, les yeux bandés, faisait tourner à longueur de journée pour broyer des graines de soja, qui se transformaient en une épaisse pâte blanche avec laquelle on fabriquait le tofu. A l’occasion des célébrations chrétiennes, on ôtait à l’âne le bandeau qui couvrait ses yeux et on le laissait se reposer ». A mon avis l’auteur, évoquant son grand-père, se laisse aller dans l’élan du récit : un âne ne se reposant quasiment jamais ne mènerait pas longtemps un moulin.

Télévision

Marcel Pagnol

Grand documentaire de presque deux heures sur Marcel Pagnol, sur FR3, mercredi 5 juin, de Fabien Béziat, tourné en 2018. Du cinéaste, homme de théâtre et écrivain,  on apprend que c’est dans son moulin de la Sarthe qu’il a tourné « Le gendre de M. Poirier » (film de 1933 peu diffusé à l’époque, et depuis rarement vu car il n’en existe plus qu’une copie, en Angleterre). Le documentaire propose aussi quelques images du film « La Belle Meunière », d’après le cycle de poèmes de Muller mis en musique par Franz Schubert ; c’est Tino Rossi qui tenait le rôle du compositeur, et il chantait une version en français du chant qui ouvre le cycle, celui dont on traduit le titre allemand par « Voyager est la joie du meunier » ; à un autre moment on voit l’affiche du film ; le document précise que cette oeuvre n’a pas eu un grand succès auprès du public.. Il ajoute que le dernier ouvrage tourné par Marcel Pagnol est « Les lettres de mon moulin », d’après Alphonse Daudet.

Le documentaire est excellent, mais les amis des moulins peuvent regretter que ses auteurs n’aient pas cherché à approfondir ce mystère : pourquoi cette passion de Marcel Pagnol pour les moulins ? Ses parents n’étaient nullement du métier.

J’ai d’autres informations sur les moulins qu’a possédés Marcel Pagnol et où il a travaillé.  Il acquiert en 1930 le moulin d’Ignères, dans la Sarthe, qu’il restaure et dont, très bricoleur, il reconstruit la roue (c’est le moulin qu’a évoqué le documentaire). Elle lui fournira l’électricité nécessaire entre autres pour écouter clandestinement Radio-Londres en 1944 ; il travaille dans ce moulin à plusieurs films. Puis il acquiert un moulin à La Colle-sur-Loup dans le Var, où il débute le tournage de La Belle Meunière (1948), qu‘il opère selon une technique tout nouvellement inventée, le Rouxcolor. Ensuite il achète à Autheuil, dans l’Eure, son troisième moulin  (ref : Lettre d‘Information de la FFAM n° 26, 4ème trimestre 1995). A propos du film « Les lettres de mon moulin », j’ai trouvé une curieuse critique de l’écrivain Yves Martin : « Œuvre de charme, elle convenait parfaitement à ce charmeur. Il pouvait laisser filer sa caméra à la paresseuse, fumer sa pipe ou penser à autre chose. Ce film de détente ne causera aucune surprise… puisqu’il n’était pas d’autre solution que de le tourner comme ça avec l’accent et la gentillesse. »

Moulin de Guédelon
  • Guédelon
    •       Excellent documentaire présenté par Arte le 15 juin faisant le point du projet de Guédelon en 2017. En particulier quelques minutes sont consacrées au moulin, que nous avions visité en 2016. Donc en 2017, les archéologues ont découvert les premiers problèmes que pouvaient connaître les meuniers du Moyen Age : 
    •       – Fuite dans le sol du bief fait d’argile, donc perte d’eau, donc manque de puissance. Dans la foulée sécheresse entraînant d’une part l’ impossibilité de faire tourner le moulin, et surtout problèmes pour toutes les constructions en bois ; c’est ainsi que les pales de la roue se sont fendillées ou tordues, et il a fallu en réparer.
    •         – Au contraire crue du ruisseau qui a provoqué des dégâts différents à la roue.
  • Conséquence : le moulin a été dans l’impossibilité de fonctionner pendant quatre mois. Remis en marche, il a pu donner une production de 10 kg de farine par heure. 
    •           En passant, on a pu voir quelques minutes l’archéologue Gilles Rollier, qui, ayant bien étudié Thauvey, a beaucoup oeuvré pour construire le moulin de Guédelon. Gilles Rollier, je le cite plus haut comme coauteur de l’énorme ouvrage sur les moulins du Moyen Age avec Luc Jaccottey.

Théâtre

Ubu : pièce d’après Ubu roi, d’Alfred Jarry, donnée à la Maison de la Culture  le jeudi 23 mai (après St-Léger des Vignes). C’est un raccourci d’Ubu roi, mais la scène où Ubu décide de camper autour d’un moulin à vent pour y attendre l’ennemi est reproduite. J’ai vérifié dans le texte d’origine : elle y est bien. Ubu, encerclé, y est évidemment battu. Mais dans le texte original, il est précisé qu’un boulet détruit une aile du moulin.


Questions diverses

A la fête de la Loire, qui s’est tenue à Nevers à la mi-mai, un « bonimenteur » s’est avéré drôlement féru en histoire. Il m’a cité un édit de 508 par lequel Clovis a autorisé l’abbaye de Mici à créer des moulins le long de la Loire, dans une région à définir aujourd’hui comme le département du Loiret. Je n’avais jamais entendu parler de cet édit de 508.

Le moulin du Chapitre de Nevers est à vendre.

Des calicots l’indiquent sur les deux façades. Le nom de ce moulin vient du fait qu’il appartenait au chapitre de la cathédrale de Nevers. Il existait au Moyen Age, époque où il eut à un moment 4 roues. A la veille de la révolution de 1789, il avait au moins 2 ateliers, un pour la farine très raffinée avec blutage après plusieurs passages entre les meules, destinée aux boulangers et pâtissiers qui fournissaient le pain de la bourgeoisie et des nobles, et l’autre pour la farine moins dépouillée de son pour le peuple plus modeste, qui l’estimait plus nourrissante.

Numéro spécial de notre revue sur les Moulins à vent de Bourgogne

Actualités Non classé

Notre assemblée générale 2019 s’est tenue le 23 mars 2019 à St Pierre le Moûtier, célèbre pour son moulin à vent des Éventées. En cette occasion, nous avons publié un numéro spécial de notre revue :  

« Moulins à vent de Bourgogne

St Pierre le Moûtier et ses moulins »

Ce numéro spécial se compose ainsi :

  • les moulins à vent en Bourgogne, avec des documents très peu connus, dont un plan en couleur à notre connaissance inédit des Archives Municipales de Dijon. On remarquera le plan d’un moulin sur pivot.
  • St Pierre le Moûtier et ses moulins; dans ce chapitre sont étudiés les moulins qu’a connus la ville sous toutes les formes possibles, à savoir les moulins à eau, les moulins à vent, les moulins à vapeur et les huileries. Nous avions déjà publié une étude à ce sujet dans notre numéro 75, mais cette nouvelle édition contient des trouvailles ultérieures concernant en particulier les moulins avant 1789, l’incendie d’un moulin à vapeur, et l’huilerie Léveillé.
  • Les moulins à vent marquants de chacun des départements de la Bourgogne :

En Côte d’Or : les deux moulins ouverts à la visite à Montceau-l’Écharnant (dont son plan) et Sorine sur la commune de Santenay, plus quelques mots sur le moulin de Châtellenot (que notre bulletin avait évoqué il y a très longtemps), ainsi que sur les moulins à vent du côté de Saulieu.

Dans la Nièvre : outre les généralités, les moulins de Bouhy, Varzy et Bazoches.

Dans l’Yonne : l’oeuvre de l’association « A Tire d’Aile » dont la restauration du moulin de Migé. Un paragraphe rappelle qu’il y a eu des moulins à vent ) Vézelay et dans les environs.

Ce numéro coûte 10 €. Il est diffusé hors abonnement. Il peut être commandé à Philippe Landry : 6, rue du rivage – 58000 Nevers (03 86 59 49 98). Le chèque doit être établi à l’ordre de l’AMMN – Associaton des Moulins du Morvan et de la Nièvre.

Ce que vous devez savoir avant d’acheter un moulin

Juridique

Définitions :

Un moulin est une usine implantée au bord d’un cours d’eau, et autorisée à utiliser l’énergie hydraulique de ce cours d’eau (par exemple comme force motrice pour animer des équipages ou pour la transformer en énergie électrique).

Le droit d’utiliser l’eau relève de l’art.644 du Code Civil, la seule réserve étant l’obligation de restituer l’eau à son cours ordinaire, après usage. Droit réel immobilier, il s’agit bien ‘un droit d’usage et non d’un droit de propriété.

Les canaux amenant l’eau au moulin depuis la prise d’eau et ceux destinés à la renvoyer au cours naturel de la rivière, lorsqu’ils ont été creusés de la main de l’homme pour usage exclusif du moulin, sont présumés en constituer l’accessoire, en application de l’art. 546 du Code Civil. Ils sont soumis à l’impôt foncier, qu’ils aient ou non un numéro de parcelle cadastrale. N’ayant pas la qualification de cours d’eau, les dispositions spécifiques au droit de riveraineté ne leur sont pas applicables. Les éléments constitutifs du dispositif hydraulique tels que barrage, vannages, déversoir sont également réputés appartenir au moulin.

Le règlement d’eau est un acte administratif valant autorisation d’utiliser l’eau et fixant les conditions de fonctionnement du moulin.

La fondation en titre, droit imprescriptible, résulte d’une occupation du cours d’eau -non domanial- avant 1790 (preuve pouvant être apportée par tout moyen : documents même privés ou justifications de certaines situations de fait très anciennes).

Mentions à faire figurer sur l’acte de vente d’un moulin

Désignation du moulin :

Il est essentiel de noter que la mention « ancien moulin » est excessivement restrictive, elle ne peut se comprendre que lorsque le moulin a perdu l’ensemble de ses caractéristiques de moulin et que le propriétaire a renoncé expressivement à ses droits. Elle devient en ce cas une simple clause de style n’affectant pas la nature de l’immeuble, et le nouveau propriétaire ne pourra s’en prévaloir pour faire reconnaître l’existence juridique du « moulin » .

Lors de la vente d’un moulin, il convient de préciser lorsque cela est attesté « bâti de temps immémorial » (cette mention se retrouve couramment dans les actes et documents anciens), d’indiquer qu’il tournait encore en …… ,

lorsque sa cessation d’activité est récente, et éventuellement « apte à produire de l’énergie hydraulique » lorsque le système hydraulique (prise d’eau, biefs, roue ou turbine, vannages …) existe, même si son état justifie des travaux de rénovation. Lorsque c’est le cas ne pas omettre de mentionner « muni ou muni partiellement de son équipage, en le détaillant : meules, engrenages, etc… ».

Règlement d’eau :

Celui qui entend vendre un « moulin » doit justifier de son droit d’eau afin que la qualité de moulin ne risque pas d’être contestée par la suite. Le droit d’usage de l’eau pour un moulin est matérialisé dans son « règlement d’eau ». S’agissant d’un document essentiel, le règlement d’eau (ou à défaut la justification et la consistance de l’existence légale) doit être annexé à l’acte de vente, le droit qui en résulte, attaché aux ouvrages, étant cessible par définition.

Certains moulins antérieurs à la Révolution peuvent ne jamais avoir été réglementés, il suffit en ce cas de justifier de l’existence dudit moulin (localisation sur la carte de Cassini, autorisations, baux, factures, actes de vente antérieurs à la Révolution, successions, ou vente de biens nationaux) avant l’abolition de la féodalité pour un moulin établi sur un cours d’eau non domanial, ou avant 1566 (Edit de Moulins) pour un moulin établi sur un cours d’eau domanial, et de définir sa « consistance légale », c’est-à-dire la puissance hydraulique nécessaire à son fonctionnement – cette consistance pouvant être présumée conforme à la consistance actuelle sauf preuve contraire à apporter par Administration : ces moulins sont dits « fondés en titre ».

Propriété des canaux :

L’acte de vente doit en outre impérativement mentionner que le moulin est vendu avec l’ensemble des ouvrages qui en constituent l’accessoire (prise d’eau, biefs, canaux, vannages, déversoirs). Cette mention est d’autant plus importante lorsque la prise d’eau a été établie sur un fonds supérieur n’appartenant pas au cédant ou vendu dans un lot distinct.

En cas de démembrement de la propriété d’un moulin, les canaux  d’amenée ou de fuite ne peuvent être vendus en tant que « terrains » : en effet à défaut de preuve contraire (démembrement de propriété antérieur dûment enregistré, actes à l’appui ) ils sont présumés appartenir au moulin, même si leur sol n’est pas cadastré. Par ailleurs, il est conseillé d’inscrire que le propriétaire jouit d’un droit de passage le long du bief pour assurer ses obligions d’entretien, et du droit de dépôt des produits de curage sur les francs-bords (la parcelle traversée par le bief sera ainsi grevée d’une servitude d’accès qui devra figurer explicitement sur l’acte de vente afin de préserver les droits du moulin) .

Afin de prévenir l’apparition de litiges ultérieurs, il est possible de demander au service du cadastre d’attribuer un n° de parcelle spécifique au bief et autres canaux du moulin, et de faire rattacher ladite parcelle à la propriété du moulin. A défaut la mention suivante peut être portée dans l’acte « le propriétaire du moulin acquittera la taxe foncière sur le bief, dans toute l’étendue du remous ». L’intervention d’un géomètre peut être souhaitable afin de définir très précisément les limites de propriété du moulin et de ses abords.

Il importe d’être très vigilant au moment de la rédaction de l’acte d’acquisition d’un moulin : il faut bien vérifier les limites de sa propriété, et s’assurer que ce que l’on signe d’une part est bien conforme à la réalité sur le terrain, d’autre part permettra de faire valoir ses droits à l’utilisation de l’énergie hydraulique constituant la définition même du moulin.

Dernier conseil aux futurs acquéreurs d’un moulin :

Un moulin n’est pas une simple bâtisse au bord de l’eau, et acheter un moulin n’est pas un acte banal : vous en tirerez beaucoup de satisfaction, mais vous pourrez avoir besoin de conseils qualifiés pour une restauration, vous aurez aussi parfois besoin de vous battre pour faire reconnaître vos droits.

Assemblée Générale du 23 mars 2019

Assemblée générale

Ouverture de l’Assemblée Générale

Le Président, le Docteur Francis Lefebvre-Vary, remercie et présente les invités :

  • M. Parice JOLY, Sénateur de la Nièvre
  • M. Pierre BILLARD, Maire de St Pierre le Moûtier
  • M. Christian Barle, Maire de Livry et Président de la Communauté de Communes « Nivernais-Bourbonnais »
  • M. Jacques LEGRAIN, Vice-Président de la Communauté de Communes « Loire, Nièvre et Bertranges »
  • M. Jacques MANSUY, Directeur de la Camosine « Caisse des Monuments et Sites de la Nièvre »

Il remercie toute l’assemblée d’assister à cette assemblée générale.

Le nombre des personnes présentes est de 78 :

  • 42 adhérents (39 anciens adhérents + 3 nouveaux adhérents)
  • 20 personnes accompagnant les adhérents
  • 16 invités ou autres

39 adhérents (année 2018) + 11 pouvoirs reçus soit 50 votants

22 adhérents excusés ainsi que 4 invités également excusés :

Mme Nadia Sollogoub, M. Jean-Louis Balleret, M. Franco Orsii et M. Joseph Copin.


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Nouvelles Meunières N°18

Nouvelles meunières


Inauguration

Nos amis Fabienne et Vincent Goueffon sont heureux de vous inviter à l’inauguration de leurs gîtes du moulin de Poil le samedi 29 juin 2019 à 10 h 30. Nous avons évoqué leurs travaux dans un récent bulletin. Les personnes intéressées peuvent aller sur leur site « lesgitesdumoulindepoil.fr » et les contacter s’ils souhaitent y participer.

Actualité des énergies renouvelables

Plaidoirie pour les énergies renouvelables

Le Journal du Centre du 11 mai 2019 raconte l’excellent exposé que vient de faire à Corbigny M. Thomas Guéret, « ingénieur et prospectiviste »  sur le sujet : « Quelles solutions pour la transition énergétique ? ». Si j’en crois l’article, cet ingénieur, à propos des énergies renouvelables, a surtout « plaidé pour l’énergie solaire », mais n’a rien dit de l’hydraulique. Les auditeurs ont dit leur inquiétude à propos des éoliennes géantes.

Au niveau national, la duplicité de l’État s’observe encore avec l’échec des projets de parcs éoliens maritimes. Le Canard Enchaîné du 8 mai 2019 titre : « Eoliennes en mer : quinze ans à brasser de l’air pour un projet de 15 milliards ». Des projets qui n’avancent guère, l’État multipliant les obstacles. La France a des possibilités dans ce domaine, mais demeure très en retard de l’Allemagne, pour ne citer qu’elle.
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Eolien

Une association particulièrement hostile aux éoliennes géantes.

Le Journal du Centre du 4 mai annonce :

« La nouvelle association a tenu une réunion à Guérigny »

« Les éoliennes, un scandale ».

L’association se nomme « Défense du plateau nivernais boisé, Bertranges et vallées de la Nièvre ». Salle comble, marquée par l’absence des élus, Jean-Pierre Château, maire de Guérigny, s’étant borné à ouvrir la séance et à indiquer qu’il n’avait aucune information officielle concernant l’éventuel projet de construire des éoliennes géantes dans la forêt des Bertranges.

Parmi les griefs énoncés contre les éoliennes, notons le coût pour la collectivité puisqu’il faut tracer de nouvelles routes où les camions apportant le matériel puissent passer, et la diatribe d’un adversaire des éoliennes de Clamecy qui qualifie cet ensemble de « fiasco financier, un modèle à ne pas reproduire ». 

Journaux

Le Journal du Centre

28 avril : Dans le cadre de la grande série d’articles « Enseignes d’antan », étude sur « Une tuilerie industrielle en 1886 » . Elle se trouvait à Plagny, commune de Sermoise, tout près du port sur le canal, dont elle bénéficiait pour exporter sa production. J’évoque ici cette tuilerie parce que sa machine à vapeur faisait marcher ses machines, dont des meules ; elles servaient à assouplir la terre et à la purger de ses bulles d’air avant de l’envoyer en cuisson (l’article n’en parle pas).

Dans le supplément Fémina, notons toute une page : « Je suis perdu au rayon farine de blé ». L’article passe en revue les farine désormais immatriculée T150, T110, T80, T65 et T55-T45 : on part de la farine la plus « complète », donc la moins épurée de son et la moins blutée, pour aller progressivement jusqu’à celle la plus débarrassée du son. Cet article s’inscrit donc complètement dans l’histoire de la farine à partir du moment où on a inventé le blutoir, qui a permis d’aller vers une farine toujours plus « pure », même si une partie des consommateurs a toujours plus ou moins contesté la qualité nutritive du produit ainsi obtenu. 

29 avril : Réouverture du moulin Blot de Bouhy

Nos amis de Bouhy font savoir que le moulin sera ouvert du 4 mai au 30 septembre uniquement les samedis après-midis de 14 h 30 à 18 h , plus lors des journées du patrimoine les 22 et 23 juin .
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29 avril : à la limite entre La Machine et Champvert, on peut observer les ruines d’une ferme. Elle a été détruite par les occupants allemands en 1944, après qu’ils y ont arrêté et fusillé deux résistants. Une stèle rappelle cette fin tragique. Une cérémonie a lieu tous les ans le 30 avril en leur mémoire. J’en parle ici parce que, si la ferme n’avait plus rien de meunier, elle occupait le site d’un moulin du XIXe siècle sur lequel je commence des recherches.

 5 mai : dans le Magazine 2 articles :

. A propos du centième anniversaire de l’obtention du Goncourt par Proust pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », en 1919, double page sur la maison d’Illiers, dans l’Eure et Loir, où il passa une partie de son enfance (évoquée dans A la Recherche du Temps Perdu ) : le livre de chevet montré est « François le Champi », de Georges Sand. J’en parle ici parce que c’est l’histoire d’un garçon abandonné, recueilli par un meunier, lequel le forme à son métier. En passant, ça me rappelle qu’à la fin de sa vie Proust eut comme servante Céleste Albaret, une jeune fille qu’il nomma sa « gouvernante ». Elle prit sa retraite longtemps après la mort de l’écrivain et se retira à La Canourgue, en Lozère, cela… dans un moulin.

. Une libraire recommande un livre de l’auteur chinois Dal Sijie, connu pour « Balzac et la petite tailleuse chinoise ». Dans son nouvel ouvrage : « L’Evangile selon Yong Sheng » (Gallimard), il évoque son grand-père, considéré comme un « ennemi du peuple » lors de la « révolution culturelle» que déclencha Mao Ze Dong ; comme châtiment il fut condamné à des années de travail forcé… dans une huilerie ! Je tâcherai de me procurer ce livre et de le commenter.

6 mai : grand article inattendu mais extraordinaire sur un meunier. C’est dans le cadre d’une série de trois articles où des anciens racontent leur enfance au temps de l’occupation allemande. Cette fois, c’est Régine, la fille d’Henri Perraudin qui s’exprime, lequel Henri Perraudin était le meunier du moulin du Seu, à St-Honoré les Bains. Elle raconte que comme il fut fait prisonnier, son épouse et mère de Régine, avec ses moyens physiques tout de même limités, se mit à travailler au moulin comme l’aurait fait un homme. Y compris il lui arriva de travailler clandestinement la nuit pour moudre du grain au-delà du contingent dont disposait le moulin. Quand Henri Perraudin,  en 1945, fut libéré (par les Américains qui le ramenèrent en France), il eut bien du mal à se remettre au travail: il montra d’ailleurs un caractère difficile, que sa femme ne lui avait pas connu avant la guerre. Elle continua donc quelques temps de mener le moulin. Et puis heureusement Henri parvint à se ressaisir et à se remettre à l’ouvrage auprès de ses meules.

NB : On m’a dit qu’il faisait ses livraisons avec une carriole à cheval, que ma foi il était bien reçu partout… et qu’il en résultait souvent que, le soir venu, il était bien utile que son cheval connût par cœur le chemin pour rentrer à la maison…

Revues

Moulins de France – Avril 2019

Surprenant petit article : « Côte-d’Or, Moulin de Vanneau à Saints-en-Puisaye ». L’auteur n’est pas parfait en géographie. En tout cas on y apprend que le moulin de la ferme éducative de Saints-en-Puisaye, dans l’Yonne, non loin de la limite avec la Nièvre, a besoin de travaux assez importants : plus de 80 000 euro. Les subventions promises laissent à trouver 60 000 euro, pour lesquels l’association créée lance un appel aux dons.

Spectacles et art de vivre – Mai 2019

La revue annonçant les spectacles de notre région Bourgogne avec quelques escapades en Franche-Comté et… Alsace (très intéressantes d’ailleurs ) cite la commémoration des 900 ans de la basilique St-Andoche de Saulieu, le 4 mai, avec un concert sur le très bel orgue tout neuf. La basilique fut au centre d’une collégiale, dont le chapitre posséda le moulin de Chamboux au moins de 1518 à 1791 (le moulin existait en 1392). Nous avons publié la légende attachée à ce moulin dans notre recueil de contes et légendes dont un moulin est le centre. En l’occurrence, l’histoire évoque une statuette posée au moulin, jetée par des vandales dans la rivière alimentant le moulin, mais qui l’aurait remontée pôur regagner le moulin, conférant ainsi à celui-ci un caractère sacré, au grand avantage du meunier. Le hasard de l’histoire des découpages administratifs a fait que lorsque les départements ont été créés, le lieu-dit Chamboux a été affecté à Alligny en Morvan dans la Nièvre, alors qu’il aurait pu l’être à St-Léger de Fourches en Côte-d’Or (aujourd’hui Champeau) : Serge Calandre a en effet constaté que l’état civil du village était tenu « alternativement » une année par le curé d’Alligny, la suivante par celui de St-Léger, etc. Ce moulin de Chamboux, fort modeste, sera démoli en 1901. Ses restes éventuels sont noyés sous le lac de Chamboux créé il y a quelques années.

Livres

A propos de la catastrophe de Notre-Dame de Paris, on cite abondamment Victor Hugo pour le grand roman qu’il lui a consacré. A un moment, le « héros » franchit le pont sur la Seine proche de la cathédrale, qui était dit « Pont des moulins », parce qu’il portait des moulins dont les roues étaient suspendues entre ses piliers ; Hugo précise qu’il est éclaboussé par de l’eau que projettent les roues.

Pont aux Meuniers – Paris

Conan Doyle : Les exploits du professeur Challenger et autres aventures étranges : Collection Bouquins chez Robert Laffont

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Conan Doyle n’est pas que le père de Sherlock  Holmes. A la fin de sa carrière littéraire, il a préféré le fantastique, et ce abondamment comme le montre cette copieuse intégrale. Je la lis peu à peu (presque 1200 pages). Dans « Quand la terre hurla », Conan Doyle imagine qu’on creuse un puits de 13 200 km pour gagner le centre de la terre, cela grâce à ceci entre autres : « Dans la station génératrice, plusieurs turbines d’une grande puissance tournant à 140 révolutions par minute gouvernaient les accumulateurs hydrauliques qui développaient une pression de 700 kg par pouce carré… »

Télévision

Le  14 avril 2019, la 5 a diffusé un documentaire sur la moutarde. Il a surtout insisté sur le peu de graines de moutarde (le sénevé) cultivé désormais en Bourgogne, l’essentiel venant du Canada.

Quant à la fabrication, Amora n’a plus d’usine en Bourgogne. Restent Maille à Chevigny-St-Sauveur et Fallot à Beaune. On a vu quelques images des meules de la maison Fallot, dont le représentant a spécifié que la maison préférait travailler sur des meules comme autrefois plutôt qu’avec des engins modernes, même si le rendement en quantité est inférieur. Curieusement, il a dit que les meules échauffaient moins la moutarde que les engins modernes.. 

Dans notre bulletin nous avions proposé il y a quelques années un reportage sur le moulin à moutarde de la maison Fallot.

16 avril, Arte : à propos de l’exploit d’avoir construit la cathédrale Notre-Dame de Paris en peu d’années (60 seulement), un documentaire précise que les constructeurs ont utilisé la force hydraulique pour fabriquer le fer, car elle venait d’être mise au point par les cisterciens au milieu du XIIe siècle. Il est précisé que l’invention du haut fourneau est plutôt des environs de 1300.


Cinéma

« Menochio », d’Alberto Fasulo. Nos Nouvelles meunières évoquaient voici peu le livre « Le fromage et les vers », de Ginzburger, racontant la vie d’un meunier italien du XVIe siècle, fort libre de ses opinions, et pour cela condamné au bûcher par l’Inquisition. Ce film est tiré de ce livre. Si Télérama (semaine du 20 au 26 avril) lui accorde quelque qualité, Le Monde et Libération du 17 avril l’assassinent tout net. A voir si possible.


Livre

Véra nous a trouvé en brocante un exemplaire du livre de Georges Coulonges « La terre et le moulin ». Georges Coulonges a eu sa petite célébrité dans les années 1970 et 80. Ce roman est paru chez Grasset en 1984, et immédiatement repris par France-Loisirs, ce qui implique que la première édition avait dû bien marcher. Le style d’écriture de Georges Coulonges est plus celui d’un journaliste que d’un vrai romancier, mais La terre et le moulin, qui se passe en Quercy, est un assez bon roman « de terroir ». Malheureusement pour nous il y est… peu question du moulin.


Radio

Le 29 avril  de bon matin sur France-Musique : « Les moulins de mon coeur » (issu du film « L’affaire Thomas Crown »), par son auteur Michel Legrand au piano et au chant Nathalie Dessay.

Nouvelles Meunières n° 17

Nouvelles meunières

AS

En prévision de notre bulletin n° 87, à paraître début juin 2019

Nous y évoquerons St-Malo en Donzyois, commune où se trouvait l’abbaye de Bourras, dont les premiers moines arrivèrent sur le site en 1119, soit il y a 900 ans. En passant on trouvera juste quelques mots sur le moulin à vent qui était situé assez loin à l’est de l’abbaye, et qui ne semble pas avoir été créé par elle (je n’en trouve mention que dans les années 1840). Au cours d’une randonnée organisée par l’Arni (Association des Randonneurs Nivernais) le 31 mars 2019, j’ai pu observer le site. C’est une colline, dont le sommet est à 348 mètres. Apparemment cela n’a pas été suffisant puisqu’on remarque qu’une motte y a été ajoutée, sur laquelle fut juché le moulin à vent. Elle n’est pas intacte car on y a au XXe siècle aménagé le local d’un château d’eau.

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Site du moulin à vent à St Malo

Lutte contre la continuité écologique

Selon le numéro d’avril 2019 du Monde des Moulins, les discussions très tendues continuent au sein du « Comité national de l’Eau », dont sont membres les fédérations d’amis des moulins, chargé d’apaiser les relations entre les différents riverains et utilisateurs des rivières. Peu de progrès sont constatés. Plusieurs propositions vont être soumises à l’arbitrage du ministre lui-même.

Actualité des énergies renouvelables

Eolien

Journal du Centre 

  • 29 mars 2019 : « Donzy : Le projet éolien interroge ». Une association, la Canopée libre, se crée à ce sujet, dans un style résolument offensif : citant deux agriculteurs qui estiment leur activité « impactée », le président s’exclame : « L’éolien est pour nous une galère, le combat est engagé, on a été manipulé, mais on ne lâchera pas, on se bat pour notre santé ».
  • 2 avril 2019 à propos de Bouhy, dans l’article « Une étude sur le centre-bourg », on apprend que les éoliennes rapportent à la commune 7933 euro, plus 4 400 pour l’autorisation de passage sur les chemins.
  • 8 avril 2019 : Le peintre Antoine Paneda, dont plusieurs fois nous avons publié des dessins et aquarelles dans notre bulletin, présente jusqu’au 17 avril une exposition à la mairie d’Imphy dont il est natif, et qu’il lui offre un de ses plus beaux tableaux : l’arrivée de Marie de la Grange d’Arquian à Imphy le 11 septembre 1714. Ce tableau, dont une belle reproduction a pu être admirée dans le numéro des Annales du Nivernais (Camosine) consacré à Imphy, propose une image superbe de la grande roue hydraulique qui faisait alors fonctionner la forge industrielle d’Imphy, que voici en détail.
  • Dans le même numéro, article sur le sarrasin, céréale reine de la crêpe bretonne. Il évoque un restaurateur qui propose en son établissement de Paris maintes recettes de sarrasin « moulu sur place ». L’article rappelle que dans bien des contrées de France la population se contenta de seigle et de sarrasin à défaut de pouvoir manger du pain issu du froment.
  • 9 avril : article « La renaissance de la pierre sèche », donc de la construction de murs sans liant. Cela me rappelle ma visite au moulin de la Romanée, à St-Germain de Modéon en Morvan de Côte-d’Or. Le propriétaire m’avait montré, quelques mètres en amont, les ruines du moulin primitif, un ensemble d’anciens murs « en pierre sèche », donc non cimenté. Architecte de profession, il m’avait expliqué que cette façon de construire avait cessé au plus tard au XVe siècle. Il n’était pas illogique de penser que dans des contrées reculées comme devait être alors le Morvan, les moulins devaient être « en pierre sèche ». En tout cas cela faisait remonter l’histoire du moulin de la Romanée au XVe siècle.

Revues 

Bulletin des Amis du Vieux Varzy n° 30, avril 2019

Suite à notre assemblée générale 2018 que nous avons tenue à Varzy, l’association des Amis du Vieux Varzy nous a demandé un article sur les moulins de la Ville. Ce bulletin le contient. Il tient la place des pages 46 à 57. Il comprend l’inventaire de deux moulins de Varzy en 1863 (un moulin à eau, un à vent) que nous a trouvé un de nos adhérents. La plupart des illustrations sont fournies par les Amis du Vieux Varzy.

Un court article montre les dirigeants de l’association disposant une nouvelle enseigne devant la fameuse huilerie Mariaux que nous avons visitée lors de l’assemblée générale.

Bulletin de l’Académie du Morvan n°85, 2018, que nous venons de recevoir début 2019

Ce bulletin comprend deux parties :

1) « A la découverte de la langue gauloise dans le Morvan », rédigée par Jean-Paul Savignac. On y apprend que le nom gaulois de la meule était « brauon », et que dans la légende de Ste-Brigitte, lorsqu’elle est chassée par son père, le moulin du village cesse de marcher ; il ne ressuscite que lorsqu’elle est admise à revenir.

2) « Le hêtre européen habitant du Morvan », par Marie-Aimée Latournerie. Le fruit du hêtre, le « faîne », gagnerait à être mieux connu : « on en fait de l’huile qui sert à brûler et qui s’emploie aussi en friture et en pâtisserie ». L’auteur cite un écrivain du XVIIIe siècle : L’huile de faînes bien faite est, après l’huile d’olive, la meilleure que l’on connaisse en Europe ». Mme Latournerie a raison d’appeler notre attention là-dessus : on ignore pourquoi le faîne a finalement si peu été utilisé. Pour ma part, je n’ai trouvé les moulins écrasant le faîne qu’en période de crise historique, lorsque la navette et la noix manquaient pour faire de l’huile. Plus loin Mme Latournerie rappelle qu’après 1830 on a utilisé la pâte de bois pour fabriquer le papier, même si explicitement elle ne rappelle pas qu’il était affiné et découpé dans des moulins.

Le Monde des Moulins n° 68, avril 2019

Plusieurs articles à signaler en particulier

. A propos d’un moulin à vent en cours de restauration, sur le Causse Méjean en Lozère, à plus de 1000 mètres d’altitude, l’auteur expose qu’à cette altitude on ne pouvait entoiler les ailes des moulins à vent, car le souffle du vent pouvait y devenir trop violent. Les ailes portaient donc des planches de bois sur la moitié de leur surface. L’article est illustré entre autres par les reproductions de deux enluminures de 1344. Les moulins sont sur pivot. Il y a aussi les plans du moulin en cours de restauration, des photos, etc.

. Dans l’Ariège, le meunier Pons Aï s’est converti à la foi cathare et prit en charge un moulin à Monségur. On pense qu’il périt dans les flammes lors de la prise de Monségur par les « croisés » envoyés par le roi et le pape ravager le pays en 1243. 

. Un grand article sur la particularité des régulateurs à boules dans les moulins à vent.

. « Le moulin à eau de Marie Ravenel » dans le Cotentin (département de la Manche, Normandie). Un moulin en cours de restauration, avec ses paires de meules. La fille du meunier Ravanel, Marie, se mit à écrire des poèmes, et ils furent de qualité puisqu’elle parvint à en publier trois recueils de 1852 à 1890.

. « Police des moulins sous l’ancien régime. Les astuces des « meuniers fripons ». L’article est de moi. J’y suis présenté comme issu du « Collège des membres individuels ».

Lu à la Médiathèque de Nevers

On ne fouille jamais assez les bibliothèques. Par exemple je viens de trouver une nouvelle réponse à cette question : est-ce que vraiment une crue peut être assez formidable pour détruire un moulin et emporter les meules ?

Voici la réponse dans le livre « Histoire de Semur en Auxois », publié par Alfred de Vaulabelle en 1905. Semur est une très jolie petite ville de Côte-d’Or juchée au-dessus d’un profond ravin où coule l’Armançon. Outre qu’il fait remonter la date la plus ancienne d’existence connue de moulins à Semur à l’année 879 (date du don par le duc de Bourgogne Bozon de ces moulins à l’évêque d’Autun), il décrit qu’en 1615 : « Le déluge d’eau fut si grand  qu’il emporta la moitié du faubourg de Vaux… et plusieurs moulins sur la rivière, dont les meules furent emportées ». Il ajoute : « Une nouvelle inondation eut lieu le 6 novembre 1710, qui détruisit les ponts et les moulins ».

Livre : 

« Le Meunier, les moines et le bandit » de Fanny Colonna, éditions Actes Sud, collection Sindbad, 2018.

L’auteur part à la recherche de tout ce qui concerne la vie d’un assez curieux personnage, français d’origine italienne, qui s’installa comme meunier dans un village perdu du massif montagneux des Aurès, au sud de Constantine dans l’est algérien. Ce meunier eut l’occasion de connaître un « bandit » local ainsi que des missionnaires catholiques qui tinrent une petite ferme tout près de son moulin, d’où le titre de l’ouvrage. Revenu en bonne santé de la guerre de 1914-18, il traversa sans trop de mal la guerre d’Algérie, réussissant à toujours tenir la distance égale entre les fellaghas locaux et l’armée française. Il resta dans son village des Aurès après l’indépendance, et mourut centenaire. Il écrivit quelques poèmes. Son premier petit moulin était dérisoire et peu productif, aussi en a-t-il créé deux autres… au rendement semble-t-il aussi relatif. A un moment l’auteur propose un plan de son moulin, tout à fait sommaire. Beaucoup plus loin Fanny Colonna rapporte qu’il aurait fait venir de France des meules, « en granit » selon ce que lui affirme un témoin qui a connu le dit meunier, mais ce qui me paraît improbable. L’auteur ne connaît pas grand-chose aux moulins : c’est ainsi qu’elle écrit que le premier moulin de son personnage était « à turbine » : non, c’était à roue horizontale à dents en forme de cuiller. D’un style parfois ingrat, voire confus, pour quelqu’un qui fait une enquête historique elle manque parfois de rigueur ; ainsi écrit-elle deux fois que la guerre d’Algérie a duré 7 ans ; or elle a eu lieu du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962 si on l’arrête à la date des accords de paix d’Evian, ou au 3 juillet 1962 jour de l’indépendance officielle de l’Algérie ; il me semble donc plus judicieux d’écrire qu’elle a duré presque 8 ans.

Télévision

Le 1er avril 2019, suite au récent décès de la cinéaste et reporter photographe Agnès Varda (à 90 ans), Arte a diffusé ses mémoires qu’elle a « écrites » sous forme d’un film pour ses 80 ans. Elle possédait sur l’île de Noirmoûtier un moulin vent que l’on voit avec le squelette de ses ailes.

Erratum

Dans les Nouvelles meunières 16, à propos de la visite de Jean-Pierre Azéma, j’ai mal écrit le nom de l’ingénieur hydraulicien allemand qui a perfectionné la roue Sagebien : il s’agit très exactement de Zuppinger.





Nouvelles meunières décembre 2018

Nouvelles meunières

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

Projets éoliens dans la Nièvre

Selon le Journal du Centre et le Régional de Cosne et du Pays Charitois des 10 et 14 novembre 2018, le projet de Pougny est tout près de l’achèvement, un parc de 12 éoliennes prévu avant la fin de 2018. Le quotidien souligne que 40 personnes travaillent en permanence sur le chantier, mais au total, en deux ans, ce sont 500 personnes qui y auront oeuvré; il écrit que l’économie locale  en a profité, entre autres les entreprises des environs ayant été sollicitées. La mise en service est prévue au printemps 2019.

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Nouvelles meunières novembre 2018 1ère partie

Non classé

Visite du 20 octobre 2018

Notre ami Régis Boutry, adhérent de l’AMN, a installé il y a quelques années deux turbines à son ancien moulin Simonot dans le hameau Simonneau de St-Léger-Vauban. Il vient d’acquérir l’ex-moulin du Greux à Urzy. C’est un grand bâtiment à 4 niveaux, dont il envisage de faire un ensemble de logements. Régis a organisé une pendaison de crémaillère le 20 octobre 2018. Nous étions plusieurs adhérents de Moulins du Morvan et de la Nièvre à y participer. Nous avons pu visiter le site et les anciens locaux. Le précédent propriétaire nous a exposé où étaient les ateliers au temps où le moulin du Greux était une forge hydraulique. Le grand moulin à blé que l’on peut observer ne fut construit qu’à la fin du XIXe siècle : on le reconnaît quelque peu avec ses fenêtres à fronton arrondi et à parement de briques, assez typiques de l’époque. Il reste d’autrefois à l’extérieur quelques vannes sur le bief (la Nièvre est assez loin) ; à ce propos, le bief est très long, au moins 800 mètres. En fait il commence à l’ancienne usine de Demeurs, également un ancien moulin. A l’intérieur sont essentiellement les trois turbines, en enfilade. En haut un reconnaît un ancien blutoir, très long, aménagé dans la charpente elle-même, ce qui fait que lorsque tout le matériel a été dispersé, il n’a pas été démonté. 


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