Actus

Liste de moulins de l’Yonne en l’an II

Actualités historiques

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient assez peu fidèles ; l’Yonne n’a quelque peu répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là la liste des communes de l’Yonne recensées dans cet ouvrage, avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées sont seulement pour l’an II, et sont recensées par le dossier F 20-293 des Archives Nationales.

Ce dossier est consultable aux Archives nNtionales, peut-être accessible par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé.

 

(plus…)

Liste de moulins de la Saône-et-Loire an II et 1809 (Sélection)

Actualités historiques Non classé

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient généralement assez peu fidèles, mais par rapport aux autres départements de Bourgogne la Saône-et-Loire a plutôt bien répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là une sélection de communes de la Saône-et-Loire recensées dans cet ouvrage (je n’en livre en effet ici qu’une partie), avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées pour l’an II sont recensées par le dossier F 20-293 des Archives Nationales.

Celles de 1809 par le dossier F20 – 296. x

Ces deux dossiers sont consultables aux Archives Nationales, peut-être accessibles par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin en 1809 et aucun en l’an II, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé.


Lire la suite

Liste des moulins de la Nièvre

Actualités historiques

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient assez peu fidèles ; la Nièvre n’a quelque peu répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là la liste des communes de la Nièvre recensées dans cet ouvrage, avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées pour l’an II sont recensées par le dossier F 20 -292 des Archives Nationales.

Celles de 1809 par le dossier F20 – 296. x

Ces deux dossiers sont consultables aux Archives Nationales, peut-être accessibles par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin en 1809 et aucun en l’an II, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé (par exemple Nevers) : or l’expression « moulin à eau » est au singulier. Toutefois cela a l’effet positif de nous indiquer des moulins existant en 1809 : par exemple nous n’avions pas jusqu’ici trouvé de moulin à Chazeuil avant 1896, ni  de moulin à Huban sur la commune de Grenois, ni de moulin à eau sur Lanty, ni de moulin à vent à St-Benin d’Azy, etc..

En tout état de cause, ce livre nous permet de remettre à jour le grand index des moulins de la Nièvre que nous avions mis sur notre site internet il y a quelques années. Nous en préparons une nouvelle mouture.

Lire la suite

Nouvelles meunières n°27

Nouvelles meunières

Actualités des énergies renouvelables

par Philippe Landry

Éolien :

Au niveau national

. Le Point, 2 janvier 2020 : 8 000 éoliennes sont en service fin 2019, couvrant 6,7 % de la consommation d’électricité. L’État souhaite arriver à 15 000 éoliennes d’ici peu d’années. En fait il lorgne surtout vers l’éolien maritime, se fondant sur l’équipement de Grande-Bretagne qui en est déjà à 2 000.

. Journal du Centre 25 février . Après que le Président de la République ait exprimé des réticences à propos de l’éolien, la ministre chargée l’environnement abonde en son sens, qui « déplore un développement anarchique ».  Mais comme l’État aime la contradiction interne, il ne renonce pas à son projet qu’il y ait en France 14 500 éoliennes en 2028 (dont les plus grandes en mer). Le 4 mars, le Journal du Centre livre un articulet selon lequel la ministre de l’Environnement annonce qu’elle a l’ordre du Président de charger les Préfets d’étudier « les secteurs adaptés à l’accueil de nouvelles éoliennes ».

Au niveau local

. Rebondissement du côté de St-Pierre le Moûtier. Présenté par la société Nordex, le projet d’implanter 4 éoliennes de 180 mètres à St-Pierre et Langeron avait été refoulé par la Préfecture, suite à l’action d’adversaires locaux qui soutenaient deux arguments :

. Pollution paysagère : gêne pour l’environnement des châteaux de Villard et d’Apremont (celui-ci étant sur la rive de l’Allier en face, côté Cher) ;

. Gêne pour divers oiseaux protégés.

Or la Nordex a saisi le tribunal administratif, arguant que ses éoliennes ne troubleraient que peu la vision depuis les châteaux, et qu’ailleurs les éoliennes n’avaient pas entraîné de mortalité particulière chez les oiseaux des espèces citées.

Journal du Centre 26 février : annonce d’un débat scientifique et public qui aura lieu à Saulieu le 29 février, organisé par Morvan en Colère, l’association ennemie du projet d’éoliennes affectant le secteur St-Léger-Vauban-St-Agnan.

12 mars : A Luzy, l’association Sauvegarde Sud-Morvan, qui lutte contre les projets d’éoliennes du secteur a invité l’écrivain Fagien Bouglé, un de leurs ennemis acharnés et passionné. Il vient de publier : « Eoliennes, la face noire de la transition écologique » aux éditions du Rocher, 240 pages.

13 mars : A Guérigny, devant 120 personnes, quelqu’un de plus posé, M. Jean-Mary Virely, chercheur au CNRS, invité par 7 associations de défense de l’environnement, a présenté les avantages et les inconvénients de l’éolien. Il a conclu que globalement les énergies renouvelables « profitent très peu aux territoires ». Cela a plu à l’auditoire.

Après tout, pourquoi pas ? Mais je ne vois pas en quoi le nucléaire ou l’énergie produite par la combustion du pétrole « profiterait » plus « aux territoires ». Francis Lefebvre-Vary a pris la parole pour défendre l’énergie hydraulique, mais l’article n’en parle pas.

Photovoltaïque

Le Journal du Centre évoque deux grands projets :

. Le 20 février : celui de Decize, piloté par la Communauté de communes du Sud-Nivernais, dans la zone industrielle du Four-à-Chaux. Une emprise de 16 ha lui appartenant, plus une autre de 4,3 ha projetée. La première devrait rapporter à la Communauté un loyer annuel de 2 500 € hors taxe par hectare.

. Le 22 février : à Cosne, un projet présenté par EDF. Emprise 28,4 ha, puissance 29,7 Mwc, du courant pour 15 000 foyers. Seulement les difficultés s’annoncent : d’abord le sol choisi est réservé à la production de fromage de chèvre Chavignol (d’où un avis défavorable de l’Institut national de l’Origine et de la Qualité), ensuite EDF n’est pas propriétaire, l’espace appartenant à trois personnes, dont seules deux pour l’instant sont d’accord.

. 2 mars : dans le compte rendu du conseil municipal de La Machine, « Un projet d’installation d’une centrale photovoltaïque est à l’étude sur le site de l’ancienne décharge de La Machine. Un dossier mené par la Communauté de communes du Sud Nivernais et un porteur de projet privé. » Le projet nécessitera une révision du PLU. « Ce projet serait une bonne chose car on ne peut rien faire d’autre sur ce site » dit le maire M. Barbier.

Journaux

Le Journal du  Centre

. Samedi 15 février : article sur Jean-Louis Faivre, qui « vient de sortir deux romans sur la vie paysanne à l’ancienne », en l’occurrence dans le Morvan. Il a eu en 2018 le prix Henri Perruchot, qui récompense un écrivain du Morvan ou travaillant sur le Morvan. Jean-Louis Faivre habite à Alligny en Morvan le moulin de Jarle, qu’il a équipé d’une nouvelle roue.

. Dimanche 16 février : compte rendu de l’assemblée générale de la section de Cosne sur Loire de la Caisse des Monuments Historiques de la Nièvre (Camosine), propriétaire du moulin de la Commanderie à St-Père. Justement, un des débats a posé la question : qu’en faire ? En effet, la remise en état semble d’un coût excessif pour la vénérable institution.

19 février : 

. Annonce d’une réunion sur le « bassin versant de la Nièvre » qui se tiendra à Prémery le 5 mars.

. A Sougy sur Loire, au sein de l’association « Rêv’Earth » un « couple veut faire découvrir les actions écologiques qui existent dans le monde ». On peut sans doute informer ces jeunes gens des nouvelles possibilités qu’offrent les récentes découvertes dans les turbines hydroélectriques. Par exemple, l’article nous apprend qu’en Uruguay, 90 % de l’énergie est d’origine renouvelable.

21 février : à Livry, M. Christian Barle vient de diriger pour la dernière fois la séance du conseil municipal de Livry. Il abandonne également son rôle à la tête de la Communauté de communes de St-Pierre le Moûtier. Au sein de celle-ci, il a été l’artisan de la restauration du moulin des Eventées et de l’huilerie Léveillé. Il était d’ailleurs à l’assemblée générale de l’association du moulin des Eventées en janvier dernier.

25 février : Annonce de l’assemblée générale de l’association du moulin de Maupertuis à Donzy, qui se tiendra le vendredi 28 février.

2 mars : Programme des « prix et des aides pour les propriétaires » des bâtiments et jardins ayant un intérêt historique, décernés par la Fondation pour les monuments historiques. « Plus d’informations sur www.fondationmh.fr ou en écrivant à contact@fondationmh.fr

8 mars : le peintre Antoine Paneda, qui nous a souvent confié des dessins et aquarelles de moulin (notre bulletin en a publié plusieurs, Francis Lefebvre-Vary vient d’acheter son « Moulin de St-Quentin sur Nohain »), vient de réaliser une maquette du château de Meauce, en cours de restauration. Elle sera visible au château au sein d’une exposition de ses œuvres du 10 juillet au 25 septembre. Au passage, l’article rappelle qu’Antoine a 90 ans ; on peine à le croire quand on le rencontre.

19 mars : « Corbigny : Les moulins continuent à tourner rond », le Journal du Centre livre un résumé de notre assemblée générale.

6 avril : A l’article « Pouillyssois… Le vent parfois allié de la vigne » est liée une photo intéressante : celle d’une éolienne de vigne. J’en avais parlé une fois dans Les Nouvelles Meunières : c’est une éolienne à deux pales seulement, haute d’à peine quelques mètres, peut-être une dizaine. Le mouvement qu’elle génère dans l’air évite que la vigne gèle. 

Revues

Régional de Cosne et du Pays charitois 4 mars : Ecomusée du moulin de Maupertuis. Forte haussse de fréquentation en 2019 : 2 323 visiteurs contre 1 696 l’an précédent. Le jeu « Le meunier maudit » a attiré 625 personnes. Parmi les projets, une nouvelle restauration de la roue. Article repris dans le Journal du Centre du 9 mars.

Centre-France, supplément Fémina  dimanche 16 février : grand article sur la ville italienne de Lecce et ses environs, dans les Pouilles, tout au sud de la péninsule, avec la photo d’une meule à huile : « Les Italiens disent que c’est à Lecce que l’on mange le mieux et dans les Pouilles, bien sûr, une vaste région agricole plantée d’oliveraies qui approvisionnaient l’Europe entière au XVIIIe siècle. A l’époque, le port de Gallipoli était le premier exportateur d’huile d’olive : le palais Granafei en témoigne, avec son ancien pressoir souterrain actionné par des ânes ».

Centre-France, supplément « Magazine » du 1er mars 2020 : double page sur le musée de Gergovie, en Auvergne. Gergovie est la sœur aînée d’Alésia car Vercingétorix y battit Jules César. Les trouvailles sont visibles dans un musée tout neuf aménagé à La Roche Blanche (Puy de Dôme). Une photo d’une salle du musée montre au premier plan une petite paire de meules gauloises ; elle ressemble à celles proposées au musée de Bibracte : du granit ou du grès clair, des dimensions modestes (moins de 50 cm de diamètre).

Supplément magazine du 5 avril : dans la rubrique « Le fin mot », explication de l’origine de l’expression « être au four et au moulin ». Malheureusement, l’auteur croit bon de se livrer à cette appréciation pour le moins hasardeuse : « Les occupants d’une terre seigneuriale devaient s’acquitter d’un impôt auprès du suzerain local pour utiliser le four et le moulin, qui bien souvent étaient sa propriété ». On lit souvent des bêtises sur la banalité, mais là c’est le pompon. Donc, dans l’ordre de ce pensum :

– Les gens en question n’étaient pas des « occupants » : ils étaient les sujets du seigneur, même s’ils étaient propriétaires de la terre « occupée » (pouquoi ne pas écrire qu’ils « l’encombraient », tant qu’il y est?).

– Encore une fois la banalité n’est pas un impôt : c’est l’obligation, pour les sujets de la seigneurie, de porter son blé au moulin du seigneur et à aucun autre.

– La banalité était attachée au moulin, et c’est son propriétaire, en effet, qui en bénéficiait ; lorsque le seigneur vendait le moulin à un roturier, le droit de banalité était transmis à celui-ci, et le seigneur y renonçait.

Toujours à propos de l’article en question, le dessin qui l’accompagne montre un moulin-tour avec les ailes en haut de la tour ; or cette disposition était rarissime :

. Soit il s’agissait d’un vrai « moulin-tour » : alors les ailes étaient fixées non à la tour elle-même, mais  au toit, qui tournait ;

. Soit il s’agissait d’un moulin-pivot : le corps du moulin tournait autour d’un axe, le pivot, et cette fois oui, les ailes étaient fixées en haut du corps du moulin, ce corps portant, en Anjou, le joli nom de « hucherolle ».

Exposition

Nous avons reçu le programme de la Maison Elsa Triolet Aragon, au moulin de Villeneuve, 78730 St-Arnoult-en-Yvelines, www.Maison-Triolet-Aragon.com. Plusieurs expositions et visites guidées. Le site est très joli.

La Nièvre d’Arzembouy

Actualités historiques Les rivières Nièvre

Textes et photos de Philippe Landry sauf indication contraire

Les moulins es rivières Nièvre

Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de St-Franchy et Petite Nièvre, Nièvre de Champlemy, Nièvre de Bourras, etc… toutes ont animé quantité de moulins. Nous en livrons ce que nous avons pu établir de leur histoire dans notre bulletin semestriel, et dans une série de « cahiers », dont voici le premier numéro.

Particularité importante dans l’histoire de ces moulins : en raison de l’abondance de minerai de fer, des forêts fournissant le combustible des hauts fourneaux, et de l’eau pour faire tourner les roues, beaucoup ont un jour été transformés en forges hydrauliques “industrielles”, ou celles-ci sont devenues moulins. La roue faisait tourner un “arbre à cames”, qui :

– Ouvrait les soufflets, 

– Faisait tomber un marteau sur le minerai pour une première épuration (c‘est alors un bocard ou patouillet),

– Faisait tomber le fameux gros marteau dit martinet sur la pièce métallique en fusion pour lui donner forme,

– Faisait tomber un marteau sur le “laitier” (résidu de la forge) ; le moulin s‘appelait alors “moulin à laitier” ou bocard à laitier.  Il fournissait un sable qu’on utilisait dans le moule des pièces métalliques, par exemple les canons (on parlait alors de moulin à sable). Mais ce sable, parfois nommé mâchefer, entrait aussi dans le soubassement des routes ou dans les rives des canaux.

Cependant, nous ne rentrons guère ici dans le détail du travail du fer, attendu que d’excellentes études lui ont été consacrées : 

– les bulletins annuels des Amis du Vieux Guérigny (sans compter l‘exposition qu‘ils présentent chaque été)

– “Les forges de la Chaussade à Guérigny” de Jean André Berthiau, édité par la Camosine.

– “Forges et forgerons en Nivernais et en Berry”, de Raymond Robin

– “La Nièvre royaume des forges”, sous la direction de Francis Dreyer qu’a publié le Conseil général dans la collection “Musées”

– “Le Fer en Nivernais, Age d’or et déclin, 17e-19e siècles”, de Claudius Gabard et Jean-Louis Carnat, ainsi que “La vie quotidienne des ouvriers des forges en Nivernais au XIXe siècle”, par Guy Thuillier, deux ouvrages édités par le Centre de documentation pédagogique de Nevers.

Le travail du fer est très important autour de Prémery : vers 1790 l’ensemble des forges de Prémery, de Lurcy le Bourg et de Sichamps emploie 300 ouvriers  (AD 1 L 243).

Les Nièvre en amont de Prémery

Oulon

La carte Cassini montre un moulin sous l’étang d’Oulon. Les eaux en disparaissent ensuite dans le sol, mais le relief suggère qu’elles doivent rejoindre la Petite Nièvre en aval de Lurcy le Bourg.

En 1665, le seigneur Charles de Chéry loue ce moulin d’Oulon, dit des Chaulmes, à Jean Baulmier, “moulinier”, avec bâtiment, maison, roue, rouages, biez, chaussée, moyennant “neuf vingt vingt livres” à régler par 4 quartiers de 45 (dont en fait 4 fois 45 livres). Toutefois le preneur devant faire son affaire de toutes les réparations (Archives Départementales, Archives de l‘Hôtel-Dieu, B 25). En 1669, tout le village d’Oulon tombe dans l’escarcelle de Charles Roy. Plus tard, par testament, Charles Roy lègue le moulin à l’Hôtel-Dieu de Nevers (ce qui prend effet en 1708). C’est pourquoi le moulin apparaît plus tard dans l’inventaire des biens de l’hôpital général de Nevers. En 1883, il lui rapporte le revenu fiscal net de 1035 f (un grand moulin, donc). Il n’en est pas moins converti en bâtiment rural en 1890 (AD, 3P 203/ 3 et 4)

Giry

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  forge de Giry : 1598 ; Gipy 1754 (B84) ; 2 moulins à Giry en 1882.

En 1754 fonctionne le moulin de Giry (AD B86).

1873 : on  vole un sac de blé à un meunier de Giry nommé Legland.

En 1882, Giry compte deux moulins et un bocard à Gipy, mais qui disparaît bientôt. Les deux moulins de Giry appartiennent au prince de Beauveau, celui du plan cadastral 558 rapporte 260 F, et celui du plan 1520, 175.

En 1883, ces deux moulins emploient deux ouvriers, rémunérés de 2 à 3 F par jour (AD, M 6316).

 Cependant le second de ces moulins, après que son revenu est monté à 476,25, est “en ruines” en 1894. Passé à Robert de Mun, le premier lui rapporte 400 F en 1895 ; il est cité comme fonctionnant dans le Dictionnaire Vallière de 1896. Le meunier s’appelle Jean Lorcery, mais le moulin est démoli en 1901, Lorcery devenant menuisier. Par “démoli” il faut entendre que l’outillage est démonté et dispersé : le bâtiment du moulin de Giry demeure une imposante construction avec un aspect “forteresse”, juste sous le fameux château de Giry, en contre-bas de la route. (AD, 3P 127/4). 

Le fait qu’il y ait eu deux moulins sur le site de Giry entraîne une complexité dans la recherche. En effet, le « moulin de Giry » a été tenu par une grande famille de meuniers, les Bernard, dont 4 générations s’y sont succédé. C’est ce que nous apprend la revue généalogiste Blanc Cassis, dans son numéro du 1er trimestre 2019 où elle consacre des notices à plusieurs soldats nivernais morts à la guerre de 1914-18 ; à propos d’Auguste (dit Pierre) Bernard, elle le définit comme « meunier » au moment de sa mobilisation, et donc issu de 4 générations, en particulier son grand-père Jean Bernard, qui « avait exploité le moulin de Giry dès le début du XIXe siècle ». Comme le moulin de Giry semble fermé en 1901, il est probable que Pierre se place comme meunier dans d’autres moulins. Au demeurant, la notice nous apprend que sa mère est déjà veuve ; peut-être la cessation de l’exploitation a-t-elle été consécutive à la mort du père de Pierre ?

En tout cas on a deux noms de meunier dans une brève période à la fin du XIXe siècle (Lorcery et Bernard), chacun ayant tenu un des deux moulins du site de Giry.

Moussy

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  un moulin à vent avant 1789 ; huilerie Paul Abord 1878 ; Bertrand huilerie 1939

Des carrières de grès ont été exploitées à Moussy, pour en extraire des meules, ce qui a valu au village de s’appeler au XIXe siècle Moussy les Meules (Flohic). Christophe Girodet écrit dans « Moulins des villes et moulins des champs en Nivernais à la fin du Moyen Age » (paru dans les Annales de Bourgogne, tome 84 fascicule 4, de 2012) : « Les carrières de meules du petit village de Moussy ont fourni des meules pour plusieurs moulins de la châtellenie de Montenoison », notamment en 1381-82 pour un « moulin de Treigny » (le meulier est Perrin Soudin), et en 1394-95 pour un autre de Lurcy le Bourg ; des meules de Moussy sont vendue à l’évêque d’Auxerre pour un de ses moulins de Cosne, et en 1420 à la ville de Nevers pour ses moulins à chevaux (meulier Jean Guillaumot).

Moussy ne semble pas avoir connu de moulin à eau. La matrice cadastrale 3P 184/4 indique une huilerie Paul Abord, démolie en 1878, lieu-dit “Le Château”, au revenu fiscal net de 150 F. Il est improbable que Bertrand, l’huilier repéré en 1939, ait pris sa succession.

Lire la suite

La Nièvre de Champlemy

Actualités Actualités historiques Les rivières Nièvre

Textes et photos : Philippe Landry, sauf indication contraire

Les moulins des rivières Nièvre

Nièvre de Champlemy, Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de St-Benin, Nièvre de St-Franchy et Petite Nièvre, Nièvre de Bourras, etc… elles ont animé quantité de moulins. Nous en livrons ce que nous avons pu établir de leur histoire dans cette série de 5 cahiers, aujourd’hui celui consacré à la Nièvre de Champlemy.

(Lorsqu’une commune possède une  rivière non affluente à la Nièvre, les moulins de celle-ci ne sont pas étudiés).

Les moulins des Nièvre ont connu une grande diversité d’activités. Ils ont évidemment surtout travaillé le grain de blé pour fournir en farine panifiable la population. Mais les moulins broyaient aussi les céréales secondaires (orge, avoine) pour nourrir les animaux. 

Très souvent le moulin à grain disposait d’une annexe pour transformer en huile la noixou ou la noisette et plus encore la navette (une fleur jaune de la famille du colza).

On rencontrait aussi des foulons : dans une cuve pleine d’eau, on mélangeait la laine, le chanvre et de « l’argile à foulon ». La roue du moulin, grâce à l’arbre à cames, faisait tomber et retomber dessus un gros marteau, cela pendant trois jours. Il en sortait une « étoffe », les derniers temps assez médiocre, dont on faisait le feutre des chapeaux, l’épais manteau des paysans, et les couvertures des chevaux.

On rencontrera quelques moulins à papier ou à carton, et plus encore de moulins ayant pulvérisé la matière à faire le vernis des faïence, ce pourquoi on les appelait « moulins à faïence » ou « à blanc ».

Importance du travail du fer

Particularité importante de la vallée de la Nièvre : en raison de l’abondance de minerai de fer, des forêts fournissant le combustible des hauts fourneaux, et de l’eau pour faire tourner les roues, la vallée a connu un grand nombre de forges hydrauliques “industrielles”. La roue faisait tourner un “arbre à cames”, qui :

– Ouvrait les soufflets, 

– Faisait tomber un marteau sur le minerai pour une première épuration (c‘est alors un bocard ou patouillet),

– Faisait tomber le fameux gros marteau dit martinet sur la pièce métallique en fusion pour lui donner forme,

– Faisait tomber un marteau sur le “laitier” (résidu de la forge) ; le moulin s‘appelait alors “moulin à laitier” ou bocard à laitier.  Il fournissait un sable qu’on utilisait dans le moule des pièces métalliques, par exemple les canons (on parlait alors de moulin à sable). Mais ce sable, parfois nommé mâchefer, entrait aussi dans le soubassement des routes ou dans les digues des canaux.

Cependant, nous ne rentrons guère ici dans le détail du travail du fer, attendu que d’excellentes études lui ont été consacréesn notamment par Les Amis du Vieux Guérigny.

Notons toutefois que souvent un moulin est devenu une forge hydraulique et réciproquement ; ce sera indiqué aussi souvent que possible. En outre, les anciens parlaient volontiers de « moulins à fer ».

Les moulins à vent

La vallée de la Nièvre a connu quelques moulins à vent. Nous les citerons ici parce qu’en général ils étaient construits pour remédier au chômage auquel contraignaient les moulins à eau les périodes de sécheresse

Lire la suite

Droits et Devoirs de votre moulin

Juridique

Droit d’eau

Un droit d’eau est un droit réel attaché à l’existence d’un ouvrage hydraulique (chaussée, seuil, digue, barrage). Un ouvrage hydraulique dispose d’un droit d’eau dit « fondé en titre » ou « fondé sur titre », sans limite de temps et sans nécessité d’autorisation administrative nouvelle, dans deux cas de figure : si l’ouvrage  existe avant 1566 en rivière domaniale ou avant 1791 en rivière non domaniale ; s’il existe entre 1791 et 1919 avec une puissance inférieure à 150 kW. Pour que le droit d’eau soit valide, plusieurs conditions sont nécessaires : pas de ruine complète des ouvrages (par exemple, barrage complètement disparu), pas de changement d’affectation de ces ouvrages (par exemple bief volontairement comblé). Il existe par ailleurs des cas où le droit d’eau peut être abrogé par l’autorité administrative (trouble grave et immédiat pour la sécurité, la salubrité, le milieu). Un propriétaire doit apporter la preuve (par tout moyen : cartes, mentions écrites, etc.) de l’existence historique d’un ouvrage (avant 1566, 1791, 1919 selon les cas). Une administration contestant un droit d’eau doit apporter la preuve de ses allégations, dans le cadre d’une procédure contradictoire. A noter : le Conseil d’Etat a rappelé que le droit d’eau est assimilable à un droit réel immobilier (relié à la propriété de l’ouvrage ou des annexes hydrauliques qui en dérivent). Il est donc inexact de prétendre que le droit d’eau impliquerait comme condition d’existence de conserver l’usage l’ayant vu naître (meunerie, pisciculture, etc.) dans les siècles passés. Le droit français assume le fait que les usages des propriétés évoluent dans le temps, ce qui ne fait pas perdre pour autant les droits qui leur sont attachés.

Questions :

Avez-vous la preuve de l’existence de la prise d’eau avant l’abolition du régime féodal et plus spécialement avant la loi du 20 août 1790 par tout document de date antérieure ?

Pouvez-vous prouver que la prise d’eau a été autorisée ou réglementée par un décret, une ordonnance ou un arrêté antérieur à la loi du 16 octobre 1919 ?

Avez-vous reconstitué une chaîne ininterrompue de titres permettant d’établir un lien direct entre la mise d’eau actuelle et le document prouvant son existence avant le 4 août 1789 ?

Avez-vous le règlement d’eau permettant de connaître les caractéristiques de la prise d’eau et du fonctionnement au moment de son autorisation ?

Les réponses à ces questions se trouvent dans votre droit d’eau.

Vérifiez que votre moulin se trouve sur la carte de Cassini (1756-1789) (la carte est disponible sur internet)

Vérifiez que vous êtes propriétaire du bief amont et aval. Possédez-vous toutes les rives du bief ? Avez-vous les numéros de parcelles (si elles sont référencées)?

Connaissez-vous la longueur exacte de votre bief ?

Votre moulin se situe-t-il sur le bief ou sur le lit de la rivière ?

Où se situe le déversoir de superficie ? (Le déversoir de superficie se situe toujours en amont. Le surplus d’eau qui alimente le moulin passe par un bras de décharge pour aller dans le thalweg).

Connaissez-vous sa consistance légale : son débit, sa hauteur de chute?

Êtes-vous en liste 1 ou en liste 2 ? (vérifiez sur la cartographie de la Direction Départementale des Territoires)

Des conventions ou servitudes ont-elles été signées avec des pêcheurs ou tout autre organisme utilisant l’eau ?

Connaissez-vous la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 :

L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général.

Dans le cadre des lois et règlements ainsi que des droits antérieurement établis, l’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous.

Les coûts liés à l’utilisation de l’eau, y compris les coûts pour l’environnement et les ressources elles-mêmes, sont supportés par les utilisateurs en tenant compte des conséquences sociales, environnementales et économiques ainsi que des conditions géographiques et climatiques.

A compter du 1er janvier 2014, les anciens éléments et usages locaux qui n’ont pas été mis à jour cessent d’être en vigueur

Relisez vos documents, fouillez aux archives départementales, municipales ou notariales, etc… Retrouvez les documents relatifs à votre moulin. Ne laissez pas à vos successeurs une situation complexe dont ils auront beaucoup de mal à s’y retrouver. Préservez votre patrimoine avant de le transmettre. Ainsi votre droit d’eau ne sera pas abrogé et votre moulin gardera sa valeur patrimoniale.


Nouvelles Meunières n°26

Nouvelles meunières

au 12 février 2020

Annonce des journées des moulins et du petit patrimoine de juin 2020

Le 2 février 2020, le Journal du Centre transcrit notre communiqué de presse annonçant que les 27 et 28 juin auront lieu les Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, le thème choisi cette année étant ‘L’arbre, vie et usages ». Le texte contient un appel à « tous ceux qui seraient susceptibles d’accueillir des visiteurs ».

Lutte contre la continuité écologique

Affaire du plan d’eau de Garchy :

L’administration, toujours au nom de la continuité écologique, voulait absolument supprimer ce joli plan d’eau qui jouxte l’église en plein centre du village, ce qui lui confère un charme certain. Une association, que nous avons aidée, s’est constituée contre cette suppression. Elle a eu gain de cause. Le Journal du Centre du 12 février annonce que le plan d’eau vient d’être nettoyé, en grande partie grâce à elle.

Actualités des énergies renouvelables

Éolien

Dimanche 20 janvier 2020 : un débat à la télévision Région Bourgogne Franche-Comté sur les éoliennes. Un joli dialogue de sourds entre deux partisans du développement des énergies renouvelables dont l’éolien en Bourgogne Franche-Comté et un adversaire résolu. Ce dernier part de certains principes, comme le fait que notre région n’est pas « ventée », et qu’il n’est pas nécessaire que la Région développe ses énergies renouvelables puisque d’autres le font. Passons sur ce dernier argument assez curieux car c’est toute la France qui a intérêt à les développer. Mais l’argument selon lequel la région n’est pas ventée est peu recevable, puisqu’il y a eu des moulins à vent partout ; en tout cas dans la partie Bourgogne.

Peu de débats sur le fait que parfois les éoliennes gâchent le paysage.

L’hydraulique a été scientifiquement ignoré par les deux parties à l’énumération des « énergies renouvelables’.

Journal du Centre 17 janvier 2020

L’Association Sauvegarde du Sud Morvan change de président. Le nouveau a de quoi faire car dans cette zone au sud de Luzy, faites de collines relativement boisées, les projets sont nombreux :

  • Un à Luzy même, qui ne soulève guère d’hostilité, contrairement aux suivants :
  • Un sur l’ensemble Ternant-St Seine-Tazeilly plus Cressy sur Somme (cette dernière localité étant en Saône et Loire) : un « parc de 15 équipements ».
  • A Marly sous Issy (71) : 15 autres éoliennes
  • Un autre projet à Grury de 4 éoliennes et un à Montmort – nombre d’éoliennes inconnu (deux localités du 71)

Journal du Centre du 23 janvier 2020

Élections municipales à Champlemy, une candidate se prononce contre les éoliennes, ce qui suggère qu’un projet commence à poindre le nez dans ce secteur.

Le Régional de Cosne du 22 janvier annonce que les adversaires du projet d’éoliennes de St Quentin-sur-Nohain et St Laurent l’Abbaye viennent d’être déboutés par le tribunal administratif.

Journaux

Le Journal du Centre samedi 1er février

Article « Découvrir les zones humides »

Rare point de convergence entre le ministre chargé de l’écologie et les amis des moulins : la protection des zones humides

Le journal évoque la « journée mondiale des zones humides » telle que célébrée dans le Morvan ce week-end là; voici les sites retenus :

  • Le Domaine des Grands Prés à St Agnan
  • Le Saut du Gouloux
  • Le lac du Crescent à Marigny l’Église
  • Le Lac des Settons

Seul le site du Gouloux ne doit pas trop à l’intervention humaine (sa cascade fut seulement abaissée et un long bief apporta l’eau aux deux roues de feu le moulin le plus photographié de la Nièvre, du Morvan et probablement de toute la Bourgogne).

Les trois autres ? tous des lacs de barrage, la zone humide se trouvant à leur début. Pourtant, nos chers amis technocrates du Ministère et du Parc Régional du Morvan prétendent nocifs les barrages !

2 Février : annonce de nos Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins de fin juin 2020 dont nous serons dans la Nièvre, les maîtres d’oeuvre. L’article le précise d’ailleurs et indique notre site internet.

9 Février

Dans la page magazine centrée sur la pêche :

D’après l’ONEMA les fédérations de pêche seraient contre les plans d’eau. Seulement, dans la Nièvre, en voici une qui organise une journée de pêche à la truite à … l’étang du Châtelet, au pied d’Arleuf. Mieux encore, les inscriptions sont à prendre … auprès du moulin des Morvands à Fâchin. Bienvenue amis adversaires !

Dans la page Grand Nevers, un grand espace consacré à … St Pierre-le-Moûtier et Mme Dominique Mariller. Cette dame saluée pour son dynamisme, nous la connaissons comme membre de l’association du moulin des Éventées (l’article le rappelle), et nous la rencontrons à chacune de ses manifestations.

Revues

Les Annales des Pays Nivernais n° 178 – janvier 2020

Numéro consacré aux « musiciens traditionnels du Nivernais Morvan » et préparé par JF « Maxou » Heintzen et Philippe Poulet. Est cité notamment à deux reprises, feu notre ami Pierre Joachim, qui, après plusieurs années de vie en région parisienne, succéda à son père à la dernière huilerie du Morvan à Lormes et dont nous avons abondamment parlé dans une récente revue. Également cité Albert Jaillet ; je l’ai rencontré vers 1984 en son moulin de Dun sur Gerandy où il réparait des automates. Par contre il en est deux qui semblent avoir échappé aux auteurs : Etienne Grillot, qui tint le moulin Boutenot à Planchez-en-Morvan. Dans le numéro spécial que nous avons consacré aux moulins de Planchez, on trouve ceci : « le dernier meunier en fut Etienne Grillon dit le « tchène de Bout’not », bel homme dit-on et surtout réputé pour jouer du violon. Il jouait notamment dans les cafés des environs, chez « le Philippe » ancien domicile d’Henri Goguelat, vielleux décédé en 1978 à Boutenot et chez « le Bébel » à La Fiole. Il a laissé notamment une belle valse : « la valse du meulé de Bout’not ». Son père, Raymond Grillot, était flûteux et jouait de la panse d’oueille (cornemuse). La photo le montre dans le jardin du moulin de Boutenot devant la machine à vapeur qui suppléait la roue en cas de sécheresse; Etienne est au premier plan et son père au second.

Moulins de France n° 121 – Janvier 2020

C’est la revue de la FFAM. Je lui ai proposé une série de 16 articles sur les moulins de Bourgogne. Voici le Premier. La couverture porte en titre « les moulins à eau de Bourgogne » et comme illustration un extrait du fameux moulin de St Quentin-sur-Nohain tel que peint par Antoine Panéda. L’article couvre dix pages avec beaucoup d’illustrations : cartes postales, plans des Archives Départementales (ou Municipales concernant Beaune et Mâcon), photos font je suis l’auteur.

Ce numéro rend compte des « Assises de la petites hydroélectricité ». Beaucoup d’interventions intéressantes dont celle de Jean-François Rémy expert ès droit d’eau. Je note aussi :

  • Celle de Patrice Cadet, conseiller technique de la FFAM; Il insiste sur un paradoxe de la politique du Ministère de la « transition écologique » en effet, ce dernier tient à protéger les castors et donc tout ce qu’ils font … Donc qu’il est très bien qu’ils créent un barrage ou un seuil (mais nous sommes d’accord la-dessus). Dans ce cas le-dit barrage et le-dit seuil sont parés de toutes les vertus possibles et imaginables. Mais selon le même Ministère quand c’est l’homme qui a créé un barrage ou un seuil, le-dit aménagement est voué aux gémonies et doit être détruit toute affaire cessante.
  • Celle d’un quidam représentant cet excellent ministère; il parle de choses qui n’ont rien à voir avec le sujet du jour : l’hydroélectricité. Une manière élégante de souligner le peu d’intérêt qui lui est porté.

Exposition

Au musée de la faïence de Nevers : la poterie de St Honoré. Nous l’avons évoquée il y a peu dans les nouvelles meunières avec photo du malaxeur de pâte. Le musée propose un grand nombre de magnifiques objets fabriqués par la poterie de St Honoré, dont un beau vase surmonté par un petit moulin à vent. Tout un mur porte un grand dessin de l’ensemble de la poterie, dont le malaxeur sous son toit protecteur; il faut s’approcher pour distinguer l’une des deux manivelles que deux hommes costauds manipulaient pour remuer la pâte afin de l’assouplir et la purger de ses bulles d’air.

Questions diverses

30 janvier 2020 – Palais Ducal de Nevers

Réunion de restitution de l’étude du rétablissement de la continuité écologique sur les ouvrages hydrauliques de la Nièvre aval depuis Pont-St-Ours jusquà la Loire

Plusieurs membres de notre association y ont participé avec notre président : M. Francis Lefebvre-Vary. Donc retour en arrière : Le Conseil Départemental est à l’origine de cette étude alors que la Nièvre n’étant classée ni en liste 1 ni en liste 2 n’est pas soumise à l’obligation de continuité écologique. Au demeurant si elle ne l’est pas, c’est qu’elle est en bon état. Les personnalités installées à la tribune n’ont pas pu justifier le lancement de cette étude. D’ailleurs, l’absence de la Nièvre sur les susdites listes entraîne que les propriétaires concernés ne peuvent être contraints à entreprendre des travaux. En tout cas, les ingénieurs et techniciens ont développé leurs propositions. C’est souvent très complexe … et ma foi le coût à envisager est fort élevé. Rien que l’étude en question passe pour n’avoir coûté que « 600 000 € ». Plusieurs intervenants du public ont exprimé leur scepticisme.

De grands travaux sont proposés aux annales des anciens moulins de deux de nos adhérents. M Barreau de Pont-St-Ours et M. Martinat de Forgeneuxe: ils n’ont pas caché leur réticence… Ils sont bien résolus à ceci : ils ne pairont pas un fifrelin ! Que l’administration se débrouille

Philippe Landry le 12 février 2020

Nouvelles meunières n° 25

Nouvelles meunières

Lutte contre la continuité écologique

Il existait déjà une Agence Française de la Biodiversité. Heureusement, dans sa grande sagesse, le gouvernement crée à partir du 1er janvier un Office Français de la Biodiversité, qui regroupe l’AFB (Agence Française de la Biodiversité) avec l’Office de la chasse et de la faune sauvage.

Actualités des énergies renouvelables

Eolien
« L’Éolien passe au tribunal » : c’est le titre d’un article du Journal du Centre du 10 janvier 2020, relatif au recours intenté par une association contre le projet de parc éolien à St-Quentin sur Nohain : « les Robins des Mâts ». L’article précise que les communes proches semblent également hostiles à ce projet qui leur semble de nature à nuire à leur environnement visuel.

Énergie solaire
Le Journal du Centre du 16 décembre revient sur le grand projet de parc photo-voltaïque au sein du circuit automobile de Magny-Cours : il aurait une capacité de production de 5250 mégawattheures, « soit l’équivalent de la consommation moyenne de 1650 foyers hors chauffage. L’énergie produite sera supérieure aux besoins du circuit, celui-ci ayant besoin de 1550 mégawatts… Le reste sera vendu par Nièvre Énergie à EDF. »

Journaux

Le Journal du Centre

. 21 décembre : A Vauclaix, on fait jouer du théâtre aux enfants ; une animation inspirée par Mme Patricia Juteau ; l’article n’en parle pas, mais Mme Juteau est la propriétaire du moulin et huilerie de Vauclaix, et elle a fait refaire la roue du moulin.
. 22 décembre : Compte-rendu de l’assemblée générale de « l’Association de sauvegarde des moulins de Moulin-l’Evêque » : nos amis vont participer à la grande rénovation du moulin de la Commanderie programmée pour 2020. L’article en propose une grande photo.
. 9 janvier : Article sur St-Honoré les Bains, « Valoriser la Poterie de la Montagne » ; il y a quelques semaines, j’ai consacré un article dans les Nouvelles meunières au projet de restaurer cette ancienne poterie, dont sa machine à malaxer la pâte, qui fonctionnait comme un moulin.

Revues

Le Monde des Moulins (revue de la FDMF) :. Nombreux articles intéressants, dont je retiens ici :
. La tour de Saussy en Côte-d’Or : cette tour construite en 1876-78 porta une éolienne pour faire monter de l’eau destinée à alimenter la population. Hauteur : 25 mètres. Diamètre : 9,90 m. Et à l’intérieur un escalier assez extraordinaire.
. Les moulins en Andalousie : une grande série visitée au cours d’un voyage d’études de la FDMF.
. Les norias en Syrie : une noria est une grande roue que fait tourner l’eau, mais dont de grands godets soulèvent l’eau pour la répartir entre des canaux d’irrigation. La Syrie et l’Irak en ont connu bon nombre, et depuis peut-être 2000 ans, sur le Tigre et l’Euphrate, ainsi que leurs affluents dont l’Oronte ; les photos montrent des engins extraordinaires ; le texte précise que le diamètre de ces roues pouvait atteindre 21 mètres ; en tant que construction de charpente c’est ahurissant. L’auteur a fait ces photos avant la guerre qui déchire la contrée, et n’épargne guère les vestiges historiques. Cela dit, on trouve quelques norias dans le sud de la France, mais pas aussi monumentales.

Blanc-Cassis, automne 2019 : l’article qui nous intéresse le plus est « Petites digressions autour des Nièvres et du département du même nom ». Est jointe à l’article une très belle carte du « réseau hydrographique » précisant tous les affluents des différentes Nièvres.

Bulletin de l’Académie du Morvan n° 87, année 2019, « Le site gallo-romain des Bardiaux ». Pour mémoire, à côté du hameau des Bardiaux, commune d’Arleuf, fut découvert un théâtre de l’époque gallo-romaine, qu’on peut visiter en permanence. Ce numéro spécial fait le point sur tout ce qu’on a pu y trouver, sachant que des vestiges de l’ancienne petite ville dont le théâtre était proche sont sous les hameaux environnants voire sous des terrains qui l’ont recouvert depuis. En tout cas on y a trouvé, est-il précisé page 11, « des meules en grès pour moudre le grain meules qui étaient tournées à bras par un esclave ». L’auteur, Claude Péquinot, précise plus loin que ces meules ont été trouvées à la fin du XIXe siècle. Il écrit : « L’abondance des eaux vives n’interdit pas de penser que nos ancêtres lointains avaient pu installer des roues de moulins sur les eaux ruisseaux et les rivières ». C’est en effet possible dans la mesure où la technique des moulins à eau a été découverte par des soldats romains en Perse au 1er siècle avant J.-C., suite à quoi elle s’est répandue dans l’empire romain, dont la Gaule au 1er siècle après JC.

Questions diverses

17 décembre Moulin de Chalaux : notre ami Jérôme Amiet a organisé une petite fête à laquelle ont participé quelques membres de notre association. J’en ai profité pour faire des photos d’hiver du moulin. J’ai rencontré aussi M. Bringand qui, en 1958 (il avait 14 ans), a participé au taillage des alluchons de la grande couronne du moulin de Montour, à Brassy. Il était alors tenu par un vieux meunier, M. Gadot. Les alluchons étaient en buis, le bois le plus dur dont disposait le meunier. Le moulin semble avoir fermé une dizaine d’années après.
A cette petite fête participait aussi notre ami Alain Morizot, dont des ancêtres ont tenu le moulin de Chalaux, notamment son grand-père, dernier meunier Morizot de Chalaux, qui a cependant préféré continuer sa carrière au moulin de Montélesme, commune de Montsauche, lequel était plus important. Nous reviendrons dans un prochain bulletin sur l’histoire du moulin de Chalaux au XXe siècle.

Nouvelles Meunières N° 24

Nouvelles meunières

Lutte contre la continuité écologique

L’État prétend imposer la continuité écologique parce que selon lui les plans d’eau gênent les pêcheurs ; on se souviendra éternellement de cette phrase décisive du ministre de l’Environnement M. De Rugy : « Les moulins empêchent les pêcheurs de pêcher ». Donc je reçois avec délice cette coupure de l’Yonne Républicaine du 5 octobre 2019 : « Les pêcheurs ont racheté l’étang ». Tout cela respire la cohérence absolue.

Accessoirement, il s’agit du plan d’eau du haut de Marault, à Magny près d’Avallon ; nous amis des moulins connaissons le plan d’eau du bas, dont une route emprunte la digue, en-dessous de laquelle on voit l’ancien moulin. Celui-ci est surplombé par un château où le grand Pasteur vint quelquefois, à l’invitation de son propriétaire, M. Radot (ils avaient marié leurs enfants). Pasteur a-t-il visité le moulin ? J’ai jadis posé la question à l’institut Pasteur : il m’a été répondu fort aimablement que Pasteur n’avait rien écrit à ce propos. Il faut dire qu’à l’époque de ses venues il était déjà fort âgé, et sans doute était-il moins enclin à prendre force notes.

Toujours à propos de la nécessité où l’État se prétend de détruire un maximum de plans d’eau : l’Yonne Républicaine du 5 novembre contient un petit article à propos de la rivière qui à Auxerre alimentait le moulin à huile Darnus, dont nous avons beaucoup parlé dans notre supplément sur les moulins à huile. « Un bras du ru reste à sec ». « Malgré les pluies abondantes de ces jours-ci, il faudra attendre encore pour voir l’eau emplir le bief du moulin peu à peu envahi par la végétation ». Laquelle dans ce cas n’est pas bien belle, ce qui ne confère guère de charme à l’entrée sud de la ville.

Actualités des énergies renouvelables

Le mercredi 13 novembre, Engie s’offre une publicité de 4 pages dans Le Journal du Centre, « En avant vers la transition énergétique ». Elle insiste surtout sur les économies qu’on peut opérer dans notre consommation d’énergie. La page 2 s’intitule : « Produire et consommer son énergie solaire », et un paragraphe très intéressant : « Solaire : l’énergie d’aujourd’hui vient d’en-haut ».

L’hydrogène

Tout en bas de la même page du Journal du Centre sur les énergies renouvelables du 13 novembre, un petit article : « Hydrogène : l’énergie de demain viendra-t-elle de l’eau ? ». Source d’énergie renouvelable, il est produit par électrolyse, et peu d’électricité lui suffit. Cela me mène à poser la question : un moulin ne pourrait-il réaliser cette électrolyse ?
Les 25, 26 et 27 novembre, nouveaux articles, et conséquents, justement sur l’hydrogène comme source d’énergie de l’avenir. Deux pleines pages dans le numéro du 25, une dans ceux du 26 et du 27. D’ores et déjà des trains commencent à circuler alimentés à l’hydrogène. De gros camions pourraient en bénéficier bientôt. On voit qu’on s’oriente vers la production et la consommation par « grande masse ». Mais bon : mon vœu qu’on équipe des moulins pour produire de l’hydrogène demeure.

Éolien

L’Yonne Républicaine du 2 novembre 2019 fait le point sur la situation sous le titre « Vive le vent, vraiment ? ». L’État soutient l’éolien : en France 8 000 éoliennes fournissent environ 6 % de l’électricité, « mais sur le terrain les résistances persistent ». L’article cite le témoignage de plusieurs personnes qui se plaignent du bruit, et d’un maire qui déplore que finalement sa commune ne reçoit pas les recettes fiscales espérées, notamment dans la montagne bourbonnaise (département de l’Allier).

La lettre d’Aquilon, c’est le bulletin des ennemis des éoliennes du secteur La Chapelle-St-André -E ntrains-sur-Nohain : ils sont surtout remontés contre le projet d’éoliennes d’Entrains sur Nohain. J’en ai parlé dans des Nouvelles meunières : il ne pourrait se faire qu’en détruisant beaucoup d’arbres. L’Aquilon insiste sur le fait qu’il nuirait beaucoup dans le paysage ; il évoque l’exemple de Suilly la Tour, où un touriste a vu avec effroi une gigantesque éolienne derrière la belle église classée depuis 1914.

Journal du Centre du 10 novembre : à Beaumont la Ferrière, « les anti-éoliens s’organisent » contre le projet touchant plus ou moins une douzaine de communes ; ses détracteurs soutiennent qu’il défigurerait le paysage, très forestier dans ce secteur, et nuirait au développement touristique.
Journal du Centre des 15 et 20 novembre : à Ste-Colombe des Bois, non loin de Donzy, le maire « a demandé l’avis de ses concitoyens » sur un projet d’implantation d’éoliennes : un vote permet au quotidien de titrer : « Les habitants contre l’éolien ».
Journal du Centre du 10 décembre : « Le projet éolien relancé dans le Morvan ». Il s’agit du projet qui avait agité les environs de Luzy côté Nièvre et Issy l’Evêque côté Saône-et-Loire. Une société différente de celle qui le portait à l’origine reprend le projet : 10 éoliennes seraient implantées à Tazilly, St-Seine, Ternant (58), Crécy sur Somme et Marly sous Issy (71). La polémique promet d’être intense, le quotidien annonçant que l’association des adversaires compte 1074 membres.

Énergie solaire

Le Journal du Centre du 8 novembre annonce qu’à Magny-Cours, des parkings du fameux circuit automobile vont être couverts de panneaux solaires. Ils devraient pouvoir approvisionner en électricité 1650 foyers hors chauffage.

Le Journal du Centre du 22 novembre annonce un projet de parc photovoltaïque à Alligny-Cosne, exactement au hameau de Bois-Joli, doté de 12 ha.
Le 2 novembre 2019, l’Yonne Républicaine livre deux articles très contrastés sur le photovoltaïque :
. Un projet dans le Tonnerrois, à Nitry : une grande parcelle « entre l’autoroute et la bretelle de délestage » serait couverte de panneaux solaires, susceptibles d’alimenter en électricité 1500 personnes. Ils seront entourés d’un espace végétalisé entretenu par « écopaturage ». Le projet est soutenu par EDF.
. En Puisaye, du côté de St-Privé, la société Abo Wind projette de disposer des panneaux sur une grande parcelle : il y aurait « 190 000 modules polycristallins » posés sur « des pieux battus ou vissés ». 30 000 personnes seraient alimentés en électricité. Mais des voisins redoutent de possibles « nuisances » et ne marquent pas un grand enthousiasme d’avoir ces panneaux solaires autour de leur maison.
Dans les deux cas une consultation de la population est organisée.

La méthanisation

A Auxerre, expose l’Yonne Républicaine du 26 avril 2019, « une chaufferie biomasse est implantée au cœur du quartier Saint-Siméon ». 3700 logements et plusieurs immeubles collectifs tels l’hôpital et certaines écoles sont ainsi alimentés en électricité. L’unité de production est entouré d’un espace herbu que tondent des moutons. Cependant, l’article ne précise pas si l’usine de biomasse n’utilise que des déchets verts.
C’est net dans un article du 7 juin 2019 relatif à un « méthaniseur » qui va être construit près de Chablis : il traiterait par an 10 000 tonnes de déchets de la vigne, à savoir un ensemble «de  marcs, de lies et de bourbes ». Il produirait du gaz fin 2021 ou début 2022.

Journaux

Le Journal du Centre
17 novembre : dans le supplément consacré aux programmes télévision, une page publicitaire propose des pantoufles « charentaises » avec ces quelques mots : « Conçues au XVIIe siècle à partir de morceaux de feutre issus de la papeterie, elles se glissaient dans les sabots. Ce sont ensuite les domestique qui les portent pour ne pas faire de bruit » (quand ils marchent sur les parquet pour venir servir leur maître). C’est effectivement l’origine de la pantoufle, sauf que le feutre n’était pas fabriqué par les moulins à papier, c’était l’œuvre des foulons.
Malheureusement, plusieurs journaux ont évoqué ceci : la dernière entreprise fabriquant de vraies « charentaises » à l’ancienne vient de fermer ses portes, mettant au chômage 38 personnes.

7 décembre : Le conseil municipal de Tracy commence à examiner le projet d’un parc photovoltaïque.
9 décembre :
. Belle publicité d’E. Leclerc, de toute une page, montrant un cadre de la maison et un monsieur qui tient un beau poisson, sur fond d’un magnifique plan d’eau, au bout duquel on aperçoit… un grand moulin (et peut-être un autre un peu plus loin) ; le dit moulin fait désormais pisciculture. Photo prise à La Rochefoucauld, (Charente) sur la rivière de la Touvre.

Revues

Le Régional de Cosne et du Pays Charitois : 6 novembre, article « L’éolien n’a plus la cote », sur le fait que de plus en plus de résistance se manifeste à chaque nouveau projet de pose d’éoliennes dans la région.

Pays de Bourgogne n° 258 d’octobre 2019 : dans la rubrique « La Bourgogne à travers ses livres », un bon petit article évoque mon recueil « Contes et légendes de nos moulins », paru chez Alan Sutton il y a quelques années, mais qui n’a été adressé à Pays de Bourgogne que récemment, et encore par moi-même. Dans la sous-rubrique « Revues » est développée la liste des sujets de notre numéro 86.

Bourgogne Magazine, novembre 2019
Pour une fois, le célèbre trimestriel contient plein de choses sur les moulins.
1) A propos du nouveau parc national qui vient d’être créé dans un territoire limitrophe entre la Bourgogne et la Champagne, englobant des communes de Côte-d’Or et de Haute-Marne :
. Une huilerie sur le point le plus haut du plateau de Langres, à Pierrefontaines (52).
.. Un dossier sur le chef-lieu de ce parc, Arc-en-Barrois (52) : sur la photo on reconnaît aisément l’ancien moulin de la ville, bien joli.
. Un grand article sur la fort belle abbaye d’Auberive (52), où la fille de Diderot aménagea une filature, donc (j’émets une hypothèse) sans doute dans le moulin de l’abbaye puisque les filatures utilisaient volontiers la force hydraulique.
. « Le moulin aux doigts de fée » : un moulin célèbre, dit « de la Fleuristerie » parce qu’il fabrique des objets pour la mode, notamment des fleurs artificielles (commune d’Orges, 52) ; il dispose encore d’une grande roue à aubes, et autres machines bien meunières (il existait déjà en 1264).
.. Un article sur l’abbaye du Val des Choues (Côte-d’Or), un superbe monument historique parvenu à nous avec de beaux restes, notamment les vestiges de son foulon, qui était à l’intérieur de l’enceinte de l’abbaye (l’article n’en parle pas).

2) Parmi une série d’articles sur la ville de Chagny, en Saône-et-Loire, mais à la limite avec la Côte-d’Or :
. « Tieules bioénergétiques » : une fabrique de tuiles dont les fours marchent au biométhane issu des déchets ménagers.
. « La petite reine de Chagny » : « Née dans les années 80 d’un groupement de meuniers initié par les Moulins Joseph Nicot la Banette aux bouts pointus est chagnotine par ses racines ». Parmi les titres de paragraphe : « Le groupe Nicot est désormais dans le top 10 de la meunerie française ». J’avais évoqué dans des Nouvelles meunières l’immense usine qui sert de « moulin » à l’illustre maison Joseph Nicot. Il y a une vingtaine d’années, le patron, venu visiter le moulin de la Presle à Planchez en Morvan, invita ses propriétaires nos amis Monique et Albert Martin à visiter son « moulin » ; quelques jours après, Albert me dit : « Mon pauvre ami ; je ne savais plus ce que le mot moulin voulait dire ! »

3) Sujet patrimonial : le village d’Aignay le Duc, en Côte-d’Or est désormais doté d’une « Maison de l’eau ». « A l’origine, il y a le projet de mettre en valeur le moulin de Roche, ancienne boucherie ».

4) Tourisme : dans une liste de gîtes ruraux, un nommé « Le Moulin », il se trouve à Tintury, non loin de Châtillon en Bazois. « L’ancien moulin du XVIIIe siècle servait sans doute à broyer les noix. La bâtisse borde une paisible rivière et un imposant étang de 60 ha. »

Blanc Cassis : le numéro 156, 4ème trimestre 2019, contient un article sur la définition des Nièvres : l’auteur n’en trouve que 4 (Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de Champlemy, Nièvre de St-Franchy, Nièvre de St-Benin des Bois ) alors qu’on lui a affirmé qu’il y en avait 5. Celle qui manque est probablement celle qui vient de l’abbaye de Bourras. Je continue de travailler sur l’histoire des moulins de tous ces cours d’eau.

Livres

Le Journal du Centre du 8 août relaie l’annonce de la parution d’une intégrale George Sand à la Pléiade. George Sand a deux romans centrés sur les moulins du Berry : « Le meunier d’Angibault’ » et « François le Champi », que je trouve excellents.

Expositions

Du 16 au 21 novembre, Claude-André Laffaye et Chrisea ont exposé leurs peintures à la galerie Belle de N, à Nevers. Laffaye expose dans le texte qui le présente qu’il a habité plusieurs années au moulin des Gouttes à Onlay. De ce fait nous avons beaucoup discuté des moulins de ce secteur de la vallée de la Dragne, au nord de Moulins-Engilbert. Son beau-frère habite au moulin de Villaines, justement sur Moulins-Engilbert. Claude André-Laffaye m’a dit qu’au moulin des Gouttes il n’y avait plus rien depuis longtemps, et que sa dernière meule se trouve au château tout proche, dit de Lavaut. Lui-même a peint plusieurs moulins, mais aucun n’était proposé à cette exposition. C’est un peintre plutôt figuratif, déclinant parfois ses « démons intérieurs » dans des toiles acérées, où il cherche « la nouvelle terre » dans une atmosphère de science fiction, et parfois au contraire recherchant la paix, notamment dans ses tableaux dont la figure principale est la sphère. Après le moulin des Gouttes, il a habité dans divers lieux, avant de se réinstaller dans le Morvan.
Quant à Chriséa, elle n’a pas de lien direct avec les moulins, sinon qu’elle habite à côté de la fameuse cascade de la Dragne, commune de Villapourçon (en aval du site des moulins de Rangère), où elle tient une chambre d’hôtes pouvant recevoir de 4 à 6 personnes ; elle y expose aussi ses tableaux, l’atelier étant « ouvert au public » (elle donne des « cours de lecture du paysage », techniques diverses », etc).

Télévision

Sur Arte, le jeudi 28 novembre, dans l’émission sur les dernières trouvailles archéologiques relatives aux Gaulois, on a remarqué le long passage sur le musée de Bibracte (sa collection de meules n’a pas été montrée), et une interview de son ancienne archéologue en chef, Anne Flouest, à propos de la cuisine celtique. Nous avions évoqué Anne Flouest dans notre bulletin parce qu’à Bibracte, pour énoncer les connaissances essentielles sur ce sujet, elle faisait des démonstrations de l’utilisation des meules par les Gauloises. C’est également Anne Flouest qui m’avait accueilli lorsque le musée, dans le cadre de la semaine scientifique d’octobre, m’avait invité à évoquer les moulins ; nous avions eu d’intéressants échanges sur ce que nous savions sur les moulins dans l’antiquité et au début du Moyen Age.

Arte 7 décembre, documentaire sur la fabrication des cloches par une entreprise spécialisée d’Italie : on aperçoit deux petites meules courant très rapidement, sans qu’hélas la caméra n’y fasse un gros plan. Elles travaillent la terre argileuse dont on va faire le moule des cloches, afin de la dépouiller de ses bulles d’air.

Questions diverses

Puisque nous parlons d’Anne Flouest, elle revient dans la Nièvre, le 7 décembre, aux Archives Départementales à 15 heures, pour une conférence sur la cuisine gauloise.

. Un moulin transformé en musée dans l’Yonne : il s’agit du moulin du Saulce, à Escolives-Ste-Camille. L’excellent sculpteur Pierre Merlier en a fait son domicile. Après sa mort en 2017 à 86 ans, le moulin est devenu un musée perpétuant sa mémoire. Le musée comprend un « café du Moulin », « bar associatif ». Le musée est ouvert chaque année grosso modo de début juin à fin octobre.
. Toujours dans l’Yonne, le restaurant « Le moulin de Corneil », à Mézilles, continue de livrer une réclame dans chaque numéro de la revue de la Fédération des Moulins de France, Le Monde des Moulins.