Les moulins des Nièvres

Les rivières Nièvre Nos moulins

Coulanges – St Eloi – Varennes-Vauzelles

Texte de Philippe Landry

Coulanges-les-Nevers

Liste des moulins de Coulanges avec la plus ancienne date comme activité

Sénechaud 1309. Villecourt 1317. Moulin du Meulot à Villecourt 1402. Pont-St-Ours : forge 1403, moulin de Péreu (futur Péreuse) 1424 ;  Geuril les Nevers 1429, moulin de Brene 1435, Riot des moulins de Gaïon 1450 ; Origny 1450 (futur La Villette) ; Mauginon-Lévesque 1489. La Grippe XVIe siècle. Moulin de la Pique XVIe siècle. Moulin à papier chemin de Montigny 1637,  La Forge Neuve : 1640 (création) ; Ferblanterie créée en 1665 ; moulin de la Pique 1729 ; Forge de l’Ecorce vers 1730. Foulon des Vernes possible, date inconnue.  Usine de La Pique : créée en 1829 ; Moulin à vent :  1844 ; Guérin au Pont-Patin (à émail) : 1848 ; Pont-Patin : usine à fer créée en 1857 ; Givry (DS 1865) ; moulin Sabot 1869. Bordet, meunier et marchand de farine, Pont-St-Ours : 1869. moulin des Saules autre que Villecourt : 1875. Louis Bouteau, meunier et marchand de farine à Coulanges 1878.

Géographie

L’abondance des eaux de la Nièvre mais aussi la grande quantité de blé produite à Coulanges et alentour a conduit à la création de nombreux moulins, comme on peut le voir ci-dessus. Les noms cités dans la « liste » ont été trouvés dans différents ouvrages .

Sur la commune de Coulanges trois cours d’eau ont animé des moulins :

–  La Nièvre : la plupart des établissements hydrauliques de Coulanges (dont Pont-St-Ours, Forgeneuve, La Villette, Péreuse, Givry…)

– La Pique : Villecourt, Meulot (à ne pas confondre avec celui de ce nom à Montigny), les Saules (mais souvent Meulot et les Saules désignent le même moulin), usine de la Pique, usine du Pont-Patin. Au-dessus de la Pique a fonctionné sur Coulanges un moulin à vent sans doute construit pour moudre en cas de sécheresse privant d’eau les moulins hydraulique.

NB : les deux premiers moulins sur la Pique furent La Beue et Veninges, mais ils étaient sur Varennes-Vauzelles (voir à la fin du présent cahier).

– Le « ruisseau de Meulot » (venant du moulin de Meulot situé à Montigny aux Amognes) : il aura animé à Coulanges le moulin de la Grippe et un moulin à papier. 

Plusieurs moulins de Coulanges ont pulvérisé la matière à faire le vernis à faïence : on les appelait alors des moulins « à faïence » ou « à blanc », ou encore « à émail ».

A diverses reprises je cite le livre de Nicole Demet, « Il était une fois Coulanges-lès-Nevers », publié en 2005 par la Camosine. 

Avant 1800

Nicole Demet évoque les moulins de Coulanges sur les trois cours d’eau :

. Sur la Nièvre :

. « Plusieurs moulins à Pont-St-Ours », dont le « moulin de Brayne » qui en fait était établi dans la partie de ce lieu-dit située sur Urzy.

. « Trois moulins à Origny, un à fouler le drap, un à battre l’écorce, un à écraser le blé. » (dans ce cas je ne compte qu’un moulin ayant trois ateliers) ; il existait en 1450 ; c’est le site du futur grand moulin de la Villette.

. Le moulin de Perreu, foulon ayant appartenu au prieuré St-Sauveur de Nevers, dit aussi « L’Horlogeur », cité dans un acte de 1424. C’est le futur moulin de Péreuse.

. Sur la Pique ou ruisseau des Saules, dans l’ordre au fil de la rivière :

. Un étang dit du Vernay a peut-être animé un foulon au lieu-dit Les Vernes ou chemin des Vernes.

« Le moulin de Villecourt, à la fois semble-t-il foulon et moulin à blé ; il existait en 1317 ; il est parfois désigné par le nom de ses exploitants, Bollacre par exemple en 1593. »

. Le moulin de Meulot : il apparaît « dans un acte de 1402 », Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, c’est un moulin modeste, à une seule roue, à augets. En 1809, il écrase 15 quintaux de blé par jour. Par la suite, il est agrandi et modernisé…

. Un moulin de la Pique existant au XVIe siècle, dont je pense qu’il était peut-être sur l’emplacement de ce qui sera plus tard l’usine métallurgique de La Pique.

. Sur le ruisseau venant de Montigny aux Amognes  :

. Un moulin « Senechaud » en 1309.

. Le moulin de la Grippe : « mentionné dans des baux des XVIe et XVIIe siècles. »

Nicole Demet note qu’on ne peut localiser le « moulin de Genril lès Nevers » cité par de Soultrait. 

Aux Archives Départementales, un vieux dossier indique la création d’un  moulin à papier chemin de Montigny, non loin de Pont-St-Ours, par un imprimeur et libraire de Nevers, en 1637.

Notre ami M. Martinat, actuel propriétaire de Forgeneuve, écrit que cette usine et celle de Pont-St-Ours, alors métallurgiques, furent créées respectivement en 1640 et 1644. Elles vont avoir une belle carrière.

Sur la carte Cassini dressée dans les années 1750, on distingue les moulins de Villecourt ou les Saules ainsi que Meulot.

Dans « Une ville affamée, Nevers sous la Révolution », le général Taverna écrit qu’en 1779 la sécheresse pose des problèmes aux moulins à eau, toutefois un peu suppléés par les moulins à vent : « Il y a des moulins à eau partout sur la Nièvre, le ruisseau de la Passière et celui de la Pique, plus des moulins à vent, très peu employés et mal entretenus ». Il me paraît donc probable que le moulin à vent de Coulanges ait existé à cette époque.

De Soultrait situe un moulin de Givry à Coulanges, alors qu’en général on le recense à Nevers ; comme ce fut un très grand moulin avant sa transformation en usine de canons, il est possible qu’un de ses ateliers ait été sur Coulanges. Sur le plan ci-après, du XIXe siècle, trouvé aux Archives départementales (série S), on  pressent qu’il a pu avoir une voire deux roues, même s’il n’a plus rien.

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Les Moulins des Nièvres

Actualités historiques Les rivières Nièvre

Urzy et les communes à l’est de la Nièvre unifiée

Texte de Philippe Landry

Liste des moulins connus de moi, avec la date la plus ancienne d’existence que j’ai trouvée :  Le Vivier vers l’an 1000. 1075 fief de « Vieux Moulin » ; molendinum de Fossa 1130 (Contres) ; La Fosse (Moyen Age) ; Demeurs forge 1325 (moulin à Demur 1339) ; Breugne 1327 ; molendinum Albeys 1339 ; moulin Neuf 1392 ; Le Foulon : XIVe ; Le Greux : forge 1509  ;  Niffond 1509  ; Foulon de Chantemerle avant 1645 ; Luanges : moulin à blé XIVe, papeterie 1636 (création) ; Brayne XVIIe siècle ; Bocard vers 1800 ; Urzy moulin d’Ecorce 1840 ; Moulin de la Forge  1851. Moulin à pulvériser la chaux 1889, 2 en 1899 tenus l’un par M. Tort, l’autre par M. Boule.

Géographie

La plupart des moulins et autres usines hydrauliques d’Urzy ont été alimentés par les eaux de la Nièvre. Cependant il faut les citer en deux groupes :

. D’une part les établissements en amont du château des évêques de Nevers  chacun avait son bief : il s’agit de Contres au Moyen-Age, plus sûrement Demeurs puis Le Greu.

. D’autre part ceux en aval du château des évêques : Le Vivier, la Fosse et le Foulon de la Fosse, Luanges, tous les quatre furent sur le même bief ; celui-ci, qui commence en fait un peu en amont du château, dont il alimenta les douves, est long d’environ 3 kilomètres.

La Nièvre reçoit le Mussy à Contres, à la limite de Parigny les Vaux et Urzy. Une première difficulté : un moulin y exista, mais nul ne sait s’il tira sa force du Mussy ou de la Nièvre ; deuxième difficulté : ce moulin devint un haut-fourneau, mais celui-ci fut un jour transféré à La Fosse. Pour tout arranger, au Moyen-Age le moulin de Contres fut dit aussi de la Fosse : on peut se demander si le même nom « de la Fosse » n’a pas été donné à deux sites géographiques très différents, et très éloignés l’un de l’autre (c’est arrivé dans d’autres endroits).

Toutefois, les moulins que le Mussy a alimentés à Parigny, je les évoque dans notre premier cahier, celui de la Nièvre de Champlemy, car la plupart des ruisseaux de Parigny lui sont affluents.

La Nièvre reçoit sur Urzy un autre cours d’eau, celui qui descend de l’étang de Niffond, lequel est situé sur Varennes-Vauzelles, mais ses deux moulins, Niffond et Chantemerle, furent sur Urzy.

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Les moulins dans la Nièvre liste dressée dans les années 1870

Non classé

Alligny en Morvan

Cortet

Annay

Moulin d’Annay

Galand

Anthien

La Claye

Arleuf

Le Chatz

Armes

Armes

Arquian

Les Loges

Arquian

Asnois

Asnois

Asnan

Le Crest ou Le Creux

Azy le Vif

Neuilly

Balleray

Le Petit Champaudon

Champaudon

Béard

Apilly

Beaumont la Ferrière

La Carrière

Beuvron 

Génin

Villiers

Biches

Cray

Moulon

Brèves

Brèves

Sardy 

Brinay

Briennes

Bulcy

Moulin de Bulcy

Foulon

La Celle sur Nièvre

La Celle

Cercy la Tour

Beauregard

Chevillon

Codde

Cervon

Marcilly

Précy

Vellerot

Cessy les Bois

Cessy les Bois

Le Petit Moulin

Retonne du Ballanger

Le Bourguignon

Chalaux

Les Goths

Champlemy

L’Etang du Bois

Chantenay

M de la Ferté

La Chapelle St-André

Corbelin

Croisy

Demeulaine

La Charité

La Charité

Chasnay

Ménard

Château-Chinon-campagne

Blondelot

Vermenoux

Yonne Inférieure

Yonne Supérieure

Châteauneuf Val de Bargis

Les Chaumes

Châtillon en Bazois

Moulin de Châtillon

Moulin Neuf sur l’Aron

Chaumard

Pelux

Chaumot

Eugny

Chevannes-Changy

Cassiat

Le Foulon

Chevenon

Les Noues

Puol

Chitry les Mines

Chitry

Combres

Marcy

Clamecy

Beaugy

Moulin du Beuvron

Marchebault

Pressure

Moulins de la Ville

Colméry

Pinon

Corancy

Corancy

Les Moulins

Corbigny

Les Etangs

Cosne

Alibert

Le Beauvoir

Girard

Le Grand-St-Martin

Pierre

Pilavoine

Les Religieuses

Cossaye

La Motte

Le Pont

Varennes

Coulanges

Meulot

Moulin Guérin

Péreuse

Les Saules

La Villette

Couloutre

Minard

Courcelles

Bazarne

Crux la Ville

Le Vandas

Dampierre sous Bouhy

Bléneau

Dampierre

Les Loges de Dampierre

Dienne-Aubigny

Le Peyrat

Dompierre sur Nièvre

Dompierre

Vilaine

Donzy : 

la Bertine

Blanc-Gâteau

Les Cabets

le Commandeur

Maupertuis

Le Point du Jour

M de l’Etang Robière

La Tréfilerie

Dornecy

Moulin du Haut

Lichères

Entrains sur Nohain

Le Battoir

Leblanc

Epiry

Bellevault

Grands Moulins

Michelot

Renard

La Fermeté

Pont d’Azy

Fertrève 

Le Gué

Fours

Le Battant

Chaussin

Garchizy

M Riot

Germigny

Germigny

Gouloux

Ganay

Gadrey

Laboureau

Isenay

Mazille

Isenay

Langeron

Dhéré

Les Chaumettes

Limanton 

Le Magny

Lucenay les Aix

Aglan

Ardan

Moineau

La Serrée

Lurcy le Bourg

Lavoir à Mine

La Renardière

Vilaine

Luthenay Uxeloup

Le Lac

Luzy 

Luzy

Magny-Cours

Les Granges

Moulin du Pois des Ouelles

La Maison Dieu

Forbet

Marigny sur Yonne

Marigny

Mars sur Allier

Bannerron

Mars

Ménestreau

Germenton

Nérondes

Mesves sur Loire

Grand Moulin de Mesves

Mesves

Metz le Comte

Coignot

Les Trois Quartes

Mhère

Chassy

Vauprange

Millay

Anguy

Montapas

Espeuilles

Montapas

Montceau le Comte

Monceau

Montigny sur Canne

Challuy

Montreuillon

Montreuillon

Montsauche

Détrapis

Monthélème

Moulins-Engilbert

Bardot

La Promenade

Chantour

Chevillon

Myennes

Myennes

Nannay

Jean-Lard

Nannay

Narcy

Le Foulon

Magnard

Maurepoux

Morogues

Moulin Brûlé

Narcy

Pontcharreau

Neuffontaines

Neuffontaines

Le Sault

Neuville

Mazot

Neuville

Neuville les Brinon

?

Nevers

Chapitre

Crest

Martelot

Ninchat

Pilavoine

Pont-Cizeau

Porte du Croux

Nolay

Billour

Septier de Rigny

Nuars

Bouchet

Nuars

Oisy

Foulon de Sembrèves

Lécole

Savard

Sembrèves

Ouagne

Changy-Moreau

Ouroux

Boutou

Chicot

Moussé

Pazy

La Chaize

Perroy

La Motte

Les Paillards

Planchez

Le Gué de Migny

Poil

Poil

Poiseux

La Belouze

Bocard des Martinets

Mauvron

Prémery

Les Chailloux

Les Chaumes

Fourneau

La Moquerie

Rix

Rix

Rouy

Abrigny

Ruages

Le Mont

St-Agnan

Le moulin Neuf

Les Pierres

Robé

St-Agnan

St-Amand en Puisaye

M Brûlé

Cornet

Le Doitier

Devataire Rosé

Porcher

St-Amand

St-Aubin les Forges

Chamilly

Gresset

Le Gué de la Chaize

Vingeux

St-Benin d’Azy

M des Deux Villes

St-Benin des Bois

M du Crot

Moulin Neuf

St-Eloi

Penauilles

St-Germain des Bois

Merle

Paget

St-Germain-Chassenay 

Guenabre

St-Gratien Savigny

Challuy

St-Martin d’Heuille :

Les 4 Pavillons

Le Gué d’Heuillon

St-Martin sur Nohain

Paillat

Mouguet

La Rousse

St-Maurice

Le Jonceau

St-Maurice

St-Parize le Châtel

Roussy

St-Père

Chotard

moulin de l’Evêque

Petit Moulin

St-Quentin

St-Quentin

St-Saulge

L’Etang-Neuf

Goulnot

St-Vérain

Les Granges

Sardy les Epiry

Tavenay

Sauvigny les Bois :

Chollet

Dexey

M du Thiot

Sauvigny : barré

Saxy-Bourdon

Pontillard

Sichamps

Paguet

La Forge de Sichamps

Sichamps

Suilly la Tour

Rochenon

Suilly

Suillyzeau

Les Vergers

Surgy

Charpin

La Forge

Les Moines

Tannay

Vesvres

Teigny

Les Faulots

Teigny

Tintury

Le Chazau

Toury sur Jour

Vauvreilles

Toury-Lurcy

Lurcy

Toury

Tresnay

Cacherat

M des Chatillons

Tresnay

Urzy

La Fosse

Le Greux

Urzy

Vandenesse

Nourry

Le Quart

Varennes lès Narcy

Moulin Neuf

Varzy

La Grille

Verneuil

Faye

Mouillé

Verneuil

Vielmanay

Les Hottes

Vignol

Raveton

Ville les Anlezy

Thianges

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Liste de moulins de la Côte d’Or en l’an II

Actualités historiques

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives Nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient assez peu fidèles ; la Côte-d’Or n’a quelque peu répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là la liste des communes de la Côte-d’Or recensées dans cet ouvrage, avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Celles citées pour l’an II, et sont recensées par les dossiers F10-310 et  F20- 290 des Archives Nationales. La statistique de 1809 est issue du dossier F20 – 296. 

Ces deux dossiers sont consultables aux Archives Nationales, peut-être accessibles par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé.

Particularité pour la Côte-d’Or, un tableau reproduit indique le nombre de moulins par arrondissement en 1809 (F20 – 296) : 

Beaune : 265 moulins à eau dont 18 à roue horizontale, 4 moulins à vent.

Châtillon sur Seine : 135 moulins à eau dont 7 à roue horizontale, 17 moulins à vent.

Dijon : 355 moulins à eau dont 12 à roue horizontale, 3 moulins à vent.

Semur en Auxois : 235 moulins à eau, dont 26 à roue horizontale, 9 moulins à vent.

Les carrières d’où viennent les meules sont également précisées. La Seine et Marne vient en premier, mais plusieurs lieux de Côte-d’Or sont cités : Dijon, Semur en Auxois, Montbard, Châtillon sur Seine, Saulieu… On remarque aussi Auxerre et Joigny dans l’Yonne.


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Liste de moulins de l’Yonne en l’an II

Actualités historiques

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient assez peu fidèles ; l’Yonne n’a quelque peu répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là la liste des communes de l’Yonne recensées dans cet ouvrage, avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées sont seulement pour l’an II, et sont recensées par le dossier F 20-293 des Archives Nationales.

Ce dossier est consultable aux Archives nNtionales, peut-être accessible par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé.

 

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Liste de moulins de la Saône-et-Loire an II et 1809 (Sélection)

Actualités historiques Non classé

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient généralement assez peu fidèles, mais par rapport aux autres départements de Bourgogne la Saône-et-Loire a plutôt bien répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là une sélection de communes de la Saône-et-Loire recensées dans cet ouvrage (je n’en livre en effet ici qu’une partie), avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées pour l’an II sont recensées par le dossier F 20-293 des Archives Nationales.

Celles de 1809 par le dossier F20 – 296. x

Ces deux dossiers sont consultables aux Archives Nationales, peut-être accessibles par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin en 1809 et aucun en l’an II, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé.


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Liste des moulins de la Nièvre

Actualités historiques

par Philippe Landry

Notre ami Jean-Claude Néant vient d’offrir à notre association un gros livre publié par le Centre historique des Archives nationales en 1998 : 

« Energie et subsistances.

 Enquête sur les moulins à blé. An II-1809. 

Inventaire des articles F20 290 à 296 et F10 226 et 310 »

Entre 1791 et 1809, à plusieurs reprises, le gouvernement a consulté les administrations locales pour savoir de combien de moulins à blé (et uniquement eux) chaque département disposait. Ce livre regroupe les réponses de chaque commune, toutes étant classées par ordre alphabétique. 

Les réponses étaient assez peu fidèles ; la Nièvre n’a quelque peu répondu que pour l’an II (1794) et 1809. Voici donc pour ces années-là la liste des communes de la Nièvre recensées dans cet ouvrage, avec pour  chacune le nombre de moulins indiqué.

Les rares citées pour l’an II sont recensées par le dossier F 20 -292 des Archives Nationales.

Celles de 1809 par le dossier F20 – 296. x

Ces deux dossiers sont consultables aux Archives Nationales, peut-être accessibles par internet. Pour consulter sur place, il est prudent de prendre rendez-vous.

Vu l’incertitude des réponses des administrations locales, lorsque l’ouvrage indique un seul moulin en 1809 et aucun en l’an II, se méfier : d’autres moulins peuvent exister et fonctionner, sans être recensés. C’est net pour plusieurs communes dont on sait qu’en 1809 elles avaient plusieurs moulins à eau à blé (par exemple Nevers) : or l’expression « moulin à eau » est au singulier. Toutefois cela a l’effet positif de nous indiquer des moulins existant en 1809 : par exemple nous n’avions pas jusqu’ici trouvé de moulin à Chazeuil avant 1896, ni  de moulin à Huban sur la commune de Grenois, ni de moulin à eau sur Lanty, ni de moulin à vent à St-Benin d’Azy, etc..

En tout état de cause, ce livre nous permet de remettre à jour le grand index des moulins de la Nièvre que nous avions mis sur notre site internet il y a quelques années. Nous en préparons une nouvelle mouture.

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Nouvelles meunières n°27

Nouvelles meunières

Actualités des énergies renouvelables

par Philippe Landry

Éolien :

Au niveau national

. Le Point, 2 janvier 2020 : 8 000 éoliennes sont en service fin 2019, couvrant 6,7 % de la consommation d’électricité. L’État souhaite arriver à 15 000 éoliennes d’ici peu d’années. En fait il lorgne surtout vers l’éolien maritime, se fondant sur l’équipement de Grande-Bretagne qui en est déjà à 2 000.

. Journal du Centre 25 février . Après que le Président de la République ait exprimé des réticences à propos de l’éolien, la ministre chargée l’environnement abonde en son sens, qui « déplore un développement anarchique ».  Mais comme l’État aime la contradiction interne, il ne renonce pas à son projet qu’il y ait en France 14 500 éoliennes en 2028 (dont les plus grandes en mer). Le 4 mars, le Journal du Centre livre un articulet selon lequel la ministre de l’Environnement annonce qu’elle a l’ordre du Président de charger les Préfets d’étudier « les secteurs adaptés à l’accueil de nouvelles éoliennes ».

Au niveau local

. Rebondissement du côté de St-Pierre le Moûtier. Présenté par la société Nordex, le projet d’implanter 4 éoliennes de 180 mètres à St-Pierre et Langeron avait été refoulé par la Préfecture, suite à l’action d’adversaires locaux qui soutenaient deux arguments :

. Pollution paysagère : gêne pour l’environnement des châteaux de Villard et d’Apremont (celui-ci étant sur la rive de l’Allier en face, côté Cher) ;

. Gêne pour divers oiseaux protégés.

Or la Nordex a saisi le tribunal administratif, arguant que ses éoliennes ne troubleraient que peu la vision depuis les châteaux, et qu’ailleurs les éoliennes n’avaient pas entraîné de mortalité particulière chez les oiseaux des espèces citées.

Journal du Centre 26 février : annonce d’un débat scientifique et public qui aura lieu à Saulieu le 29 février, organisé par Morvan en Colère, l’association ennemie du projet d’éoliennes affectant le secteur St-Léger-Vauban-St-Agnan.

12 mars : A Luzy, l’association Sauvegarde Sud-Morvan, qui lutte contre les projets d’éoliennes du secteur a invité l’écrivain Fagien Bouglé, un de leurs ennemis acharnés et passionné. Il vient de publier : « Eoliennes, la face noire de la transition écologique » aux éditions du Rocher, 240 pages.

13 mars : A Guérigny, devant 120 personnes, quelqu’un de plus posé, M. Jean-Mary Virely, chercheur au CNRS, invité par 7 associations de défense de l’environnement, a présenté les avantages et les inconvénients de l’éolien. Il a conclu que globalement les énergies renouvelables « profitent très peu aux territoires ». Cela a plu à l’auditoire.

Après tout, pourquoi pas ? Mais je ne vois pas en quoi le nucléaire ou l’énergie produite par la combustion du pétrole « profiterait » plus « aux territoires ». Francis Lefebvre-Vary a pris la parole pour défendre l’énergie hydraulique, mais l’article n’en parle pas.

Photovoltaïque

Le Journal du Centre évoque deux grands projets :

. Le 20 février : celui de Decize, piloté par la Communauté de communes du Sud-Nivernais, dans la zone industrielle du Four-à-Chaux. Une emprise de 16 ha lui appartenant, plus une autre de 4,3 ha projetée. La première devrait rapporter à la Communauté un loyer annuel de 2 500 € hors taxe par hectare.

. Le 22 février : à Cosne, un projet présenté par EDF. Emprise 28,4 ha, puissance 29,7 Mwc, du courant pour 15 000 foyers. Seulement les difficultés s’annoncent : d’abord le sol choisi est réservé à la production de fromage de chèvre Chavignol (d’où un avis défavorable de l’Institut national de l’Origine et de la Qualité), ensuite EDF n’est pas propriétaire, l’espace appartenant à trois personnes, dont seules deux pour l’instant sont d’accord.

. 2 mars : dans le compte rendu du conseil municipal de La Machine, « Un projet d’installation d’une centrale photovoltaïque est à l’étude sur le site de l’ancienne décharge de La Machine. Un dossier mené par la Communauté de communes du Sud Nivernais et un porteur de projet privé. » Le projet nécessitera une révision du PLU. « Ce projet serait une bonne chose car on ne peut rien faire d’autre sur ce site » dit le maire M. Barbier.

Journaux

Le Journal du  Centre

. Samedi 15 février : article sur Jean-Louis Faivre, qui « vient de sortir deux romans sur la vie paysanne à l’ancienne », en l’occurrence dans le Morvan. Il a eu en 2018 le prix Henri Perruchot, qui récompense un écrivain du Morvan ou travaillant sur le Morvan. Jean-Louis Faivre habite à Alligny en Morvan le moulin de Jarle, qu’il a équipé d’une nouvelle roue.

. Dimanche 16 février : compte rendu de l’assemblée générale de la section de Cosne sur Loire de la Caisse des Monuments Historiques de la Nièvre (Camosine), propriétaire du moulin de la Commanderie à St-Père. Justement, un des débats a posé la question : qu’en faire ? En effet, la remise en état semble d’un coût excessif pour la vénérable institution.

19 février : 

. Annonce d’une réunion sur le « bassin versant de la Nièvre » qui se tiendra à Prémery le 5 mars.

. A Sougy sur Loire, au sein de l’association « Rêv’Earth » un « couple veut faire découvrir les actions écologiques qui existent dans le monde ». On peut sans doute informer ces jeunes gens des nouvelles possibilités qu’offrent les récentes découvertes dans les turbines hydroélectriques. Par exemple, l’article nous apprend qu’en Uruguay, 90 % de l’énergie est d’origine renouvelable.

21 février : à Livry, M. Christian Barle vient de diriger pour la dernière fois la séance du conseil municipal de Livry. Il abandonne également son rôle à la tête de la Communauté de communes de St-Pierre le Moûtier. Au sein de celle-ci, il a été l’artisan de la restauration du moulin des Eventées et de l’huilerie Léveillé. Il était d’ailleurs à l’assemblée générale de l’association du moulin des Eventées en janvier dernier.

25 février : Annonce de l’assemblée générale de l’association du moulin de Maupertuis à Donzy, qui se tiendra le vendredi 28 février.

2 mars : Programme des « prix et des aides pour les propriétaires » des bâtiments et jardins ayant un intérêt historique, décernés par la Fondation pour les monuments historiques. « Plus d’informations sur www.fondationmh.fr ou en écrivant à contact@fondationmh.fr

8 mars : le peintre Antoine Paneda, qui nous a souvent confié des dessins et aquarelles de moulin (notre bulletin en a publié plusieurs, Francis Lefebvre-Vary vient d’acheter son « Moulin de St-Quentin sur Nohain »), vient de réaliser une maquette du château de Meauce, en cours de restauration. Elle sera visible au château au sein d’une exposition de ses œuvres du 10 juillet au 25 septembre. Au passage, l’article rappelle qu’Antoine a 90 ans ; on peine à le croire quand on le rencontre.

19 mars : « Corbigny : Les moulins continuent à tourner rond », le Journal du Centre livre un résumé de notre assemblée générale.

6 avril : A l’article « Pouillyssois… Le vent parfois allié de la vigne » est liée une photo intéressante : celle d’une éolienne de vigne. J’en avais parlé une fois dans Les Nouvelles Meunières : c’est une éolienne à deux pales seulement, haute d’à peine quelques mètres, peut-être une dizaine. Le mouvement qu’elle génère dans l’air évite que la vigne gèle. 

Revues

Régional de Cosne et du Pays charitois 4 mars : Ecomusée du moulin de Maupertuis. Forte haussse de fréquentation en 2019 : 2 323 visiteurs contre 1 696 l’an précédent. Le jeu « Le meunier maudit » a attiré 625 personnes. Parmi les projets, une nouvelle restauration de la roue. Article repris dans le Journal du Centre du 9 mars.

Centre-France, supplément Fémina  dimanche 16 février : grand article sur la ville italienne de Lecce et ses environs, dans les Pouilles, tout au sud de la péninsule, avec la photo d’une meule à huile : « Les Italiens disent que c’est à Lecce que l’on mange le mieux et dans les Pouilles, bien sûr, une vaste région agricole plantée d’oliveraies qui approvisionnaient l’Europe entière au XVIIIe siècle. A l’époque, le port de Gallipoli était le premier exportateur d’huile d’olive : le palais Granafei en témoigne, avec son ancien pressoir souterrain actionné par des ânes ».

Centre-France, supplément « Magazine » du 1er mars 2020 : double page sur le musée de Gergovie, en Auvergne. Gergovie est la sœur aînée d’Alésia car Vercingétorix y battit Jules César. Les trouvailles sont visibles dans un musée tout neuf aménagé à La Roche Blanche (Puy de Dôme). Une photo d’une salle du musée montre au premier plan une petite paire de meules gauloises ; elle ressemble à celles proposées au musée de Bibracte : du granit ou du grès clair, des dimensions modestes (moins de 50 cm de diamètre).

Supplément magazine du 5 avril : dans la rubrique « Le fin mot », explication de l’origine de l’expression « être au four et au moulin ». Malheureusement, l’auteur croit bon de se livrer à cette appréciation pour le moins hasardeuse : « Les occupants d’une terre seigneuriale devaient s’acquitter d’un impôt auprès du suzerain local pour utiliser le four et le moulin, qui bien souvent étaient sa propriété ». On lit souvent des bêtises sur la banalité, mais là c’est le pompon. Donc, dans l’ordre de ce pensum :

– Les gens en question n’étaient pas des « occupants » : ils étaient les sujets du seigneur, même s’ils étaient propriétaires de la terre « occupée » (pouquoi ne pas écrire qu’ils « l’encombraient », tant qu’il y est?).

– Encore une fois la banalité n’est pas un impôt : c’est l’obligation, pour les sujets de la seigneurie, de porter son blé au moulin du seigneur et à aucun autre.

– La banalité était attachée au moulin, et c’est son propriétaire, en effet, qui en bénéficiait ; lorsque le seigneur vendait le moulin à un roturier, le droit de banalité était transmis à celui-ci, et le seigneur y renonçait.

Toujours à propos de l’article en question, le dessin qui l’accompagne montre un moulin-tour avec les ailes en haut de la tour ; or cette disposition était rarissime :

. Soit il s’agissait d’un vrai « moulin-tour » : alors les ailes étaient fixées non à la tour elle-même, mais  au toit, qui tournait ;

. Soit il s’agissait d’un moulin-pivot : le corps du moulin tournait autour d’un axe, le pivot, et cette fois oui, les ailes étaient fixées en haut du corps du moulin, ce corps portant, en Anjou, le joli nom de « hucherolle ».

Exposition

Nous avons reçu le programme de la Maison Elsa Triolet Aragon, au moulin de Villeneuve, 78730 St-Arnoult-en-Yvelines, www.Maison-Triolet-Aragon.com. Plusieurs expositions et visites guidées. Le site est très joli.

La Nièvre d’Arzembouy

Actualités historiques Les rivières Nièvre

Textes et photos de Philippe Landry sauf indication contraire

Les moulins es rivières Nièvre

Nièvre d’Arzembouy, Nièvre de St-Franchy et Petite Nièvre, Nièvre de Champlemy, Nièvre de Bourras, etc… toutes ont animé quantité de moulins. Nous en livrons ce que nous avons pu établir de leur histoire dans notre bulletin semestriel, et dans une série de « cahiers », dont voici le premier numéro.

Particularité importante dans l’histoire de ces moulins : en raison de l’abondance de minerai de fer, des forêts fournissant le combustible des hauts fourneaux, et de l’eau pour faire tourner les roues, beaucoup ont un jour été transformés en forges hydrauliques “industrielles”, ou celles-ci sont devenues moulins. La roue faisait tourner un “arbre à cames”, qui :

– Ouvrait les soufflets, 

– Faisait tomber un marteau sur le minerai pour une première épuration (c‘est alors un bocard ou patouillet),

– Faisait tomber le fameux gros marteau dit martinet sur la pièce métallique en fusion pour lui donner forme,

– Faisait tomber un marteau sur le “laitier” (résidu de la forge) ; le moulin s‘appelait alors “moulin à laitier” ou bocard à laitier.  Il fournissait un sable qu’on utilisait dans le moule des pièces métalliques, par exemple les canons (on parlait alors de moulin à sable). Mais ce sable, parfois nommé mâchefer, entrait aussi dans le soubassement des routes ou dans les rives des canaux.

Cependant, nous ne rentrons guère ici dans le détail du travail du fer, attendu que d’excellentes études lui ont été consacrées : 

– les bulletins annuels des Amis du Vieux Guérigny (sans compter l‘exposition qu‘ils présentent chaque été)

– “Les forges de la Chaussade à Guérigny” de Jean André Berthiau, édité par la Camosine.

– “Forges et forgerons en Nivernais et en Berry”, de Raymond Robin

– “La Nièvre royaume des forges”, sous la direction de Francis Dreyer qu’a publié le Conseil général dans la collection “Musées”

– “Le Fer en Nivernais, Age d’or et déclin, 17e-19e siècles”, de Claudius Gabard et Jean-Louis Carnat, ainsi que “La vie quotidienne des ouvriers des forges en Nivernais au XIXe siècle”, par Guy Thuillier, deux ouvrages édités par le Centre de documentation pédagogique de Nevers.

Le travail du fer est très important autour de Prémery : vers 1790 l’ensemble des forges de Prémery, de Lurcy le Bourg et de Sichamps emploie 300 ouvriers  (AD 1 L 243).

Les Nièvre en amont de Prémery

Oulon

La carte Cassini montre un moulin sous l’étang d’Oulon. Les eaux en disparaissent ensuite dans le sol, mais le relief suggère qu’elles doivent rejoindre la Petite Nièvre en aval de Lurcy le Bourg.

En 1665, le seigneur Charles de Chéry loue ce moulin d’Oulon, dit des Chaulmes, à Jean Baulmier, “moulinier”, avec bâtiment, maison, roue, rouages, biez, chaussée, moyennant “neuf vingt vingt livres” à régler par 4 quartiers de 45 (dont en fait 4 fois 45 livres). Toutefois le preneur devant faire son affaire de toutes les réparations (Archives Départementales, Archives de l‘Hôtel-Dieu, B 25). En 1669, tout le village d’Oulon tombe dans l’escarcelle de Charles Roy. Plus tard, par testament, Charles Roy lègue le moulin à l’Hôtel-Dieu de Nevers (ce qui prend effet en 1708). C’est pourquoi le moulin apparaît plus tard dans l’inventaire des biens de l’hôpital général de Nevers. En 1883, il lui rapporte le revenu fiscal net de 1035 f (un grand moulin, donc). Il n’en est pas moins converti en bâtiment rural en 1890 (AD, 3P 203/ 3 et 4)

Giry

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  forge de Giry : 1598 ; Gipy 1754 (B84) ; 2 moulins à Giry en 1882.

En 1754 fonctionne le moulin de Giry (AD B86).

1873 : on  vole un sac de blé à un meunier de Giry nommé Legland.

En 1882, Giry compte deux moulins et un bocard à Gipy, mais qui disparaît bientôt. Les deux moulins de Giry appartiennent au prince de Beauveau, celui du plan cadastral 558 rapporte 260 F, et celui du plan 1520, 175.

En 1883, ces deux moulins emploient deux ouvriers, rémunérés de 2 à 3 F par jour (AD, M 6316).

 Cependant le second de ces moulins, après que son revenu est monté à 476,25, est “en ruines” en 1894. Passé à Robert de Mun, le premier lui rapporte 400 F en 1895 ; il est cité comme fonctionnant dans le Dictionnaire Vallière de 1896. Le meunier s’appelle Jean Lorcery, mais le moulin est démoli en 1901, Lorcery devenant menuisier. Par “démoli” il faut entendre que l’outillage est démonté et dispersé : le bâtiment du moulin de Giry demeure une imposante construction avec un aspect “forteresse”, juste sous le fameux château de Giry, en contre-bas de la route. (AD, 3P 127/4). 

Le fait qu’il y ait eu deux moulins sur le site de Giry entraîne une complexité dans la recherche. En effet, le « moulin de Giry » a été tenu par une grande famille de meuniers, les Bernard, dont 4 générations s’y sont succédé. C’est ce que nous apprend la revue généalogiste Blanc Cassis, dans son numéro du 1er trimestre 2019 où elle consacre des notices à plusieurs soldats nivernais morts à la guerre de 1914-18 ; à propos d’Auguste (dit Pierre) Bernard, elle le définit comme « meunier » au moment de sa mobilisation, et donc issu de 4 générations, en particulier son grand-père Jean Bernard, qui « avait exploité le moulin de Giry dès le début du XIXe siècle ». Comme le moulin de Giry semble fermé en 1901, il est probable que Pierre se place comme meunier dans d’autres moulins. Au demeurant, la notice nous apprend que sa mère est déjà veuve ; peut-être la cessation de l’exploitation a-t-elle été consécutive à la mort du père de Pierre ?

En tout cas on a deux noms de meunier dans une brève période à la fin du XIXe siècle (Lorcery et Bernard), chacun ayant tenu un des deux moulins du site de Giry.

Moussy

Liste des moulins connus de nous, avec la date la plus ancienne d’existence trouvée :  un moulin à vent avant 1789 ; huilerie Paul Abord 1878 ; Bertrand huilerie 1939

Des carrières de grès ont été exploitées à Moussy, pour en extraire des meules, ce qui a valu au village de s’appeler au XIXe siècle Moussy les Meules (Flohic). Christophe Girodet écrit dans « Moulins des villes et moulins des champs en Nivernais à la fin du Moyen Age » (paru dans les Annales de Bourgogne, tome 84 fascicule 4, de 2012) : « Les carrières de meules du petit village de Moussy ont fourni des meules pour plusieurs moulins de la châtellenie de Montenoison », notamment en 1381-82 pour un « moulin de Treigny » (le meulier est Perrin Soudin), et en 1394-95 pour un autre de Lurcy le Bourg ; des meules de Moussy sont vendue à l’évêque d’Auxerre pour un de ses moulins de Cosne, et en 1420 à la ville de Nevers pour ses moulins à chevaux (meulier Jean Guillaumot).

Moussy ne semble pas avoir connu de moulin à eau. La matrice cadastrale 3P 184/4 indique une huilerie Paul Abord, démolie en 1878, lieu-dit “Le Château”, au revenu fiscal net de 150 F. Il est improbable que Bertrand, l’huilier repéré en 1939, ait pris sa succession.

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Droits et Devoirs de votre moulin

Juridique

Droit d’eau

Un droit d’eau est un droit réel attaché à l’existence d’un ouvrage hydraulique (chaussée, seuil, digue, barrage). Un ouvrage hydraulique dispose d’un droit d’eau dit « fondé en titre » ou « fondé sur titre », sans limite de temps et sans nécessité d’autorisation administrative nouvelle, dans deux cas de figure : si l’ouvrage  existe avant 1566 en rivière domaniale ou avant 1791 en rivière non domaniale ; s’il existe entre 1791 et 1919 avec une puissance inférieure à 150 kW. Pour que le droit d’eau soit valide, plusieurs conditions sont nécessaires : pas de ruine complète des ouvrages (par exemple, barrage complètement disparu), pas de changement d’affectation de ces ouvrages (par exemple bief volontairement comblé). Il existe par ailleurs des cas où le droit d’eau peut être abrogé par l’autorité administrative (trouble grave et immédiat pour la sécurité, la salubrité, le milieu). Un propriétaire doit apporter la preuve (par tout moyen : cartes, mentions écrites, etc.) de l’existence historique d’un ouvrage (avant 1566, 1791, 1919 selon les cas). Une administration contestant un droit d’eau doit apporter la preuve de ses allégations, dans le cadre d’une procédure contradictoire. A noter : le Conseil d’Etat a rappelé que le droit d’eau est assimilable à un droit réel immobilier (relié à la propriété de l’ouvrage ou des annexes hydrauliques qui en dérivent). Il est donc inexact de prétendre que le droit d’eau impliquerait comme condition d’existence de conserver l’usage l’ayant vu naître (meunerie, pisciculture, etc.) dans les siècles passés. Le droit français assume le fait que les usages des propriétés évoluent dans le temps, ce qui ne fait pas perdre pour autant les droits qui leur sont attachés.

Questions :

Avez-vous la preuve de l’existence de la prise d’eau avant l’abolition du régime féodal et plus spécialement avant la loi du 20 août 1790 par tout document de date antérieure ?

Pouvez-vous prouver que la prise d’eau a été autorisée ou réglementée par un décret, une ordonnance ou un arrêté antérieur à la loi du 16 octobre 1919 ?

Avez-vous reconstitué une chaîne ininterrompue de titres permettant d’établir un lien direct entre la mise d’eau actuelle et le document prouvant son existence avant le 4 août 1789 ?

Avez-vous le règlement d’eau permettant de connaître les caractéristiques de la prise d’eau et du fonctionnement au moment de son autorisation ?

Les réponses à ces questions se trouvent dans votre droit d’eau.

Vérifiez que votre moulin se trouve sur la carte de Cassini (1756-1789) (la carte est disponible sur internet)

Vérifiez que vous êtes propriétaire du bief amont et aval. Possédez-vous toutes les rives du bief ? Avez-vous les numéros de parcelles (si elles sont référencées)?

Connaissez-vous la longueur exacte de votre bief ?

Votre moulin se situe-t-il sur le bief ou sur le lit de la rivière ?

Où se situe le déversoir de superficie ? (Le déversoir de superficie se situe toujours en amont. Le surplus d’eau qui alimente le moulin passe par un bras de décharge pour aller dans le thalweg).

Connaissez-vous sa consistance légale : son débit, sa hauteur de chute?

Êtes-vous en liste 1 ou en liste 2 ? (vérifiez sur la cartographie de la Direction Départementale des Territoires)

Des conventions ou servitudes ont-elles été signées avec des pêcheurs ou tout autre organisme utilisant l’eau ?

Connaissez-vous la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 :

L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général.

Dans le cadre des lois et règlements ainsi que des droits antérieurement établis, l’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous.

Les coûts liés à l’utilisation de l’eau, y compris les coûts pour l’environnement et les ressources elles-mêmes, sont supportés par les utilisateurs en tenant compte des conséquences sociales, environnementales et économiques ainsi que des conditions géographiques et climatiques.

A compter du 1er janvier 2014, les anciens éléments et usages locaux qui n’ont pas été mis à jour cessent d’être en vigueur

Relisez vos documents, fouillez aux archives départementales, municipales ou notariales, etc… Retrouvez les documents relatifs à votre moulin. Ne laissez pas à vos successeurs une situation complexe dont ils auront beaucoup de mal à s’y retrouver. Préservez votre patrimoine avant de le transmettre. Ainsi votre droit d’eau ne sera pas abrogé et votre moulin gardera sa valeur patrimoniale.